BAC Révision CollègeBrevetBacAnnales Télécharger

Annales corrigées › Bac 2025 › SVT

Bac 2025

SVT – Centres étrangers 2025 (sujet 1) : correction détaillée

Spécialité SVT · 3 h 30 · 2 exercices (7 + 8 points) · jour 1

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

Ouvrir le sujet dans l'application gratuite

Exercice 1 : Production de biomasse et augmentation du CO2 atmosphérique7 points

Texte argumenté sans document : expliquer comment l’augmentation du CO2 atmosphérique d’origine humaine peut avoir des effets opposés sur la production de matière organique des plantes. L’énoncé cite une affirmation d’un réseau social selon laquelle plus de CO2 est toujours bon pour les plantes.

Texte argumentéExpliquer comment l’augmentation de la concentration du CO2 atmosphérique par les activités humaines peut avoir des effets opposés sur la production de matière organique par les plantes.Touche pour voir la correction

À retenir Le CO2 est le substrat de la photosynthèse (effet positif), mais il est aussi un gaz à effet de serre : son augmentation provoque un réchauffement et des modifications du climat (température, sécheresse) qui peuvent réduire la photosynthèse et la croissance (effet négatif).

Démarche
  1. Problématique : l’augmentation du CO2 atmosphérique favorise-t-elle toujours la production de matière organique des plantes ?
  2. Plan : I. Un effet direct favorable : le CO2, substrat de la photosynthèse. II. Des effets indirects défavorables : le réchauffement et ses conséquences. III. Bilan : un effet variable selon les conditions (espèces, eau, nutriments, température).
  3. I. (a) Photosynthèse : 6 CO2 + 6 H2O + énergie lumineuse donne C6H12O6 + 6 O2 ; le CO2 pénètre par les stomates et est fixé par la rubisco (cycle de Calvin) ; la matière organique est produite dans les chloroplastes. (b) Expériences en serre ou en plein air (FACE : Free-Air CO2 Enrichment) : une concentration en CO2 plus élevée augmente l’intensité de la photosynthèse et la biomasse des plantes en C3 (blé, riz) ; le CO2 est limitant à faible concentration. (c) Les stomates se ferment partiellement à forte teneur en CO2 : meilleure efficacité d’utilisation de l’eau. Mais l’effet est limité : plateau de la courbe d’intensité photosynthétique, la lumière, l’eau et les nutriments deviennent limitants.
  4. II. (a) Le CO2 est un gaz à effet de serre : ↑ CO2 donne ↑ température moyenne. (b) Une température supérieure à l’optimum diminue l’activité enzymatique de la photosynthèse (rubisco, dénaturation) et augmente la respiration et la photorespiration : le bilan net peut diminuer. (c) Changements du climat : sécheresses, canicules, incendies, tempêtes : fermeture des stomates, flétrissement, moindre production ; modification des précipitations. (d) Diminution possible de la teneur en azote et en minéraux des tissus : qualité nutritive plus faible.
  5. III. L’effet global dépend de l’espèce (plantes C3 plus sensibles à l’effet fertilisant que C4), du climat régional (régions tempérées froides favorisées, régions chaudes et sèches pénalisées), de la disponibilité en eau et en éléments minéraux. L’affirmation selon laquelle plus de CO2 est toujours bénéfique est donc simpliste : l’effet est positif sur la photosynthèse à court terme, mais les perturbations climatiques peuvent le compenser ou l’inverser.
  6. Modèle d’ouverture : « Une affirmation répandue sur les réseaux sociaux prétend que davantage de CO2 profite toujours aux plantes. Le CO2 est effectivement le substrat de la photosynthèse, mais c’est aussi un gaz à effet de serre responsable d’un réchauffement. Comment l’augmentation du CO2 peut-elle avoir des effets opposés sur la production de matière organique ? »

