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Bac 2025
Français – Amérique du Nord 2025 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : commentaire ou une dissertation sur trois, 20 points
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Montaigne, Essais, I, 42 (« Sur l'inégalité entre les hommes »)20 points
Texte de la littérature d'idées (XVIe siècle), donné en français moderne (traduction de Guy de Pernon). Montaigne reprend une idée antique : il faut juger un homme sur ce qu'il est, non sur ce qu'il possède. Le texte mêle analogies animales, citations de poètes latins (Juvénal, Horace), questions et conclusion éclatante.
C1Lire le texte : quelle est sa thèse, comment est-il construit et quelle problématique en tirer ?Touche pour voir la correction
À retenir Un commentaire commence par une lecture globale : thèse, mouvement du texte, ton, puis une problématique qui lie le fond (ce qui est dit) et la forme (comment c'est dit).
- Thèse : on estime les animaux et les objets d'après leurs qualités propres, mais on estime les hommes d'après ce qu'ils ont (« Il mène grand train, il a un beau château, tant de crédit et tant de rente : tout cela est extérieur, et non en lui-même »). Il faut juger l'homme « nu ».
- Mouvement : (1) l. 1-9, le constat : on estime le cheval, le lévrier, le faucon pour leurs qualités propres, jamais pour leur harnais, leur collier ou leurs lacets ; (2) l. 9-20, le renversement vers l'homme (« Pourquoi, s'agissant d'un homme... ») et l'exemple de l'achat du cheval, appuyé par une citation d'Horace ; (3) l. 21-28, l'appel à juger l'homme « tout enveloppé » : images de l'épée et du fourreau, du socle et de la statue, des échasses ; (4) l. 28-35, la série de questions sur l'âme ; (5) l. 36-42, citation poétique puis chute : « il est à lui-même son empire ».
- Ton : pédagogique et familier au début, ironique par endroits, puis exigeant et presque solennel à la fin. Le texte s'adresse directement au lecteur (« vous »), avec un « nous » qui inclut l'auteur dans le défaut dénoncé.
- Problématique possible : comment Montaigne, par l'analogie, l'argumentation vivante et l'appel direct au lecteur, fait-il de la critique des apparences un éloge de la sagesse et de l'autonomie intérieure ?
RéponseThèse : juger un homme sur sa valeur propre (son âme), non sur ses biens ni ses titres. Problématique : comment l'argumentation vivante de Montaigne transforme-t-elle la critique des apparences en éloge de la sagesse ?
Vérification Le sujet donne le texte en français moderne : on commente ce texte, sans chercher à retrouver l'orthographe du XVIe siècle.
C2Proposer un plan détaillé en trois axes pour commenter le texte.Touche pour voir la correction
À retenir Chaque axe répond à la problématique, regroupe plusieurs procédés et progresse vers une idée plus forte que la précédente.
- Axe I : une critique du jugement par les apparences : l'analogie des animaux (cheval, lévrier, faucon) montre l'absurdité du critère « extérieur ».
- Axe II : une argumentation vivante qui prend le lecteur à témoin : « vous », questions rhétoriques, impératifs, images concrètes (épée, statue, échasses), citations d'autorité et humour.
- Axe III : l'éloge de l'homme intérieur : portrait moral de l'âme, idéal stoïcien de maîtrise de soi, chute en forme de maxime (« il est à lui-même son empire »).
- Transition I-II : après avoir posé le principe, comment Montaigne le fait-il admettre ? Transition II-III : quel idéal propose-t-il à la place du jugement sur les apparences ?
RéponseI. Critique du jugement sur les apparences ; II. Une argumentation vivante qui implique le lecteur ; III. L'éloge de l'âme et de l'autonomie du sage.
C3Axe I : comment le texte démontre-t-il que le jugement par les apparences est absurde ?Touche pour voir la correction
À retenir Une analogie transfère un raisonnement d'un domaine évident (les animaux) vers un domaine contesté (les hommes).
- Parallélisme et accumulation : « Nous vantons un cheval... », « Nous vantons un lévrier pour sa rapidité, non pour son collier ; un faucon dressé pour son vol, et non pour ses courroies et ses lacets ». La répétition de la tournure « pour... non pour... » installe une règle simple, que personne ne conteste.
