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Brevet 2026
Français (générale) – Centres étrangers 2026 : correction détaillée
Série générale · dictée 10 pts + grammaire et compréhension 50 pts + rédaction 40 pts
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dictée : Émile Zola, Une cage de bêtes féroces10 points
La révolte gronde dans Paris vue par deux animaux évadés. Mots au tableau : « crocs », « tocsin ». La dictée aménagée (questions A1 à A10) propose les mêmes difficultés sous forme de choix à recopier dans les trous du texte.
D1« Les dents de la Hyène claquaient d'effroi » : orthographe de « claquaient » et d'« effroi ».Touche pour voir la correction
À retenir À l'imparfait, la 3e personne du pluriel se termine par -aient. Le sujet est « Les dents », pluriel, et non « la Hyène ».
- Remplacer par « se serraient » : l'accord en -aient se vérifie.
- Le sujet « Les dents » est pluriel : -aient.
- « effroi » : un seul f, un seul r, finale -oi.
Réponseclaquaient (-aient, sujet « Les dents »), effroi
D2« et, tous deux, ils s'avançaient avec précaution » : orthographe de « tous » et de « s'avançaient ».Touche pour voir la correction
À retenir « tous deux » : « tous » est un pronom/adjectif indéfini au pluriel, le s final se prononce devant « deux » (à ne pas confondre avec « tout » ou « toux »). Imparfait pluriel en -aient, cédille devant a.
- « tous deux » = « les deux » : pluriel, donc « tous ».
- « s'avançaient » : cédille sur le c devant a, terminaison -aient (sujet « ils »).
Réponsetous deux, s'avançaient
Piège « tout » (adverbe ou adjectif singulier) et « toux » (nom, maladie) sont des homophones à écarter.
D3« cherchant leur chemin pour rentrer chez eux » : orthographe de « cherchant », « leur » et « rentrer ».Touche pour voir la correction
À retenir Le participe présent est invariable et se termine par -ant. « leur » déterminant ne prend pas de s devant un nom singulier. Après « pour », le verbe est à l'infinitif en -er.
- « cherchant » : participe présent (on peut dire « en cherchant »), invariable.
- « leur chemin » : « leur » est suivi d'un nom, c'est un déterminant possessif ; « leur » pronom serait placé devant un verbe (« je leur parle »).
- « pour rentrer » : on remplace par « pour sortir » (ou « pour vendre »), infinitif donc -er.
Réponsecherchant, leur chemin, pour rentrer
Piège Ne pas écrire « leurre » (tromperie) ni « l'heure ». « Leur » reste sans s : chacun cherche son chemin.
D4« croyant à chaque instant sentir les crocs des passants s'enfoncer dans leur cou » : orthographe de « croyant », « crocs », « passants », « s'enfoncer ».Touche pour voir la correction
À retenir « croyant » : participe présent du verbe croire, avec y devant la terminaison -ant. « crocs » : mot au tableau, avec c final qui se prononce. « passants » : nom pluriel (les passants) en -ants. Après « sentir », l'infinitif en -er (« sentir les crocs s'enfoncer »).
- « croyant » : on pense à « nous croyons ».
- « les crocs » : pluriel, s final ; c final de croc.
- « des passants » : nom, donc -ants avec s au pluriel (le participe présent « passant » est invariable).
- « sentir … s'enfoncer » : on remplace par « sentir … entrer » (infinitif).
Réponsecroyant, crocs, passants, s'enfoncer
D5« Et voilà que, brusquement, il s'élève une clameur sourde des coins de la cage. » : orthographe de « brusquement », « s'élève », « clameur », « sourde ».Touche pour voir la correction
À retenir Adverbe en -ment formé sur l'adjectif au féminin (brusque + ment). Accent grave sur le è de « élève » (verbe élever). « sourde » s'accorde avec « clameur » (féminin).
- « brusquement » : brusque + -ment, avec -qu-.
- « il s'élève » : verbe élever à la 3e personne du singulier, é + è.
- « une clameur sourde » : nom féminin, adjectif féminin singulier avec e.
Réponsebrusquement, s'élève, clameur sourde
D6« Les boutiques se ferment, le tocsin se lamente d'une voix haletante et inquiète. » : orthographe de « se ferment », « tocsin », « voix », « haletante ».Touche pour voir la correction
À retenir Verbe au présent à la 3e personne du pluriel en -ent (sujet « les boutiques »). « voix » (nom, avec x) à ne pas confondre avec « voie » ou « il voit ». « haletante » : h muet, un seul l, accord féminin avec « voix ».
