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Bac 2025
Français – Antilles-Guyane 2025 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : commentaire ou une dissertation sur trois, 20 points
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Jules Laforgue, « Spleen » (Premiers poèmes, 1880)20 points
Poème de quatorze alexandrins daté du 7 novembre 1880 : un jeune poète décrit une journée d'ennui, de la fenêtre à la nuit. La note du sujet précise que « spleen » désigne chez Baudelaire la mélancolie, l'ennui, une vague tristesse.
C1Lire le poème : forme, mouvement et problématique.Touche pour voir la correction
À retenir On identifie la forme (vers, strophes, rimes), le registre, le mouvement et le sens.
- Forme : quatorze alexandrins à rimes plates et embrassées : deux quatrains à rimes embrassées (ABBA ABBA : « rideau / pluie / suie / d'eau », « cerveau / ternie / calligraphie / nouveau »), puis un quatrain à rimes embrassées CDDC (« personne / toujours / lourds / passionne ») et un distique final à rimes plates (« dort / encor »). On peut parler de sonnet irrégulier : le nombre de vers est celui du sonnet, mais les deux tercets sont remplacés par un quatrain et un distique.
- Mouvement : (1) v. 1-7, l'ennui à la fenêtre, le regard sur la rue et le geste machinal sur la vitre ; (2) v. 8-11, la sortie (« Bah ! sortons ») et la promenade, jusqu'au soir ; (3) v. 12, le retour : repas, bâillement, lecture ; (4) v. 13-14, la nuit : l'insomnie.
- Registre : lyrique et mélancolique (spleen), nuancé d'ironie et de désinvolture (« Bah ! »).
- Problématique possible : comment Laforgue transforme-t-il l'ennui, thème baudelairien, en expérience quotidienne et ironique ?
RéponseLe poème raconte une journée d'ennui, de la fenêtre au lit : la forme (sonnet irrégulier, circularité) traduit l'impossibilité d'échapper à l'ennui.
Vérification Rimes relevées sur le texte : ABBA ABBA CDDC EE (deux quatrains, un troisième quatrain, puis un distique). Le sonnet régulier compte deux quatrains et deux tercets : on présente donc le poème comme un « sonnet irrégulier » ou une « forme proche du sonnet ».
C2Proposer un plan détaillé en trois axes.Touche pour voir la correction
À retenir On croise thème, procédés et ton.
- Axe I : un paysage de l'ennui : ciel gris, pluie, rue sale, vitre ternie (décor extérieur et intérieur).
- Axe II : un poète désœuvré : actions vaines (« calligraphie », promenade), énumération du quotidien, structure circulaire de la journée.
- Axe III : une mélancolie ironique : « Bah ! », ton familier, distance sur soi, héritage et subversion de Baudelaire.
RéponseI. Un paysage de pluie et de brume ; II. Un temps vide et circulaire ; III. Une mélancolie ironique et moderne.
C3Axe I : comment le paysage exprime-t-il l'ennui ?Touche pour voir la correction
À retenir On étudie le lexique, les sonorités et la symétrie haut/bas.
- Dès le premier vers : « Tout m'ennuie aujourd'hui » : le pronom « tout » ouvre sur une généralité et le verbe « ennuie » donne le thème du poème.
- Opposition haut / bas : « En haut ciel gris rayé d'une éternelle pluie, / En bas la rue où dans une brume de suie ». Le parallélisme « En haut... En bas » enferme le regard entre deux surfaces grises.
- Lexique du gris et du sale : « gris », « brume de suie », « flaques d'eau », « boue », « averse ». Le gaz de la ville (« le soir et le gaz ») évoque la ville moderne.
- Les « ombres » qui « vont, glissant » : humains réduits à des silhouettes, sans visages ; la rue est vue à travers une « vitre ternie ».
- Sonorités : allitération en [s] (« glissant parmi les flaques », « suie ») qui évoque la pluie.
RéponseLe paysage urbain (gris, pluie, boue) est un reflet de l'âme : la nature et la ville participent de l'ennui.
C4Axe II : comment l'écriture dit-elle le vide et la circularité du temps ?Touche pour voir la correction
À retenir On étudie les verbes, les rythmes, la ponctuation et la structure temporelle.
