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Bac 2025

Français (voie générale) – Métropole, remplacement, septembre 2025 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français · 4 h · coefficient 5 · commentaire ou dissertation (20 points)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Commentaire : Simone de Beauvoir, Tous les hommes sont mortels (1946)20 points

Objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Le narrateur, devenu immortel, marche une nuit de lune avant un duel sans enjeu pour lui. Le texte compte 32 lignes numérotées. Il suffit de traiter ce sujet OU l'une des dissertations.

C1Lire le texte : quels sont ses trois mouvements et que dit chacun du narrateur ?Touche pour voir la correction

À retenir Avant de commenter, on repère le découpage du texte, la situation d'énonciation (narrateur-personnage, 1re personne, passé simple et imparfait) et le thème central.

Démarche
  1. Situation : Fosca, immortel depuis le XIIIe siècle, est provoqué en duel par Richet au XVIIIe siècle ; il passe la nuit à marcher avant le duel. Récit rétrospectif à la première personne.
  2. Premier mouvement (ll. 1 à 16) : la promenade nocturne, le quai du fleuve, la cathédrale et la lune ; le héros se sent étranger à tout (« Nulle part je n'étais chez moi »).
  3. Deuxième mouvement (ll. 17 à 25) : le héros imagine la nuit de Richet, mortel, puis oppose la sienne : « Il ne m'arriverait rien ; ce duel était un faux semblant ».
  4. Troisième mouvement (ll. 26 à 32) : à l'aube, sur le talus, bilan amer : « C'était un être pitoyable », « Qui pouvait être plus à plaindre que moi ? ».

RéponseTrois mouvements : la solitude du promeneur (ll. 1-16), l'envie ironique de la mortalité (ll. 17-25), le constat de vide et de pitié de soi (ll. 26-32).

Piège Ne pas résumer : un commentaire part d'une lecture interprétative (que révèle ce texte de la condition de l'immortel ?).

C2Quels procédés d'écriture, avec citations, montrent (I) un homme étranger au monde, (II) une immortalité vécue comme un malheur, (III) un vide moral ?Touche pour voir la correction

À retenir Chaque axe s'appuie sur des citations courtes, un procédé nommé et son effet.

Démarche
  1. Axe I, l'étrangeté au monde. Négation et anaphore du refus : « Nulle part je n'étais chez moi, la maison que j'habitais n'avait jamais été une maison : un campement ; ce siècle n'était pas mon siècle, et cette vie […] n'était pas ma vie » (négations répétées, rythme de l'accumulation, deux-points explicatif). Le monde est figé et glacé : « le fleuve coulait froid et noir », « l'église se dressait, rigide dans la lumière morte, seule et inhumaine comme moi » (comparaison finale, la cathédrale est son double).
  2. Axe I (suite). La lune est personnifiée et hostile : « la lune détestée qui m'accompagnait depuis cinq cents ans, glaçant toutes choses de son regard glacé » (répétition de « glacé » à deux mots d'écart, symbole du temps qui ne passe pas pour lui).
  3. Axe II, l'immortalité comme malédiction. L'irréel du passé, avec le subjonctif plus-que-parfait « si j'eusse été mortel, mon cœur aurait battu, cette nuit eût été sans pareille » : le mortel vit intensément parce qu'il peut perdre ; la mort devient désirable (« la mort qui me faisait signe »).
  4. Axe II (suite). Contraste entre la pensée de Richet (« Je les vois pour la dernière fois ») et la monotonie de Fosca : « sans aventure, sans joie, sans souffrance » (triple « sans », asyndète) ; « Une seule nuit, un seul jour, se répétant pendant l'éternité » (phrase brève, répétition, hyperbole). Le futur du passé « tous ces hommes […] allaient mourir, et nous demeurerions debout » installe sa survie comme condamnation.
  5. Axe III, le vide moral. Bilan en gradation : « Des villes avaient flambé, des armées s'étaient entre-tuées, un empire était né et s'était écroulé entre mes mains » (énumération épique, métaphore) puis chute : « Et j'étais là, vide, stupide » (adjectifs brefs en contraste avec l'ampleur historique). Le meurtre à venir est « absurde » et sans risque, fait « pour m'occuper » : le thème de l'absurde est existentialiste.
  6. Le cri final est une question rhétorique : « Qui pouvait être plus à plaindre que moi ? ». Elle reprend le « Je vous plains » de Marianne de Sinclair : le héros reconnaît que « elle avait raison ».

RéponseLes procédés convergent : négations et comparaisons pour l'étrangeté, irréel du passé et répétitions pour la malédiction de l'éternité, gradation et question rhétorique pour le vide.

Vérification Les citations sont tirées du texte imprimé ; vérifier la graphie « eusse » (subjonctif plus-que-parfait), à la ligne 20.