- « Les boutiques se ferment » : sujet pluriel, -ent.
- « tocsin » : mot écrit au tableau, à recopier tel quel (avec c, et -in final).
- « d'une voix » : nom féminin ; test : « d'une belle voix » ; écarter « voie » (chemin) et « voit » (verbe voir).
- « haletante » : dérive de « haleter » ; adjectif féminin singulier avec e.
Réponsese ferment, tocsin, voix, haletante
D7« Des groupes d'hommes armés envahissent les rues, arrachent les pavés, dressent à la hâte des barricades. » : orthographe de « armés », « envahissent », « arrachent », « dressent », « à la hâte », « barricades ».Touche pour voir la correction
À retenir « armés » : participe passé employé comme adjectif, accord avec « hommes » (masculin pluriel). Les verbes à la 3e personne du pluriel se terminent par -ent (sujet « Des groupes »). « à la hâte » : accent circonflexe, avec « la ». « barricades » : un c, deux r.
- « hommes armés » : masculin pluriel, accord avec « hommes » (le groupe est formé d'hommes).
- « envahissent, arrachent, dressent » : trois verbes, même sujet « Des groupes », donc -ent. On remplace par « avancent » pour entendre la terminaison : -ent.
- « à la hâte » : « la » est un déterminant (on peut mettre « à une hâte » pour vérifier) ; on ne confond pas avec « là » (adverbe) ni « l'a » (pronom + avoir).
- « barricades » : un seul c, deux r, d, finale -ades.
Réponsearmés, envahissent, arrachent, dressent, à la hâte, barricades
D8« Les rugissements de la ville ont cessé ; il y règne un silence lourd et sinistre. » : orthographe de « rugissements », « ont cessé », « règne », « sinistre ».Touche pour voir la correction
À retenir « ont » (verbe avoir) se remplace par « avaient » ; le participe passé de « cesser » employé avec avoir reste invariable ici (le COD n'est pas placé avant). « il y règne » : le pronom adverbial « y » = « dans la ville ».
- « rugissements » : nom en -ments, avec s au pluriel.
- « ont cessé » : « ont » = avoir ; le participe passé en -é s'accorde avec rien (pas de COD placé avant).
- « règne » : accent grave sur è, e muet final.
- « silence lourd et sinistre » : masculin singulier, « sinistre » ne change pas au féminin.
Réponserugissements, ont cessé, règne, sinistre
Piège « ont cessé » : ne pas accorder avec « rugissements » : le participe de l'auxiliaire avoir reste invariable ici.
D9« Les bêtes humaines se taisent : elles rampent le long des maisons, prêtes à bondir. » : orthographe de « bêtes », « se taisent », « rampent », « prêtes à bondir ».Touche pour voir la correction
À retenir « bêtes » : accent circonflexe, mot de la famille de « bestial ». « se taisent » : verbe pronominal à la 3e personne du pluriel en -ent, avec « se » (pronom réfléchi) ; ne pas confondre avec « ce » ou « ceux ». « prêtes » : adjectif accordé avec « elles » (féminin pluriel), à distinguer de « près ».
- « se taisent » : on conjugue « je me tais », « elles se taisent » : « se » réfléchi, -ent.
- « rampent » : sujet « elles », -ent ; p muet après m.
- « prêtes à bondir » : épithète détachée qui se rapporte à « elles » : féminin pluriel, accent circonflexe sur ê.
- « à bondir » : à préposition avec accent grave.
Réponsebêtes, se taisent, rampent, prêtes à bondir
Piège Ne pas écrire « prêt » ni « près » : l'accord se fait avec « elles ».
D10Majuscules et ponctuation : « la Hyène » ; point-virgule après « ont cessé » ; deux-points après « se taisent ».Touche pour voir la correction
À retenir « Hyène » prend une majuscule (animal personnifié, devenu un personnage). Le point-virgule sépare deux propositions liées par le sens ; les deux-points introduisent ici une explication.
- « Les dents de la Hyène » : majuscule à « Hyène », animal personnifié devenu un personnage du texte de Zola.
