Annales corrigées › Bac 2025 › SVT
Bac 2025
SVT – Métropole 2025 (sujet 1) : correction détaillée
Spécialité SVT · 3 h 30 · 2 exercices (7 + 8 points) · mardi 17 juin 2025
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Le végétal chlorophyllien et l’eau7 points
Texte argumenté sans document : expliquer comment l’absorption de l’eau du sol par des structures variées chez les Angiospermes aboutit à la production de matière organique dans les cellules chlorophylliennes des feuilles.
Texte argumentéExpliquer comment l’absorption de l’eau du sol par des structures variées chez les Angiospermes permet d’aboutir à la production de matière organique dans les cellules chlorophylliennes des feuilles.Touche pour voir la correction
À retenir L’eau est absorbée par des surfaces d’échange racinaires (poils absorbants, mycorhizes), monte dans le xylème sous forme de sève brute grâce à la transpiration foliaire, puis est utilisée dans les chloroplastes (photolyse de l’eau) pour la photosynthèse.
- Problématique : comment l’eau prélevée dans le sol arrive-t-elle jusqu’aux chloroplastes et participe-t-elle à la synthèse de matière organique ?
- Plan : I. L’absorption de l’eau par des structures racinaires variées. II. Le transport de la sève brute jusqu’aux feuilles. III. L’utilisation de l’eau dans la photosynthèse et l’exportation de la matière organique.
- I. (a) Racines : grande surface d’échange grâce aux poils absorbants (prolongements de cellules épidermiques de la zone pilifère), à la ramification (racines fasciculées ou pivotantes). (b) Mycorhizes : association symbiotique entre racines et champignons du sol dont les hyphes très fins augmentent le volume de sol exploité ; le champignon fournit eau et sels minéraux, la plante lui fournit des sucres. (c) Autres structures : racines aériennes (orchidées), racines adventives… Observations : microscope (poils absorbants), expérience de plants mycorhizés ou non mycorhizés (croissance plus rapide des plants mycorhizés).
- II. (a) L’eau traverse les cellules racinaires jusqu’au xylème (vaisseaux). (b) Moteur du transport : la transpiration au niveau des stomates des feuilles crée un appel d’eau (dépression), la cohésion des molécules d’eau dans les vaisseaux assure la montée de la sève brute, sans dépense d’énergie propre. (c) Expérience : un rameau coupé plongé dans une solution colorée colore le xylème ; mesure de la masse d’eau perdue par transpiration.
- III. (a) Dans les chloroplastes, les pigments chlorophylliens captent l’énergie lumineuse ; l’eau est oxydée (photolyse de l’eau) : elle fournit les électrons et les protons et libère du dioxygène (expérience de Hill, marquage de l’18O dans l’eau retrouvé dans O2). (b) Les coenzymes réduits (RH2) et l’ATP produits servent à réduire le CO2 (cycle de Calvin) en trioses phosphates, puis en glucose, amidon dans le chloroplaste, saccharose exporté. (c) Le saccharose est transporté dans le phloème (sève élaborée) vers les organes non chlorophylliens. (d) Une carence en eau ferme les stomates, réduit l’entrée de CO2 et donc la production de matière organique.
- Modèle d’ouverture : « Les Angiospermes sont fixées à l’interface entre le sol et l’air : leurs racines absorbent l’eau et les minéraux tandis que leurs feuilles captent la lumière et le CO2. Comment l’eau du sol, absorbée par des structures variées, parvient-elle aux cellules chlorophylliennes et contribue-t-elle à la production de matière organique ? »
RéponseRédaction possible : « L’eau du sol est absorbée par des structures qui augmentent la surface d’échange : poils absorbants des racines et hyphes des champignons mycorhiziens. Elle rejoint le xylème et monte sous forme de sève brute vers les feuilles, entraînée par l’appel d’eau lié à la transpiration par les stomates et par la cohésion des molécules d’eau. Dans les chloroplastes des cellules chlorophylliennes, l’énergie lumineuse permet l’oxydation de l’eau (photolyse) qui libère O2 et fournit des électrons et protons ; les coenzymes réduits et l’ATP formés permettent de fixer le CO2 en trioses phosphates puis en glucides (amidon, saccharose). Le saccharose est exporté par le phloème vers les autres organes. »
Piège Ne pas confondre sève brute (xylème, eau et sels minéraux, montante) et sève élaborée (phloème, sucres) ; l’eau n’est pas seulement un solvant : elle est un réactif de la photosynthèse.
Exercice 2 : Le climat au Dryas récent8 points
Caractériser le climat au Dryas récent (entre 12 800 et 11 500 ans BP) à partir de traceurs isotopiques, micropaléontologiques et polliniques, puis proposer une hypothèse pour expliquer l’entrée dans cette période.