RéponseRédaction possible : « Le CO2 est la source de carbone de la photosynthèse : fixé par la rubisco dans les chloroplastes, il permet la synthèse de matière organique. Des expériences d’enrichissement en CO2 montrent donc une augmentation de la photosynthèse et de la biomasse des plantes, jusqu’à un plateau lié à d’autres facteurs limitants. Mais le CO2 est aussi un gaz à effet de serre : son augmentation élève la température et modifie le régime des précipitations. Une température trop élevée perturbe l’activité des enzymes de la photosynthèse, les sécheresses font fermer les stomates, et le bilan peut devenir négatif. Selon les espèces et les régions, l’augmentation du CO2 atmosphérique favorise ou pénalise donc la production de matière organique, ce qui contredit l’affirmation de départ. »

Piège Il faut les deux effets : le candidat qui ne parle que de la photosynthèse ne traite pas « les effets opposés » ; il faut montrer que l’affirmation « plus de CO2 est toujours bénéfique » est incomplète, et non la répéter.

Exercice 2 : Cannabis et perturbation de la mémoire8 points

Expliquer comment la consommation de cannabis perturbe la mémorisation, à partir d’expériences sur des souris (localisation des récepteurs CB1, test de mémoire, respiration mitochondriale, ATP).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : immunomarquage des récepteurs CB1 (a : CB1+/+, b : CB1-/-) ; Document 2a : principe du test de reconnaissance d’objet ; Document 2b : indice de discrimination du jour 3 ; Document 3 : consommation de dioxygène ; Document 4a : chaîne respiratoire ; Document 4b : efficacité des complexes I et V ; Document 5 : quantité d’ATP. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Document 1 : où se trouvent les récepteurs CB1 dans les neurones de l’hippocampe ?Touche pour voir la correction

À retenir L’immunomarquage révèle la localisation d’une protéine (anticorps couplé à des grains d’or visibles en noir). Les souris CB1-/- servent de témoin négatif.

Démarche
  1. Souris CB1+/+ (a) : des grains d’or noirs sont visibles et se trouvent au niveau d’une mitochondrie (encadré agrandi).
  2. Souris CB1-/- (b) : aucun grain d’or, les mitochondries sont visibles sans marquage : le témoin négatif confirme la spécificité du marquage.
  3. Conclusion : les récepteurs CB1 sont présents sur les mitochondries des neurones de l’hippocampe.

RéponseDans l’hippocampe, des récepteurs CB1 sont localisés au niveau des mitochondries des neurones, sur lesquelles le THC peut donc agir.

2Documents 2a et 2b : le THC perturbe-t-il la mémoire, et par quel récepteur ?Touche pour voir la correction

À retenir Un indice de discrimination élevé signifie que la souris reconnaît l’objet familier (mémoire correcte) ; proche de 0, la mémoire est déficiente.

Démarche
  1. Doc 2a : jour 1, habituation au labyrinthe ; jour 2, deux objets identiques ; jour 3, un objet familier et un objet nouveau. Une souris qui se souvient de l’objet familier passe plus de temps sur le nouvel objet (indice proche de 1) ; si sa mémoire est déficiente, elle explore les deux objets autant (indice proche de 0).
  2. CB1+/+ : indice d’environ 0,52 sans THC et d’environ 0,02 avec THC, différence significative : le THC supprime pratiquement la discrimination.
  3. CB1-/- : indice d’environ 0,41 sans THC et 0,38 avec THC, différence non significative (NS) : le THC est sans effet en l’absence de CB1.
  4. Conclusion : le THC supprime la reconnaissance de l’objet familier chez les souris CB1+/+ mais pas chez les souris CB1-/- : l’effet du THC sur la mémoire dépend de la présence des récepteurs CB1.

RéponseLe THC fait chuter l’indice de discrimination chez les souris normales (environ 0,5 puis environ 0) mais pas chez les souris dépourvues de CB1 : l’effet passe par CB1.

Vérification Indices de discrimination lus sur le graphique à ± 0,05 près.