- Opposition entre « qualités propres » et accessoires (harnais, collier, courroies) : le lexique de l'équipement s'oppose à celui des qualités (« vigoureux et adroit », « vitesse », « vol »).
- Renversement (l. 9-10) : « Pourquoi, s'agissant d'un homme, ne procédons-nous pas de même ». La question rhétorique oblige le lecteur à reconnaître l'incohérence. Le pronom « nous » inclut l'auteur : critique d'un défaut commun et non attaque.
- L. 10-11 : les biens énumérés (« grand train », « beau château », « crédit », « rente ») sont qualifiés d'« extérieur » : l'énumération réduit l'homme à ce qui l'entoure.
- Exemple du maquignon : on examine le cheval « nu et à découvert », et même pour les princes on ne couvre que les parties les moins importantes : le soin d'évaluer correctement est la règle chez ceux qui achètent un cheval, jamais chez ceux qui jugent un homme.
RéponsePar un parallélisme répété, une question rhétorique et un exemple concret (l'achat du cheval), Montaigne montre que nous appliquons aux hommes un critère que nous refusons aux animaux.
C4Axe II : par quels moyens Montaigne rend-il son argumentation vivante et implique-t-il le lecteur ?Touche pour voir la correction
À retenir On étudie les marques d'énonciation (« je », « vous », « nous »), les types de phrases et les figures.
- Interpellation du lecteur (l. 21-28) : « le jugez-vous tout enveloppé et comme empaqueté ? », « vous n'achetez pas un chat sans le voir », « vous n'en donnerez pas un sou ». Le « vous » rend la thèse personnelle et presque accusatrice.
- Images concrètes et familières : « le prix de l'épée, non de son fourreau », « Le socle ne fait pas partie de la statue », « sans ses échasses ». Ces comparaisons rendent l'idée visible et mémorable.
- Humour et ironie : le proverbe sur le chat, l'anecdote du « patin » (« vous comptez aussi la hauteur de ses patins »), l'image d'un homme « en chemise ».
- Impératifs et formules brèves : « Mesurez cet homme sans ses échasses ; qu'il mette à part ses richesses et ses titres, qu'il se présente en chemise ». Le rythme devient incisif, comme un ordre.
- Autorité de la tradition : citations en vers de Juvénal (l. 3-5) et d'Horace (l. 17-20 et 36-40), référence à « un Ancien » (l. 26) ; la note 6 du sujet attribue cette dernière citation à Horace. Elles donnent du poids à la thèse et rappellent le goût de Montaigne pour la culture antique.
- Série de questions (« Quelle âme a-t-il ? Est-elle belle, élevée... ? ») : effet d'enquête qui fait passer le lecteur de la critique à la construction d'un critère positif.
RéponseL'argumentation est vivante grâce au « vous », aux images concrètes, à l'humour, aux impératifs et aux citations d'autorité, qui conduisent le lecteur à reconnaître la thèse par lui-même.
C5Axe III : quel idéal de l'homme le texte propose-t-il ?Touche pour voir la correction
À retenir On relie les images et le lexique moral à une philosophie : ici la sagesse, proche du stoïcisme et de la maîtrise de soi.
- Du corps à l'âme (l. 28-30) : « son corps est-il apte à ses fonctions, sain et plein d'entrain ? Quelle âme a-t-il ? » La valeur véritable est dans l'intérieur, d'abord le corps sain, surtout l'âme.
- Lexique de la force morale : « sûre d'elle-même, calme et contente de son sort », qui « affronte les épées que l'on tire », « se moque de savoir par où la vie peut s'en aller ». L'idéal est l'indifférence au sort, au danger et à la mort.
- Citation d'Horace : « Rond et poli comme une boule sur laquelle tout glisse, / Et contre laquelle échouent toujours les coups du sort ». L'image de la boule exprime l'invulnérabilité du sage, que « la pauvreté, la mort, les fers » ne font pas trembler.
- Chute (l. 41-42) : « cinq cents brasses au-dessus des royaumes et des duchés : il est à lui-même son empire ». L'hyperbole renverse la hiérarchie sociale : la vraie grandeur n'est pas le pouvoir sur les autres mais le pouvoir sur soi (empire intérieur).
