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Bac 2025

SVT – Amérique du Nord 2025 (sujet 1) : correction détaillée

Spécialité SVT · 3 h 30 · 2 exercices (7 + 8 points) · coefficient 16

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Les conséquences d’une lésion cérébrale7 points

Sujet de restitution organisée de connaissances (sans document) : expliquer pourquoi une lésion cérébrale supprime certains mouvements volontaires et comment la commande motrice peut se rétablir.

Texte argumentéÀ la suite d’une lésion cérébrale, un patient présente une paralysie de la main gauche et récupère en partie la motricité de sa main après plusieurs mois de rééducation. Expliquer pourquoi une lésion cérébrale peut empêcher certains mouvements volontaires et comment la commande motrice peut être récupérée au bout d’un certain temps.Touche pour voir la correction

À retenir Le mouvement volontaire est commandé par le cortex moteur (aire motrice primaire) via des voies nerveuses croisées ; le cerveau est plastique : synapses et cartes corticales se remodèlent avec l’expérience et la rééducation.

Démarche
  1. Problématique : comment une zone cérébrale détruite peut-elle priver d’un mouvement, et comment le système nerveux compense-t-il en partie cette perte ?
  2. Plan : I. La commande d’un mouvement volontaire dépend de zones cérébrales précises. II. Une lésion interrompt cette commande et provoque une paralysie. III. La plasticité cérébrale et la rééducation permettent une récupération partielle.
  3. I. (a) Cortex moteur primaire (gyrus précentral, lobe frontal) : organisation somatotopique, la main occupe une surface corticale importante (homoncule moteur). (b) Les neurones moteurs corticaux envoient leurs axones dans la voie pyramidale (cortico-spinale), qui croise la ligne médiane au niveau du bulbe rachidien : l’hémisphère droit commande le côté gauche. (c) Relais sur les motoneurones de la moelle épinière puis jonction neuromusculaire et contraction du muscle. (d) Aires prémotrices et associatives (planification), cervelet et noyaux gris : coordination.
  4. I. Arguments expérimentaux : stimulation électrique de l’aire motrice (cartographie peropératoire, Penfield) provoquant des mouvements localisés ; imagerie fonctionnelle (IRMf, TEP) montrant l’activation du cortex moteur controlatéral lors d’un mouvement de la main.
  5. II. (a) Une lésion (accident vasculaire cérébral par ischémie, traumatisme, tumeur) détruit des neurones ou interrompt leurs axones : le message moteur n’atteint plus la moelle ni les muscles. (b) Les muscles sont intacts mais ne reçoivent plus de commande : paralysie du côté opposé à la lésion (ici hémisphère droit lésé, main gauche paralysée). (c) La localisation du déficit renseigne sur la zone atteinte ; l’IRM localise la lésion. (d) Les neurones adultes ne se renouvellent presque pas : la perte est en grande partie irréversible.
  6. III. (a) Plasticité cérébrale : modification de l’efficacité des synapses (renforcement par utilisation, création ou élimination de synapses, bourgeonnement dendritique). (b) Réorganisation des cartes corticales : des neurones de la zone voisine de la lésion, de l’aire prémotrice ou de l’hémisphère opposé prennent en charge une partie de la fonction ; l’IRMf montre une extension ou un déplacement de la zone activée par la main après rééducation. (c) La rééducation (répétition de mouvements, apprentissage) stimule et stabilise ces connexions : la récupération dépend de l’intensité et de la précocité de la rééducation. (d) Limites : récupération souvent partielle, car l’ensemble des neurones détruits n’est pas remplacé.
  7. Modèle d’ouverture : « Le mouvement volontaire résulte d’une commande élaborée par le cortex moteur, transmise par des voies nerveuses jusqu’aux muscles. Une lésion cérébrale peut interrompre cette chaîne et entraîner une paralysie, mais le cerveau adulte conserve une capacité de remaniement. Nous verrons pourquoi une lésion supprime certains mouvements puis comment la plasticité cérébrale permet une récupération partielle. »

RéponseRédaction possible : « Le cortex moteur primaire, situé dans le lobe frontal, est organisé de façon somatotopique : chaque région commande un territoire du corps, la main occupant une large surface. Ses neurones envoient des axones qui forment la voie pyramidale, croisée au niveau du bulbe, puis font synapse sur les motoneurones de la moelle qui innervent les muscles. Une lésion, par exemple un AVC dans l’hémisphère droit, détruit des neurones ou coupe leurs axones : les muscles de la main gauche, intacts, ne reçoivent plus de commande et la main est paralysée. Les neurones adultes ne se remplacent presque pas, mais le cerveau est plastique : les synapses se renforcent ou se créent, et les cartes corticales se réorganisent, des neurones voisins de la lésion ou de l’autre hémisphère prenant en charge la fonction perdue. L’IRM fonctionnelle montre ainsi une modification de la zone activée par la main après rééducation. La répétition des mouvements pendant la rééducation favorise ces remaniements, ce qui explique une récupération, le plus souvent partielle, de la motricité. »

Piège Ne pas confondre la lésion (cause, définitive) et la plasticité (mécanisme de compensation) ; ne pas écrire que des neurones sont « régénérés » : la récupération repose surtout sur le remaniement des connexions.