3Documents 3, 4a et 4b : quel est l’effet du THC sur la respiration mitochondriale ?Touche pour voir la correction

À retenir La chaîne respiratoire (complexes I à IV) consomme O2 et crée un gradient de protons utilisé par l’ATP synthase (complexe V) pour produire l’ATP.

Démarche
  1. Doc 3 : la consommation d’O2 des neurones passe de 100 à environ 75 unités avec THC, soit environ 25 % de moins.
  2. Doc 4a : les complexes I à IV transportent les électrons et font s’accumuler des H+ dans l’espace intermembranaire ; le gradient de H+ fait fonctionner l’ATP synthase (complexe V) qui produit l’ATP.
  3. Doc 4b, complexe I : chez CB1+/+, l’efficacité diminue avec la concentration en THC (environ 87 % à 400 nmol/L, environ 73 % à 800 nmol/L), différence significative ; chez CB1-/-, elle reste voisine de 100 %.
  4. Complexe V (ATP synthase) : efficacité à peu près inchangée (comprise entre 93 et 103 %, sans différence signalée) dans les deux lignées.

RéponseVia CB1, le THC inhibe le complexe I de la chaîne respiratoire : la consommation d’O2 baisse d’environ 25 %, sans atteinte directe de l’ATP synthase.

Vérification Valeurs lues sur les graphiques à ± 3 points de pourcentage (efficacité, consommation d'O2) près.

Piège Le complexe V n’est pas touché : la baisse d’ATP est une conséquence de la réduction du gradient de protons créé en amont, pas d’un blocage direct de l’ATP synthase.

4Document 5 : quelle conséquence sur la production d’ATP ?Touche pour voir la correction

À retenir L’ATP est la source d’énergie des neurones (potentiels d’action, transmission synaptique, plasticité).

Démarche
  1. CB1+/+ : environ 5,0 pmol d’ATP sans THC, environ 3,2 avec THC, soit environ 35 % de moins, différence significative.
  2. CB1-/- : environ 4,8 contre environ 5,1, différence non significative.
  3. Conclusion : le THC diminue la quantité d’ATP uniquement en présence de CB1.

RéponseLe THC réduit d’environ un tiers l’ATP des neurones d’hippocampe, via CB1.

Vérification Valeurs lues à ± 0,2 pmol près. Calcul : (5,0 − 3,2) / 5,0 = 0,36, soit une baisse d'environ un tiers.

5Synthèse : expliquer comment le cannabis perturbe la mémorisation.Touche pour voir la correction

À retenir Chaîne : THC, récepteur CB1 mitochondrial, complexe I, respiration et ATP, activité neuronale, mémoire.

Démarche
  1. Introduire : cannabis, THC, mémorisation et hippocampe.
  2. 1. THC se fixe sur les récepteurs CB1 des mitochondries des neurones de l’hippocampe (doc 1).
  3. 2. Inhibition du complexe I, moindre consommation d’O2, moins d’ATP (docs 3, 4, 5).
  4. 3. Neurones moins actifs, donc mémorisation déficiente (doc 2).
  5. 4. Contre-preuve : aucun effet chez CB1-/-.

RéponseRédaction possible : « Le THC du cannabis se fixe sur les récepteurs CB1, présents notamment à la surface des mitochondries des neurones de l’hippocampe (doc 1). Son action inhibe le complexe I de la chaîne respiratoire : la consommation de dioxygène diminue d’environ 25 % et la quantité d’ATP baisse d’environ un tiers (docs 3, 4b et 5). Privés d’énergie, les neurones de l’hippocampe fonctionnent moins bien, ce qui se traduit par une mémoire d’objets déficiente : l’indice de discrimination passe d’environ 0,5 à environ 0 (doc 2b). Chez les souris sans CB1, aucun de ces effets n’est observé : l’action du THC sur la mémoire passe donc par les récepteurs CB1 mitochondriaux. »

Télécharger BAC Révision, gratuit

Autres sujets de SVT (Bac 2025)