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Bac 2025
Français – Asie (remplacement) 2025 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : le commentaire ou l'une des trois dissertations, 20 points
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Simone de Beauvoir, Tous les hommes sont mortels (1946)20 points
Le narrateur, né en 1279 et devenu immortel, marche une nuit avant un duel qu'il juge absurde. Au XVIIIe siècle, il a offensé Marianne de Sinclair, qui lui a dit : « Je vous plains ». Le texte oppose l'attente fiévreuse du mortel, imaginée par le narrateur, à l'indifférence lasse de l'immortel. Le texte compte 32 lignes numérotées.
C1Lire le texte : situation, mouvement et problématique.Touche pour voir la correction
À retenir On repère le narrateur, le cadre, le mouvement intérieur et le sens philosophique.
- Situation : la nuit avant le duel, dans la ville ; le narrateur est seul, immortel. Il parle à la première personne (récit rétrospectif).
- Mouvement : (1) ll. 1 à 5 : sortie dans la nuit et sentiment de ne jamais être « chez moi » ; (2) ll. 5 à 16 : la promenade au bord du fleuve, la lune, la cathédrale, la pensée de la ruine future (« je serai encore là ») ; (3) ll. 17 à 25 : l'imagination de Richet mortel, qui attend l'aube avec fièvre, opposée à la « même nuit » sans fin du narrateur ; (4) ll. 26 à 32 : l'arrivée à la barrière de Passy, retour sur « Je vous plains » et bilan désespéré.
- Registre : pathétique et réflexif, avec une dimension philosophique : le sens de la vie suppose la mort.
- Problématique possible : comment ce monologue fait-il de l'immortalité non un privilège mais une malédiction ?
RéponseLe texte montre l'immortel comme un exilé du temps humain : sans mort, rien n'a de prix ni de sens.
Vérification Les notes du sujet précisent que « Je vous plains » est dit par Marianne de Sinclair.
C2Proposer un plan détaillé en trois axes.Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit les couches du texte : décor, pensée philosophique, bilan moral.
- Axe I : un homme étranger au monde : la nuit, la ville vide, le décor devient miroir de la solitude (« Nulle part je n'étais chez moi »).
- Axe II : l'immortalité comme malédiction : le mortel Richet vit intensément la nuit, l'immortel vit « toujours la même nuit sans aventure ».
- Axe III : le bilan d'une vie vide : la plainte de Marianne, l'absurdité du duel et le désespoir (« Qui pouvait être plus à plaindre que moi ? »).
RéponseI. Un homme étranger au monde ; II. L'immortalité comme malédiction ; III. Un bilan de vide et de pitié.
C3Axe I : comment le décor exprime-t-il l'exil du narrateur ?Touche pour voir la correction
À retenir Le paysage est ici un miroir : on cherche ce que chaque élément du décor renvoie du personnage.
- Opposition entre « chez eux » et « chez moi » : « Les gens étaient calfeutrés dans leurs salons, dans leurs mansardes : chez eux. Nulle part je n'étais chez moi ». La répétition de « chez » met en relief l'absence de foyer.
- Parallélisme et négation : « la maison que j'habitais n'avait jamais été une maison : un campement ; ce siècle n'était pas mon siècle, et cette vie [...] n'était pas ma vie ». Trois négations (maison, siècle, vie) disent l'étrangeté au temps.
- Lune et eau : « la lune ronde » au fond de l'eau, « la lune détestée qui m'accompagnait depuis cinq cents ans, glaçant toutes choses de son regard glacé ». Personnification et répétition (« glaçant », « glacé ») : la lune devient un regard froid, témoin éternel.
- Cathédrale : « l'église se dressait, rigide dans la lumière morte, seule et inhumaine comme moi ; tous ces hommes qui nous entouraient allaient mourir, et nous demeurerions debout ». La comparaison fait de l'édifice son double, et le « nous » unit l'immortel à la pierre contre les mortels ; il imagine pourtant sa ruine : « il n'en restera plus aucune trace, et la lune brillera au ciel, et je serai encore là » : seul le narrateur survivra à l'éternel.
