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Bac 2025

Français – Amérique du Sud 2025 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : commentaire ou une dissertation sur trois, 20 points

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Commentaire : Barjavel, Tarendol (1946), « Une nuit de printemps »20 points

Début du roman Tarendol de René Barjavel : en 1914-1918, un soldat rentre chez lui, de nuit, sous la pluie, dans son hameau de Courtaizeau. Il ne peut pas appeler sa femme et s'endort dans l'étable. Le sujet donne des notes sur « hameau », « marne » et « musette ».

C1Lire le texte : situation, mouvement, point de vue et problématique.Touche pour voir la correction

À retenir On identifie qui voit (focalisation), le temps, le lieu, l'événement central et la tension du texte.

Démarche
  1. Situation : André Tarendol, soldat, revient de la guerre après avoir marché dans « les champs éventrés », « les routes rompues ». Il arrive de nuit dans son hameau.
  2. Mouvement : (1) l'arrivée, avec le résumé de la marche et l'entrée dans le hameau ; (2) le chien qui aboie, la chute dans la boue, la maison où Françoise dort ; (3) l'impuissance : il ne peut pas crier, entre dans l'étable et s'endort ; (4) Françoise le trouve endormi dans la litière.
  3. Point de vue : focalisation interne sur André (ses sensations, sa fatigue, son hâte et sa peur). Ce que pense Françoise est donné sous forme de suppositions de sa part, marquées par la modalisation (« Elle devait rêver à lui. Elle l'imaginait très loin. »).
  4. Problématique possible : comment ce retour de guerre, attendu comme une joie, devient-il un moment de solitude et d'incommunicabilité ?

RéponseUn retour qui devrait être une joie est vécu dans l'épuisement et l'angoisse : le texte met en scène la fracture entre le soldat et le monde des vivants.

Vérification Le sujet précise que le soldat est parti « en août 1914 » : le texte lui-même ne nomme pas la durée de l'absence.

C2Proposer un plan détaillé en trois axes.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de commentaire suit une progression : description de la situation, puis analyse de sa signification, puis portée générale.

Démarche
  1. Axe I : un retour dans une nature hostile et marqué par la guerre (nuit, pluie, boue, épuisement physique).
  2. Axe II : l'attente trompée : l'image de la joie du retour se brise, la porte reste fermée et la parole est impossible.
  3. Axe III : la fracture entre ceux qui ont vécu la guerre et les autres : « Qui peut connaître la vérité de la guerre, de ceux qui ne l'ont pas subie ? ».

RéponseI. Un retour hostile, hanté par la guerre ; II. Une joie attendue mais impossible ; III. Une fracture entre le combattant et le monde des vivants.

C3Axe I : comment le texte fait-il sentir l'hostilité du monde et la trace de la guerre ?Touche pour voir la correction

À retenir Les éléments (pluie, nuit, boue) deviennent des symboles de l'état d'âme.

Démarche
  1. Énumération et répétitions : « dans la nuit, la pluie, la boue et le vent » (quatre éléments, avec polysyndète finale). La reprise (« Sous la pluie, dans la nuit et le vent ») donne un effet de martèlement, comme la marche du soldat.
  2. Phrases nominales et accumulation : « La fin du voyage, après tant de pas dans les champs éventrés, sur les routes rompues, après tant d'étapes parmi les obus... ». L'absence de verbe suspend le temps ; l'accumulation reconstruit la mémoire de la guerre.
  3. Antithèse des vivants et des morts : « les vivants qui suaient, les morts qui puaient, les blessés hurlants ». Le parallélisme des relatives ancre la guerre dans le corps (sueur, puanteur, cris).
  4. Corps épuisé : « Des fils d'eau coulaient des manches de sa capote », « Le poids de la nuit et des souvenirs pliait ses épaules », « Il tomba, le visage dans la terre, se releva, tomba de nouveau ». La gradation tomba / se releva / tomba de nouveau fait de la fin du voyage une dernière épreuve.
  5. Le monde du hameau : « les chiens savent que tout repose dans les maisons fermées » ; ils signalent « le pas insolite » du soldat : le hameau dort, et André est perçu comme un intrus, étranger à ce monde.

