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Brevet 2026
Français (générale) – Amérique du Nord 2026 : correction détaillée
Série générale · dictée 10 pts + grammaire et compréhension 50 pts + rédaction 40 pts
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dictée : Francis Ponge, « La pomme de terre »10 points
Le sujet 1 est la dictée aménagée (10 trous à remplir en choisissant le bon mot parmi trois propositions, avec les questions A1 à A10) ; le sujet 2 est la dictée normale du même texte (difficultés D1 à D9). Texte : Francis Ponge, Pièces, « La pomme de terre », 1961. Les deux sujets sont de la série générale. Le texte complet de la dictée est : « Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix. Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main, l'on saisit par l'une de ses lèvres ce rêche et fin papier que l'on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule. L'opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s'y reprendre à trop de fois, une impression de satisfaction indicible. Le léger bruit que font des tissus en se décollant est doux à l'oreille, et la découverte de la pulpe comestible réjouissante. Il semble que l'on ait accompli là quelque chose de juste, dès longtemps prévu et souhaité par la nature, que l'on a eu toutefois le mérite d'exaucer. »
A1Dictée aménagée, 1er trou : « Peler une pomme de terre ……… de bonne qualité » : bouillie, bouillis ou bouillit ?Touche pour voir la correction
À retenir Un participe passé employé comme adjectif épithète s'accorde avec le nom qu'il complète.
- Le nom complété est « pomme de terre » : féminin singulier.
- On écrit donc « bouillie » (e final) et non « bouillis » (masculin pluriel) ni « bouillit » (verbe conjugué).
- Test : « une pomme de terre cuite » (féminin), « un légume bouilli » (masculin).
Réponsebouillie
A22e trou : « ... la pointe du couteau ……… par les autres ……… de la même main » : tenue, tenu ou tenus ?Touche pour voir la correction
À retenir Le participe passé employé sans auxiliaire s'accorde avec le nom auquel il se rapporte.
- Il se rapporte à « le couteau » : masculin singulier.
- On écrit « tenu ». « tenue » (féminin) et « tenus » (pluriel) sont faux.
Réponsetenu
Piège Ne pas accorder avec « doigts », placé juste après : c'est « le couteau » qui est tenu.
A33e trou : « par les autres ……… de la même main » : doigts, doigt ou dois ?Touche pour voir la correction
À retenir « les autres » est un déterminant pluriel : le nom qui suit est au pluriel.
- « les autres » + nom : pluriel, donc « doigts » avec un s.
- « dois » est le verbe devoir : impossible ici.
Réponsedoigts
A44e trou : « l'on saisit par l'une de ses lèvres ……… rêche et fin papier » : ce, se ou ceux ?Touche pour voir la correction
À retenir « ce » devant un nom masculin est un déterminant démonstratif.
- « rêche et fin papier » : groupe nominal masculin singulier, il lui faut un déterminant : « ce ».
- « se » est un pronom réfléchi (devant un verbe) ; « ceux » est un pronom pluriel.
Réponsece
A55e trou : « pour le détacher de la ……… appétissante du tubercule » : chaire, chair ou chère ?Touche pour voir la correction
À retenir Trois homophones : la chair (la viande, la pulpe), la chaire (le pupitre, la tribune), chère (adjectif : coûteuse ou aimée).
- On parle de la pulpe de la pomme de terre : « la chair ».
- L'adjectif « appétissante » est féminin et s'accorde avec « chair ».
Réponsechair
A66e trou : « quand on a réussi à ……… parfaire » : la, là ou l'a ?Touche pour voir la correction
À retenir « la » est ici un pronom personnel COD placé devant l'infinitif.
- « réussi à la parfaire » = « parfaire l'opération » : on remplace par « le » au masculin (« à le parfaire »), donc c'est « la » pronom.
- « là » (adverbe de lieu) et « l'a » (le + avoir) ne conviennent pas.
Réponsela
A77e trou : « sans s'y reprendre à trop de ……… » : foie, fois ou foi ?Touche pour voir la correction
À retenir « fois » : nom qui désigne un moment, une occurrence.
- « à trop de fois » : « plusieurs fois, trop souvent ».
- « foie » est un organe ; « foi » est la croyance.