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document de référence : sondages A, B, C et GISP2 ; Document 1 : δ18O de la glace de GISP2 ; Calibration du thermomètre isotopique δ18O ; Document 2 : foraminifères N. pachyderma (sondage A) ; Document 3a : diagramme pollinique (sondage B) ; Document 3b : exigences climatiques des espèces ; Document 4a : circulation océanique globale actuelle ; Document 4b : décalage d’âge benthique–planctonique (sondage C). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Document 1 : que montre le δ18O de la glace du Groenland (GISP2) ?Touche pour voir la correction
À retenir Plus le δ18O de la glace est négatif, plus la température au moment des précipitations était basse : la calibration actuelle (droite δ18O/température) sert de thermomètre.
- Repérer la bande grisée « Dryas récent » : environ 11 500 à 12 800 ans BP (l’axe est gradué en années avant le présent, vers la droite = plus ancien).
- Valeurs lues : Holocène (0 à 10 000 BP) environ −34 à −36 ‰ ; période précédente (Bølling-Allerød, 13 000 à 14 500 BP) environ −37 à −39 ‰ (pic à environ −35 ‰ vers 14 400 BP) ; pendant le Dryas récent, environ −40 à −41,5 ‰ ; avant 15 000 BP (glaciaire) environ −39 à −42 ‰.
- Calibration (droite δ18O/température annuelle) : la pente de la droite est de 0,7 ‰ par °C ; une baisse de 2 à 5 ‰ correspond donc à un refroidissement de 3 à 7 °C au Groenland (2 / 0,7 ≈ 3 ; 5 / 0,7 ≈ 7).
- Le passage à des valeurs très négatives se fait en quelques siècles ou moins : le refroidissement est brusque ; la sortie du Dryas récent est suivie d’une remontée vers les valeurs holocènes (environ −35 ‰).
RéponseLe Dryas récent est une période brusquement plus froide que les périodes qui l’encadrent : au Groenland, le δ18O de la glace baisse d’environ 2 à 5 ‰, soit un refroidissement de plusieurs °C (3 à 7 °C).
Vérification Valeurs lues sur les graphiques à ± 1 ‰ près sur le δ18O ; refroidissement de 3 à 7 °C calculé avec la pente de la droite de calibration (0,7 ‰ par °C).
2Document 2 : que révèle l’enroulement des tests de N. pachyderma au large de la Norvège (sondage A) ?Touche pour voir la correction
À retenir Un indicateur biologique : le sens d’enroulement dépend de la température des eaux de surface (senestre : froides ; dextre : plus chaudes).
- Holocène (0 à 11 500 BP) : tests essentiellement dextres (le plus souvent 45 à 80 %, avec une baisse à environ 20-35 % vers 9 700-10 000 BP), senestres presque absents (0 à 5 %, jusqu’à 15-30 % après 10 800 BP) : eaux de surface plus chaudes.
- Dryas récent (environ 11 500 à 13 000 BP sur le graphique) : les tests senestres dominent (environ 60 à 100 %, le plus souvent plus de 80 %) et les dextres sont quasi absents (0 à 10 %) : eaux de surface froides. Le basculement au début de la période est très brusque.
- Bølling-Allerød (environ 13 000 à 14 600 BP sur le graphique) : proportions très variables (senestres de 5 à 80 %, dextres jusqu’à 50 %) : eaux de surface plus tempérées que pendant le Dryas récent.
- Heinrich 1 (avant 14 600 BP) : senestres autour de 100 % : eaux de surface très froides.
RéponseAu large de la Norvège, les eaux de surface se sont brusquement refroidies au Dryas récent (enroulement senestre dominant), après une période plus tempérée au Bølling-Allerød, puis réchauffées à l’Holocène (enroulement dextre dominant).
Vérification Fréquences lues sur le graphique à ± 5 points de pourcentage près.
3Documents 3a et 3b : quel climat continental déduit-on du diagramme pollinique de la tourbière de la Borde ?Touche pour voir la correction
À retenir Un diagramme pollinique donne la composition de la végétation à chaque époque ; les exigences climatiques des espèces permettent de reconstituer le climat.
- Allerød : fréquence très élevée d’arbres (environ 80 à 95 %, essentiellement pins et bouleaux) : climat tempéré à froid, forêt de type taïga.
- Dryas récent : chute de la fréquence des arbres (environ 30 à 45 %) et augmentation des herbacées dont les Poacées : végétation de type steppe ou toundra, donc climat froid et sec.
- Holocène : retour des arbres, apparition du noisetier, du chêne et de l’orme (exigeants en chaleur) : climat tempéré.
