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Bac 2026
Philosophie (technologique) – Antilles-Guyane 2026 : correction détaillée
Séries technologiques · philosophie · 4 heures · coefficient 4 · trois sujets au choix
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Sujet 1 : Sommes-nous séparés de la nature ?20 points
Dissertation. L’homme est un être naturel (corps, besoins) mais il transforme la nature par la culture, la technique, la pensée. Le sujet demande si cette différence est une séparation.
1.1Définir les termes et poser la problématique de « Sommes-nous séparés de la nature ? »Touche pour voir la correction
À retenir « Nature » a plusieurs sens : ensemble des êtres non produits par l’homme, mais aussi ce qui est inné, l’essence d’une chose.
- « Nature » : (1) le monde naturel (êtres vivants, milieux) ; (2) ce qui est donné et non fabriqué, opposé à la culture ; (3) la nature humaine, ce qui nous est propre.
- « Séparés » : coupés, extérieurs, en rupture ; l’alternative est l’appartenance ou la continuité.
- « Nous » : les hommes, êtres vivants et êtres de culture.
- Problématique : la culture, la technique et la conscience font-elles de nous des êtres en rupture avec la nature, ou restons-nous des êtres naturels qui transforment leur propre nature ?
RéponseProblématique : l’homme, être de culture et de raison, s’est-il arraché à la nature au point d’en être séparé, ou reste-t-il pleinement naturel, même quand il la transforme ?
1.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Séparation apparente, appartenance, puis responsabilité et rapport renouvelé.
- I. Oui, nous nous séparons de la nature. La culture, le langage, la technique nous distinguent de l’animal. Descartes (Discours de la méthode, VI) : nous rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Notre vie urbaine nous éloigne des cycles naturels.
- II. Non, nous restons naturels. Nous avons un corps, des besoins, une mortalité. Les découvertes de Darwin nous rattachent à l’évolution. La technique emploie les lois de la nature (Bacon : on ne commande à la nature qu’en lui obéissant). Les crises écologiques montrent notre dépendance.
- III. Une distinction n’est pas une séparation. L’homme est un être naturel capable de transformer sa propre nature : la culture est une seconde nature. Il reste responsable : penser une écologie, un rapport respectueux (Hans Jonas, Le Principe responsabilité : agir de sorte que les effets de l’action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine).
RéponsePlan : I. La culture et la technique nous distinguent de la nature. II. Mais nous en restons dépendants et nous en faisons partie. III. Distinguer n’est pas séparer : la culture prolonge la nature et nous rend responsables d’elle.
Vérification Descartes (Discours de la méthode, VI : « comme maîtres et possesseurs de la nature ») et Bacon (Novum Organum : on ne commande à la nature qu’en lui obéissant) exacts. Jonas : formule paraphrasée (« agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre »).
Piège Ne pas opposer simplement nature et culture : montrer que la culture est elle-même un produit de l’être naturel qu’est l’homme.
1.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Amorce, problème, problématique, plan.
- Amorce : la vie urbaine ou la crise écologique.
- Poser le problème.
- Annoncer le plan.
RéponseRédaction possible : « Dans nos villes, entre écrans et béton, il arrive que la nature nous paraisse lointaine ; pourtant les catastrophes climatiques nous rappellent que nous en dépendons. L’homme a développé le langage, la technique, la culture : tout cela semble le mettre à part du reste du vivant. Mais être distinct de la nature, est-ce en être séparé ? Nous verrons d’abord comment la culture et la technique nous distinguent de la nature, puis que nous en restons dépendants, avant de montrer qu’une distinction n’est pas une séparation et qu’elle nous rend responsables de la nature. »
Exercice 2 : Sujet 2 : La croyance religieuse n’est-elle que personnelle ?20 points
Dissertation. La foi semble relever de la conscience individuelle (laïcité, liberté de conscience), mais elle s’exprime dans des rites, des communautés, des institutions. Le sujet interroge la part individuelle et collective de la croyance.
2.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction
À retenir « Que » : le sujet suggère que la croyance est aussi autre chose que personnelle.
- « Croyance » : adhésion à une idée sans preuve décisive, tenue pour vraie ; distinguer du savoir.