- Verbes d'action vaine : « Je regarde sans voir », « fouillant mon vieux cerveau », « machinalement [...] Je fais du bout du doigt de la calligraphie ». L'oxymore « regarde sans voir » et l'adverbe « machinalement » indiquent l'automatisme.
- La « calligraphie » sur la vitre : l'écriture du poète est réduite à un geste futile (mise en abyme ironique de la poésie).
- Énumération saccadée : « Pas de livres parus. Passants bêtes. Personne. / Des fiacres, de la boue, et l'averse toujours... ». Phrases nominales, ponctuation forte, points de suspension : le monde est réduit à un catalogue de manques et de choses banales.
- Polysyndète et gradation de l'ennui : « Je mange, et bâille, et lis, rien ne me passionne ». La répétition de « et » étire le temps et place le bâillement au milieu des actes.
- Progression horaire : matin, sortie, soir, « Minuit. Une heure. » Le temps avance mais rien ne change : le dernier vers « je m'ennuie encor » répond au premier (« Tout m'ennuie ») : circularité.
RéponseVerbes de vide, énumérations sèches et circularité (premier et dernier vers) font de la journée un temps sans événement.
C5Axe III : quel est le ton du poème et comment se situe-t-il par rapport à Baudelaire ?Touche pour voir la correction
À retenir On distingue le spleen lyrique et le spleen ironique.
- Interjection « Bah ! » (deux fois : « Bah ! sortons », « Bah ! Couchons-nous ») : ton familier et désinvolte, qui prend de la distance avec le pathos.
- Auto-ironie : « mon vieux cerveau » de la part d'un jeune poète, « Passants bêtes » : jugement sarcastique plutôt que plainte romantique.
- Le titre « Spleen » et la note renvoient à Baudelaire, mais le poème en déplace le ton : à la grandeur tragique des « Spleen » baudelairiens succède un ennui banal, domestique, urbain.
- Isolement : « Seul, je ne puis dormir » : le mot « Seul » placé en tête du dernier vers, après l'exclamation collective « chacun dort ! », dit la solitude ; la chute, courte (distique), referme le poème.
- Modernité : le quotidien (fiacres, gaz, livres parus) devient matière poétique, et le poète se montre sans héroïsme.
RéponseLaforgue reprend le spleen baudelairien mais le traite avec ironie et désinvolture, à hauteur de la vie quotidienne : c'est une poésie de l'ennui moderne.
C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, auteur et recueil, situation, problématique, plan.
- Modèle d'ouverture : « Après Baudelaire, la poésie française continue d'explorer le « spleen », cette mélancolie propre à la vie moderne. Jules Laforgue, jeune poète né en 1860, écrit dans ses Premiers poèmes le texte intitulé « Spleen », daté du 7 novembre 1880. Le poème décrit une journée d'ennui, de la fenêtre à la nuit sans sommeil. On peut se demander comment Laforgue transforme le spleen baudelairien en expérience quotidienne et ironique. Nous étudierons d'abord un paysage d'ennui, puis un temps vide et circulaire, enfin une mélancolie ironique et moderne. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.
Vérification La date de naissance de Laforgue (1860) vient de l'histoire littéraire ; le sujet ne la donne pas.
C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Conclusion : réponse et ouverture.
- Rédaction possible : « Ce poème montre comment Laforgue, héritier de Baudelaire, renouvelle le thème du spleen : le paysage urbain, la répétition du « tout m'ennuie » et du « je m'ennuie encor », et le ton familier du « Bah ! » font de l'ennui un tourment sans grandeur. On peut le rapprocher d'autres poèmes du XIXe siècle où le poète dit l'ennui ou la solitude, de Baudelaire à Verlaine. »
RéponseConclusion rédigée ci-dessus.
Exercice 2 : Dissertation : Manon Lescaut, « des êtres charmants qui dupent et qui détroussent »20 points
Œuvre : Abbé Prévost, Manon Lescaut ; parcours : personnages en marge, plaisirs du romanesque. Sujet : un critique a écrit : « Ce sont des êtres charmants qui dupent et qui détroussent. Qui ? Ma foi, je m'en moque. Et je m'embarque sur les mauvais chemins avec eux ». Dans quelle mesure ce propos éclaire-t-il votre lecture du roman ?