- « Les rugissements de la ville ont cessé ; il y règne un silence lourd et sinistre » : point-virgule entre les deux propositions.
- « Les bêtes humaines se taisent : elles rampent… » : deux-points avant l'explication (ce qu'elles font).
RéponseHyène (majuscule) ; « ont cessé ; il y règne » ; « se taisent : elles rampent »
A1Dictée aménagée, trou 1 : « Les dents de la Hyène ………… d'effroi » (claqué / claquer / claquaient).Touche pour voir la correction
À retenir Le verbe s'accorde avec son sujet « Les dents » (pluriel), et le texte est au passé (imparfait).
- Le sujet « dents » est pluriel : -aient.
- « claqué » et « claquer » n'ont pas de forme conjuguée ici.
Réponseclaquaient
A2Trou 2 : « et, ………… deux, ils s'avançaient » (tous / tout / toux).Touche pour voir la correction
À retenir « tous deux » signifie « les deux ensemble » : « tous » pluriel.
- « toux » est un nom ; « tout » est invariable devant un nom singulier.
- Ici, « deux » est pluriel : « tous ».
Réponsetous
A3Trou 3 : « cherchant ………… chemin » (leur / l'heure / leurre).Touche pour voir la correction
À retenir Devant un nom, le déterminant possessif est « leur ».
- « l'heure » et « leurre » n'ont pas de sens ici (« cherchant l'heure chemin »).
Réponseleur
A4Trou 4 : « pour ………… chez eux » (rentré / rentrer / rentrait).Touche pour voir la correction
À retenir Après la préposition « pour », le verbe est à l'infinitif.
- Remplacer par « pour sortir » : l'infinitif convient ; « rentrait » et « rentré » ne vont pas.
Réponserentrer
A5Trou 5 : « d'une ………… haletante et inquiète » (voit / voie / voix).Touche pour voir la correction
À retenir Après « d'une » et devant un adjectif féminin, il faut un nom : « voix », qualifié par « haletante ».
- « voit » est un verbe ; « voie » signifie chemin ; une « voix haletante » est la bonne expression.
Réponsevoix
A6Trou 6 : « Des groupes d'hommes ………… envahissent » (armés / armée / armé).Touche pour voir la correction
À retenir L'adjectif s'accorde avec le nom « hommes » (masculin pluriel).
- « hommes » est masculin pluriel : l'adjectif prend -és.
- « armée » (féminin singulier) et « armé » (masculin singulier) ne s'accordent pas avec « hommes ».
Réponsearmés
A7Trou 7 : « arrachent les pavés, ………… à la hâte des barricades » (dresse / dresses / dressent).Touche pour voir la correction
À retenir Le sujet « Des groupes » est pluriel : verbe en -ent, comme « envahissent » et « arrachent ».
- « dresse » et « dresses » sont des formes du singulier.
Réponsedressent
Vérification Le trou suivant (A8) porte sur « la » de « à la hâte ».
A8Trou 8 : « à ………… hâte » (là / l'a / la).Touche pour voir la correction
À retenir « à la hâte » : « la » est le déterminant (article) qui accompagne le nom « hâte ».
- « là » est un adverbe de lieu ; « l'a » est un pronom suivi du verbe avoir : « à l'a hâte » n'aurait pas de sens.
Réponsela
A9Trou 9 : « Les rugissements de la ville ont ………… » (cessé / cessés / cessée).Touche pour voir la correction
À retenir Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé reste invariable ici (aucun COD placé avant).
- Remplacer par « ont fini » ou « ont pris fin » ; pas d'accord.
Réponsecessé
A10Trou 10 : « Les bêtes humaines ………… taisent » (se / ce / ceux).Touche pour voir la correction
À retenir « se taire » est un verbe pronominal : « se » est son pronom réfléchi.
- « ce » et « ceux » sont des pronoms démonstratifs : « ceux taisent » n'a pas de sens.