- « Religieuse » : relative à un rapport au sacré, au divin, avec des dogmes, des rites, des communautés.
- « Personnelle » : relevant de l’individu, de sa conscience et de sa liberté.
- Problématique : la foi se limite-t-elle à une conviction intime, ou est-elle aussi un phénomène social et collectif, qui engage la société ?
RéponseProblématique : la croyance religieuse est-elle une affaire de conscience individuelle, ou son contenu, ses pratiques et ses effets en font-ils une réalité aussi collective et publique ?
2.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Personnelle (liberté de conscience), sociale (communauté, rites), puis articulation (laïcité).
- I. Oui, la foi est personnelle. Elle engage la conscience et la liberté (Locke, Lettre sur la tolérance : la foi ne se commande pas). Chacun croit à sa manière ; la laïcité protège la liberté de conscience. Pascal : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ».
- II. Mais elle est aussi collective. Les religions sont des communautés avec des rites, des textes, des fêtes. La croyance est transmise par l’éducation et la tradition. Durkheim (Les formes élémentaires de la vie religieuse) : la religion est un système solidaire de croyances et de pratiques qui unit en une même communauté morale. Elle structure aussi des normes sociales et politiques.
- III. Articuler les deux. La laïcité distingue la sphère privée de la croyance et la sphère publique de l’État ; elle garantit la liberté de croire ou de ne pas croire. La croyance personnelle trouve dans la communauté un soutien, mais ne doit pas se transformer en contrainte. Enjeu : tolérance et vivre-ensemble.
RéponsePlan : I. La foi relève de la conscience individuelle et de la liberté. II. Elle est aussi collective, transmise et sociale. III. La laïcité articule les deux : liberté privée, neutralité publique.
Vérification Locke (Lettre sur la tolérance), Pascal (Pensées : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ») et Durkheim (définition de la religion, Formes élémentaires) exacts dans leur principe.
2.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Amorce, problème, problématique, plan.
- Amorce : la liberté de croire et la vie des communautés religieuses.
- Annonce du plan.
RéponseRédaction possible : « On dit souvent que la religion est une affaire privée : chacun est libre de croire ou de ne pas croire, et personne ne peut forcer une conscience. Pourtant les croyances religieuses s’expriment dans des rites, des fêtes, des communautés et jouent un rôle dans la vie publique. La croyance religieuse est-elle alors purement personnelle, ou possède-t-elle aussi une dimension collective et sociale ? Nous verrons d’abord qu’elle relève de la conscience individuelle, puis qu’elle s’exprime et se transmet collectivement, avant d’examiner comment la laïcité permet d’articuler les deux. »
Exercice 3 : Sujet 3 : Explication de Malebranche, De la recherche de la vérité (1675)20 points
Explication de texte, option n°1 (questions). Malebranche explique que l’esprit humain, limité, est sujet à l’erreur, mais que nous sommes responsables de nos erreurs parce que nous pourrions suspendre notre jugement. Notes : « corruption » = dégradation morale ; « s’assujettir » = se soumettre.
A1Pourquoi l’esprit de l’homme est-il sujet à l’erreur ?Touche pour voir la correction
À retenir La cause de l’erreur est d’abord la limitation de l’esprit.
- Le texte dit : « L’esprit de l’homme est limité, et tout esprit limité est par sa nature sujet à l’erreur ».
- Raison : les moindres choses ont entre elles « une infinité de rapports » ; il faudrait un esprit infini pour les comprendre.
- Un esprit limité ne peut les embrasser ; il est porté à croire que ce qu’il n’aperçoit pas n’existe pas.
- Surtout s’il ne fait pas attention à sa propre limitation.
RéponseL’esprit humain est fini alors que les rapports entre les choses sont infinis : ne pouvant tout saisir, il est porté à croire que ce qu’il n’aperçoit pas n’existe pas, d’où l’erreur.
A2Qu’est-ce qui permettrait d’éviter l’erreur ?Touche pour voir la correction
À retenir Bon usage de la liberté : ne juger que de ce qu’on voit et a examiné entièrement.
- « Si les hommes… faisaient toujours bon usage de leur liberté, ils ne se tromperaient jamais ».
