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Bac 2026

Philosophie (technologique) – Centres étrangers 2026 : correction détaillée

Séries technologiques · philosophie · 4 heures · coefficient 4 · trois sujets au choix

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 : Contre quoi faut-il défendre la vérité ?20 points

Dissertation. La vérité est menacée par l’erreur, le mensonge, l’opinion, le pouvoir, mais aussi par la science mal comprise ou l’intérêt. Le sujet demande ce qui la met en danger et si elle a besoin d’être défendue.

1.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir « Défendre » suppose que la vérité est menacée et qu’elle vaut la peine d’être protégée.

Démarche
  1. « Vérité » : accord de la pensée avec le réel ; aussi valeur, ce qui est vrai, indépendant de nos désirs.
  2. « Défendre » : protéger contre une attaque ; présuppose un danger extérieur.
  3. « Contre quoi » : quelles menaces ? erreur, mensonge, préjugé, opinion, propagande, relativisme, fanatisme.
  4. Problématique : quelles sont les forces qui menacent la vérité, et celle-ci a-t-elle besoin d’être défendue de l’extérieur ou se défend-elle par elle-même ?

RéponseProblématique : face à quelles menaces la vérité doit-elle être protégée, et qui doit la défendre : l’individu, la science, les institutions ?

1.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Menaces externes, menaces internes, puis moyens de défense.

Démarche
  1. I. Contre le mensonge et la manipulation. Platon (République, Gorgias) : les sophistes et la rhétorique qui persuade sans vérité. Propagande (Orwell, 1984). Fausses informations. Le pouvoir peut contrôler la vérité (Arendt, Vérité et politique : les faits sont fragiles face au pouvoir).
  2. II. Contre nos propres obstacles : préjugés, passions, paresse intellectuelle (Descartes, Méditations I et Discours : les préjugés de l’enfance ; Bacon, les idoles). Contre l’opinion qui se passe de preuve (Bachelard). Contre le dogmatisme et le fanatisme, qui prétendent détenir la vérité sans examen (Nietzsche : les convictions sont plus dangereuses que les mensonges).
  3. III. Comment la défendre ? Par l’esprit critique, la méthode, la discussion (Kant : Qu’est-ce que les Lumières ? « Sapere aude »). La vérité se défend par l’examen plus que par la force. Il faut aussi la défendre contre le relativisme, qui la dissout, et contre le désir de s’en servir comme arme.

RéponsePlan : I. Contre le mensonge et la manipulation du pouvoir. II. Contre nos préjugés, l’opinion et le dogmatisme. III. Par l’esprit critique, la méthode et la discussion.

Vérification Références (Platon, Arendt, Descartes, Bacon, Bachelard, Nietzsche, Kant) usuelles et correctes dans leur principe ; les citer sans guillemets sauf « Sapere aude ».

Piège Ne pas faire un simple catalogue de dangers : montrer ce qui distingue les menaces externes des menaces internes.

1.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Amorce, problème, problématique, plan.

Démarche
  1. Amorce : fausses nouvelles et désinformation.
  2. Problématique et annonce du plan.

RéponseRédaction possible : « À l’heure où les fausses informations circulent plus vite que les démentis, on entend souvent qu’il faut défendre la vérité. Mais défendre suppose une menace : de quoi la vérité est-elle menacée ? Le mensonge, la manipulation, les préjugés, l’opinion qui s’impose sans preuve, le dogmatisme ? Et comment la protéger sans la transformer elle-même en arme ? Nous verrons d’abord comment le mensonge et le pouvoir menacent la vérité, puis comment nos propres préjugés et passions la fragilisent, avant de montrer que la vérité se défend par l’esprit critique et la discussion. »

Exercice 2 : Sujet 2 : La technique change-t-elle ce que nous sommes ?20 points

Dissertation. La technique transforme nos conditions de vie, nos corps, nos relations, notre pensée. Le sujet demande si elle modifie seulement ce que nous faisons ou aussi ce que nous sommes.

2.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir « Ce que nous sommes » : l’être de l’homme, sa nature ou son essence.

Démarche
  1. « Technique » : ensemble de procédés et d’outils pour agir sur le monde et satisfaire des besoins.
  2. « Changer » : modifier en profondeur, pas seulement en surface.
  3. « Ce que nous sommes » : notre nature, nos capacités, notre identité, notre manière d’exister.
  4. Problématique : la technique est-elle un simple moyen qui ne modifie que nos conditions de vie, ou transforme-t-elle notre être même ?

