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Bac 2026

Philosophie (générale) – Métropole 2026 : correction détaillée

Série générale · philosophie · 4 heures · coefficient 8 · 15 juin 2026 · trois sujets au choix

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 : Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?20 points

Dissertation. Parler semble le comble de la maîtrise (je dis ce que je veux), mais les mots échappent : lapsus, malentendus, effets imprévus, langue héritée. Le sujet interroge la part de contrôle et de responsabilité dans la parole.

1.1Définir les termes et poser la problématique de « Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? »Touche pour voir la correction

À retenir « Maîtrise » : pouvoir de diriger à son gré ; distinguer maîtrise de la forme, du sens et des effets.

Démarche
  1. « Maîtrise » : contrôle, capacité de diriger volontairement ; trois niveaux : choisir ce qu’on dit, comprendre ce qu’on dit, prévoir ce que cela produit chez l’autre.
  2. « Paroles » : le langage en acte, ce que je dis effectivement ; la parole engage (promesse, aveu, injure).
  3. « Nous » : sujet conscient et volontaire, mais aussi sujet traversé par l’inconscient et par une langue héritée.
  4. Problématique : si la parole est un acte volontaire, pourquoi nous échappe-t-elle (lapsus, effets imprévus) ? Notre part de contrôle suffit-elle à fonder notre responsabilité ?

RéponseProblématique : la parole est-elle l’expression maîtrisée d’une pensée consciente ou échappe-t-elle toujours en partie à celui qui parle, et que reste-t-il alors de notre responsabilité ?

1.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Partir de la maîtrise apparente (volonté, rhétorique), montrer ses limites, puis redéfinir la maîtrise comme travail et responsabilité.

Démarche
  1. I. Oui, nous pouvons maîtriser notre parole. La parole est un acte volontaire : je choisis de me taire ou de parler. La rhétorique, art de convaincre, le montre (Aristote, Rhétorique). Les promesses engagent par la volonté (Austin, Quand dire, c’est faire : actes performatifs).
  2. II. Mais la parole échappe. L’inconscient parle à travers lapsus et actes manqués (Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne). La langue nous précède et fait parler à travers nous des clichés et des préjugés. Les paroles ont des effets que nous ne maîtrisons pas : l’autre interprète, répète, déforme. Lacan et Wittgenstein peuvent enrichir : la signification d’un mot dépend de l’usage collectif, que nul ne maîtrise seul.
  3. III. Maîtriser sa parole est un travail : retenue, précision, écoute. Elle suppose de reconnaître nos limites et d’assumer les effets de ce que nous disons : la responsabilité ne dépend pas d’un contrôle total. Éthique de la parole : dire vrai, éviter la violence verbale, discuter.

RéponsePlan : I. La parole est un acte volontaire et on peut l’orienter. II. Elle échappe par l’inconscient, la langue et ses effets. III. La maîtrise est un travail, qui fonde une responsabilité sans exiger un contrôle total.

Vérification Références classiques (Aristote, Rhétorique ; Austin, Quand dire, c’est faire ; Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne) exactes ; aucune citation littérale n’est donnée.

Piège Ne pas se limiter à Freud : il faut aussi analyser la parole comme acte social et ses effets sur autrui.

1.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Amorce, problème, problématique, plan.

Démarche
  1. Amorce : l’expérience du mot de trop.
  2. Problème : liberté d’une parole volontaire et réalité d’échappements.
  3. Annonce du plan.

RéponseRédaction possible : « Qui n’a jamais regretté un mot lâché trop vite, une phrase qui n’a pas dit ce qu’il voulait dire ou qui a blessé sans qu’il l’ait voulu ? Parler paraît pourtant l’acte le plus libre qui soit : je choisis de dire ou de me taire. Mais la parole, une fois prononcée, est interprétée, reprise, déformée ; elle trahit parfois ce que nous cachons. Avons-nous alors la maîtrise de nos paroles, ou celle-ci n’est-elle qu’une illusion ? Nous verrons d’abord que la parole est un acte volontaire, puis qu’elle échappe en partie à celui qui parle, avant de montrer que la maîtrise est un travail qui fonde notre responsabilité. »

Exercice 2 : Sujet 2 : Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?20 points

Dissertation. Le bonheur semble une affaire personnelle, mais nous vivons avec les autres et leur malheur nous touche. Le sujet oppose l’égoïsme possible du bonheur à l’exigence morale et affective de solidarité.