- Bølling (plus ancien) : arbres peu nombreux (environ 30 à 40 %) : climat plus froid.
RéponseEn France (Pyrénées), le Dryas récent correspond à un refroidissement net, avec une végétation de steppe ou de toundra remplaçant la forêt.
Vérification Fréquences lues sur le diagramme pollinique à ± 5 points de pourcentage près.
Piège Ne pas confondre les périodes sur l’axe des profondeurs : plus on descend, plus on remonte dans le temps.
4Document 4a et 4b : quelle hypothèse explique l’entrée dans le Dryas récent ?Touche pour voir la correction
À retenir La circulation océanique redistribue la chaleur ; le Gulf Stream, courant de surface chaud, réchauffe l’Europe de l’Ouest, et sa vitesse dépend de la plongée des eaux près du Groenland.
- Doc 4a : une baisse de la vitesse de plongée des eaux de surface ralentit le Gulf Stream, donc réduit l’apport de chaleur vers l’Europe de l’Ouest.
- Doc 4b : plus le décalage d’âge est faible, plus la plongée est rapide. Pendant le Bølling-Allerød, il est faible à moyen (environ 0 à +300 ans) ; il augmente nettement à la fin de cette période (de 13 300 à 12 800 BP, de 0 à environ +700 ans) et atteint environ +600 à +900 ans pendant le Dryas récent (maximum d’environ +900 ans vers 12 200 BP) : la plongée des eaux de surface ralentit.
- Il diminue à nouveau à la fin du Dryas récent (environ +100 ans à 11 500 BP) : retour d’une plongée plus rapide et fin du refroidissement. (Avant 14 600 BP, pendant Heinrich 1, le décalage est encore plus grand, jusqu’à environ +1 400 ans.)
- Cohérence avec les autres documents : refroidissement au Groenland (doc 1), en Atlantique Nord (doc 2) et en France (doc 3).
RéponseHypothèse : un ralentissement de la circulation océanique (moindre plongée des eaux de surface, donc Gulf Stream plus faible) a réduit l’apport de chaleur vers l’Atlantique Nord et l’Europe, entraînant le refroidissement brusque du Dryas récent.
Vérification Décalages d'âge lus sur le graphique à ± 100 ans près. La cause du ralentissement (apport massif d'eau douce de fonte des calottes, qui diminue la densité des eaux de surface) est une connaissance du cours, non donnée par les documents : la présenter comme explication complémentaire.
5Synthèse : caractériser le climat au Dryas récent et expliquer l’entrée.Touche pour voir la correction
À retenir Plan : caractérisation à plusieurs échelles (isotopes, foraminifères, pollens), puis hypothèse océanique.
- Introduire : Dryas récent, 12 800 à 11 500 ans BP, brusque variation de température.
- Caractériser : froid au Groenland (δ18O), eaux de surface froides au large de la Norvège (foraminifères), steppe froide et sèche dans les Pyrénées (pollens) : refroidissement généralisé dans l’Atlantique Nord.
- Hypothèse : ralentissement de la circulation océanique et du Gulf Stream (décalage d’âge).
- Nuancer : dans le temps, la rapidité du phénomène et l’origine du ralentissement restent à discuter.
RéponseRédaction possible : « Le Dryas récent est marqué par un refroidissement net : le δ18O de la glace du Groenland chute d’environ 2 à 5 ‰ (doc 1), les foraminifères à enroulement senestre dominent (60 à 100 %) au large de la Norvège, ce qui indique des eaux de surface froides (doc 2), et la végétation arborée recule au profit des Poacées et des herbacées dans les Pyrénées-Orientales, signe d’un climat froid et sec (doc 3). Ce refroidissement touche donc tout l’Atlantique Nord et l’Europe. Le décalage d’âge benthique–planctonique augmente fortement au début du Dryas récent (doc 4b), ce qui traduit un ralentissement de la plongée des eaux de surface, donc du Gulf Stream, qui transporte la chaleur vers l’Europe (doc 4a). On propose ainsi qu’un ralentissement de la circulation océanique ait déclenché l’entrée dans le Dryas récent. »
Autres sujets de SVT (Bac 2025)
- SVT – Amérique du Nord 2025 (sujet 1) (Bac)
- SVT – Amérique du Nord 2025 (sujet 2) (Bac)
- SVT – Amérique du Sud 2025 (Bac)
- SVT – Asie 2025 (remplacement) (Bac)
- SVT – Asie 2025 (sujet 1) (Bac)
- SVT – Asie 2025 (sujet 2) (Bac)
- SVT – Centres étrangers 2025 (sujet 1) (Bac)
- SVT – Centres étrangers 2025 (sujet 2) (Bac)