Réponsefois
A88e trou : « Il semble que l'on ……… accompli là quelque chose de juste » : est, es ou ait ?Touche pour voir la correction
À retenir Après « il semble que », le verbe est au subjonctif ; ici, avoir au subjonctif présent à la 3e personne : « ait ».
- « accompli » est un participe passé conjugué avec avoir : « ait accompli » (subjonctif passé).
- Test : « il semble que tu aies accompli » ; avec « est » ou « es », il faudrait un participe avec être, ce qui ne convient pas.
Réponseait
A99e trou : « ……… longtemps prévu et souhaité par la nature » : des, dès ou dés ?Touche pour voir la correction
À retenir « dès » (accent grave) est une préposition qui marque le point de départ : « dès longtemps » = depuis longtemps.
- On peut remplacer par « depuis » : « depuis longtemps prévu ».
- « des » est un article ; « dés » (avec accent aigu) est le pluriel de « dé » (à jouer).
Réponsedès
A1010e trou : « prévu et ……… par la nature » : souhaité, souhaiter ou souhaitée ?Touche pour voir la correction
À retenir Deux participes passés coordonnés (« prévu et souhaité ») s'accordent de la même façon : ils se rapportent à « quelque chose ».
- « quelque chose » est masculin singulier : « prévu » (sans e) donc « souhaité » (sans e).
- Test : remplacer par un participe du 3e groupe : « prévu et vendu » (masculin).
Réponsesouhaité
Piège « chose » est féminin, mais « quelque chose » est un pronom indéfini masculin : « quelque chose de juste », « prévu et souhaité ».
D1Dictée normale : « Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité » : orthographe de « peler » et « bouillie ».Touche pour voir la correction
À retenir Après « une pomme de terre », le participe passé s'accorde au féminin. « peler » avec un seul l.
- « Peler » : infinitif du 1er groupe, un seul l (je pèle).
- « bouillie » : participe passé, féminin singulier avec « pomme de terre » ; « de bonne qualité » : l'adjectif « bonne » est au féminin avec « qualité ».
Réponsepeler, bouillie, bonne qualité
D2« Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts » : accord de « tenu » et orthographe de « doigts ».Touche pour voir la correction
À retenir Le participe passé sans auxiliaire s'accorde avec le nom qu'il complète.
- « tenu » se rapporte à « le couteau » (masculin singulier).
- « les autres doigts » : pluriel (le déterminant « les » et « autres » l'indiquent).
Réponsetenu, doigts
D3« l'on saisit par l'une de ses lèvres ce rêche et fin papier » : « l'on », « lèvres », « ce » et « rêche ».Touche pour voir la correction
À retenir « l'on » est la forme soignée du pronom « on » (l euphonique, souvent après « que », « et », « où », « si » ou en début de proposition) ; « ce » devant un nom masculin singulier est un déterminant démonstratif.
- « l'on » (et non « on ») : forme littéraire du pronom indéfini, avec un « l » euphonique ; on l'écrit avec une apostrophe, sans espace (« l'on saisit »).
- « lèvres » : pluriel (« l'une de ses lèvres »).
- « ce rêche et fin papier » : « ce » déterminant démonstratif masculin ; « rêche » : accent circonflexe.
- Les deux adjectifs « rêche et fin » sont coordonnés et se rapportent à « papier ».
Réponsel'on, lèvres, ce rêche et fin papier
D4« que l'on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule » : « chair », « appétissante », « tubercule ».Touche pour voir la correction
À retenir Distinguer les homophones « chair, chaire, chère » ; accord de l'adjectif épithète.
- « la chair » (la pulpe) ; « appétissante » : féminin singulier comme « chair », avec deux s.
- « tubercule » : nom masculin, un c puis -ule (tuber- + -cule).
- « pour le détacher » : infinitif (on peut le remplacer par « pour le prendre »).
Réponsechair, appétissante, tubercule
D5« L'opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s'y reprendre à trop de fois » : « à la parfaire », « s'y », « fois ».Touche pour voir la correction
À retenir Distinguer à (préposition) et a (avoir), la / là / l'a ; « fois » nom féminin.
- « on a réussi » : « a » verbe avoir (on peut mettre « avait »).