2.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir « Peut-on » : possibilité de fait (psychologique) et de droit (morale).

Démarche
  1. « Heureux » : satisfaction globale et durable, à distinguer du plaisir.
  2. « Les autres » : proches, mais aussi inconnus, humanité entière ; la distance joue.
  3. « Peut-on » : est-ce possible psychologiquement, est-ce légitime moralement ?
  4. Problématique : le bonheur est-il compatible avec l’indifférence au malheur d’autrui, ou suppose-t-il le bien-être des autres ?

RéponseProblématique : le bonheur individuel peut-il se maintenir malgré le malheur des autres, ou notre sensibilité et notre conscience morale l’en empêchent-elles ?

2.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Oui (autarcie, limites de notre pouvoir), non (sympathie, devoir), puis dépassement (bonheur engagé).

Démarche
  1. I. Oui, on peut être heureux seul. Le bonheur dépend de la disposition de l’âme : Épicure (ataraxie), Épictète (distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n’en dépend pas). Nous ne pouvons pas porter tous les malheurs du monde ; l’indifférence est un mécanisme de protection.
  2. II. Non, le malheur d’autrui nous atteint. Nous sommes des êtres sociaux (Aristote). Rousseau (Émile) : la pitié naît de l’identification. Adam Smith : la sympathie nous fait ressentir les peines des autres. Camus, La Peste : le personnage de Rambert évoque la honte d’être heureux seul. Kant : devoir de bienfaisance.
  3. III. Un bonheur qui prend en charge celui des autres. Le bonheur véritable est aussi action : Spinoza (l’homme est pour l’homme ce qu’il y a de plus utile), engagement. Être heureux malgré les autres n’est pas oublier leurs malheurs mais agir pour les réduire.

RéponsePlan : I. Le bonheur peut être séparé du sort d’autrui. II. Mais la sympathie, la honte et le devoir nous lient aux autres. III. Un bonheur véritable est solidaire et se prolonge en action.

Vérification Références usuelles (Épicure, Épictète, Aristote, Rousseau, Smith, Camus, Spinoza, Kant) correctes ; la formule de Rambert dans La Peste tient à la honte d’être heureux tout seul : la paraphraser plutôt que la citer.

Piège Ne pas faire une dissertation sur le seul « devoir moral » : le sujet pose aussi une question de fait sur le bonheur.

2.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Partir d’une situation concrète.

Démarche
  1. Amorce par l’image du bonheur dans un monde en souffrance.
  2. Problème puis plan.

RéponseRédaction possible : « Alors qu’une partie du monde souffre de la faim ou de la guerre, que penser de celui qui jouit tranquillement de son existence ? Le bonheur est d’abord une affaire personnelle : chacun le cherche pour soi. Mais nous ne vivons pas isolés, et le malheur des autres semble jeter une ombre sur nos joies. Peut-on dès lors être heureux quand les autres ne le sont pas, ou le bonheur véritable suppose-t-il le bien-être de tous ? Nous verrons d’abord qu’un bonheur individuel est possible, puis que le malheur d’autrui en limite la sérénité, avant de défendre un bonheur qui s’engage pour les autres. »

Exercice 3 : Sujet 3 : Explication de Nietzsche, Humain, trop humain (1878)20 points

Explication de texte. Nietzsche soutient que les méthodes de la science valent plus que ses résultats, car elles seules forment l’esprit scientifique, c’est-à-dire la prudence dans le jugement.

3.1Quelle est la question à laquelle le texte répond et quelle est sa thèse ?Touche pour voir la correction

À retenir Thèse : la méthode, plus que les résultats, fait l’esprit scientifique.

Démarche
  1. Question : qu’est-ce qui, dans la science, importe le plus pour l’esprit : ses résultats ou ses méthodes ?
  2. Thèse : les méthodes sont une conquête au moins aussi considérable que les résultats, car elles seules forment l’esprit scientifique, c’est-à-dire la défiance envers l’hypothèse hâtive et le fanatisme de l’opinion.