Réponsese
Exercice 2 : Grammaire et compréhension : « Une cage de bêtes féroces »50 points
Un Lion et une Hyène du Jardin des Plantes s'évadent un matin et décident d'aller visiter « la cage des hommes » : le bruit de Paris les inquiète. Le texte est un extrait d'Émile Zola (1867). Un photogramme du film La planète des Singes (1968) accompagne le texte. Compréhension : 32 points (questions 1 à 6) ; grammaire : 18 points (questions 7 à 10).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Photogramme de La planète des Singes, 1968, réalisé par Franklin Schaffner, adapté du roman de Pierre Boulle. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Le texte se compose de deux étapes : lignes 1 à 15 et lignes 16 à la fin. Pour chacune, choisissez et recopiez un titre parmi ceux proposés (Les hurlements des animaux ; La promenade des animaux évadés ; Les animaux attaquent des hommes ; Des hommes en cage qui effraient les animaux ; Une matinée paisible au Jardin des Plantes) et justifiez avec le texte. (4 points)Touche pour voir la correction
À retenir Un titre doit couvrir toute l'étape, pas seulement un détail. On le justifie par une ou deux citations.
- Lignes 1 à 15 : « La promenade des animaux évadés ». Justification : le Lion et la Hyène « réussirent à ouvrir la porte de leur cage », « se promenèrent avec lenteur dans le Jardin », puis le Lion propose « un bout de promenade dans la cage des hommes ».
- Lignes 16 à la fin : « Des hommes en cage qui effraient les animaux ». Justification : Paris « se mit à rugir d'une telle force que la Hyène s'arrêta court, écoutant avec inquiétude » ; « la Hyène avait décidément peur » ; elle croit que les hommes « s'égorgent » dans « leur cage ».
- Écarter « Les hurlements des animaux » : ce sont les humains (la ville) qui crient. Écarter « Les animaux attaquent des hommes » : aucune attaque n'a lieu.
RéponseÉtape 1 : La promenade des animaux évadés. Étape 2 : Des hommes en cage qui effraient les animaux.
Piège « Une matinée paisible au Jardin des Plantes » convient pour le début de l'étape 1 (le décor et la quiétude), mais pas pour l'ensemble des lignes 1 à 15 qui contiennent aussi l'évasion et le projet du Lion : le titre « La promenade des animaux évadés » est le plus complet.
2a« J'ai bien envie de contenter un caprice qui me tient depuis longtemps » (ligne 11) : expliquez quel est ce caprice et donnez deux raisons qui l'expliquent. (3 points)Touche pour voir la correction
À retenir On nomme le caprice puis on cherche, dans la phrase du Lion et dans le paragraphe précédent, deux raisons.
- Le caprice : aller visiter la « cage des hommes », c'est-à-dire aller regarder les hommes chez eux, comme ils viennent regarder les animaux au zoo (« aller les regarder dans la leur »).
- Raison 1 : le Lion est fatigué d'être regardé : « Voici des années que les hommes viennent, comme des imbéciles, me regarder dans ma cage » ; il veut rendre la pareille.
- Raison 2 : il s'ennuie et la curiosité l'emporte : « Le Jardin ne tarda pas à les ennuyer et à leur paraître bien petit » ; le Lion est même prêt à « paraître aussi bête qu'eux » pour satisfaire son caprice.
RéponseAller regarder les hommes dans leur cage, parce qu'il en a assez d'être regardé par eux depuis des années et parce que le Jardin l'ennuie.
2bQue ressent la Hyène suite à cette proposition ? Justifiez avec le texte. (2 points)Touche pour voir la correction
À retenir On identifie un sentiment et on le prouve par une citation.
- Elle ressent de l'inquiétude, puis de la peur : « la Hyène s'arrêta court, écoutant avec inquiétude » ; « la Hyène avait décidément peur » ; « Croyez-vous [...] qu'il soit prudent de se hasarder là-dedans ? ».
RéponseDe l'inquiétude, qui devient peur.
Vérification La réaction de la Hyène suit immédiatement la proposition, mais elle est surtout provoquée par le bruit de Paris : les deux faits sont liés dans le texte.
3a« Je vous propose un bout de promenade dans la cage des hommes. » (lignes 14 à 15) Pourquoi, selon vous, le Lion parle-t-il de « la cage des hommes » ? (3 points)Touche pour voir la correction
À retenir On interprète la métaphore : la ville est comparée à une cage, comme le zoo pour les animaux ; l'auteur renverse le point de vue.
- Le Lion transpose son expérience : lui vit dans une cage et est observé par des hommes ; il imagine que les hommes vivent eux aussi dans une cage, la ville.
- Il y a une comparaison implicite entre le zoo et la ville : on y est enfermé, on y voit des hommes, etc.
- Effet : ironie et satire : l'homme est vu comme un animal, ce qui ôte aux humains leur supériorité.