Exercice 2 : Le méliphage régent : une espèce en danger critique d’extinction8 points

Expliquer le déclin des populations sauvages de méliphage régent à partir de cinq documents (carte, sonogrammes, apprentissage du chant, succès reproducteur, diversité génétique).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : carte des mâles chanteurs dans les deux régions ; Document 2 : sonogrammes des chants ; Document 3 : chant appris selon le nombre de mâles adultes ; Document 4 : succès reproducteur selon le chant ; Document 5 : diversité génétique au cours du temps. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Document 1 : que montre la carte de la répartition des mâles chanteurs dans les deux régions ?Touche pour voir la correction

À retenir Une carte permet de comparer la densité et la composition en espèces des populations.

Démarche
  1. Légende : rond = méliphage régent, triangle = méliphage à bavette, carré = échenilleur à menton noir.
  2. Northern Tablelands : environ 6 régents pour 9 méliphages à bavette (soit 6 régents sur 15 mâles chanteurs) et aucun échenilleur : les régents sont minoritaires, mêlés à une autre espèce.
  3. Blue Montains : environ 11 régents pour 2 méliphages à bavette et 5 échenilleurs à menton noir (soit 11 régents sur 18) : les régents sont majoritaires et groupés.
  4. Conclusion : les régents sont proportionnellement beaucoup moins nombreux dans les Northern Tablelands (région la plus menacée) que dans les Blue Montains (région plus stable) : leur voisinage y est surtout composé d'une autre espèce.

RéponseDans les Northern Tablelands, les mâles régents (≈ 6) sont minoritaires, entourés surtout de méliphages à bavette (≈ 9) ; dans les Blue Montains, ils sont plus nombreux (≈ 11) et majoritaires dans leur voisinage.

Piège Les effectifs sont à compter sur la carte (valeurs approchées) : l'important est la comparaison des proportions entre les deux régions.

2Document 2 : comparer le chant des régents avec celui des autres espèces dans chaque région.Touche pour voir la correction

À retenir Un sonogramme représente la fréquence (kHz) des sons en fonction du temps (s) : la forme du tracé est la signature d’un chant.

Démarche
  1. Northern Tablelands : le chant du mâle à bavette est formé de motifs répétés en « échelle » (barres rapprochées entre environ 1 et 5 kHz). Le régent entouré d’autres régents émet des notes isolées et irrégulières ; le régent entouré de bavettes produit des motifs en échelle comparables à ceux de la bavette.
  2. Blue Montains : le régent entouré de régents émet quelques notes courtes et brèves ; l’échenilleur produit des balayages en diagonale ; le régent entouré d’échenilleurs reproduit des balayages en diagonale semblables.
  3. Conclusion : un mâle régent peut produire un chant ressemblant à celui de l’espèce voisine dominante, au lieu du chant propre à son espèce.

RéponseDans chaque région, les régents entourés d’une autre espèce chantent comme elle (chant interspécifique) ; le chant d’un régent avec des congénères est différent.

Vérification La lecture repose sur la forme générale des tracés ; les valeurs précises des fréquences ne sont pas demandées.

3Document 3 : comment le chant appris par les jeunes dépend-il du nombre de mâles régents adultes présents ?Touche pour voir la correction

À retenir Le chant des oiseaux chanteurs est appris par imitation d’adultes (tuteurs) : c’est une transmission culturelle.

Démarche
  1. Populations de moins de 20 mâles adultes : environ un tiers des jeunes acquiert un chant typique de l’espèce, environ deux tiers un chant interspécifique.
  2. Populations de plus de 20 mâles adultes : près de 100 % des jeunes acquièrent le chant typique.
  3. Interprétation : si les adultes régents sont rares, les jeunes imitent des chants d’autres espèces.

RéponseQuand moins de 20 mâles adultes sont présents dans un rayon de 50 km, la majorité des jeunes apprend un chant d’une autre espèce ; au-delà, le chant typique est transmis.

