BAC Révision CollègeBrevetBacAnnales Télécharger

Annales corrigées › Bac 2026 › SVT

Bac 2026

SVT (spécialité) – Métropole 2026, sujet 1 : correction détaillée

Sciences de la vie et de la Terre · spécialité · jour 1 · 3 h 30 · 2 exercices (7 + 8 points)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

Ouvrir le sujet dans l'application gratuite

Exercice 1 : Hormones et phytohormones7 points

Question de synthèse : montrer, à partir d'un exemple chez un animal et d'un exemple chez un végétal, que hormones et phytohormones ont des caractéristiques similaires et sont essentielles à la régulation de certains processus physiologiques. Le document de référence présente l'auxine (AIA) et la croissance des tiges.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document de référence : production et transport vertical de l'auxine (AIA) dans une tige. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Montrer, à partir d'un exemple chez un animal (régulation de la glycémie par l'insuline) et d'un exemple chez un végétal (auxine et croissance des tiges), que les hormones et les phytohormones ont des caractéristiques similaires et sont essentielles à la régulation de certains processus physiologiques.Touche pour voir la correction

À retenir Une hormone est une molécule produite par des cellules spécialisées, transportée à distance (sang, sève ou tissus), qui agit à faible concentration sur des cellules cibles porteuses de récepteurs spécifiques et règle un processus physiologique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Selon l'encyclopédie Universalis, les phytohormones répondent à la définition des hormones animales : substances organiques produites par certaines cellules, transportées à distance et réglant un processus physiologique spécifique. Les hormones et phytohormones ont-elles des caractéristiques communes et sont-elles réellement indispensables ? Nous comparerons l'insuline, qui régule la glycémie, et l'auxine, qui commande la croissance des tiges. »
  2. Problématique : peut-on rapprocher l'insuline (animal) et l'auxine (végétal) ? Quelles preuves expérimentales établissent leur rôle ?
  3. Exemple animal : après un repas, la glycémie augmente ; les cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas produisent l'insuline, qui est transportée par le sang jusqu'aux cellules cibles (foie, muscles, tissu adipeux) qui portent des récepteurs à l'insuline. L'insuline provoque la baisse de la glycémie (entrée du glucose dans les cellules, stockage sous forme de glycogène).
  4. Preuves chez l'animal : l'ablation du pancréas chez un chien provoque une hyperglycémie permanente et un diabète (Von Mering et Minkowski, 1889) ; l'injection d'extraits pancréatiques (insuline, Banting et Best, 1921) fait baisser la glycémie. Une mutation des récepteurs ou la destruction des cellules productrices (diabète) montrent que l'hormone est indispensable.
  5. Exemple végétal : l'auxine (AIA) est produite par le sommet de la tige (document de référence) et transportée vers le bas (transport vertical, polarisé) jusqu'à la zone de croissance où elle stimule l'élongation des cellules.
  6. Preuves chez le végétal : l'ablation du sommet d'un coléoptile arrête la croissance (Darwin, 1880 ; Boysen-Jensen) ; la pose d'un bloc de gélose ayant contenu des sommets de coléoptiles rétablit la croissance, et si le bloc est posé d'un seul côté, la tige se courbe (Went, 1928) : une substance diffusible, produite par le sommet, commande la croissance. Une barrière imperméable (lame de mica) placée dans le trajet empêche la croissance.
  7. Caractéristiques communes : (1) production par des cellules spécifiques (cellules bêta ; cellules du sommet) ; (2) transport à distance (sang ; tissus vasculaires, transport polaire) ; (3) action à très faible concentration sur des cellules cibles porteuses de récepteurs ; (4) effet régulateur d'un processus précis (glycémie ; élongation) ; (5) une carence ou un excès perturbe le processus (diabète ; croissance anormale).
  8. Différences à nuancer : chez les animaux, les glandes endocrines sont des organes et le sang est le vecteur ; chez les végétaux, pas de glande ni de sang, et le transport se fait de cellule à cellule ou par les vaisseaux ; le même végétal fait varier la réponse selon la concentration et l'organe.
  9. Conclusion : hormones et phytohormones sont des messagers chimiques qui coordonnent le fonctionnement de l'organisme à distance ; elles sont essentielles pour la régulation de la glycémie et de la croissance.

