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Bac 2025

SVT – Asie 2025 (sujet 2) : correction détaillée

Spécialité SVT · 3 h 30 · 2 exercices (7 + 8 points) · coefficient 16

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Histoire d’un domaine océanique7 points

Texte argumenté : expliquer comment l’étude des ophiolites permet de reconstituer et de dater l’histoire d’un domaine océanique. Le document (ophiolites du Mont Viso) est une aide, son analyse n’est pas attendue.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document : ophiolites du Mont Viso. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

Texte argumentéExpliquer comment l’étude d’ophiolites permet de reconstituer et de dater l’histoire d’un domaine océanique.Touche pour voir la correction

À retenir Une ophiolite est un fragment de lithosphère océanique charrié sur un continent : sa composition (sédiments, basaltes, gabbros, péridotites) renseigne sur son origine, son métamorphisme sur son histoire (hydrothermalisme, subduction), la radiochronologie et les fossiles sur son âge.

Démarche
  1. Problématique : comment des roches océaniques observées en montagne permettent-elles de retracer la naissance, l’évolution et la fermeture d’un océan et d’en fixer les dates ?
  2. Plan : I. Les ophiolites sont des fragments de lithosphère océanique : reconstitution de l’accrétion. II. Leur métamorphisme enregistre l’hydrothermalisme océanique puis la subduction. III. Datation de ces étapes.
  3. I. (a) Série ophiolitique observable (document : serpentinites, gabbros, basaltes, chevauchement entre unités) : péridotites du manteau, gabbros (cristallisation lente en profondeur dans une chambre magmatique), filons de dolérite, basaltes en coussins (refroidissement rapide au contact de l’eau), sédiments pélagiques (radiolarites). (b) Comparaison avec la lithosphère océanique actuelle (sismique, forages) : même structure. (c) Origine : accrétion à une dorsale par fusion partielle du manteau.
  4. II. (a) Métamorphisme hydrothermal : minéraux d’hydratation (chlorite, actinote, serpentine), la péridotite hydratée devient serpentinite : circulation d’eau près de la dorsale. (b) Métamorphisme de haute pression et basse température (schistes bleus, éclogites : glaucophane, grenat, jadéite) dans des métagabbros : la lithosphère a subi une subduction. (c) L’exhumation et le charriage (obduction ou écaillage) l’ont placée sur la croûte continentale (chevauchement). Les unités du Mont Viso illustrent cette histoire.
  5. III. (a) Radiochronologie : datation par U/Pb de zircons des gabbros : âge de l’ouverture et de l’accrétion (océan alpin : environ 150–160 Ma, Jurassique supérieur). (b) Les fossiles contenus dans les sédiments pélagiques (radiolaires) donnent l’âge du fond océanique. (c) Datation des minéraux de haute pression (grenats, micas) : âge de la subduction (du Crétacé supérieur à l’Éocène selon les unités). (d) Chronologie relative : les roches métamorphisées sont plus récentes que le protolithe.
  6. Modèle d’ouverture : « Les océans disparaissent par subduction, mais des fragments de lithosphère océanique, les ophiolites, ont parfois été préservés dans les chaînes de montagnes. En étudiant leur composition et leur métamorphisme, les géologues retracent l’histoire des océans disparus. Comment reconstituer et dater cette histoire à partir des ophiolites ? »

RéponseRédaction possible : « Les ophiolites sont des lambeaux de lithosphère océanique : leur succession péridotites, gabbros, basaltes et sédiments est identique à celle de la lithosphère océanique actuelle et prouve une accrétion à une dorsale. Les minéraux d’hydratation (serpentinites, chlorite) témoignent de la circulation hydrothermale à la dorsale, et les minéraux de haute pression (glaucophane, grenat des éclogites) d’une subduction ultérieure, suivie d’une exhumation. Les âges absolus obtenus par radiochronologie (U/Pb sur zircons des gabbros) datent l’accrétion, les fossiles des sédiments l’âge du fond océanique, et la datation des minéraux de haute pression l’âge de la subduction. Les ophiolites permettent ainsi de reconstituer et de dater la naissance, l’évolution et la fermeture d’un domaine océanique. »

Vérification Repères de cours : accrétion de l'océan alpin au Jurassique (vers 160 Ma) ; subduction du Crétacé supérieur à l'Éocène.

Exercice 2 : La maladie de Charcot8 points

Expliquer l’origine moléculaire et génétique de la forme SLA GDAP1- de la sclérose latérale amyotrophique.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1a : réseau mitochondrial (témoin et patient) ; Document 1b : diamètre des mitochondries ; Document 2 : consommation mitochondriale d’O2 ; Document 3 : chaîne respiratoire et protéine GDAP1 ; Document 4 : activité des complexes ; Document 5 : codons 237 à 243 des allèles Wt et C240Y de GDAP1 ; Document 6 : domaines de la protéine GDAP1. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Documents 1a et 1b : quelles anomalies présentent les mitochondries des motoneurones du patient ?Touche pour voir la correction

À retenir Les mitochondries normales forment un réseau fusionné ; une fragmentation et un gonflement signent un dysfonctionnement.

Démarche
  1. Doc 1a : chez le témoin, réseau mitochondrial continu autour du noyau ; chez le patient, le réseau est fragmenté en nombreux petits éléments (flèches « fragmentation du réseau »).
  2. Doc 1b (échelle 500 nm sur chaque image) : la mitochondrie du patient est nettement plus large que celle du témoin, qui reste fine (le texte indique un diamètre normal inférieur à 170 nm).
  3. Conclusion : réseau fragmenté et mitochondries élargies.