- « à la parfaire » : « à » préposition, « la » pronom COD, « parfaire » infinitif.
- « s'y reprendre » : « se reprendre » avec le pronom y.
- « trop de fois » : « fois » nom.
Réponsea réussi, à la parfaire, s'y reprendre, fois
D6« une impression de satisfaction indicible » : orthographe de « impression », « satisfaction », « indicible ».Touche pour voir la correction
À retenir Familles de mots pour retrouver l'orthographe.
- « impression » (famille de « presser » / « imprimer ») ; deux s.
- « satisfaction » (famille de « satisfaire » : -ction).
- « indicible » : qu'on ne peut pas dire (in- + dire), terminaison -ible (comme « invisible »).
Réponseimpression, satisfaction, indicible
D7« Le léger bruit que font des tissus en se décollant » : accord de « font », orthographe de « léger » et de « décollant ».Touche pour voir la correction
À retenir Le sujet peut être placé après le verbe (inversion) : on accorde avec lui.
- Le sujet de « font » est « des tissus » (inversé, après le verbe) : pluriel, donc « font ».
- « que » est un pronom relatif COD : le bruit que font des tissus.
- « en se décollant » : participe présent invariable (gérondif), avec deux l.
Réponsefont, léger, en se décollant
Piège Ne pas accorder « font » avec « bruit » (singulier) : l'antécédent du pronom « que » n'est pas le sujet.
D8« est doux à l'oreille, et la découverte de la pulpe comestible réjouissante » : accord de « comestible » et « réjouissante » et verbe sous-entendu.Touche pour voir la correction
À retenir Le second membre de la phrase sous-entend le verbe « est » : « et la découverte ... [est] réjouissante ».
- « est doux » : verbe être au présent, 3e personne, sujet « le léger bruit ».
- Dans la 2e partie, le verbe « est » n'est pas répété : « la découverte de la pulpe comestible [est] réjouissante ».
- « réjouissante » s'accorde avec « découverte » (féminin singulier) ; « comestible » est invariable en genre (adjectif en -e).
Réponseest doux, comestible, réjouissante
D9« Il semble que l'on ait accompli là quelque chose de juste, dès longtemps prévu et souhaité par la nature, que l'on a eu toutefois le mérite d'exaucer. » : orthographe de « ait », « accompli », « là », « quelque chose », « dès », « prévu », « souhaité », « a eu », « exaucer ».Touche pour voir la correction
À retenir Subjonctif après « il semble que » ; participes passés sans accord ; infinitif après la préposition « de ».
- « que l'on ait accompli » : avoir au subjonctif présent (il faut un subjonctif après « il semble que » ; on le vérifie avec « que tu aies »).
- « accompli » : participe passé avec avoir, COD « quelque chose » placé après le verbe : invariable.
- « là » : adverbe de lieu, accent grave ; « quelque chose » : deux mots, pronom indéfini masculin.
- « dès longtemps » : préposition « dès » (= depuis), accent grave, à ne pas confondre avec l'article « des ».
- « prévu et souhaité » : participes passés épithètes de « quelque chose » (masculin singulier), donc sans -e ni -s.
- « que l'on a eu toutefois le mérite » : « a eu » est le passé composé du verbe avoir ; « toutefois » en un seul mot.
- « d'exaucer » : infinitif après la préposition « de » (on peut remplacer par « de réaliser »).
Réponseait accompli, là, quelque chose, dès longtemps, prévu et souhaité, a eu, toutefois, d'exaucer
Exercice 2 : Grammaire et compréhension : « Pantoum Patate », de Paul Fournel50 points
Un poème de Paul Fournel (Le Bel Appétit, 2015) fait l'éloge de la pomme de terre sous la forme d'un « pantoum ». Une photographie de Pierre Bouchet (Nature morte, Pommes de terre, vers 1945) accompagne le texte. Dans cette correction, les vers sont numérotés de 1 à 24 en comptant les 6 quatrains, comme l'énoncé (vers 6 et 9 : « Patate universelle » ; vers 11 : « En petits cubes et en rondelles » ; vers 13 : « Je te farcis et je t'écrase »).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Image : Pierre Bouchet, Nature morte (Pommes de terre), photographie, vers 1945, Centre Pompidou, Paris. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1aÀ quel genre littéraire appartient ce texte ? Trois éléments de justification.Touche pour voir la correction
À retenir Pour reconnaître un poème : vers, strophes, rimes, et souvent une énonciation lyrique.