RéponseParce que le Lion compare la ville au zoo : l'homme est lui aussi enfermé dans un espace, vu comme un animal de zoo.
3bTrouvez deux autres exemples qui développent l'image d'une « cage des hommes » dans les lignes 16 à 27. Expliquez. (4 points)Touche pour voir la correction
À retenir On relève des expressions qui traitent les hommes comme des animaux de cirque ou de zoo.
- « ils s'égorgent pour sûr dans leur cage » : la Hyène reprend le mot « cage » et la violence qu'on prête aux fauves entre eux.
- « quelque dompteur les tourmente peut-être » : le dompteur dresse les fauves au cirque : les hommes sont des bêtes dressées et maltraitées.
- Autres exemples possibles : « Ils doivent se mordre d'une belle façon » (les hommes se mordent comme des fauves) ; « Paris … se mit à rugir » (la ville gronde comme un animal) ; « hurlements de fureur et à des râles d'agonie » (cris de bêtes).
Réponse« ils s'égorgent pour sûr dans leur cage » et « quelque dompteur les tourmente » : les hommes sont traités comme des fauves enfermés.
4Des lignes 16 à 27, comment le narrateur retranscrit-il le bruit ? Appuyez-vous sur les champs lexicaux, les formes et types de phrases et tout autre élément pertinent. Deux éléments sont attendus. (4 points)Touche pour voir la correction
À retenir On nomme le procédé, on cite, on explique l'effet produit (le bruit est ressenti comme terrifiant).
- Le champ lexical du bruit et de la violence : « rugir », « clameur », « hurlements de fureur », « râles d'agonie », « tapage effroyable », « Le bruit croissait » : le lexique est hyperbolique et animal, ce qui rend le bruit envahissant.
- Les formes et types de phrases : les exclamations « Bon Dieu ! » et l'interrogation « Entendez-vous comme ils sont en colère et comme ils pleurent ? » traduisent l'affolement de la Hyène ; l'énumération « du bruit des voitures, des cris de la rue, de nos sanglots et de nos rires » rend la cacophonie ; l'imparfait « montait », « croissait » fait durer et grandir le bruit.
- Autre élément : la personnification de la ville (« Paris… se mit à rugir ») et l'antithèse « nos sanglots et de nos rires » : le bruit mêle des cris de douleur et de joie, à la fois animal et humain.
RéponseUn champ lexical du bruit et de la violence (clameur, hurlements, tapage) ; des phrases exclamatives et interrogatives, une énumération et un imparfait qui font monter le bruit.
Piège Il faut expliquer l'effet, pas seulement relever : le bruit devient menaçant et inquiétant pour les animaux.
5Selon vous, quel est l'intérêt pour l'auteur d'adopter le point de vue des animaux ? Rédigez et développez en prenant appui sur deux arguments et des exemples précis tirés du texte. (6 points)Touche pour voir la correction
À retenir On répond par un paragraphe rédigé : deux arguments, chacun illustré par une citation, expliqué, avec connecteurs.
- Argument 1 : critiquer la société humaine par le regard étonné d'un étranger (satire) : les animaux jugent les hommes (« comme des imbéciles »), ou jugent leur vie en ville comme un enfermement (« la cage des hommes ») ; le lecteur voit sa propre condition de façon décalée.
- Argument 2 : dénoncer la violence humaine : les bruits de Paris sont interprétés comme des cris de bêtes qui « s'égorgent » ; les animaux, qualifiés d'« honnêtes » et de « braves gens », paraissent plus sages que les hommes ; l'homme devient plus sauvage que les bêtes.
- Rédaction possible : « En adoptant le point de vue des animaux, Zola renverse les rôles. D'abord, il propose un regard critique sur la société : le Lion traite les hommes d'« imbéciles » et appelle la ville « la cage des hommes ». Ensuite, il dénonce la violence humaine : la Hyène croit qu'ils « s'égorgent pour sûr ». Ainsi le lecteur, surpris, prend du recul sur sa propre condition. »
RéponseLe point de vue animal permet de critiquer la société humaine avec humour (satire, renversement des rôles) et de dénoncer la violence des hommes, plus bestiale que celle des bêtes.
Vérification L'extrait suffit pour répondre : on s'appuie sur des citations du texte, sans chercher de contexte historique extérieur.