RéponseThèse : l’esprit scientifique est un exercice de prudence que seule la pratique de la méthode donne ; sans elle, les résultats n’empêchent pas le retour de la superstition.

3.2Structure du texte et étapes de l’argumentation.Touche pour voir la correction

À retenir Le texte part d’une thèse, la prouve par un constat, en tire des conséquences et conclut par un conseil.

Démarche
  1. Première étape (jusqu’à « l’absurdité ») : la thèse. La compréhension de la méthode fonde l’esprit scientifique ; sans elle, les résultats ne protègent pas de la superstition.
  2. Deuxième étape (« Les gens cultivés ont beau apprendre » jusqu’à « comme une conviction ») : le constat sur les gens cultivés. Ils connaissent des résultats mais manquent de « défiance instinctive » ; ils se passionnent pour la première hypothèse venue ; avoir une opinion devient fanatisme.
  3. Troisième étape (« D’où résultent continuellement » jusqu’à « conséquences ») : les conséquences, surtout en politique.
  4. Quatrième étape (« C’est pourquoi chacun devrait ») : la conclusion pratique. Chacun devrait connaître une science à fond pour savoir ce qu’est une méthode et combien la prudence est nécessaire.

RéponseQuatre moments : thèse (primat de la méthode), constat (les cultivés manquent d’esprit scientifique), conséquences (fanatisme, surtout politique), conclusion (connaître une science à fond).

3.3Expliquer les expressions : « esprit scientifique », « défiance instinctive contre les écarts de la pensée », « tout feu tout flamme », « fanatique ».Touche pour voir la correction

À retenir Éclairer chaque expression par le contexte.

Démarche
  1. « Esprit scientifique » : disposition de l’esprit faite de rigueur, de contrôle des hypothèses, et non simple accumulation de savoirs.
  2. « Défiance instinctive contre les écarts de la pensée » : réflexe devenu habitude, acquis par un « long exercice », qui fait suspecter les idées hâtives.
  3. « Tout feu tout flamme » : enthousiasme immédiat pour une hypothèse, sans examen.
  4. « Fanatique » : celui qui adhère passionnément à une opinion et ne la remet plus en cause.
  5. Nietzsche distingue l’hypothèse (provisoire) de la conviction (tenue pour vraie par attachement).

RéponseCe qui caractérise l’esprit scientifique n’est pas un contenu de savoir mais une manière de juger : prudence, retenue, vérification.

Piège Ne pas conclure que Nietzsche méprise les résultats : il les juge moins précieux que la méthode, pas inutiles.

3.4Discussion : portée et limites.Touche pour voir la correction

À retenir Situer Nietzsche (critique de la conviction) et discuter.

Démarche
  1. Accord : on retrouve Bachelard (la science se construit contre l’opinion) et le doute cartésien.
  2. Limite : tout le monde ne peut pas se former à fond à une science ; la méthode scientifique n’épuise pas les domaines de la vie (morale, art).
  3. Ouverture : éducation à l’esprit critique, rôle de l’école.

RéponseLe texte plaide pour une éducation de l’esprit à la prudence : la science est ici moins un savoir qu’une discipline de la pensée.

Vérification Références à Bachelard (La Formation de l’esprit scientifique : la science s’oppose à l’opinion) et à Descartes (doute méthodique) exactes dans leur principe.

3.5Rédiger une introduction à l’explication.Touche pour voir la correction

À retenir Auteur, texte, question, thèse, mouvement.

Démarche
  1. Situer Nietzsche et le livre.
  2. Poser la question et la thèse.
  3. Annoncer le plan.

RéponseRédaction possible : « Dans Humain, trop humain (1878), Nietzsche examine ce qu’il y a de plus précieux dans la science. Doit-on la juger à ses résultats ou à ses méthodes ? Selon lui, la méthode est une conquête au moins aussi considérable, car elle seule forme l’esprit scientifique, c’est-à-dire la défiance envers les hypothèses hâtives. Nous verrons comment il pose cette thèse, puis le constat sur les gens cultivés, les conséquences politiques de leur légèreté et enfin le conseil final. »

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