- Le texte est écrit en vers (lignes courtes à la majuscule initiale) et organisé en strophes : six quatrains.
- Les vers riment : « oie / bois », « terre / débonnaire », « universelle / rondelles ».
- L'énonciateur « je » s'adresse à la pomme de terre et exprime son enthousiasme : « Je te salue pomme de terre », « Ma nourriture débonnaire » : c'est l'éloge poétique.
RéponseGenre : la poésie (un poème) : vers, strophes et rimes, et expression d'un « je » qui célèbre la pomme de terre
Vérification On peut aussi citer le titre « Pantoum Patate », qui annonce une forme poétique fixe.
1bDonnez deux éléments qui permettent de reconnaître l'organisation d'un pantoum.Touche pour voir la correction
À retenir Le pantoum est un poème fait de quatrains à rimes croisées, où les vers se répètent d'une strophe à l'autre.
- Les strophes sont des quatrains à rimes croisées (ABAB) : « oie / terre / bois / débonnaire ».
- Les vers 2 et 4 d'un quatrain sont repris comme vers 1 et 3 du quatrain suivant : « Je te salue pomme de terre » (vers 2 puis vers 5) ; « Ma nourriture débonnaire » (vers 4 puis vers 7).
RéponseQuatrains à rimes croisées ; reprise des vers 2 et 4 de chaque strophe comme vers 1 et 3 de la suivante
Piège Quelques reprises sont légèrement modifiées (« En fines frites ou en rondelles » devient « En petits cubes et en rondelles ») ; ce sont tout de même des reprises.
2À qui s'adresse le « je » dans ce texte et de quelle manière ? Deux citations.Touche pour voir la correction
À retenir On identifie le destinataire (la pomme de terre), puis la manière : apostrophe, tutoiement, ton affectueux.
- Le « je » s'adresse à la pomme de terre, comme à une personne : c'est un destinataire qui est interpellé (apostrophe).
- Il emploie la 2e personne du singulier (« tu », « te ») : « Tu frémis dans la graisse d'oie », « Je te salue pomme de terre ».
- Il la nomme avec tendresse : « Ma nourriture débonnaire », avec une grande familiarité et de l'affection (« Je t'offre noix de beurre et lait »).
RéponseLe « je » s'adresse à la pomme de terre (apostrophe, tutoiement) avec respect et tendresse : « Je te salue pomme de terre » ; « Ma nourriture débonnaire »
3Vers 6 et 9 : « Patate universelle ». Pourquoi la patate est-elle qualifiée d'« universelle » ? Deux éléments justifiés par des citations.Touche pour voir la correction
À retenir « universelle » : qui existe partout, pour tous et sous toutes les formes.
- Elle est présente dans le monde entier : « Que tu sois d'Amiens ou de Boise » (la France et les États-Unis) ; « Le monde entier en redemande ».
- Elle plaît à tous les âges et à tous les goûts : « Joie du bébé, joie du gourmet » ; elle se prépare de mille façons : « En fines frites ou en rondelles », « Je te farcis et je t'écrase ».
RéponseElle est mangée partout dans le monde (« Que tu sois d'Amiens ou de Boise », « Le monde entier en redemande ») et par tous (« Joie du bébé, joie du gourmet »)
Vérification « Occidentale citadelle » (vers 22) nuance un peu : elle est surtout l'aliment de base de l'Occident.
4Quels procédés révèlent l'importance accordée à la pomme de terre ? Deux procédés nommés, cités et leur effet expliqué.Touche pour voir la correction
À retenir On nomme le procédé, on le cite, on explique l'effet.
- L'apostrophe et la salutation : « Je te salue pomme de terre », « Patate universelle ! » : le poète s'adresse à elle comme à une personne respectée ou à un souverain, ce qui l'élève au rang de personnage.
- L'hyperbole et la métaphore : « Le monde entier en redemande » exagère son succès ; « Occidentale citadelle » la compare à une forteresse (elle protège, elle nourrit) : l'aliment est présenté comme fondamental et indispensable.