RéponseLes motoneurones des patients ont un réseau mitochondrial fragmenté et des mitochondries de plus grand diamètre.

Vérification Largeurs mesurées sur l'image à l'aide de l'échelle de 500 nm : environ 160 nm (témoin) et environ 250 nm (patient), à ± 20 % près : la conclusion attendue est la tendance (mitochondries élargies chez le patient).

2Documents 2 et 4 : quelles sont les conséquences fonctionnelles ?Touche pour voir la correction

À retenir La consommation d’O2 reflète le fonctionnement de la chaîne respiratoire, qui produit l’ATP.

Démarche
  1. Doc 2 : consommation mitochondrielle d’O2 d’environ 10,6 nmol/min/mg de protéines chez le témoin et d’environ 6,3 chez le patient : baisse significative d’environ 40 %.
  2. Doc 4 : parmi les complexes I à V, seul le complexe I a une activité significativement plus faible chez le patient (0,3 contre 0,63 : environ moitié moins) ; les complexes II, III, IV et V ne diffèrent pas significativement.
  3. Conclusion : la chaîne respiratoire fonctionne moins bien à cause d’un déficit du complexe I.

RéponseLe déficit du complexe I réduit la consommation d’O2 d’environ 40 % et donc, par la chaîne respiratoire, la production d’ATP.

Vérification Valeurs lues sur les graphiques à ± 0,3 nmol/min/mg près (doc 2) ; valeurs du doc 4 lues dans le tableau. Calcul : (10,6 − 6,3) / 10,6 ≈ 0,41 ; 0,3 / 0,63 ≈ 0,48.

3Documents 3, 6 et 7 : quel lien entre la protéine GDAP1, les ROS et le complexe I ?Touche pour voir la correction

À retenir Les espèces réactives de l’oxygène (ROS), produites par les chaînes respiratoires, abîment les protéines si elles ne sont pas neutralisées.

Démarche
  1. Doc 3 : la protéine GDAP1 est située dans la membrane externe de la mitochondrie ; les complexes I à IV produisent des ROS.
  2. Doc 6 : les domaines GST de GDAP1 neutralisent les ROS (détoxification).
  3. Doc 7 : un déficit du complexe I est corrélé à une fragmentation du réseau et à un taux élevé de ROS ; un traitement contre les ROS (mitoquinone) restaure un réseau normal.
  4. Explication proposée par les documents : une GDAP1 non fonctionnelle neutralise mal les ROS, qui altèrent le complexe I et fragmentent le réseau.

RéponseGDAP1 sert à détoxifier les ROS ; si elle est défectueuse, les ROS s’accumulent, altèrent le complexe I et fragmentent le réseau mitochondrial.

4Documents 5 et 6 : quelle est la cause génétique et comment modifie-t-elle la protéine ?Touche pour voir la correction

À retenir Une mutation ponctuelle est une substitution d’un nucléotide ; elle peut changer un acide aminé (mutation faux-sens), donc la structure et la fonction de la protéine.

Démarche
  1. Doc 5 : au codon 240, l’allèle sauvage a TGC (cystéine) et l’allèle C240Y a TAC (tyrosine) : un seul nucléotide est substitué (G remplacé par A), tous les autres codons sont identiques.
  2. Résultat : un seul acide aminé change (Cys, devient Tyr) : mutation faux-sens, d’où le nom C240Y.
  3. Doc 6 : l’acide aminé 240 se situe dans le domaine GST-C (acides aminés 210 à 287) : le domaine de détoxification est altéré.

RéponseL’allèle C240Y du gène GDAP1 résulte d’une substitution G→A au codon 240 : la protéine possède une tyrosine à la place d’une cystéine dans son domaine GST-C.

Piège La mutation ne change pas le nombre d’acides aminés ni le cadre de lecture : ne pas parler de délétion ou de décalage.

5Synthèse : expliquer l’origine moléculaire et génétique de la SLA GDAP1-.Touche pour voir la correction

À retenir Chaîne : gène (allèle muté), protéine (domaine altéré), cellule (mitochondrie), organisme (paralysie).

Démarche
  1. Niveau génétique : mutation ponctuelle du gène GDAP1 (allèle C240Y).
  2. Niveau moléculaire : protéine GDAP1 modifiée dans son domaine GST-C, perte de la détoxification des ROS.
  3. Niveau cellulaire : accumulation de ROS, altération du complexe I (activité divisée par environ 2), consommation d’O2 et production d’ATP réduites, réseau fragmenté.
  4. Niveau tissulaire et organisme : les motoneurones, à métabolisme exclusivement respiratoire et forte demande en ATP, meurent, d’où la paralysie progressive des muscles.

RéponseRédaction possible : « La SLA GDAP1- a pour origine une mutation ponctuelle du gène GDAP1 : au codon 240, TGC devient TAC, si bien que la cystéine est remplacée par une tyrosine dans le domaine GST-C de la protéine, qui sert à neutraliser les ROS. La protéine mutée détoxifie moins bien les ROS produites par la chaîne respiratoire ; ceux-ci altèrent le complexe I, dont l’activité chute de moitié, et fragmentent le réseau mitochondrial. La consommation d’O2 diminue d’environ 40 %, donc la production d’ATP. Les motoneurones, qui dépendent exclusivement de la respiration cellulaire, meurent, ce qui provoque la paralysie progressive des muscles squelettiques. »

Vérification Le lien « GDAP1 mutée, puis ROS en excès » est établi par les documents 3, 6 et 7 ; les ROS ne sont pas mesurés directement chez le patient, d'où la formulation « détoxifie moins bien » dans la rédaction.

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