RéponsePlan : introduction (définition donnée par le sujet) ; I. exemple animal : insuline (production, transport, cible, preuves expérimentales) ; II. exemple végétal : auxine (production au sommet, transport vertical, zone de croissance, expériences de Darwin et de Went) ; III. caractéristiques communes et limites de la comparaison ; conclusion.

Vérification Les expériences citées : Minkowski et von Mering (1889, pancréatectomie chez le chien) ; Banting et Best (1921) ; Darwin (1880, phototropisme du coléoptile) ; Went (1928, blocs de gélose).

Piège Ne pas se limiter à décrire : il faut comparer explicitement (production, transport, cible, effet) et justifier le caractère essentiel par une expérience de suppression ou d'ajout.

Exercice 2 : L'origine de la biodiversité de Madagascar8 points

Question : montrer que des arguments scientifiques permettent de discuter des trois hypothèses sur l'origine de la biodiversité de Madagascar (évolution à partir de groupes présents avant l'isolement, dispersion océanique, ponts terrestres). Six documents : hypothèses, implications sur l'âge des ancêtres, cartes paléogéographiques, âges de divergence, possibilité de dérive, monts sous-marins.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : implications des trois hypothèses sur l'âge des ancêtres communs ; Document 3 : paléogéographie de Madagascar (170 à 60 Ma) ; Document 4 : âges des ancêtres communs de groupes endémiques de Madagascar ; Document 5 : suivi GPS d'un objet flottant dans le canal du Mozambique ; Document 6 : monts sous-marins du canal du Mozambique (actuel et -35 à -30 Ma). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Documents 1 et 2 : présenter les trois hypothèses sur l'origine des espèces endémiques de Madagascar et ce que chacune implique pour l'âge des ancêtres communs.Touche pour voir la correction

À retenir Pour tester une hypothèse, on cherche une prédiction vérifiable : ici l'âge des ancêtres communs (par rapport à la date d'isolement de l'île).

Démarche
  1. Hypothèse 1, évolution à partir de groupes présents avant l'isolement de l'île (vicariance) : ancêtres communs d'âges très variables mais tous antérieurs à l'isolement.
  2. Hypothèse 2, dispersion océanique (arrivée par mer, sur du bois flottant) : ancêtres communs d'âges variables, tous postérieurs à l'isolement du territoire.
  3. Hypothèse 3, ponts terrestres temporaires (variation du niveau marin, mouvements tectoniques) : ancêtres communs datant d'une période assez restreinte, qui coïncide avec l'existence du pont.
  4. Il faut donc dater l'isolement de Madagascar (document 3), l'âge des ancêtres (document 4) et discuter la plausibilité des deux voies d'arrivée (documents 5 et 6).

RéponseTrois hypothèses : (1) groupes antérieurs à l'isolement, donc ancêtres plus anciens que l'isolement ; (2) dispersion océanique, ancêtres postérieurs à l'isolement et d'âges variés ; (3) ponts terrestres, ancêtres d'âges regroupés sur une période restreinte.

Piège « Hypothèse » : aucune n'est démontrée dans l'énoncé ; la question demande de les discuter, pas de trancher définitivement.

2Document 3 : dater l'isolement de Madagascar par rapport à l'Afrique et à l'Inde à partir des cartes paléogéographiques.Touche pour voir la correction

À retenir Un territoire est isolé lorsqu'il n'est plus relié à d'autres continents par des terres émergées : on repère la date à laquelle les domaines océaniques l'entourent complètement.

