BAC Révision CollègeBrevetBacAnnales Télécharger

Annales corrigées › Bac 2026 › Philosophie

Bac 2026

Philosophie (technologique) – Métropole 2026 : correction détaillée

Séries technologiques · philosophie · 4 heures · 15 juin 2026 · trois sujets au choix

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

Ouvrir le sujet dans l'application gratuite

Exercice 1 : Sujet 1 : Débattre, est-ce chercher la vérité ?20 points

Dissertation. Le débat est une confrontation de points de vue : vise-t-il à faire émerger le vrai, ou à l’emporter sur l’adversaire ? Le sujet oppose dialectique et éristique.

1.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Le « est-ce » demande si la finalité du débat est la vérité.

Démarche
  1. « Débattre » : discuter en confrontant des arguments contraires ; différent de dialoguer en général.
  2. « Chercher la vérité » : viser un accord avec le réel, non seulement une victoire.
  3. Enjeu : le débat peut viser la vérité (Socrate) ou l’efficacité (rhétorique, sophistique).
  4. Problématique : le débat est-il un moyen de découvrir le vrai ou seulement un affrontement pour convaincre ?

RéponseProblématique : la confrontation des arguments permet-elle de faire apparaître la vérité, ou le débat n’est-il qu’une lutte pour persuader et l’emporter ?

1.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Oui (dialectique), non (éristique, persuasion), puis conditions d’un bon débat.

Démarche
  1. I. Oui : le débat est un moyen de chercher la vérité. Platon : la dialectique, art du dialogue qui met à l’épreuve les opinions (Socrate). John Stuart Mill (De la liberté) : sans confrontation des opinions, une vérité devient dogme. La discussion fait apparaître des objections, corrige les erreurs.
  2. II. Non : le débat peut viser la victoire. Les sophistes cherchent à persuader, non à dire le vrai. Schopenhauer (L’art d’avoir toujours raison) : stratagèmes pour l’emporter sans avoir raison. Les passions, la vanité, le public faussent la discussion ; les débats médiatiques favorisent la formule.
  3. III. Conditions d’un débat orienté vers la vérité : respect des règles, écoute, bonne foi, arguments rationnels. Habermas (éthique de la discussion) : la force du meilleur argument. Chercher la vérité en commun suppose d’accepter d’avoir tort.

RéponsePlan : I. Le débat est un moyen de mettre à l’épreuve les idées. II. Il peut aussi n’être qu’une lutte pour persuader. III. Il cherche la vérité à condition de respecter des règles et la bonne foi.

Vérification Platon (dialectique socratique), Mill (De la liberté, chap. II), Schopenhauer (L’art d’avoir toujours raison, ou dialectique éristique), Habermas (éthique de la discussion) exacts dans leur principe.

1.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Amorce, problème, problématique, plan.

Démarche
  1. Amorce : débats télévisés, politiques.
  2. Problématique et plan.

RéponseRédaction possible : « Devant un débat télévisé, on se demande souvent si les adversaires cherchent à comprendre ou seulement à gagner. Débattre, c’est confronter des idées opposées ; on y voit volontiers le moyen de départager le vrai du faux. Mais celui qui débat cherche-t-il la vérité ou la victoire ? Nous verrons d’abord que la confrontation des idées permet de mettre à l’épreuve les opinions, puis que le débat peut n’être qu’une lutte pour persuader, avant de préciser les conditions d’un débat véritablement tourné vers la vérité. »

Exercice 2 : Sujet 2 : La technique peut-elle être mauvaise ?20 points

Dissertation. La technique est-elle neutre, un simple moyen dont seul l’usage est bon ou mauvais, ou porte-t-elle en elle-même des risques ?

2.1Définir les termes et poser la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir « Mauvaise » : au sens moral (nuisible, dangereuse) et non technique.

Démarche
  1. « Technique » : procédés et objets par lesquels l’homme transforme le monde.
  2. « Mauvaise » : mauvaise moralement (nuisible à l’homme ou à la nature), pas seulement inefficace.
  3. « Peut-on » : possibilité de principe : la technique en elle-même, ou son usage.
  4. Problématique : la technique est-elle un instrument neutre dont seul l’usage est bon ou mauvais, ou porte-t-elle en elle des dangers propres ?

RéponseProblématique : la technique est-elle moralement neutre, ou peut-elle être mauvaise en elle-même par ses effets, sa logique ou ses finalités ?

2.2Plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Neutralité, effets nuisibles, responsabilité.