- Mise en perspective : cet idéal rejoint la sagesse antique (stoïcisme, Horace) et l'humanisme de Montaigne, qui fait de la connaissance et de la maîtrise de soi le but de la vie.
RéponseL'idéal est l'homme sage, maître de ses passions et de son destin, indifférent aux honneurs : sa seule royauté est sur lui-même.
Vérification La mention du stoïcisme est une mise en perspective : le texte cite Horace, mais ne nomme pas cette école.
C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, présentation de l'auteur et du texte, situation, problématique, annonce du plan.
- Modèle d'ouverture : « Au XVIe siècle, l'humanisme remet à l'honneur la sagesse antique et invite chacun à se connaître et à se juger lui-même. Michel de Montaigne (1533-1592), dans ses Essais, mène cette réflexion à partir de sa propre expérience, en conversation constante avec les Anciens. Dans le chapitre 42 du livre I, « Sur l'inégalité entre les hommes », donné ici en français moderne, il invite le lecteur à examiner une mauvaise habitude : estimer un homme d'après ce qu'il possède plutôt que d'après ce qu'il est. Le texte part de l'exemple du cheval, du lévrier et du faucon, passe à l'homme, puis conclut sur l'image du sage maître de lui-même. On se demandera comment l'argumentation vivante de Montaigne fait de la critique des apparences un éloge de la sagesse. Nous verrons d'abord comment le texte dénonce le jugement par les apparences, puis comment il rend son argumentation vivante, enfin quel idéal de l'homme il propose. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Vérification Coquille du sujet : la notice donne « 1553-1592 » pour Montaigne, né en 1533 ; on écrit 1533-1592.
C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Conclusion : bilan (réponse à la problématique) puis ouverture.
- Rédaction possible : « Ainsi, en partant d'une analogie simple avec les animaux, Montaigne démontre que le jugement par les apparences est irrationnel, puis fait du lecteur le témoin et le juge de cette erreur grâce à un style vivant fait de questions, d'images et d'humour. Il propose enfin l'idéal d'un homme qui tire sa valeur de lui-même et qui est « à lui-même son empire ». Ce texte annonce la réflexion moraliste ultérieure sur le paraître et l'être, que l'on retrouvera chez La Bruyère ou La Rochefoucauld. »
RéponseConclusion rédigée ci-dessus.
Exercice 2 : Dissertation : Manon Lescaut, « Je trouvais de la joie dans cet exercice de ma liberté »20 points
Œuvre : Abbé Prévost, Manon Lescaut ; parcours : personnages en marge, plaisirs du romanesque. Sujet : Des Grieux, évadé de Saint-Lazare, se promène dans les rues de Paris : « Je trouvais de la joie dans cet exercice de ma liberté ». Cette phrase éclaire-t-elle votre lecture du roman ?
A1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « joie » (plaisir intense, vécu), « exercice » (action de s'exercer, usage actif), « ma liberté » (liberté personnelle de l'amant, mais aussi liberté physique après l'enfermement). La phrase évoque un moment précis, une promenade sans crainte après l'évasion.
- « Éclaire-t-elle votre lecture » : on doit se demander si cette phrase donne la clef de l'ensemble du roman, c'est-à-dire si le roman est avant tout l'histoire d'une quête de liberté et de plaisir.
- Enjeu : la phrase est locale et brève ; la liberté de Des Grieux est constamment menacée (Saint-Lazare, famille, Hôpital, déportation), et son amour pour Manon est une servitude. Le sujet invite donc à discuter : la liberté est-elle un fil conducteur, une illusion, ou une expérience brève et paradoxale ?
- Problématique : dans quelle mesure l'aspiration à la liberté, dont cette promenade offre l'image heureuse, permet-elle de comprendre le roman de Des Grieux, alors que le récit est aussi celui d'une dépendance passionnelle et d'un destin tragique ?
RéponseLe sujet demande si l'expérience de liberté joyeuse de Des Grieux est la clef du roman. Problématique : dans quelle mesure la liberté éclaire-t-elle un récit où le héros est prisonnier de sa passion et de la fatalité ?