Démarche
  1. 170 Ma : Madagascar est situé entre l'Afrique et l'Inde, au sein d'un continent unique (Gondwana).
  2. 162 à 135 Ma : l'ensemble Inde-Madagascar commence à se séparer de l'Afrique ; Madagascar reste accolé à l'Inde.
  3. 100 Ma : Madagascar est séparé de l'Afrique par un océan et encore proche de l'Inde ; à 88 Ma, la séparation avec l'Inde est en cours (les deux restent voisins) ; à 60 Ma, Madagascar est isolé, dans une position proche de l'actuelle, à côté de l'Afrique.
  4. Les repères sont donc l'ouverture complète du canal du Mozambique avant 100 Ma (séparation définitive de l'Afrique vers 120 Ma, d'après le graphique du document 4) et la séparation de l'Inde vers 80-90 Ma.

RéponseMadagascar est isolé de l'Afrique depuis environ 120 Ma et de l'Inde depuis environ 80-90 Ma ; il est entièrement isolé depuis environ 80 Ma.

Vérification Les deux repères tracés sur le document 4 (« séparation définitive de l'Afrique » vers 120 Ma, « de l'Inde » vers 80 Ma) sont cohérents avec les cartes du document 3.

Piège Madagascar est près de l'Afrique aujourd'hui, mais ce n'est pas lui qui s'est rapproché : il a été séparé de l'Afrique tôt, puis de l'Inde.

3Document 4 : situer les âges d'ancêtres communs des groupes de vertébrés non volants par rapport aux dates d'isolement, et indiquer ce que cela suggère pour chaque hypothèse.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque point est l'âge probable de l'ancêtre commun d'un groupe endémique ; la barre verticale donne son incertitude.

Démarche
  1. Les âges centraux des ancêtres communs (20 points : 4 amphibiens, 12 reptiles, 4 mammifères) s'échelonnent de moins de 10 Ma à environ 110 Ma ; 18 points sur 20 sont sous 80 Ma, avec 9 valeurs entre environ 54 et 65 Ma.
  2. Un seul point (reptile, environ 112 Ma) est proche de la ligne « séparation définitive de l'Afrique » (120 Ma) ; sa barre d'erreur la franchit, comme celles de quelques autres (deux amphibiens, deux reptiles, un mammifère) dont la borne haute atteint ou dépasse 120 Ma. Tous les autres points centraux sont postérieurs à cette séparation, la plupart aussi à celle de l'Inde (80 Ma).
  3. Hypothèse 1 (avant isolement) : seuls les groupes dont la barre d'erreur dépasse 120 Ma restent compatibles, et aucun point central n'est antérieur à la séparation d'avec l'Afrique : hypothèse peu soutenue pour l'ensemble des groupes, sans être exclue pour quelques-uns.
  4. Hypothèse 2 (dispersion océanique) : compatible avec la majorité, car les âges sont variés et postérieurs à l'isolement.
  5. Hypothèse 3 (pont terrestre) : une partie des valeurs se regroupe autour de 60-65 Ma, 25-30 Ma et 5-12 Ma, ce qui correspond aux trois périodes de ponts évoquées dans le document 6 ; mais la dispersion d'ensemble des âges est trop étalée pour un seul pont.
  6. Limite : les incertitudes (barres) sont grandes : beaucoup de groupes sont compatibles avec plusieurs hypothèses.

RéponseLa plupart des ancêtres communs sont postérieurs à l'isolement de Madagascar (moins de 90 Ma) avec des âges très variables : cela va dans le sens d'arrivées après l'isolement, par dispersion océanique ou ponts terrestres, plus que d'une origine antérieure à l'isolement.

Vérification Lecture des points : amphibiens environ 76, 77, 57 et 8 Ma ; reptiles environ 112, 79, 5, 61, 54, 61, 24, 90, 54, 61, 65 et 62 Ma ; mammifères environ 71, 60, 28 et 26 Ma. Valeurs mesurées sur le graphique après calibrage de l'axe (graduations tous les 20 Ma) : précision de ± 1 Ma sur chaque valeur centrale.

Piège Les barres d'erreur sont très larges : une valeur centrale en dessous de 120 Ma ne suffit pas à exclure une origine plus ancienne pour un groupe donné.