RéponseProblématique : la technique est-elle un instrument neutre au service de besoins stables, ou transforme-t-elle l’homme qui la produit, au point de le changer ?

2.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Non (outil neutre), oui (transformation), puis l’homme comme être technique.

Démarche
  1. I. Non, la technique est un moyen. Elle prolonge les organes, sert nos besoins (Bergson, L’évolution créatrice : l’homme comme homo faber). L’homme garde la même nature ; la technique ne change que ses conditions.
  2. II. Oui, elle nous transforme. Elle modifie nos capacités (mémoire, calcul), nos relations, notre rapport au temps et à l’espace, notre corps (médecine, prothèses, biotechnologies). Heidegger (La question de la technique) : la technique moderne est un mode de dévoilement qui fait voir toute chose comme « fonds disponible » à exploiter ; Anders (L’Obsolescence de l’homme) : l’homme est dépassé par ses productions. Les écrans changent notre attention.
  3. III. L’homme est par nature technique. Le mythe de Prométhée (Platon, Protagoras) : l’homme dépourvu de qualités naturelles reçoit les techniques. Leroi-Gourhan, Stiegler : l’homme se fait en fabriquant. Donc la technique ne nous change pas : elle nous constitue. Nous sommes responsables de l’orientation de ce changement.

RéponsePlan : I. La technique semble un simple moyen. II. Elle transforme pourtant nos capacités, nos relations et notre regard sur le monde. III. L’homme est lui-même un être technique : la technique le constitue.

Vérification Bergson (homo faber, L’évolution créatrice), Heidegger, Platon (Protagoras, mythe de Prométhée et d’Épiméthée), Leroi-Gourhan (Le Geste et la Parole) exacts dans leur principe.

2.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Amorce par un exemple concret.

Démarche
  1. Amorce : le téléphone portable.
  2. Problématique et plan.

RéponseRédaction possible : « Il y a quelques décennies, personne n’avait de téléphone dans la poche ; aujourd’hui beaucoup ne se passent plus de cet objet qui modifie nos relations, notre mémoire, notre attention. La technique répond d’abord à des besoins : elle est un moyen. Mais n’est-elle qu’un outil, ou nous transforme-t-elle en profondeur ? Change-t-elle ce que nous sommes ? Nous verrons d’abord qu’elle semble un simple moyen, puis qu’elle transforme nos capacités et nos manières de vivre, avant de montrer que l’homme est lui-même un être technique. »

Exercice 3 : Sujet 3 : Explication de Hume, Essais esthétiques : de la norme du goût (1742)20 points

Explication de texte, option n°1 (questions). Hume soutient que la durée et l’étendue de l’admiration que suscite une œuvre manifestent sa valeur : Homère est encore admiré, alors que les mauvais poètes tombent dans l’oubli. Notes : Homère, auteur de l’Iliade et de l’Odyssée ; « obstructions » = obstacles.

A1Comment Hume distingue-t-il le bon du mauvais poète ?Touche pour voir la correction

À retenir Par la durée et l’étendue de la réputation.

Démarche
  1. Le mauvais poète peut avoir une « vogue temporaire » par l’autorité ou le préjugé, mais « sa réputation ne sera jamais durable ou étendue ».
  2. Le vrai génie : « plus les œuvres durent, et plus largement sont-elles répandues, plus sincère est l’admiration qu’il rencontre ».
  3. Exemple : Homère admiré à Athènes, Rome, Paris, Londres malgré les changements de climat, de gouvernement, de religion, de langage.

RéponseLe bon poète est celui dont l’œuvre est admirée longtemps et partout, malgré les changements de lieux et d’époques ; le mauvais n’obtient qu’une réputation passagère et limitée.

A2De quels moyens dispose-t-on pour juger un artiste au présent ?Touche pour voir la correction

À retenir Au présent, le texte indique deux recours : le jugement des étrangers et celui de la postérité, qui échappent à l'envie, à la jalousie et à la familiarité.