6Image (document B) : quels points communs et quelles différences entre le texte et l'image tirée du film La Planète des Singes ? Appuyez-vous sur trois éléments d'analyse précis de l'image. (6 points)Touche pour voir la correction
À retenir On décrit trois éléments de l'image (cage, personnages, vêtements, attitudes) et on compare avec le texte.
- Élément 1, la cage : à gauche, des êtres humains à moitié nus se tiennent derrière de grandes tiges de bambou croisées ; comme dans le texte, l'homme est enfermé dans une cage.
- Élément 2, les vêtements et la posture : à droite, des singes habillés (longues robes, manteaux) se tiennent debout, dont un vieil orang-outan avec une canne ; ils observent les hommes et discutent, comme le Lion et la Hyène qui regardent les hommes.
- Élément 3, la composition : l'image sépare nettement deux groupes (hommes en cage, singes libres) ; le regard est celui des singes qui dominent la scène.
- Points communs : renversement des rôles (l'animal observe l'homme), cage et satire de la condition humaine.
- Différences : dans le film, l'homme est réellement en cage, enfermé, nu et réduit à l'état sauvage, tandis que les singes sont habillés, civilisés et en position de pouvoir ; dans le texte, les animaux sont craintifs et l'homme est « en cage » seulement par métaphore (la ville) ; le texte est comique et le film inquiétant, en noir et blanc.
RéponsePoints communs : inversion des rôles, l'animal observe l'homme, image de la cage. Différences : cage réelle et singes civilisés au pouvoir dans le film ; cage métaphorique et animaux naïfs dans le texte.
Vérification Description du photogramme : à gauche, des humains peu vêtus derrière une cage faite de grandes tiges croisées ; à droite, des singes habillés (robe, manteau), dont un vieillard à barbe blanche appuyé sur une canne. Image en noir et blanc.
7a« Un matin, un Lion et une Hyène du Jardin des Plantes réussirent à ouvrir la porte de leur cage, fermée avec négligence. » (lignes 1 à 2) Donnez la nature et la fonction de « un matin ». (2 points)Touche pour voir la correction
À retenir « un matin » est un groupe nominal (déterminant + nom) qui indique le moment : complément circonstanciel de temps.
- Nature : groupe nominal (un = déterminant, matin = nom).
- Fonction : complément circonstanciel de temps (il répond à la question « quand ? »).
RéponseGroupe nominal ; complément circonstanciel de temps (CC de temps) du verbe « réussirent ».
7bNommez et effectuez deux manipulations qui vous ont permis de trouver la fonction. (2 points)Touche pour voir la correction
À retenir Les manipulations qui prouvent un complément circonstanciel : déplacement, suppression, question « quand ? », remplacement.
- Déplacement : « Un Lion et une Hyène du Jardin des Plantes réussirent, un matin, à ouvrir la porte de leur cage. »
- Suppression : « Un Lion et une Hyène du Jardin des Plantes réussirent à ouvrir la porte de leur cage. » : la phrase reste correcte.
- Question : « Quand un Lion et une Hyène réussirent-ils à ouvrir la porte ? » : « un matin ».
RéponseDéplacement (« réussirent, un matin, à ouvrir ») et suppression (la phrase reste correcte sans « un matin ») ; on peut aussi poser la question « quand ? ».
8a« Alors ils se demandèrent à quels amusements ils pourraient consacrer leur journée. » (lignes 9 à 10) Quel est le temps de « pourraient » ? (1 point)Touche pour voir la correction
À retenir La terminaison -aient avec le radical du futur (pourr-) indique le conditionnel présent.
- Verbe pouvoir, 3e personne du pluriel, radical « pourr- » + -aient : conditionnel présent.
RéponseConditionnel présent
8bQuelle est sa valeur dans cette phrase ? (1 point)Touche pour voir la correction
À retenir Dans une subordonnée interrogative indirecte qui dépend d'un verbe au passé, le conditionnel exprime un futur vu depuis le passé.
- Le verbe principal « se demandèrent » est au passé simple : le conditionnel « pourraient » exprime ce qui était à venir par rapport au moment de la réflexion (futur dans le passé).
- On le retrouve en discours direct : « À quels amusements pourrons-nous consacrer notre journée ? ».