RéponseLa nuit, la pluie et la boue prolongent la guerre dans le paysage du retour ; l'épuisement et les chutes d'André montrent un homme encore pris dans la souffrance.

C4Axe II : comment l'attente de la joie est-elle déçue ?Touche pour voir la correction

À retenir On repère les décalages entre ce qui est attendu (imaginé) et ce qui se produit.

Démarche
  1. Le début annonce une émotion : « Il avait hâte et peur d'arriver ». Le mélange hâte / peur contient déjà l'ambiguïté.
  2. Le retour imaginé : « Il ouvrit les bras, il essaya de rappeler à lui l'image de la joie du retour, il respira pour crier le nom de Françoise. Qu'elle accoure, qu'elle vienne se jeter dans ses bras. » La phrase en discours indirect libre (« Qu'elle accoure... ») donne le rêve, aussitôt brisé par « Mais il ne put pas crier ».
  3. La porte comme frontière : « la porte restait fermée entre les vivants et lui ». André se place du côté des morts, de la guerre, hors de la maison chaude.
  4. Contraste chaud / froid, intérieur / extérieur : « solide contre le vent et la nuit, dans la pièce chaude [...] éclairée par les dernières braises du feu » (la maison rêvée) / l'étable où il se courbe, « chaleur de l'étable » mais parmi la chèvre et les lapins.
  5. Dénouement : « Françoise, brusquement éveillée par l'angoisse, une lampe-tempête à la main, le trouva endormi. L'eau qui s'égouttait de lui dans la litière fumait. » Les retrouvailles se font sans parole, par l'angoisse de la femme, et l'image du soldat fumant dans la litière a quelque chose de bestial.

RéponseLe texte met en scène le retour comme un échec de la joie : André ne peut ni crier ni entrer, et les retrouvailles passent par le silence et l'angoisse.

Piège Ne pas affirmer qu'André craint Françoise : le texte dit qu'il est empêché (« il ne put pas crier »), pas qu'il la fuit.

C5Axe III : que dit le texte du fossé entre les soldats et ceux qui sont restés ?Touche pour voir la correction

À retenir La portée du texte : le roman parle de la guerre à ceux qui ne l'ont pas vécue.

Démarche
  1. La question finale du paragraphe : « Qui peut connaître la vérité de la guerre, de ceux qui ne l'ont pas subie ? » Question rhétorique, qu'on peut rattacher à la pensée d'André autant qu'au narrateur : elle exprime l'incompréhension entre les deux mondes.
  2. Les images différentes de la guerre : pour Françoise, il « montait à l'assaut dans le soleil et la gloire des clairons » et elle est « fière de lui, de sa médaille » ; pour André, la guerre est faite de « chemins de feu, de poussière et de boue ». L'imaginaire héroïque s'oppose à l'expérience brute.
  3. La modalisation : « devait rêver », « l'imaginait », « avait dû » : tout ce qui concerne Françoise est supposé, vu de l'extérieur. Le texte montre l'impossibilité de partager vraiment l'expérience.
  4. Le silence : le héros ne parle pas, les chiens et les animaux parlent à sa place (aboiement, bêlement). La rencontre finale se fait sans mot.
  5. Portée : ce début de roman est un récit de retour de guerre qui rejoint la littérature sur la Grande Guerre et pose le thème de l'incommunicabilité de l'expérience du front.

RéponseLe texte affirme l'incommunicabilité de la guerre : l'héroïsme imaginé par l'arrière ne correspond pas à l'expérience du soldat, qui ne trouve plus ses mots.

C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, auteur et œuvre, situation, problématique, plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « La Première Guerre mondiale a profondément marqué la littérature : de nombreux romans racontent le départ, la vie au front ou le retour des soldats. Dans Tarendol, publié en 1946, René Barjavel, plus connu pour ses romans d'anticipation, choisit de raconter le retour d'un soldat dans son hameau. Au début du roman, André Tarendol arrive de nuit chez lui et retrouve la maison où sa femme, Françoise, dort. On peut se demander comment cette scène de retour, attendue comme une joie, devient une expérience de solitude et d'incommunicabilité. Nous étudierons d'abord un retour marqué par la nature hostile et le souvenir de la guerre, puis la joie attendue mais impossible, enfin la fracture entre le combattant et ceux qui n'ont pas vécu la guerre. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus (à adapter).