C3Formuler une problématique, annoncer un plan en trois parties, puis rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction en quatre temps : amorce, présentation du texte et de la situation, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Problématique possible : comment cette promenade nocturne transforme-t-elle l'immortalité en expérience de dépossession et de vide plutôt qu'en privilège ?
  2. Plan : I. Un promeneur étranger au monde (ll. 1-16) ; II. L'immortalité, un temps sans enjeu (ll. 17-25) ; III. Le vide et la pitié de soi (ll. 26-32).
  3. Rédaction possible : « Publié en 1946, au lendemain de la guerre, Tous les hommes sont mortels de Simone de Beauvoir imagine Fosca, un prince italien né en 1279 que l'élixir d'immortalité condamne à traverser les siècles. Dans cet extrait, situé au XVIIIe siècle, le narrateur vient d'offenser Marianne de Sinclair et marche toute une nuit avant un duel avec Richet. Le roman pose ici une question existentialiste : que vaut une vie qui ne peut pas finir ? Comment cette promenade nocturne fait-elle de l'immortalité une expérience de dépossession et de vide plutôt qu'un privilège ? Nous verrons d'abord un promeneur étranger au monde, puis un temps sans enjeu qui rend le duel dérisoire, enfin le constat d'un vide moral et d'une pitié de soi. »

RéponseUne introduction complète de 6 à 10 lignes avec problématique et plan annoncé.

Piège Ne pas annoncer la problématique par une question trop vague (« en quoi ce texte est-il intéressant ? »).

C4Rédiger la conclusion et proposer une ouverture.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : bilan en réponse à la problématique, puis ouverture vers une œuvre ou une idée proche.

Démarche
  1. Bilan : le texte montre un immortel dépossédé de son siècle, de son désir et de sa morale ; la lune et la cathédrale, éternelles, lui renvoient son propre exil.
  2. Rédaction possible : « Cet extrait montre donc que l'immortalité n'est pas un surcroît de vie mais une privation : le monde n'est plus habité, la nuit devient une répétition et le meurtre, un geste sans valeur. Beauvoir fait ainsi de la mort la condition du sens, selon une pensée existentialiste qui lie le prix des actes à leur finitude. On peut rapprocher cette page du motif de l'homme sans mort chez Borges (« L'Immortel »), qui y voit lui aussi une absurdité. »

RéponseRéponse à la problématique : l'immortalité est vécue comme une perte de sens.

Vérification L'ouverture à Borges est une piste culturelle (la nouvelle « L'Immortel » existe dans L'Aleph) ; on peut la remplacer par une œuvre étudiée en classe.

Exercice 2 : Dissertation : la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle20 points

Trois sujets au choix (Rabelais, La Bruyère, Olympe de Gouges). Pour chacun : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée. Les références renvoient aux œuvres au programme ; à compléter avec le parcours étudié en classe.

DA1Sujet A (Rabelais, Gargantua, parcours « rire et savoir ») : « Selon vous, à quoi tient la joie de lire Gargantua ? » Analyser le sujet, proposer une problématique et un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Un sujet en « à quoi tient » demande d'expliquer les causes d'un plaisir de lecture : on identifie plusieurs sources de joie et on les hiérarchise.

Démarche
  1. Termes : « joie de lire » = plaisir intense, intellectuel et sensible ; « tient » = les causes. Il faut distinguer la joie du rire de celle du savoir et de la liberté.
  2. Problématique : la joie de lire Gargantua vient-elle seulement du rire excessif ou d'un plaisir plus profond qui lie rire, savoir et liberté ?
  3. I. Une joie du rire et du jeu : naissance de Gargantua par l'oreille (ch. 6), propos de beuveurs, torche-culs (ch. 13), jeux de Gargantua (ch. 22), énumérations, néologismes, outrances, dizain « Aux lecteurs » (« rire est le propre de l'homme »).
  4. II. Une joie de comprendre : le prologue invite à « rompre l'os » et à « sucer la substantifique moelle » ; plaisir d'interpréter les silènes ; critique de l'éducation sophistique (ch. 14-15) opposée à l'éducation humaniste de Ponocrates (ch. 23-24).
  5. III. Une joie de liberté et de complicité : satire des moines, de la guerre picrocholine, rôle de frère Jean (ch. 27), utopie de Thélème et sa devise « Fais ce que voudras » (ch. 52-58), adresse directe aux « buveurs » lecteurs. Nuance : la joie est aussi un combat.
  6. Culture personnelle : Montaigne, Molière, Voltaire (rire et critique).

RéponsePlan en trois parties : le rire, le savoir, la liberté ; la joie naît de leur alliance.

Vérification Vérifier les numéros de chapitres sur l'édition étudiée en classe (ils varient selon les éditions).

DA2Sujet A : rédiger l'introduction de la dissertation.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, présentation de l'œuvre, reformulation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Publié en 1534, Gargantua de François Rabelais mêle d'emblée gaieté populaire et érudition humaniste : le prologue lui-même propose au lecteur de rire d'une œuvre qui cache peut-être un sens plus haut. Cette ambivalence invite à se demander à quoi tient la joie de lire le roman : est-elle seulement le plaisir d'un rire sans retenue ou la rencontre d'un rire, d'un savoir et d'une liberté ? Nous examinerons d'abord la joie d'un rire généreux et débridé, puis la joie de comprendre et d'apprendre, enfin la joie d'une liberté partagée avec le lecteur. »

RéponseIntroduction rédigée avec problématique et plan annoncé.