A2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Oui : la liberté est un moteur et un plaisir du récit. Des Grieux se définit contre les contraintes : l'autorité paternelle et le projet de l'état ecclésiastique (il rompt avec Saint-Sulpice pour suivre Manon), l'enfermement (Saint-Lazare : évasion préparée avec des complicités extérieures, dont Lescaut, par la ruse puis la violence d'un coup de feu), les convenances sociales. Le plaisir romanesque tient à la mobilité : fuites, déguisements, aventures, voyages jusqu'à la Louisiane. Le récit rétrospectif exalte ces moments de libération, dont la promenade dans Paris est l'image euphorique.
- II. Mais cette liberté est ambivalente et limitée. Des Grieux se libère des institutions pour tomber sous l'emprise de Manon (il se dit lui-même prisonnier de sa passion) ; sa liberté est choix d'un esclavage amoureux. Le héros se trompe sur lui-même et agit contre ses principes : vols, tricheries au jeu, violence lors de l'évasion de Saint-Lazare, complicité avec Lescaut, frère de Manon. Le monde est contraignant : argent, lois, police ; l'argent est la vraie nécessité (Manon l'aime mais ne peut vivre sans luxe). Le récit est marqué par des retours en arrière et par l'illusion du bonheur : la joie est brève.
- III. La liberté devient une question morale et romanesque. Le romanesque naît de ce paradoxe : plus Des Grieux croit se libérer, plus il s'enchaîne (plaisir du lecteur : pathétique, suspense). Le récit est celui d'un homme qui comprend après coup, ce qui crée la nuance entre le héros qui agit et le narrateur qui regrette. Parcours « personnages en marge » : Manon et Des Grieux, marginaux, vivent en dehors des normes et assument une liberté qui conduit à l'exil et à la mort. La dernière image (Manon morte dans le désert américain, Des Grieux l'enterrant) montre la liberté absolue de la nature, sans société, mais sans espoir.
- Culture personnelle possible : Don Juan de Molière (liberté contre les normes), Rousseau (La Nouvelle Héloïse, passion et vertu), Stendhal (Le Rouge et le Noir, évasion de classe), Manon Lescaut de Puccini ou Massenet (adaptations). Ces rapprochements doivent être employés avec prudence.
- Conclusion possible : la phrase éclaire une dimension importante du roman (le désir de liberté et le plaisir de l'évasion), mais ne résume pas l'œuvre, car la liberté de Des Grieux est constamment déjouée par la passion et le destin.
RéponseI. La liberté comme moteur du récit ; II. Une liberté ambivalente et menacée ; III. Le paradoxe romanesque : liberté et fatalité.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec le numéro de chapitre de votre édition).
A3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Roman-mémoires publié en 1731 au tome VII des Mémoires et aventures d'un homme de qualité, Manon Lescaut, de l'abbé Prévost, raconte l'histoire passionnée d'un jeune homme prêt à tout sacrifier pour une femme qu'il aime. Après son évasion de Saint-Lazare, le chevalier Des Grieux, marchant dans les rues de Paris, affirme : « Je trouvais de la joie dans cet exercice de ma liberté ». Cette phrase éclaire-t-elle l'ensemble du roman ? Si la liberté est un ressort du récit et du plaisir romanesque, on peut se demander dans quelle mesure elle suffit à rendre compte d'une histoire où le héros est enchaîné par sa passion et poursuivi par le destin. Nous verrons d'abord que la liberté est un moteur du récit, puis qu'elle est ambivalente et menacée, enfin qu'elle devient le paradoxe romanesque d'une passion tragique. »
- Rédaction possible de conclusion : « Cette phrase éclaire une part de Manon Lescaut : le désir de liberté meut les personnages et nourrit le plaisir des aventures. Mais elle ne résume pas le roman, car la liberté de Des Grieux est toujours contredite par sa passion et par le destin. C'est ce paradoxe, entre l'élan et l'enchaînement, qui fait la force pathétique de l'œuvre. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 3 : Dissertation : La Peau de chagrin, Raphaël est-il responsable de son destin ?20 points
Œuvre : Balzac, La Peau de chagrin ; parcours : les romans de l'énergie, création et destruction. Sujet : « Selon vous, dans La Peau de chagrin, peut-on dire que Raphaël de Valentin n'est pas responsable de son destin ? »
B1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « responsable » (qui doit répondre de ses actes parce qu'il en est l'auteur), « destin » (suite d'événements perçue comme inévitable), formulation négative (« n'est pas responsable »), donc proposition à examiner ; « Selon vous » : on attend un avis argumenté.