- La répétition (structure du pantoum, reprise des vers, des mots « joie », « Patate ») : insiste sur le sujet et le fait revenir comme un refrain.
RéponseApostrophe (« Je te salue pomme de terre », effet : respect, solennité) ; hyperbole / métaphore (« Le monde entier en redemande », « Occidentale citadelle », effet : aliment essentiel et universel)
Piège Ne pas se contenter de nommer le procédé : il faut citer et expliquer l'effet (6 points).
5Pourquoi ce texte peut-il amuser à la lecture ? Deux arguments justifiés par des citations.Touche pour voir la correction
À retenir L'humour naît d'un décalage entre le ton noble et le sujet banal, et de jeux sur les mots.
- Le décalage : un ton solennel et grandiose (« Je te salue », « Occidentale citadelle », « Patate universelle ! ») pour célébrer un légume très ordinaire, et même familier (« Patate »).
- Le contraste entre l'éloge et la violence de la cuisine : le poète salue sa patate puis dit « Je te farcis et je t'écrase » : on honore la pomme de terre avant de la mettre en purée.
- Les jeux de mots et le comique du rapprochement : « Que tu sois d'Amiens ou de Boise » (une ville picarde et une ville américaine, comme si la patate avait une nationalité), et « Il t'aime vieille ou bien nouvelle » (jeu sur les « pommes de terre nouvelles »).
RéponseLe décalage entre le ton solennel et le sujet banal ; le contraste « Je te salue » / « Je te farcis et je t'écrase » ; les jeux de mots et rapprochements (« Amiens ou Boise », « vieille ou bien nouvelle »)
Vérification Deux arguments suffisent : choisir les deux plus solides et les illustrer chacun par une citation.
6Cette photographie pourrait-elle illustrer le texte ? Trois éléments justifiés par des références au texte et à l'image.Touche pour voir la correction
À retenir On compare ce que montre l'image (un tas de pommes de terre, en noir et blanc, une nature morte) avec ce que dit le texte.
- Description de l'image : photographie en noir et blanc qui remplit le cadre d'un tas de pommes de terre de tailles et de formes variées (rondes, ovales, allongées) posées sur un fond uni, avec un éclairage latéral et des ombres portées.
- Oui, l'image montre l'abondance : un tas de pommes de terre qui remplit tout le cadre, ce qui correspond à « Le monde entier en redemande » et à la pomme de terre « universelle ».
- Oui, les pommes de terre sont de tailles et de formes différentes (grosses, petites, rondes, allongées), ce qui évoque la diversité du texte : « vieille ou bien nouvelle », « fines frites ou rondelles ».
- Oui, l'éclairage latéral crée des ombres marquées et met en valeur le relief des tubercules : la nature morte, genre pictural à part entière, donne de la dignité à un objet banal, comme le « Je te salue pomme de terre » du poème qui l'élève.
- Nuance : la photographie les montre crues, brutes, sans cuisine ; en noir et blanc, elle est grave et silencieuse, alors que le texte évoque la cuisson, la graisse d'oie, le beurre, le lait, et il est joyeux et humoristique.
RéponseOui, avec nuances : l'abondance (« le monde entier en redemande »), la variété des formes (« vieille ou bien nouvelle »), la mise en valeur d'un objet simple (nature morte, « Je te salue »), mais l'image est brute et sérieuse alors que le texte est cuisiné et joyeux
Vérification La réponse peut être oui ou non, pourvu que chaque élément soit appuyé sur le texte et sur l'image. Description de l'image : photographie en noir et blanc, tas de pommes de terre, fond uni.
7aVers 13 : « Je te farcis et je t'écrase ». Quelle est la classe grammaticale des deux mots soulignés (« te » et « t' ») ?Touche pour voir la correction
À retenir « te » et « t' » sont des pronoms personnels, ici compléments d'objet direct, de la 2e personne du singulier.
- « te » est placé devant le verbe « farcis » et « t' » devant « écrase » : ils représentent la pomme de terre (« tu »).
- Ce sont donc des pronoms personnels (COD).