A1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « êtres charmants » (séduisants, attachants), « dupent et détroussent » (trompent, volent) : les héros sont des fripons aimables. « Je m'en moque » : le lecteur renonce à juger. « Je m'embarque sur les mauvais chemins avec eux » : le plaisir de lecture est un plaisir de complicité.
- Le propos décrit l'expérience d'un lecteur : la sympathie malgré la faute. Il faut examiner (1) si les héros sont bien charmants et fripons, (2) si le lecteur est vraiment indifférent à la morale, (3) si le roman ne propose pas aussi un jugement moral (Avis de l'auteur, regrets du narrateur).
- Problématique : le plaisir du roman tient-il à la complicité avec des personnages hors norme, ou le roman invite-t-il aussi à juger ces « mauvais chemins » ?
RéponseLe propos souligne le charme des héros et la complicité du lecteur ; il faut discuter l'indifférence morale supposée. Problématique : le roman invite-t-il seulement à suivre les marginaux, ou aussi à juger leurs fautes ?
A2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Un couple de marginaux charmants et fripons : Manon séduit par sa beauté, sa douceur apparente, son goût du plaisir ; Des Grieux, jeune noble prometteur, devient tricheur au jeu, voleur, complice ; ils dupent (G... M..., le jeune G... M..., M. de B...) et détroussent (vols de bijoux et d'argent, fuite). Ils vivent hors des règles : Hôpital général, Saint-Lazare, déportation, Louisiane.
- II. Le plaisir romanesque de la complicité : le récit est conduit par Des Grieux lui-même, qui plaide sa cause (récit rétrospectif devant l'homme de qualité) ; le lecteur est entraîné par le rythme des aventures, des ruses et des retournements ; la sympathie naît de la sincérité de l'amour et de la souffrance. Le « je m'en moque » traduit un effet de lecture réel, car la passion et le pathétique effacent le jugement.
- III. Mais le roman ne se limite pas à cette indulgence : l'Avis de l'auteur annonce une leçon morale (la passion conduit au malheur) ; Des Grieux reconnaît ses fautes, le récit finit en tragédie (mort de Manon) ; les figures fidèles (Tiberge) opposent une autre voie. Prévost joue sur l'ambiguïté : le lecteur est séduit mais invité à comprendre. Le parcours « personnages en marge » montre que la marginalité est à la fois fascinante et destructrice.
- Culture personnelle possible : Gil Blas de Santillane (le picaresque), Moll Flanders, Les Liaisons dangereuses (séduction et jugement), Don Juan.
- Conclusion possible : le propos éclaire l'effet de séduction du roman, mais il faut le nuancer : l'indulgence du lecteur est calculée par l'auteur, qui fait coexister charme et jugement moral.
RéponseI. Des fripons charmants hors des normes ; II. Le plaisir de la complicité avec le lecteur ; III. Une indulgence encadrée par le jugement moral.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec le numéro de chapitre de votre édition).
A3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Parmi les romans du XVIIIe siècle, Manon Lescaut (1731) de l'abbé Prévost occupe une place à part : son héros et son héroïne, voleurs et tricheurs, séduisent pourtant le lecteur. Un critique a écrit : « Ce sont des êtres charmants qui dupent et qui détroussent. Qui ? Ma foi, je m'en moque. Et je m'embarque sur les mauvais chemins avec eux ». On peut se demander dans quelle mesure cette remarque éclaire le roman, c'est-à-dire si le plaisir de lecture tient vraiment à la complicité avec les marginaux ou si le roman invite aussi à les juger. Nous verrons d'abord que les héros sont des fripons charmants, puis que le roman fait de la complicité un plaisir, enfin que cette indulgence est encadrée par le jugement moral. »
- Rédaction possible de conclusion : « Ce propos éclaire la séduction du roman : Prévost fait du lecteur le complice de marginaux charmants. Mais l'indulgence n'est pas totale : l'Avis de l'auteur, les regrets de Des Grieux et la fin tragique rappellent le prix des « mauvais chemins ». »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 3 : Dissertation : La Peau de chagrin, élan créateur ou désir destructeur ?20 points
Œuvre : Balzac, La Peau de chagrin ; parcours : les romans de l'énergie, création et destruction. Sujet : « Élan créateur, désir destructeur : quelle source d'énergie vous semble principalement à l'œuvre dans La Peau de chagrin ? »
B1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « élan créateur » (force qui produit, invente, construit : la volonté, le travail, l'amour, la création d'une œuvre), « désir destructeur » (force qui consume : la peau, les passions), « source d'énergie » (moteur du roman et de ses personnages), « principalement » : on doit hiérarchiser, non seulement opposer.