Piège Ne pas écrire que Gargantua est « une œuvre comique » sans nuance : le sujet attend une analyse des sources du plaisir.

DB1Sujet B (La Bruyère, Les Caractères, livres V à X, parcours « la comédie sociale ») : « Rit-on toujours dans Les Caractères de La Bruyère ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir « Toujours » appelle une discussion : le rire est-il constant, ou y a-t-il aussi du sérieux, de l'amertume, de la gravité ?

Démarche
  1. Termes : « rit-on » (le lecteur, mais aussi le moraliste) ; « toujours » = permanence. Il faut examiner les formes du rire (comique, ironie, satire) et ses limites.
  2. Problématique : le rire est-il la tonalité constante des Caractères ou le moraliste le dépasse-t-il vers une critique plus grave de la société ?
  3. I. Oui, le rire est présent : portraits caricaturaux, comique de caractère, mise en scène des types (Arrias qui parle de tout avec assurance, V ; Giton et Phédon, VI) ; antithèses, hyperboles, ironie de la parodie.
  4. II. Un rire qui grince : satire de la cour, de la vanité, des courtisans (livre VIII, « De la cour ») ; le rire devient jaune, critique d'une comédie sociale où chacun joue un rôle.
  5. III. Le sérieux du moraliste : gravité de certains passages (la misère, la politique, livre X « Du souverain ou de la république ») ; le rire est un moyen de corriger et non une fin.
  6. Culture personnelle : Molière (la comédie qui « corrige les mœurs en riant », selon la formule latine « castigat ridendo mores »), La Fontaine, La Rochefoucauld.

RéponseOn rit souvent, pas toujours : le rire est un outil que le moraliste fait basculer vers la gravité.

Vérification Le portrait de Giton et Phédon est dans le livre VI (« Des biens de fortune ») et celui d'Arrias dans le livre V (« De la société et de la conversation ») ; vérifier les numéros de remarques.

DB2Sujet B : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec amorce, présentation, problématique, plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « En 1688, La Bruyère publie Les Caractères, qui prétendent peindre les mœurs de son temps à travers des remarques brèves, des portraits et des maximes. Ce livre, souvent comparé à une comédie sociale, mêle portraits vifs et réflexions plus graves. On peut alors se demander si l'on rit toujours dans Les Caractères ou si le rire cède parfois la place à un regard plus sombre. Nous verrons d'abord les ressorts du rire, puis ses limites amères, enfin la visée morale qui le dépasse. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas confondre rire et simple ironie : on distingue comique, satire, ironie, humour.

DC1Sujet C (Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, parcours « écrire et combattre pour l'égalité ») : « Olympe de Gouges ne fait-elle entendre que sa propre voix ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir « Ne… que » appelle une réponse nuancée : la voix de l'auteur est forte, mais elle en porte d'autres.

Démarche
  1. Termes : « sa propre voix » = parole personnelle de l'auteur ; la question suggère d'examiner les autres voix convoquées (femmes, hommes, reine, textes de 1789).
  2. Problématique : la Déclaration est-elle l'expression d'une conviction personnelle ou une parole polyphonique qui porte la voix des femmes et dialogue avec celle des hommes ?
  3. I. Une voix singulière : dédicace à la reine, interpellations (« Homme, es-tu capable d'être juste ? »), impératifs du postambule (« Femme, réveille-toi »), engagement du « je ».
  4. II. Des voix multiples : « les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation » ; réécriture de la Déclaration de 1789 qui fait parler les hommes à travers leur propre texte ; référence aux Lumières.
  5. III. Un dialogue : adresse aux hommes, à la reine et aux femmes ; Contrat social ; la voix de l'auteur se met au service d'une cause collective.
  6. Culture personnelle : Condorcet (Sur l'admission des femmes au droit de cité), Wollstonecraft, Voltaire.

RéponseNon, pas seulement : la voix d'Olympe de Gouges porte d'autres voix et en provoque d'autres.

Vérification Vérifier les citations sur l'édition étudiée (graphie et ponctuation).

DC2Sujet C : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « En 1791, Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration de 1789 mais pour réclamer l'égalité des femmes. Texte à la fois juridique, polémique et personnel, il donne la parole à celle qui l'écrit autant qu'à celles qu'elle veut représenter. On peut dès lors se demander si Olympe de Gouges ne fait entendre que sa propre voix ou si elle donne lieu à un concert de voix. Nous verrons d'abord la voix d'une femme engagée, puis les voix multiples qu'elle convoque, enfin le dialogue qu'elle cherche à ouvrir. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas raconter la biographie : n'utiliser que ce qui sert la problématique.

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