Vérification Barjavel (1911-1985) est aussi l'auteur de Ravage (1943) et de La Nuit des temps (1968) : ces romans peuvent servir de repères pour l'ouverture.

C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : réponse à la problématique puis ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Ce début de roman transforme un retour de guerre attendu en scène de solitude : la nature hostile prolonge la guerre, la porte fermée symbolise la distance entre les vivants et le soldat, et la question finale sur la « vérité de la guerre » donne à l'épisode une portée générale. On peut rapprocher cette scène d'autres textes sur le retour du soldat, comme ceux qui montrent la difficulté de communiquer l'expérience du front. »

RéponseConclusion rédigée ci-dessus.

Exercice 2 : Dissertation : Le Menteur, les mensonges n'ont-ils pour effet que le rire ?20 points

Œuvre : Corneille, Le Menteur (1644) ; parcours : mensonge et comédie. Sujet : « Selon vous, dans la pièce de Corneille, Le Menteur, les mensonges n'ont-ils pour effet que le rire ? »

A1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « mensonges » (au pluriel : une série d'inventions de Dorante), « effet » (conséquence sur les personnages et sur le spectateur), « que le rire » : restriction à examiner. La question appelle une réponse nuancée : le rire est un effet, mais est-il le seul ?
  2. Le Menteur est une comédie : ses mensonges produisent des quiproquos, des situations ridicules et du plaisir de la parole. Mais ils ont aussi des effets sur l'intrigue (quiproquo des noms, rivalité d'Alcippe), sur les rapports sociaux (le père, la jeune fille) et sur le sens (éloge de l'invention, critique de la tromperie).
  3. Problématique : les mensonges de Dorante sont-ils seulement un ressort comique, ou ont-ils aussi des effets dramatiques, sociaux et moraux qui dépassent le rire ?

RéponseLe sujet demande si le rire est l'unique effet des mensonges. Problématique : quels effets (comiques, dramatiques, moraux) les mensonges produisent-ils dans la pièce ?

A2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Le rire : le mensonge est un ressort comique. Dorante invente avec aisance (récits de guerre, récit de la fête sur l'eau, mariage supposé) : le spectateur rit du décalage entre le discours brillant et le réel, des quiproquos (confusion des noms de Clarice et de Lucrèce), des mensonges en cascade (mensonge sur mensonge pour couvrir le précédent) et des réactions de Cliton, le valet, qui commente. Le plaisir théâtral vient de l'adresse du menteur et de la complicité du public.
  2. II. Mais le mensonge a des effets qui dépassent le rire : il fait avancer l'intrigue (retards, malentendus, rivalité avec Alcippe, mariage manqué) ; il provoque des tensions : humiliation devant le père Géronte, colère des amoureux, menace de duel ; il montre la fragilité de la parole sociale (la confiance, l'honneur du gentilhomme). Il révèle un caractère : Dorante est un jeune provincial qui veut paraître à Paris.
  3. III. La portée morale et dramatique : le mensonge est puni (Dorante perd Clarice, qu'il aime, et doit finalement épouser Lucrèce) mais la pièce ne le condamne pas pour autant : l'invention brillante reste admirée. Corneille réfléchit sur l'invention : le mensonge est une forme de création, parente du théâtre (l'acteur, l'auteur d'histoires). La pièce oscille entre la farce et la leçon, entre la satire d'un défaut et l'admiration d'une imagination brillante.
  4. Culture personnelle possible : Molière (Tartuffe, Dom Juan : l'hypocrisie ; L'Avare), Marivaux (Les Fausses Confidences : tromperie amoureuse), Alarcón (La verdad sospechosa, source de la pièce) ; Pinocchio comme image du menteur.
  5. Conclusion possible : le rire est l'effet le plus immédiat, mais il n'est pas le seul : les mensonges font l'intrigue, révèlent un caractère et interrogent la parole.

RéponseI. Le rire : un mensonge comique ; II. Les effets dramatiques et sociaux ; III. Une portée morale et théâtrale : création et punition.

Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec l'acte et la scène de votre édition).