- Dans le roman, l'énergie est à la fois ce qui anime Raphaël (désirs, ambitions, projet de théorie) et ce qui le détruit (la peau se rétrécit à chaque souhait).
- Problématique : l'énergie vitale du roman est-elle d'abord créatrice, comme la capacité d'inventer et d'aimer, ou destructrice, comme le désir qui épuise le héros ?
RéponseLe sujet oppose création et destruction et demande de choisir une énergie dominante. Problématique : quelle force domine dans le roman, et comment les deux sont-elles liées ?
B2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Le désir destructeur domine : la peau fonctionne comme une allégorie ; chaque souhait réduit la peau et abrège la vie ; Raphaël s'épuise dans la débauche ; la société parisienne est un lieu de consommation et de ruine ; la fin du roman est la mort du héros. Les images d'énergie (feu, dévoration) décrivent la consomption.
- II. Pourtant l'élan créateur est présent : Raphaël a un projet de travail (sa théorie de la volonté), l'ambition de réussir par la pensée ; l'amour de Pauline est un amour qui donne ; l'écriture de Balzac, par son énergie descriptive et son souffle narratif, crée un monde (Paris, la boutique de l'antiquaire, le banquet) ; la narration elle-même est un acte de création. Les personnages « énergiques » (Rastignac) montrent une énergie vitale qui crée la réussite.
- III. La création et la destruction sont indissociables : l'énergie qui crée est celle qui consume. La peau montre que la vie est un capital : toute dépense, même créatrice, est une perte. Balzac, en romancier de l'énergie, dit que le désir est à la fois moteur de l'œuvre et cause de la chute. Le roman est donc le récit d'une énergie ambivalente : le désir destructeur l'emporte pour le héros, mais l'élan créateur domine la forme du roman.
- Culture personnelle possible : Le Père Goriot et Illusions perdues (Balzac, ambition), Moby Dick (obsession), Nietzsche (volonté de puissance).
- Conclusion possible : le désir destructeur est l'énergie principale pour Raphaël, mais il reste indissociable de l'élan créateur, qui anime le romancier et la dynamique du récit.
RéponseI. Le désir comme force destructrice ; II. Un élan créateur à l'œuvre malgré tout ; III. L'ambivalence de l'énergie : créer c'est consumer.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un passage précis de l'œuvre (citation courte, avec le numéro de chapitre de votre édition).
B3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Dans La Peau de chagrin (1831), Balzac met en scène une énergie à double visage : celle qui pousse Raphaël à désirer, à aimer, à penser, et celle qui le consume à mesure que la peau se rétrécit. Le sujet demande quelle source d'énergie, de l'élan créateur ou du désir destructeur, est principalement à l'œuvre. On verra d'abord que le désir destructeur domine le destin de Raphaël, puis qu'un élan créateur reste présent, enfin que ces deux forces sont indissociables. »
- Rédaction possible de conclusion : « Dans La Peau de chagrin, le désir destructeur l'emporte pour Raphaël, mais l'énergie qui le consume est la même que celle qui crée. Balzac fait ainsi du roman une réflexion sur la dépense vitale, au cœur des romans de l'énergie. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 4 : Dissertation : Colette, un rapport au monde par tous les sens20 points
Œuvre : Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne ; parcours : la célébration du monde. Sujet : le dernier époux de Colette évoque ainsi l'auteure : « Sa prise de contact avec les choses se faisait par tous les sens. Elle ne se contentait pas de les regarder, il fallait qu'elle les flairât, qu'elle les goûtât ». Dans quelle mesure ce rapport au monde de Colette se manifeste-t-il dans Sido et Les Vrilles de la vigne ?