- Raphaël est un jeune homme ruiné, au bord du suicide, qui reçoit de l'antiquaire une peau qui exauce ses désirs mais raccourcit sa vie. La peau apparaît comme un destin imposé ; cependant, Raphaël choisit ses souhaits, parfois imprudents.
- Problématique : Raphaël est-il la victime d'un destin imposé (le talisman, la société, la fatalité du désir) ou l'artisan de sa propre perte par ses choix ?
RéponseLe sujet demande si Raphaël subit son destin ou le construit. Problématique : dans quelle mesure la chute de Raphaël est-elle imposée de l'extérieur ou résulte-t-elle de ses propres choix ?
B2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Oui, des forces extérieures paraissent décider : le talisman est un objet fantastique qui se rétrécit à chaque désir (« À chaque vouloir je décroîtrai comme tes jours »), la loi de la peau est irrévocable ; la misère et l'échec initiaux (ruine du père, vie de privation, perte au jeu) le mènent au désespoir ; l'argent et la société parisienne (Foedora, la vie mondaine, le banquet) créent des désirs. Raphaël est présenté comme un jeune homme impressionnable, façonné par la société de la Restauration.
- II. Mais Raphaël choisit : l'antiquaire l'avertit (savoir : « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ; mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme ») et Raphaël accepte la peau en connaissance de cause ; il formule ses souhaits (festin, richesse, plaisirs), s'abandonne à la débauche et au luxe ; son amour malheureux pour Foedora, antérieur à la peau, nourrit déjà son désespoir ; il aurait pu renoncer au vouloir, comme l'antiquaire le conseille, mais il décide de « vivre » intensément. Le scientifique (Planchette, Spieghalter) ne peut pas arrêter la peau : le moindre souhait coûte.
- III. Le roman suggère une responsabilité nuancée : Raphaël est à la fois victime et coupable ; le fantastique sert d'allégorie à la loi de l'énergie vitale : toute dépense réduit la vie. La responsabilité est donc universelle : la peau symbolise la condition humaine, où chaque désir consume. Balzac propose un roman d'énergie : création (le désir, l'ambition, l'amour) et destruction (la mort de Raphaël) sont liées. La mort finale de Raphaël, dans les bras de Pauline, souligne que Raphaël ne peut se sauver ni par la volonté ni par l'amour.
- Culture personnelle possible : Faust de Goethe (pacte), Le Portrait de Dorian Gray (Wilde), Le Rouge et le Noir (Stendhal : ambition et chute), Illusions perdues (Balzac).
- Conclusion possible : on ne peut pas dire que Raphaël n'est pas responsable : il est en partie victime, mais il est surtout l'acteur d'un désir qu'il pourrait maîtriser ; le roman montre que le destin est fait de la rencontre entre les circonstances et la volonté.
RéponseI. Des forces qui paraissent s'imposer à lui ; II. Des choix pour lesquels il est responsable ; III. Une responsabilité universelle : la loi du désir.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec le numéro de chapitre de votre édition).
B3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Dans La Peau de chagrin (1831), Balzac raconte l'histoire de Raphaël de Valentin, jeune homme ruiné qui reçoit un talisman exauçant ses vœux mais abrégeant sa vie. Le roman, que Balzac range parmi les Études philosophiques, pose la question de la liberté face à un destin apparemment imposé. Peut-on dire que Raphaël n'est pas responsable de son destin ? On verra d'abord que des forces extérieures paraissent le conduire, puis que ses choix le rendent responsable, enfin que la peau symbolise une loi générale du désir qui engage chacun. »
- Rédaction possible de conclusion : « Raphaël n'est pas totalement irresponsable : le talisman et la société pèsent sur lui, mais il choisit sciemment ses désirs. Le roman fait de son destin le résultat de l'énergie vitale dépensée par le désir : c'est pourquoi la peau est une allégorie de la condition humaine. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 4 : Dissertation : Colette, « Il faut voir et non inventer »20 points
Œuvre : Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne ; parcours : la célébration du monde. Sujet : « Il faut voir et non inventer », dit Colette. Cette phrase éclaire-t-elle votre lecture de Sido et des Vrilles de la vigne ?