A3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Comédie créée en 1644, Le Menteur de Corneille met en scène Dorante, jeune homme qui invente sans cesse des histoires pour séduire et briller à Paris. Ses mensonges font rire le spectateur, mais ont-ils pour seul effet le rire ? On verra d'abord que le mensonge est un ressort comique, puis qu'il produit des effets dramatiques et sociaux, enfin qu'il pose une question morale et théâtrale sur la création et la tromperie. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « Dans Le Menteur, le mensonge fait rire, mais il fait aussi l'intrigue, révèle un caractère et interroge la confiance. Corneille donne ainsi à la comédie une profondeur morale sans renoncer au plaisir. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 3 : Dissertation : On ne badine pas avec l'amour, tout est-il déjà joué ?20 points

Œuvre : Musset, On ne badine pas avec l'amour (1834) ; parcours : les jeux du cœur et de la parole. Sujet : « Selon vous, tout est-il déjà joué quand commence On ne badine pas avec l'amour ? »

B1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « joué » joue sur deux sens : le jeu de l'amour (stratégies de séduction) et le jeu théâtral ou le destin (« les dés sont jetés »). « Tout est-il déjà joué » : le dénouement est-il décidé dès le début, que ce soit par un projet des adultes (mariage prévu entre cousins), par les caractères ou par la fatalité ?
  2. Dans la pièce, le baron veut marier Perdican et Camille, qui reviennent chez lui ; les caractères sont posés (Camille sortie du couvent, Perdican sentimental). Mais les événements montrent des retournements, des jeux de séduction et un dénouement tragique.
  3. Problématique : la pièce est-elle prédéterminée par les plans des adultes, les caractères et la fatalité, ou naît-elle de jeux de langage et d'actes imprévisibles qui font de l'amour un enjeu ouvert ?

RéponseLe sujet joue sur le mot « joué » : prédestiné ou ouvert ? Problématique : qu'est-ce qui est déjà décidé au début de la pièce, et qu'est-ce qui se joue réellement ?

B2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Oui, beaucoup paraît déjà joué : le mariage est un projet des adultes (le baron, ses plans, ses précepteurs, la mauvaise éducation des jeunes gens) ; le titre-proverbe annonce un danger (« on ne badine pas ») ; les caractères sont dessinés d'emblée (Camille marquée par le couvent, Perdican par le monde) ; le chœur ouvre la pièce et commente (le destin du village). Le spectateur pressent la fin tragique.
  2. II. Mais tout se rejoue dans les scènes : Camille et Perdican improvisent, se découvrent, se piquent et se défient ; les paroles (aveux, refus, ruses) modifient le cours des choses (scène des aveux manqués, jeu avec Rosette, scène de l'oratoire). Les personnages ne se connaissent pas bien et se transforment ; l'orgueil et la peur de souffrir rejouent à chaque scène l'issue possible ; la comédie bascule en drame par un acte imprévisible (le jeu avec Rosette).
  3. III. Le jeu comme thème : l'amour est un jeu avec des règles (séduction, défi), mais un jeu où l'on peut perdre ; le dénouement (mort de Rosette, séparation des amants) montre le prix d'un jeu mal mesuré : on ne badine pas. La pièce interroge l'idée de destin et de liberté : les personnages sont responsables de ce qu'ils jouent. Le théâtre lui-même est un jeu où l'issue est écrite par l'auteur mais où l'interprétation se joue chaque soir.
  4. Culture personnelle possible : Marivaux (Le Jeu de l'amour et du hasard), Shakespeare (Roméo et Juliette), Racine (la fatalité de la passion), Beaumarchais.
  5. Conclusion possible : le cadre est posé dès le début (projets, caractères, proverbe), mais l'essentiel se joue dans les paroles et les actes ; c'est ce qui fait de la pièce un drame et non une simple comédie.

RéponseI. Un cadre qui paraît déjà fixé ; II. Mais tout se joue dans les scènes et les paroles ; III. Le jeu de l'amour et ses dangers.

Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec l'acte et la scène de votre édition).