C1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « prise de contact » (relation au monde), « tous les sens » (vue, ouïe, odorat, goût, toucher), « flairât », « goûtât » (imparfait du subjonctif : sensualité active). « Dans quelle mesure » : on attend une réponse nuancée avec limites.
- Le propos décrit une sensualité du regard : Colette ne se contente pas d'une vision à distance, elle s'approche des choses jusqu'au contact. Il faut éprouver cette idée dans les deux œuvres, en cherchant ses limites (par exemple dans la souffrance, la mémoire et l'imagination).
- Problématique : la relation sensuelle au monde est-elle le principe de toute l'écriture de Colette, ou est-elle complétée par d'autres rapports (mémoire, réflexion, souffrance) ?
RéponseLe propos fait de la sensualité le principe du rapport au monde. Problématique : dans quelle mesure cette sensualité explique-t-elle Sido et Les Vrilles de la vigne, et quelles autres dimensions le recueil ajoute-t-il ?
C2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Une écriture des cinq sens : dans Sido, l'odeur du jardin, les saveurs (fruits, cuisine), les couleurs, les sons (voix, animaux), le toucher des plantes ; Sido elle-même enseigne à sentir, à regarder, à écouter ; dans Les Vrilles de la vigne, la nature (jardin, saisons, animaux) est perçue dans sa matérialité. La description sensorielle est un style : métaphores gustatives, comparaisons avec des fruits, des fleurs, des matières.
- II. Un rapport au monde plus large que la sensation : la sensation conduit à la mémoire (Sido est un travail du souvenir : la mère, le jardin retrouvé) ; la sensation est liée à l'amour et au désir (dans Les Vrilles de la vigne, la sensualité amoureuse, la solitude, le manque) ; elle donne lieu à une réflexion sur la création (le rôle de l'écrivain, la liberté, la solitude). Le monde est aussi un lieu d'apprentissage moral (Sido incarne un rapport libre au monde).
- III. La célébration du monde : la prise de contact par les sens devient une éthique : accueillir ce que le monde offre, sans le déformer ; l'écriture prolonge le geste de goûter et de flairer par le choix des mots justes. Colette fait de la sensualité une connaissance. Limites : le monde peut aussi blesser (maladie, mort, abandon), et l'écriture sert alors à surmonter la perte.
- Culture personnelle possible : Proust (la madeleine, mémoire sensorielle), Baudelaire (correspondances), Giono (rapport sensuel à la nature), Ponge (le parti pris des choses).
- Conclusion possible : la sensualité décrite par le dernier époux se retrouve dans les deux œuvres, mais elle y est élargie en mémoire, en désir et en éthique du regard.
RéponseI. Une écriture des cinq sens ; II. La sensation, source de mémoire, de désir et de réflexion ; III. Une éthique de la célébration, avec ses limites.
Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un texte précis de l'œuvre (titre et citation courte de votre édition).
C3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Colette est une écrivaine qui sait faire sentir le monde : dans Sido comme dans Les Vrilles de la vigne, les odeurs, les saveurs, les couleurs et les sons tiennent une place essentielle. Son dernier époux dit qu'elle ne se contentait pas de regarder les choses : il fallait qu'elle les « flairât » et les « goûtât ». Dans quelle mesure ce rapport au monde se manifeste-t-il dans les deux œuvres ? On verra d'abord que l'écriture de Colette est une écriture des cinq sens, puis que la sensation ouvre sur la mémoire, le désir et la réflexion, enfin qu'elle fonde une éthique de la célébration. »
- Rédaction possible de conclusion : « Le propos du dernier époux éclaire la sensualité qui irrigue Sido et Les Vrilles de la vigne. Mais les deux œuvres montrent que le contact avec les choses est aussi une manière de se souvenir, de désirer et de penser : c'est ce qui fait de l'écriture de Colette une célébration du monde. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
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