Démarche
  1. I. Non : la technique est neutre. Un outil n’est ni bon ni mauvais ; c’est l’usage qui l’est (couteau, énergie nucléaire). La technique répond à des besoins et améliore la vie (médecine, agriculture).
  2. II. Oui : la technique peut être mauvaise. Ses effets échappent (pollutions, armes de destruction massive), elle peut asservir (Heidegger : l’« arraisonnement », par lequel tout est vu comme « fonds disponible ») et déshumaniser (Anders : la « honte prométhéenne »). Jonas : le pouvoir technique excède notre capacité de prévoir ses effets.
  3. III. Penser la responsabilité. Il faut une éthique de la technique : principe de précaution, délibération démocratique (Jonas, Le principe responsabilité). La technique devient bonne ou mauvaise selon les fins que nous lui donnons et notre contrôle sur elle.

RéponsePlan : I. La technique est un moyen neutre. II. Elle peut pourtant être mauvaise par ses effets et sa logique. III. Elle exige une éthique de la responsabilité.

Vérification Heidegger (La question de la technique), Anders (L’Obsolescence de l’homme : « honte prométhéenne »), Jonas (Le principe responsabilité) exacts dans leur principe.

2.3Rédiger une introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Amorce, problème, plan.

Démarche
  1. Amorce : les catastrophes technologiques.
  2. Problématique et plan.

RéponseRédaction possible : « La technique soigne, nourrit, relie les hommes ; elle fabrique aussi des armes et provoque des catastrophes. On dit souvent qu’elle est neutre et que seul son usage peut être bon ou mauvais. Mais cela suffit-il ? La technique peut-elle être mauvaise en elle-même ? Nous verrons d’abord en quoi la technique semble neutre, puis comment ses effets et sa logique peuvent être nuisibles, avant de montrer l’importance d’une éthique de la responsabilité. »

Exercice 3 : Sujet 3 : Explication de Paul Ricœur, Le Juste (1995)20 points

Explication de texte, option n°1 (questions). Ricœur soutient que la violence ne se réduit pas à l’agression : la vengeance en est la forme la plus tenace, et la justice naît de ce que la société retire aux individus le pouvoir de se faire justice. Notes : « tenace » = durable, persistante ; « expiation » = souffrance infligée comme remède ou purification d’une faute.

A1Pourquoi aurions-nous tendance à « réduire la violence à l’agression » ? En quoi est-ce un tort selon l’auteur ?Touche pour voir la correction

À retenir L’agression est la forme la plus visible ; la réduire à elle fait oublier d’autres formes.

Démarche
  1. L’agression, même « élargie » (coups, blessures, mort, entrave à la liberté, séquestration), est la forme immédiatement perceptible de la violence.
  2. Le tort : cela laisse de côté « la plus tenace des formes de la violence », la vengeance, et les violences dissimulées ou subtiles.
  3. La justice s’oppose à toutes ces formes, y compris à celles qui se font passer pour justes.

RéponseOn réduit la violence à l’agression parce que c’est sa forme la plus visible ; c’est un tort car on oublie la vengeance, plus durable, et les violences dissimulées, auxquelles la justice doit aussi s’opposer.

A2À partir de la définition de la vengeance proposée par l’auteur, expliquer en quoi elle constitue une « simulation » de justice.Touche pour voir la correction

À retenir La vengeance est définie comme « la prétention de l’individu à se faire justice à lui-même ».

Démarche
  1. Elle imite la justice : elle punit une offense, rétablit une sorte d’équilibre.
  2. Mais c’est l’individu lui-même, juge et partie, qui s’en charge ; elle n’a ni tiers impartial ni règle commune.
  3. Elle reste donc de la violence qui se donne l’apparence de la justice.

RéponseLa vengeance a l’apparence de la justice (punir une offense), mais, exercée par la victime elle-même sans tiers impartial, elle n’est qu’une violence qui singe la justice.

A3Par quels moyens est-ce que « la puissance publique confisque pour elle-même [le] pouvoir de dire et d’appliquer le droit » ?Touche pour voir la correction

À retenir Dire le droit et l'appliquer : la puissance publique s'en réserve le monopole par ses institutions (lois, tribunaux, force publique).

Démarche
  1. « Dire le droit » : édicter des lois, juger (tribunaux, juges).
  2. « Appliquer le droit » : exécuter les décisions (police, prison, pouvoir exécutif).
  3. Elle retire ainsi aux individus le droit de se faire justice eux-mêmes et s’en réserve le monopole.

RéponseEn instituant des lois, des juges et une force publique, c’est-à-dire en réservant à des institutions le pouvoir de dire le droit, de juger et d’exécuter les peines, tout en interdisant aux individus de se rendre justice.