RéponseFutur dans le passé (futur vu depuis le passé)
Piège On peut aussi y lire une éventualité (« ce qu'ils pourraient faire »). La valeur attendue est le futur dans le passé (le verbe principal « se demandèrent » est au passé simple) ; l'éventualité est acceptable si elle est justifiée.
9a« Les deux honnêtes animaux (…) se promenèrent avec lenteur » (lignes 5 à 6) Expliquez la formation de ce mot. (1 point)Touche pour voir la correction
À retenir Le mot est dérivé : radical + suffixe.
- Le mot souligné est « lenteur » : formé du radical « lent- » (adjectif lent) et du suffixe « -eur » qui forme un nom.
Réponse« lenteur » est un mot dérivé : radical « lent » + suffixe « -eur » (nom abstrait).
Vérification Le mot souligné dans le sujet est « lenteur » : c'est lui dont on demande la formation (dérivé de « lent »).
9bÉcrivez deux mots de la même famille. (1 point)Touche pour voir la correction
À retenir Les mots de la famille partagent le radical « lent- ».
- lent, lentement, ralentir, ralentissement, ralenti.
Réponselent, lentement (ou ralentir, ralentissement)
10Réécrivez le passage en remplaçant « la clameur » par « les clameurs » et en mettant les verbes au présent de l'indicatif. Vous ferez toutes les modifications nécessaires. (10 points) : « À ce moment, Paris, qui s'éveillait, se mit à rugir d'une telle force que la Hyène s'arrêta court, écoutant avec inquiétude. La clameur de la ville montait, sourde et menaçante, et cette clameur, faite du bruit des voitures, des cris de la rue, de nos sanglots et de nos rires, ressemblait à des hurlements de fureur et à des râles d'agonie. »Touche pour voir la correction
À retenir On change les verbes au présent, puis on accorde tout ce qui dépend de « clameurs » (pluriel) : verbes, adjectifs, participes, déterminants.
- « qui s'éveillait » devient « qui s'éveille » ; « se mit » devient « se met » ; « s'arrêta » devient « s'arrête ».
- « écoutant » (participe présent) reste invariable.
- « La clameur de la ville montait, sourde et menaçante » devient « Les clameurs de la ville montent, sourdes et menaçantes » : verbe en -ent, adjectifs au féminin pluriel.
- « cette clameur, faite du bruit … » devient « ces clameurs, faites du bruit … » (participe accordé).
- « ressemblait » devient « ressemblent » (sujet « ces clameurs »).
Réponse« À ce moment, Paris, qui s'éveille, se met à rugir d'une telle force que la Hyène s'arrête court, écoutant avec inquiétude. Les clameurs de la ville montent, sourdes et menaçantes, et ces clameurs, faites du bruit des voitures, des cris de la rue, de nos sanglots et de nos rires, ressemblent à des hurlements de fureur et à des râles d'agonie. »
Piège Ne pas oublier « cette » devenu « ces », « faite » devenu « faites », « sourde et menaçante » devenus pluriels, et « s'arrêta court » : « court » est un adverbe invariable.
Exercice 3 : Rédaction : l'évasion de deux animaux ou la littérature et les arts rendent-ils plus humain ?40 points
Deux sujets au choix, à traiter sur une copie distincte en respectant l'anonymat (ne citer ni nom, ni prénom, ni établissement). Voici une méthode, un plan et des éléments de rédaction à adapter. Ce sont des propositions.
ISujet d'imagination : « Imaginez que deux animaux s'échappent d'un zoo en 2026. Vous raconterez leur promenade dans un lieu qui les étonne. Vous insérerez du dialogue. »Touche pour voir la correction
À retenir Le sujet impose : deux animaux, un zoo, l'année 2026 (cadre moderne), un lieu étonnant, des dialogues. Le décalage du regard animal sur le monde humain fait l'intérêt du récit (comme chez Zola).
- Méthode : choisir deux animaux au caractère contrasté (un prudent, un curieux) ; choisir un lieu moderne qui les étonne (centre commercial, métro, gare, stade, cinéma, plage) ; écrire au passé (passé simple et imparfait) ; alterner récit, description et dialogues ; soigner le point de vue (ce que les animaux comprennent mal).
- Plan : 1) l'évasion et le décor du zoo (le portail laissé ouvert, la nuit ou le matin) ; 2) la promenade et la découverte du lieu (ce qui les étonne : foule, écrans, bruits) ; 3) la réaction des humains ou le danger (un employé, un enfant) et la fin (retour ou fuite, avec une touche d'humour ou de réflexion).