4Documents 5 et 6 : discuter la plausibilité de la dispersion océanique et de l'existence de ponts terrestres dans le canal du Mozambique.Touche pour voir la correction

À retenir Argumenter c'est donner un fait puis ce qu'il permet de conclure, et discuter ses limites.

Démarche
  1. Document 5 : le canal du Mozambique mesure environ 400 km de large et a des courants puissants : une traversée par des animaux mourant de faim, de soif ou d'épuisement paraît difficile.
  2. Document 5 : en contrepartie, un objet flottant suivi par GPS de décembre 2008 à janvier 2009 a dérivé dans le canal du Mozambique pendant environ six semaines (du 6 décembre au 17 janvier), en s'approchant de la côte de Madagascar fin décembre ; des radeaux végétaux flottants (80 m de long, portant des singes hurleurs sur la rivière Magdalena en Colombie en 2021) existent : la dérive d'animaux sur des îles flottantes est observée.
  3. Document 6 : des monts sous-marins parsèment le canal ; des mouvements verticaux au Cénozoïque ont pu en faire émerger temporairement certains. La reconstitution de -35 à -30 Ma montre des reliefs qui n'émergent que sous forme de petites îles, sans continuité jusqu'à Madagascar ; situation comparable à -65/-60 Ma et -12/-5 Ma.
  4. Ces petites îles ont pu servir de relais (stepping stones) à une dispersion océanique plutôt que de constituer un pont continu : les deux hypothèses ne s'excluent pas.
  5. Limite : la reconstitution est une modélisation ; aucune preuve fossile directe de pont n'est donnée.

RéponseLa dispersion océanique est plausible (dérive d'objets et d'îles flottantes observée, traversée possible en quelques semaines) ; des ponts terrestres continus sont peu étayés (seulement de petites îles émergées), mais ces îles ont pu faciliter la traversée.

Piège Ne pas écrire que des ponts terrestres ont existé : le document parle de monts « qui ont peut-être pu émerger temporairement ».

5Synthèse : montrer que des arguments scientifiques permettent de discuter des hypothèses sur l'origine de la biodiversité de Madagascar.Touche pour voir la correction

À retenir Conclure par un bilan hypothèse par hypothèse, avec la force et les limites des arguments.

Démarche
  1. Introduction : Madagascar abrite une biodiversité riche en espèces endémiques ; trois hypothèses sont discutées. Des données géologiques, phylogénétiques et d'observation permettent de les tester.
  2. Hypothèse d'une origine avant l'isolement : Madagascar est séparé de l'Afrique depuis environ 120 Ma et de l'Inde depuis environ 80-90 Ma (document 3), alors que presque tous les ancêtres communs datés sont plus récents (document 4) : argument faible.
  3. Hypothèse de la dispersion océanique : ancêtres d'âges variés et postérieurs à l'isolement (document 4), dérive d'objets observée (document 5) : argument en faveur, limité par la largeur du canal et les courants.
  4. Hypothèse des ponts terrestres : quelques regroupements d'âges autour de 65-60, 30 et 5-12 Ma (document 4) coïncident avec des périodes d'émersion possible de monts sous-marins (document 6), mais il s'agit d'îles isolées et non d'un pont continu : argument partiel.
  5. Conclusion : aucune hypothèse n'explique à elle seule toute la biodiversité ; la dispersion océanique, éventuellement facilitée par des îles temporaires, rend le mieux compte de la majorité des données ; il faut des études complémentaires (plus de groupes, datations plus précises).

RéponseLes arguments géologiques (isolement ancien), phylogénétiques (ancêtres récents et d'âges variés) et d'observation (dérive) soutiennent surtout la dispersion océanique, éventuellement relayée par des îles temporaires ; l'origine avant isolement paraît minoritaire ; les ponts continus restent peu étayés.

Piège Le sujet demande de « discuter » : la réponse doit nuancer et ne pas affirmer une hypothèse unique comme certaine.

Télécharger BAC Révision, gratuit

Autres sujets de SVT (Bac 2026)