B3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Publiée en 1834, On ne badine pas avec l'amour de Musset commence par un projet : le baron veut marier son fils Perdican et sa nièce Camille. Mais tout est-il déjà joué quand la pièce commence ? On verra d'abord que le cadre est fixé par les projets, les caractères et le titre, puis que l'essentiel se joue dans les paroles et les actes, enfin que le jeu de l'amour est un jeu dangereux. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « Au début de la pièce, beaucoup est posé : projet, caractères, proverbe. Mais l'action naît des paroles et des choix des personnages. Musset montre ainsi que l'amour est un jeu où l'on peut tout perdre. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 4 : Dissertation : Pour un oui ou pour un non, « un combat sans merci, une lutte à mort »20 points

Œuvre : Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non (1982) ; parcours : théâtre et dispute. Sujet : « C'est un combat sans merci. Une lutte à mort. », affirme l'un des protagonistes. Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ?

C1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « combat sans merci » et « lutte à mort » : métaphores guerrières, hyperboles. Le « protagoniste » qui parle (un des deux hommes, H.1 ou H.2) décrit la dispute comme un affrontement sans pitié.
  2. La pièce est une conversation entre deux amis de longue date qui s'affrontent à cause d'un ton, d'une intonation (« C'est bien, ça... » dit avec une certaine inflexion). Le sujet est minuscule, l'enjeu est la relation entière.
  3. Problématique : la dispute est-elle réellement une lutte à mort entre deux êtres, ou une comédie de la parole et de la sensibilité qui garde la possibilité d'une réconciliation ?

RéponseLa citation exprime l'enjeu vital de la dispute. Problématique : dans quelle mesure la pièce justifie-t-elle cette image de combat à mort, et qu'est-ce qu'elle laisse de côté ?

C2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. La dispute est un combat : lexique de la guerre et de la mort (attaque, défense, victoire, défaite) ; jeu de questions, accusations, contre-accusations ; H.3, appelé comme arbitre, qui doit trancher comme un juge ; les interlocuteurs veulent « gagner » ; le rythme est fait de ruptures, silences, reprises ; l'enjeu : l'existence de l'amitié et l'image que chacun a de soi.
  2. II. Un combat singulier : les armes sont des mots minuscules (un ton, un silence, une intonation) ; l'agressivité est mêlée à l'attachement ; les personnages utilisent l'humour, l'ironie ; la violence est symbolique, jamais physique ; la pièce montre les tropismes (mouvements intérieurs invisibles que les paroles révèlent) : l'attaque porte sur ce qui échappe aux mots.
  3. III. Mais « à mort » ? La mort reste symbolique : la lutte est verbale, sans violence physique ; l'issue de la pièce est à interpréter avec précision d'après votre édition (rupture ou réconciliation fragile) ; l'humour et le théâtre dédramatisent la violence ; la dispute est aussi une façon de se dire, de se connaître. La pièce interroge la parole, dont les nuances peuvent blesser et lier. Le combat est donc à la fois sans merci et révélateur.
  4. Culture personnelle possible : Beckett (En attendant Godot : le dialogue de deux amis), Ionesco (La Cantatrice chauve : la parole vide), Yasmina Reza (Le Dieu du carnage, Art : dispute entre amis), Strindberg (Danse de mort).
  5. Conclusion possible : la formule éclaire l'intensité de la dispute, mais la pièce est plus nuancée : un combat sans merci à propos de presque rien, qui dit la fragilité des relations.

RéponseI. Une dispute qui prend la forme d'un combat ; II. Un combat singulier : des armes minuscules, des tropismes ; III. Un combat qui n'est pas une mort : issue ambiguë et dimension théâtrale.

Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec l'acte et la scène de votre édition).

C3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Dans Pour un oui ou pour un non (1982), Nathalie Sarraute met en scène deux amis qui se disputent à propos d'une simple intonation. L'un des protagonistes affirme : « C'est un combat sans merci. Une lutte à mort. » Cette citation éclaire-t-elle la pièce ? On verra d'abord que la dispute prend la forme d'un combat, puis que ce combat est singulier par ses armes, enfin que l'issue ambiguë en nuance la violence. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La formule dit la violence de la dispute, mais Sarraute montre un combat à propos de presque rien, qui révèle la fragilité du lien. Le théâtre fait de cette lutte un jeu de langage où la mort reste symbolique. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

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