- Modèle d'ouverture : « Ce matin-là, la serrure de la cage n'avait pas été verrouillée. Le lémurien poussa la porte du bout de la patte et jeta un coup d'œil dans l'allée déserte. — Viens, murmura-t-il à son compagnon, le toucan, la ville nous attend. »
- Rédaction possible : « Ils marchèrent jusqu'à une immense galerie commerciale où des centaines de personnes marchaient les yeux rivés sur de petits rectangles lumineux. — Pourquoi ne se regardent-ils pas ? s'étonna le toucan. — Regarde : ils sont tous en cage, répondit le lémurien, chacun dans la sienne ! »
- Procédés à employer : comparaisons animales pour décrire les humains, étonnement du narrateur, champ lexical du bruit, humour ; quelques répliques brèves et bien ponctuées (tirets, incises).
- Rédaction possible (fin) : « Au loin, des sirènes retentirent. — Il est temps de rentrer, soupira le toucan. — Rentrer ? Après avoir vu tout cela ? Non, murmura le lémurien, j'ai trop de choses à raconter aux autres. »
RéponseRécit au passé de deux animaux évadés dans un lieu moderne qui les étonne, avec dialogues et regard décalé sur les humains.
Piège Ne pas oublier le dialogue et l'ancrage en 2026 (éléments d'aujourd'hui : téléphones, écrans, voitures électriques). Ne mentionner aucun prénom réel ni nom d'établissement.
IISujet de réflexion : « Pensez-vous que la littérature et les arts puissent rendre les hommes plus humains ? » Vous répondrez par un développement argumenté en vous appuyant sur les œuvres étudiées en classe, vos lectures personnelles, vos pratiques artistiques et les œuvres cinématographiques et artistiques que vous connaissez.Touche pour voir la correction
À retenir « plus humains » : plus sensibles, plus ouverts aux autres, plus conscients de l'humanité commune. Le sujet demande un avis nuancé et appuyé sur des exemples précis (au moins deux œuvres de domaines variés).
- Méthode : définir « plus humains » (empathie, compréhension, esprit critique, dignité) ; avancer thèse puis nuance ; s'appuyer sur des œuvres précises (titre, auteur ou réalisateur, scène) ; conclure sans contradiction.
- Plan : 1) oui, la littérature et les arts éveillent l'empathie et élargissent notre regard (se mettre à la place d'autrui : Le Journal d'Anne Frank, Maus, Les Misérables, un film comme La Liste de Schindler) ; 2) oui, ils dénoncent la violence et défendent les valeurs (Guernica de Picasso, Le Dernier Jour d'un condamné de Hugo, le texte de Zola, qui renverse le regard de l'homme sur l'animal) ; 3) mais ils ne suffisent pas : certains lecteurs ou spectateurs restent insensibles, l'art peut être détourné ou instrumentalisé, c'est un levier et non une garantie.
- Modèle d'ouverture : « On dit souvent qu'un livre peut changer une vie. Mais peut-il vraiment nous rendre meilleurs, plus attentifs à autrui ? Nous verrons d'abord comment les œuvres développent l'empathie, puis comment elles font reculer la violence, avant d'en mesurer les limites. »
- Rédaction possible : « Lire Le Journal d'Anne Frank, c'est vivre pendant quelques pages la peur d'une jeune fille cachée : on ne regarde plus l'Histoire de loin, on la ressent. Cette identification est la preuve que la littérature peut nous rendre plus humains. »
- Conclusion : récapituler (empathie, dénonciation, limites) et ouvrir sur l'idée que l'art éduque le regard, ce qui prépare à agir.
- Rédaction possible (limites) : « Pourtant, la littérature ne rend pas mécaniquement meilleur : on peut aimer les livres et rester indifférent à autrui. L'œuvre n'agit que si le lecteur s'y laisse toucher ; elle est une invitation à l'humanité, non une garantie. »
RéponseOui, dans une large mesure : empathie, dénonciation de la violence, élargissement du regard ; avec la nuance que l'art ne garantit rien et dépend de ceux qui le reçoivent.
Vérification Chaque partie doit citer au moins une œuvre précise ; ne pas citer de noms de camarades ni d'établissement.
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