RéponsePronoms personnels (COD de « farcis » et « écrase »)
Vérification L'énoncé souligne « te » et « t' » (écrase).
7bNommez et expliquez la manipulation qui vous a permis d'identifier cette classe grammaticale.Touche pour voir la correction
À retenir La substitution permet de vérifier la classe : un pronom peut être remplacé par un groupe nominal.
- Manipulation : la substitution (le remplacement) : « Je farcis la pomme de terre et j'écrase la pomme de terre », ou avec le pronom « la » : « Je la farcis et je l'écrase ».
- Ces mots remplacent un groupe nominal déjà exprimé (« pomme de terre ») : ce sont des pronoms.
RéponseSubstitution : « te / t' » peut être remplacé par « la » ou par « la pomme de terre » ; ce sont donc des pronoms personnels
8aVers 11 : « En petits cubes et en rondelles ». Identifiez l'expansion du nom « cubes » et indiquez sa classe grammaticale.Touche pour voir la correction
À retenir Une expansion du nom est un mot ou groupe de mots qui le complète (adjectif épithète, complément du nom, relative).
- « cubes » est précédé de « petits » : c'est lui qui complète le nom.
- « petits » est un adjectif qualificatif (épithète) : on peut dire « des cubes petits » (ou le supprimer).
RéponseL'expansion est « petits » : adjectif qualificatif (épithète)
Piège « en rondelles » n'est pas une expansion de « cubes » : c'est un second groupe coordonné.
8bRéécrivez ce vers en ajoutant au nom « rondelles » une expansion appartenant à une autre classe grammaticale (précisez-la).Touche pour voir la correction
À retenir Comme « petits » est un adjectif, il faut utiliser une autre classe : un nom précédé d'une préposition (complément du nom) ou une proposition relative.
- Rédaction possible : « En petits cubes et en rondelles de saucisson » : l'expansion « de saucisson » est un groupe nominal prépositionnel (nom introduit par la préposition « de »), complément du nom « rondelles ».
- Autre possibilité : « En petits cubes et en rondelles qui dorent au four » : proposition subordonnée relative.
Réponse« En petits cubes et en rondelles de saucisson » : complément du nom (groupe nominal prépositionnel, nom introduit par la préposition « de »)
Piège Ne pas ajouter un adjectif (« dorées ») : ce serait la même classe que « petits ».
9aIndiquez le sens du verbe « frémir » dans « L'eau du thé frémit » et dans « Dans la maison hantée, il frémit d'épouvante », en précisant le contexte.Touche pour voir la correction
À retenir Un même verbe peut avoir un sens concret (physique) et un sens figuré (émotion).
- « L'eau du thé frémit » : contexte de la cuisine / de la cuisson : l'eau est sur le point de bouillir, elle s'agite légèrement en petits bouillonnements (frémir = commencer à bouillir).
- « il frémit d'épouvante » : contexte de la peur : la personne tremble, frissonne sous le coup d'une émotion forte (frémir = trembler, frissonner).
Réponse« L'eau frémit » : elle commence à bouillir, s'agite légèrement (cuisson). « Il frémit d'épouvante » : il tremble, frissonne de peur (émotion)
9bVers 1 : « Tu frémis dans la graisse d'oie ». Expliquez l'emploi du verbe « frémir » dans ce vers.Touche pour voir la correction
À retenir Le verbe est employé au sens de la cuisson (le frémissement) et prend une valeur de personnification.
- Au sens concret : la pomme de terre cuit dans la graisse chaude, qui frémit : c'est le petit bouillonnement du début de la friture ou de la cuisson.
- On attribue à la pomme de terre le verbe de l'émotion humaine : elle frissonne, on a une personnification, ce qui rend la scène plus vivante et même drôle.
RéponseSens de la cuisson (la pomme de terre grésille dans la graisse chaude), avec une personnification : elle « frémit » comme un être vivant
Vérification Le verbe « frémir » a deux sens : le frémissement d'un liquide chaud (cuisson) et le frisson d'un être vivant. Les deux lectures sont valables si elles sont expliquées ; l'essentiel est de relever la personnification.