Piège Ne pas répondre par la seule confiscation du droit de se venger : la question porte sur les moyens (lois, juges, force publique) par lesquels la puissance publique dit et applique le droit.

A4À partir d’un exemple, expliquer en quoi la punition demeure une forme « civilisée » de la vengeance.Touche pour voir la correction

À retenir Appuyer sur un exemple précis.

Démarche
  1. Exemple : l’emprisonnement d’un voleur ou d’un agresseur condamné par un tribunal.
  2. La sanction fait souffrir le coupable (privation de liberté) en réponse à son acte : elle garde l’idée de rendre un mal pour un mal.
  3. Elle est civilisée car prononcée par un tiers impartial, selon des règles, de façon proportionnée.
  4. Ricœur dit qu’elle garde la marque de la vengeance, surtout si elle conserve l’idée d’expiation.

RéponsePar exemple, la peine de prison est une souffrance infligée en réponse à une faute, donc proche de la vengeance, mais décidée par un tribunal impartial, selon la loi et avec proportion : une vengeance atténuée et civilisée.

B1Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?Touche pour voir la correction

À retenir Formuler le problème.

Démarche
  1. Le texte examine ce qui oppose la justice à la violence et à la vengeance.

RéponseQu’est-ce qui distingue la justice de la violence, et notamment de la vengeance ?

B2Dégager les différents moments de l’argumentation.Touche pour voir la correction

À retenir Trois moments.

Démarche
  1. Premier moment (jusqu’à « se faire justice à lui-même », première phrase) : on a tort de réduire la violence à l’agression ; il faut tenir compte de la vengeance, forme la plus tenace.
  2. Deuxième moment (« Au fond la justice s’oppose » jusqu’à « dire et d’appliquer le droit ») : la justice s’oppose à la violence et à sa simulation, la vengeance ; elle est fondée par la confiscation du pouvoir de se rendre justice.
  3. Troisième moment (« c’est d’ailleurs » jusqu’à la fin) : cette confiscation laisse sa marque : la punition demeure une forme atténuée, civilisée de la vengeance.

RéponseTrois moments : (1) élargir la notion de violence à la vengeance, (2) la justice naît de l’interdiction de se rendre justice soi-même, (3) la punition garde la marque de la vengeance.

B3En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.Touche pour voir la correction

À retenir Idée principale en une phrase.

Démarche
  1. La justice se fonde sur le dessaisissement des individus au profit de la puissance publique, mais garde la trace de la violence qu’elle remplace.

RéponseLa justice s’institue en retirant aux individus le pouvoir de se venger et en le confiant à la puissance publique, tout en restant, dans la punition, marquée par la vengeance qu’elle vient civiliser.

C1Selon ce texte, est-ce à la société ou à l’individu de rendre la justice ?Touche pour voir la correction

À retenir Répondre d’après le texte, puis nuancer.

Démarche
  1. Selon Ricœur, c’est à la société : l’acte fondateur de la justice est que la société enlève aux individus le droit de se faire justice.
  2. Raison : l’individu est juge et partie ; sa justice est vengeance et engendre la violence.
  3. Nuance : l’individu garde un rôle (témoigner, respecter la loi, sens de la justice, légitime défense dans certains cas).

RéponseSelon le texte, c’est à la société, par la puissance publique, de rendre la justice, car l’individu juge dans sa propre cause et risque de verser dans la vengeance.

C2La justice est-elle nécessairement violente quand elle punit ?Touche pour voir la correction

À retenir Discuter : la peine inflige un mal, mais elle peut viser autre chose que la vengeance.

Démarche
  1. Oui : la sanction inflige une souffrance (privation de liberté, amende), donc une contrainte ; Ricœur y voit une trace de la vengeance.
  2. Non : la justice peut viser la protection de la société, la réinsertion, la dissuasion, la réparation (Beccaria : peines proportionnées et utiles) et être encadrée par des règles.
  3. La violence de la justice est une violence légitime, encadrée (Weber : monopole de la violence légitime) et vise à mettre fin à la violence.

RéponseLa punition comporte toujours une contrainte, donc une forme de violence, mais celle-ci est encadrée par le droit et orientée vers la protection et la réinsertion ; elle se distingue de la vengeance par son impartialité et sa mesure.

Vérification Beccaria (Des délits et des peines) et Weber (Le Savant et le politique : monopole de la violence physique légitime) exacts dans leur principe.

Télécharger BAC Révision, gratuit

Autres sujets de Philosophie (Bac 2026)