C1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « voir » (percevoir par les sens, observer attentivement), « inventer » (créer, imaginer, ajouter ce qui n'est pas), « il faut » (principe de méthode ou d'éthique d'écriture). La phrase pose un principe d'esthétique : la littérature doit s'appuyer sur l'observation du réel.
- Dans les deux œuvres : Sido est un récit de souvenirs autour de la mère et de la nature (observation, sens, mémoire), tandis que Les Vrilles de la vigne, recueil plus ancien, mêle poèmes en prose, dialogues, évocations d'animaux, souffrance amoureuse et écriture plus stylisée. La phrase éclaire-t-elle les deux ?
- Problématique : l'écriture de Colette est-elle une écriture de la perception fidèle du monde, ou la transformation (par la mémoire, la métaphore, la fiction) du réel par le regard de l'artiste ?
RéponseLa phrase pose un principe d'observation. Problématique : dans quelle mesure l'œuvre de Colette est-elle fidèle au réel qu'elle regarde, et comment l'écriture transforme-t-elle pourtant ce regard ?
C2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Voir : une écriture fondée sur l'attention sensible au monde : Sido enseigne à voir (la mère, observatrice du jardin, des saisons, des animaux, des fleurs), les cinq sens sont mobilisés (odeur, goût, toucher, vue, ouïe), les descriptions précises de plantes, animaux, objets. Le parcours « célébration du monde » : la nature est célébrée par la précision. Dans Les Vrilles de la vigne, les animaux (chiens, chats) et le jardin offrent une même attention au concret.
- II. Mais voir n'est pas copier : la mémoire reconstruit (Sido est un souvenir tardif, les images sont choisies et composées) ; l'écriture transforme par les comparaisons, les métaphores et le style (sensualité, humour, personnification) ; Colette dit parfois sa propre manière : elle crée des portraits (la mère « Sido », le Capitaine) qui sont aussi des figures littéraires. Dans Les Vrilles de la vigne, la voix lyrique et allégorique est plus créée que seulement observée (le texte « Nuit blanche », le récit de l'amour et du désir).
- III. L'invention est au service du voir : le principe ne s'oppose pas à la création, mais à la fantaisie gratuite. Le geste de Colette est de « voir » pour mieux dire, de transformer la perception en écriture exacte. La célébration du monde passe par un regard qui rend les choses présentes : l'œuvre n'invente pas autre chose que ce que le monde donne, mais le fait exister par les mots.
- Culture personnelle possible : Flaubert (le mot juste, observation du réel), Ponge (le parti pris des choses), Proust (le souvenir sensoriel), Rousseau (rêveries).
- Conclusion possible : la phrase éclaire l'attitude de Colette devant le monde, mais l'œuvre montre que voir est déjà une manière d'écrire : l'observation est transformée par la mémoire et le style.
RéponseI. Voir : une attention sensible au monde ; II. Voir n'est pas copier : mémoire et style ; III. L'invention au service du regard.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un texte précis de l'œuvre (titre et citation courte de votre édition).
C3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Colette est souvent présentée comme l'écrivaine des sensations : dans Sido et dans Les Vrilles de la vigne, elle célèbre la nature, les animaux, le jardin et la mémoire d'une mère attentive. « Il faut voir et non inventer », dit-elle : cette phrase pose un principe d'écriture fondé sur l'observation. Éclaire-t-elle vraiment sa manière d'écrire ? On verra d'abord que l'œuvre repose sur une attention sensible au monde, puis que voir n'est pas copier, car la mémoire et le style transforment le réel, enfin que l'invention est mise au service du regard. »
- Rédaction possible de conclusion : « La phrase de Colette éclaire une éthique de l'attention qui anime ses textes. Mais la célébration du monde passe par un regard qui compose et transforme : voir, pour Colette, c'est déjà écrire. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
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