Démarche
  1. Le texte dit que, lorsque les compositions sont examinées « par la postérité ou par des étrangers », « l'enchantement est dissipé » pour le mauvais poète et ses fautes apparaissent « sous leur vrai jour ».
  2. Les contemporains proches juge mal : « l'envie et la jalousie ont trop de place dans un cercle étroit », et la connaissance intime de la personne peut diminuer les applaudissements ; l'autorité et le préjugé donnent une « vogue temporaire ».
  3. Au présent, le moyen disponible est donc de se tourner vers le regard distant : celui des étrangers (éloignés dans l'espace, sans envie ni préjugé local), en attendant celui de la postérité (éloignée dans le temps).

RéponseAu présent, on juge un artiste en s'appuyant sur le regard de ceux que l'envie, la jalousie et la familiarité n'atteignent pas, les étrangers ; la postérité, par la durée, confirme ensuite ce jugement.

A3Que faut-il éviter pour mal juger une œuvre ?Touche pour voir la correction

À retenir Éviter ce qui trouble le jugement.

Démarche
  1. L’autorité et le préjugé, qui donnent une vogue artificielle.
  2. L’envie et la jalousie, fortes dans un cercle étroit.
  3. La connaissance intime de la personne, qui peut diminuer les applaudissements.
  4. Ces « obstructions » levées, les beautés « déploient immédiatement leur énergie ».

RéponsePour bien juger, il faut éviter l’autorité, le préjugé, l’envie, la jalousie et les sentiments personnels envers l’auteur, qui faussent l’appréciation de l’œuvre.

B1Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte ?Touche pour voir la correction

À retenir Formuler le problème en une question.

Démarche
  1. Le texte cherche un critère de la valeur esthétique.

RéponseÀ quoi reconnaît-on la valeur d’une œuvre d’art, et comment faire la différence entre un vrai génie et un artiste passager ?

B2Dégagez les différents moments de l’argumentation.Touche pour voir la correction

À retenir Exemple, opposition, explication.

Démarche
  1. Premier moment (jusqu’à « sa gloire ») : l’exemple d’Homère, admiré à travers les lieux et les époques malgré les changements.
  2. Deuxième moment (« L’autorité ou le préjugé » jusqu’à « jamais durable ») : le mauvais poète peut avoir une vogue temporaire, jamais durable.
  3. Troisième moment (« Au contraire » jusqu’à la fin) : le vrai génie gagne à la durée et à l’étendue ; les obstacles (envie, jalousie, intimité) sont levés avec le temps et la distance ; les beautés exercent alors leur autorité.

RéponseTrois moments : (1) Homère comme exemple, (2) le mauvais poète, vogue passagère, (3) le vrai génie, dont la valeur apparaît avec le temps.

B3En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.Touche pour voir la correction

À retenir Idée principale en une phrase.

Démarche
  1. La valeur d’une œuvre se manifeste à l’épreuve du temps et de la distance, car les obstacles du jugement s’effacent.

RéponseL’épreuve du temps et de l’universalité révèle la vraie beauté : seule une œuvre dont la valeur est réelle résiste aux changements d’époques et de cultures.

C1Qu’est-ce qu’une œuvre d’art géniale ?Touche pour voir la correction

À retenir Définir le génie : originalité, universalité, durée.

Démarche
  1. Pour Hume : une œuvre qui plaît durablement et largement.
  2. Pour Kant (Critique de la faculté de juger) : le génie donne des règles à l’art, il crée de façon originale et exemplaire.
  3. Une œuvre géniale ouvre un monde nouveau : originalité, exemplarité, puissance d’émotion.
  4. Limite : le succès n’est pas une preuve de génie (l’œuvre peut être reconnue tard).

RéponseUne œuvre géniale est originale, elle touche au-delà de son époque et de son lieu et reste admirée parce qu’elle ouvre une manière nouvelle de voir ou de sentir.

Vérification Kant (Critique de la faculté de juger, §46 : le génie est le talent qui donne des règles à l’art) exact.

C2La beauté artistique résiste-t-elle au temps ?Touche pour voir la correction

À retenir Discuter : oui (œuvres classiques), mais les goûts changent.

Démarche
  1. Oui : Homère, Shakespeare, Mozart restent admirés.
  2. Non : les goûts changent, des œuvres sont oubliées ou redécouvertes ; la beauté dépend des cultures et des époques.
  3. Dépassement : ce qui dure est ce qui sait parler à des générations différentes, mais la réception se renouvelle.

RéponseCertaines œuvres traversent le temps parce qu’elles touchent à l’universel, mais la durée n’est pas une preuve absolue de beauté : les goûts évoluent et la réception change.

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