10Réécrivez ce passage en remplaçant la 2e personne du singulier « tu » par la 2e personne du pluriel « vous » pour que le pantoum s'adresse à plusieurs destinataires : « Tu frémis dans la graisse d'oie, / Je te salue pomme de terre / Tu mollis dans le feu de bois, […] / Patate universelle ! […] / Que tu sois d'Amiens ou de Boise ».Touche pour voir la correction
À retenir Verbes à la 2e personne du pluriel, pronom « te » devenu « vous », noms et adjectifs au pluriel, subjonctif « que vous soyez ».
- « Tu frémis » devient « Vous frémissez » (frémir : 2e groupe, 2e personne du pluriel au présent).
- « Je te salue » devient « Je vous salue » ; « pomme de terre » devient « pommes de terre » (plusieurs destinataires).
- « Tu mollis » devient « Vous mollissez » (mollir : 2e groupe).
- « Patate universelle ! » devient « Patates universelles ! » (nom et adjectif au pluriel).
- « Que tu sois » devient « Que vous soyez » (subjonctif présent d'être, 2e personne du pluriel).
- Le reste (« dans la graisse d'oie », « dans le feu de bois », « d'Amiens ou de Boise ») ne change pas.
Réponse« Vous frémissez dans la graisse d'oie, / Je vous salue pommes de terre / Vous mollissez dans le feu de bois, […] / Patates universelles ! […] / Que vous soyez d'Amiens ou de Boise »
Piège Le sujet précise « à plusieurs destinataires » : il faut donc accorder au pluriel « pommes de terre » et « Patates universelles ». Ne pas oublier « soyez » (et non « sois » ni « soyer »).
Exercice 3 : Rédaction : embellir le réel ou chanter un aliment40 points
Deux sujets au choix. Voici une méthode, un plan et des éléments de rédaction à adapter. Ce sont des propositions. Rappel : pas de nom de camarade ni d'établissement, et la copie n'est pas signée.
ISujet de réflexion : « Selon vous, la poésie, la littérature et l'art ont-ils pour mission d'embellir le réel ? » Développement argumenté et organisé, avec des exemples tirés de vos lectures et de votre culture artistique personnelle (cinéma, peinture, bande dessinée...), une trentaine de lignes au moins.Touche pour voir la correction
À retenir Sujet à débat : on fait une introduction (accroche, problématique), un développement en deux ou trois parties illustrées d'exemples, et une conclusion qui prend position.
- Problématique : « L'art doit-il nous montrer le monde plus beau qu'il n'est, ou nous le faire voir autrement ? »
- Introduction : accroche (le « Pantoum Patate » qui sublime une simple pomme de terre) ; définir « embellir » (rendre plus beau, idéaliser) ; poser la question : l'art doit-il seulement embellir ?
- Partie 1 : oui, l'art embellit : il transforme le banal en beauté (la nature morte de la photographie, le poème qui célèbre un légume), il console et fait rêver (contes, romans d'aventures, comédies musicales, films d'animation).
- Partie 2 : mais l'art ne fait pas qu'embellir : il révèle, dénonce, témoigne (Les Misérables de Victor Hugo, Germinal de Zola, Guernica de Picasso, la bande dessinée Maus) ; embellir à tout prix serait mentir.
- Partie 3 : l'art transfigure le réel plutôt qu'il ne l'embellit : il change notre regard, fait voir la beauté ou la vérité là où on ne la voyait pas (Francis Ponge qui chante les objets les plus humbles ; Baudelaire : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »).
- Conclusion : l'art n'a pas pour seule mission d'embellir ; sa mission est de montrer le réel autrement, le beau comme le laid ; ouverture éventuelle.
- Introduction rédigée : « Dans « Pantoum Patate », Paul Fournel célèbre en vers une simple pomme de terre comme une reine. Cette transfiguration du banal en beauté invite à se demander si la poésie, la littérature et l'art ont pour mission d'embellir le réel. Nous verrons d'abord que l'art peut consoler en embellissant, puis qu'il a aussi pour rôle de dire la vérité, avant de montrer qu'il transfigure le réel en changeant notre regard. »
- Conclusion rédigée : « Ainsi, l'art n'a pas pour seule mission d'embellir le réel : il le fait voir autrement, dans sa beauté comme dans sa laideur, et c'est ce regard renouvelé qui nous aide à mieux l'habiter. »
RéponseDéveloppement en trois parties : l'art embellit (consolation, sublimation du banal) ; mais il dit aussi la vérité (dénonciation, témoignage) ; il transfigure le réel en changeant notre regard
Vérification Exemples d'œuvres : Les Misérables (Hugo, 1862), Germinal (Zola, 1885), Guernica (Picasso, 1937), Maus (Spiegelman), Baudelaire (projet d'épilogue des Fleurs du mal : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »), Ponge (Le Parti pris des choses, 1942). N'utiliser que des œuvres connues réellement.