4Document 4 : quelle est la conséquence du type de chant sur le succès reproducteur ?Touche pour voir la correction

À retenir Le succès reproducteur (partenaire trouvée, descendance) mesure la valeur sélective ; les femelles choisissent les mâles d’après leur chant.

Démarche
  1. Chants typiques des Blue Montains (chant propre à l'espèce) : environ 88 % des mâles trouvent une partenaire et environ 80 % ont une descendance.
  2. Chants typiques des Northern Tablelands : environ 26 % trouvent une partenaire et environ 18 % ont une descendance. D'après le document 2, ce chant ressemble à celui du méliphage à bavette (motifs en « échelle »).
  3. Chants non typiques pour les deux régions : environ 28 % pour les deux critères.
  4. Comparaison : le chant typique de l'espèce (Blue Montains) assure un succès reproducteur trois à quatre fois plus élevé que les deux autres types de chant.

RéponseLes mâles qui n’ont pas le chant typique de l’espèce (Blue Montains) se reproduisent beaucoup moins : environ 25 % contre environ 85 %.

Piège Ces valeurs sont lues sur histogramme : donner des ordres de grandeur, pas des valeurs exactes.

5Document 5 : comment la diversité génétique a-t-elle évolué ?Touche pour voir la correction

À retenir Plus le taux moyen d’hétérozygotie est élevé, plus la diversité génétique est grande ; des lettres différentes indiquent une différence significative.

Démarche
  1. 1880–1930 : environ 0,008 (barre d’erreur très étendue, lettre a).
  2. 1986–2012 : environ 0,005 (lettre ab).
  3. 2015–2016 : environ 0,0025 (lettre b).
  4. Seules les périodes 1880–1930 (a) et 2015–2016 (b) diffèrent significativement ; la période intermédiaire (ab) n’est pas significativement différente de chacune.
  5. Tendance : baisse de la diversité génétique, d’un facteur proche de 3 entre le début et la fin.

RéponseLa diversité génétique a nettement diminué entre 1880–1930 et 2015–2016, en lien avec l’effondrement des effectifs.

6Rédiger la synthèse : expliquer le déclin des populations sauvages de méliphage régent.Touche pour voir la correction

À retenir Chaîne causale : effectifs faibles, perte du chant typique (culture), échec de la reproduction, nouveaux déclins et perte de diversité génétique.

Démarche
  1. Introduire : espèce en danger critique, il n'en reste que quelques centaines ; problème : pourquoi les effectifs continuent-ils de chuter, surtout dans les Northern Tablelands ?
  2. 1. Peu de mâles adultes (doc 1) : moins de modèles pour l'apprentissage du chant ; sous 20 adultes dans un rayon de 50 km, environ deux tiers des jeunes apprennent un chant d'une autre espèce (doc 3), comme le montrent les sonogrammes des régents entourés de bavettes ou d'échenilleurs (doc 2).
  3. 2. Ce chant non typique est mal reconnu par les femelles : seuls environ 26 à 28 % des mâles trouvent une partenaire contre environ 88 % avec le chant typique (doc 4) : moins de couples, moins de descendants, donc des effectifs encore réduits : cercle vicieux.
  4. 3. Conséquence génétique : la diversité génétique a été divisée par environ trois entre 1880-1930 et 2015-2016 (doc 5), ce qui réduit la capacité d'adaptation de l'espèce.
  5. Conclure : un cercle vicieux démographique, culturel (perte du chant) et génétique ; pistes de conservation : maintenir des groupes d'adultes assez grands, restaurer l'habitat, introduire des enregistrements de chants typiques.

RéponseRédaction possible : « Le déclin du méliphage régent s’explique par un enchaînement. Les mâles adultes sont devenus rares : dans les populations de moins de 20 adultes, environ deux tiers des jeunes apprennent un chant d’une autre espèce (doc 3), comme le montrent les sonogrammes de régents entourés de bavettes ou d’échenilleurs (doc 2). Or ces chants non typiques séduisent mal les femelles : environ 25 % des mâles trouvent une partenaire contre environ 85 % avec le chant typique (doc 4). La reproduction diminue donc, ce qui réduit encore les effectifs. En parallèle, la diversité génétique a été divisée par environ trois entre 1880–1930 et 2015–2016 (doc 5), ce qui diminue la capacité d’adaptation de l’espèce. La perte de culture vocale et l’érosion génétique entretiennent ainsi le déclin. »

Vérification Les liens démographie-chant-reproduction sont des interprétations raisonnables des documents ; les causes initiales du déclin (destruction de l’habitat) ne sont pas dans les documents.

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