- Condition : « il suffit … de ne juger que de ce qu’on voit, et de ne faire jamais des jugements entiers, que des choses que l’on est assuré d’avoir examinées dans toutes leurs parties ».
- Autrement dit : suspendre son jugement tant qu’on n’a pas l’évidence.
RéponseL’erreur serait évitée par un bon usage de la liberté : ne juger que de ce que l’on voit clairement et ne se prononcer que sur ce que l’on a examiné entièrement, ce qui est à la portée de l’homme.
A3Qu’est-ce qui explique que les hommes tombent si souvent dans l’erreur alors qu’ils pourraient l’éviter ?Touche pour voir la correction
À retenir La paresse et le désir de décider sans effort.
- « Ils aiment mieux s’assujettir à l’erreur, que de s’assujettir à la règle de la vérité ».
- « Ils veulent décider sans peine et sans examen. »
- La cause est donc morale : la facilité, le refus de l’effort d’examen, et non l’incapacité.
- D’où le blâme : celui qui se trompe est « blâmé avec justice ».
RéponseLes hommes préfèrent la facilité : ils veulent juger sans peine et sans examen, plutôt que de se soumettre à l’effort exigeant de la règle de vérité.
B1Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre dans ce texte ?Touche pour voir la correction
À retenir Formuler le problème en une question.
- Le texte cherche l’origine de l’erreur et la responsabilité qui nous revient.
RéponsePourquoi les hommes se trompent-ils, et sont-ils responsables de leurs erreurs ?
B2Dégagez les différents moments de l’argumentation.Touche pour voir la correction
À retenir Deux grands moments, articulés par « Toutefois ».
- Premier moment (premier paragraphe) : l’erreur vient de la limitation de l’esprit, qui ne peut saisir tous les rapports entre les choses.
- Second moment (« Toutefois si les hommes ») : l’erreur vient aussi d’un mauvais usage de la liberté ; on pourrait l’éviter en ne jugeant que de ce qu’on a examiné ; on se trompe parce qu’on préfère la facilité ; l’homme est donc blâmable.
- Conclusion : « il ne faut pas s’étonner » du grand nombre d’erreurs.
RéponseDeux moments : (1) la finitude de l’esprit rend l’erreur possible ; (2) le mauvais usage de la liberté la rend effective et responsable.
B3En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.Touche pour voir la correction
À retenir Articuler finitude et responsabilité.
- L’esprit limité est exposé à l’erreur, mais l’erreur n’est pas fatale : elle résulte d’un jugement précipité que la volonté libre pourrait suspendre.
RéponseL’erreur est possible parce que l’esprit est fini, mais elle est le plus souvent due à un mauvais usage de la liberté : nous en sommes responsables, car nous pourrions suspendre notre jugement.
C1En quel sens peut-on dire que « l’erreur est humaine » ?Touche pour voir la correction
À retenir Distinguer l’erreur comme fait inévitable et comme faiblesse excusable.
- Sens 1 : l’erreur tient à la finitude : aucun homme n’est omniscient (le texte).
- Sens 2 : elle est une manière de progresser : on apprend de ses erreurs (Bachelard : la connaissance progresse par rectification d’erreurs).
- Limite : « humaine » ne veut pas dire excusable : persévérer dans l’erreur par paresse (le texte) est blâmable ; on distingue l’erreur de la faute.
RéponseL’erreur est humaine parce que notre esprit est limité et que nous apprenons par essais ; mais cela n’excuse pas l’erreur obstinée ou paresseuse. (Rappel : « errare humanum est, perseverare diabolicum ».)
Vérification Référence à Bachelard donnée dans son principe, sans citation littérale.
C2Sommes-nous responsables de nos erreurs ?Touche pour voir la correction
À retenir Répondre en distinguant les cas.
- Oui, quand nous jugeons à la légère, sans examen (le texte).
- Non, quand l’erreur vient de l’ignorance invincible, de l’illusion des sens ou d’informations fausses.
- Responsabilité : assumer ses erreurs, les corriger ; l’éducation à l’esprit critique.
RéponseNous sommes responsables des erreurs dues à la précipitation et à la paresse, moins de celles qui viennent de limites que nous ne pouvions surmonter ; dans tous les cas, nous le sommes de les reconnaître et de les corriger.
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