Piège Éviter de répondre seulement par oui ou par non : nuancer. Chaque partie doit contenir au moins un exemple précis (œuvre + auteur ou artiste).
IISujet d'imagination : « À votre tour, vous choisissez un aliment auquel vous vous adressez pour révéler ses qualités. » Texte dans une langue poétique, attentive aux images, aux effets de rythme et de sonorité, 35 lignes au moins.Touche pour voir la correction
À retenir On imite le poème de Fournel : un « je » qui s'adresse à l'aliment (apostrophe, « tu »), avec des images, des répétitions et des sonorités. Le texte peut être en vers ou en prose poétique.
- Méthode : choisir un aliment (pain, pomme, chocolat, citron...), lister ses qualités (goût, couleur, texture, usages, souvenirs), choisir une forme (vers libres ou prose poétique), puis relire à voix haute pour le rythme.
- Plan : 1) l'adresse et la salutation (apostrophe) ; 2) la description sensorielle (vue, odeur, goût, toucher) avec des métaphores ; 3) les moments de partage et les souvenirs (le goûter, la fête) ; 4) un élan final (hyperbole, refrain).
- Modèle d'ouverture : « Pomme du matin, je te salue ! Tu brilles dans la corbeille comme un petit soleil rouge, ronde comme une joue d'enfant. Quand je te croque, tu craques, tu cries, et ton jus frais éclate comme un rire. »
- Procédés à employer : apostrophes (« ô », « toi »), métaphores et comparaisons (« comme un petit soleil »), allitérations (« tu croques, tu craques »), anaphores (« Tu es... Tu es... »), hyperboles, un refrain qui revient pour rappeler la structure répétitive du pantoum.
- Rédaction possible : « Pomme du matin, je te salue ! / Toi qui dors dans la corbeille, soleil rouge et rond, / Tu sens l'automne, le verger et les rires. / Quand je te croque, tu craques, tu craques, / Et ton jus clair éclate comme un éclat de rire. / Pomme du matin, je te salue ! / Compote tendre au fond d'une assiette, / Tarte dorée le dimanche, fine comme une dentelle, / Tu es la douceur que l'on partage. / Pomme du matin, le monde entier te savoure ! »
- Texte plus développé (à adapter, ≈ 24 lignes) : « Pomme du matin, je te salue ! / Toi qui dors dans la corbeille, soleil rouge et rond, / Tu sens l'automne, le verger et les rires. / Quand je te croque, tu craques, tu craques, / Et ton jus clair éclate comme un éclat de rire. / Toi qui dors dans la corbeille, soleil rouge et rond, / Tu portes sous ta peau tout un été qui sommeille. / Quand je te croque, tu craques, tu craques, / Et la cuisine entière sent la cannelle. / Tu portes sous ta peau tout un été qui sommeille, / Compote tendre au fond d'une assiette, / Et la cuisine entière sent la cannelle, / Tarte dorée le dimanche, fine comme une dentelle. / Compote tendre au fond d'une assiette, / Tu es la douceur que l'on partage ; / Tarte dorée le dimanche, fine comme une dentelle, / Pomme du matin, le monde entier te savoure ! »
RéponseTexte poétique : un « je » qui s'adresse à l'aliment, avec apostrophe, images sensorielles, rythme et sonorités, un refrain et une chute enthousiaste
Vérification Respecter la longueur demandée (35 lignes au moins). L'exemple proposé est court : à développer avec ses propres images.
Piège Ne pas faire une simple liste : chaque qualité doit être traduite par une image. Ne pas citer de noms propres de camarades ou d'établissement (anonymat).
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