RéponseLe décor nocturne (ville vide, lune, cathédrale) renvoie au narrateur sa propre image : seul, glacé, hors du temps.
C4Axe II : comment le texte oppose-t-il le mortel et l'immortel ?Touche pour voir la correction
À retenir L'opposition s'appuie sur une imagination du narrateur (focalisation interne puis supposition sur autrui).
- L'imagination de Richet : « il regardait la lune et les étoiles, il pensait : « Je les vois pour la dernière fois » ; il se rappelait chaque sourire de Marianne ». Le discours direct (« Je les vois pour la dernière fois ») insiste sur la valeur de ce qui est limité.
- Irréel du passé : « Moi aussi, si j'eusse été mortel, mon cœur aurait battu, cette nuit eût été sans pareille ». Le plus-que-parfait du subjonctif (« eusse ») et le conditionnel soulignent la distance entre ce que serait la vie d'un mortel et ce qu'est la sienne.
- Le temps répétitif : « C'était toujours la même nuit sans aventure, sans joie, sans souffrance. Une seule nuit, un seul jour, se répétant pendant l'éternité ». L'asyndète et la répétition de « sans » et de « un seul » traduisent l'ennui éternel.
- Le duel est un « faux semblant » (l. 23) : « Il ne m'arriverait rien », donc le combat n'a ni enjeu ni valeur ; la mort qui « faisait signe » au mortel n'attend pas le narrateur. Le dernier paragraphe le dira cruellement : « tuer un homme sans risque et sans joie, pour m'occuper ».
RéponseLa mort donne leur prix aux instants : Richet vit intensément la nuit parce qu'elle peut être la dernière, tandis que l'immortel s'ennuie dans l'éternel recommencement.
C5Axe III : quel jugement le narrateur porte-t-il finalement sur lui-même ?Touche pour voir la correction
À retenir Le bilan final transforme le décor en jugement moral.
- Reprise du mot de Marianne : « J'entendais en moi : « Je vous plains » ; elle avait raison ». Le narrateur accepte la pitié qu'il avait refusée.
- Auto-portrait en troisième personne : « C'était un être pitoyable qui était assis au bord du talus ». Le dédoublement (« un être », « qui était assis ») montre le regard distant sur soi, signe d'un désespoir lucide.
- Bilan historique : « Des villes avaient flambé, des armées s'étaient entre-tuées, un empire était né et s'était écroulé entre mes mains. » La grandeur apparente de ses actes (énumération au plus-que-parfait, image du feu « avaient flambé », « entre mes mains ») est aussitôt contredite par la chute « Et j'étais là, vide, stupide » : deux adjectifs secs et la conjonction « Et » en tête de phrase marquent le contraste.
- Question finale : « Qui pouvait être plus à plaindre que moi ? ». La question rhétorique clôt le passage sur le constat d'une souffrance absolue.
- Portée : roman d'idées existentialiste (Beauvoir), selon lequel la finitude est la condition d'une vie humaine pleine.
RéponseLe narrateur se reconnaît digne de pitié : l'immortalité a vidé ses actes de sens et fait de lui un homme qui tue « pour s'occuper ».
C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, auteur et œuvre, situation, problématique, annonce du plan.
- Modèle d'ouverture : « La littérature du XXe siècle interroge volontiers la condition humaine face à la mort. En 1946, Simone de Beauvoir publie Tous les hommes sont mortels, roman où un homme devenu immortel traverse les siècles. Dans l'extrait étudié, le narrateur, avant un duel qu'il juge absurde, marche seul dans la nuit et se compare à un mortel, Richet. On peut se demander comment ce monologue fait de l'immortalité non un privilège mais une malédiction. Nous verrons d'abord que le décor nocturne traduit l'exil du narrateur, puis que l'opposition avec le mortel fait de l'immortalité un éternel recommencement, enfin que le texte s'achève sur un bilan désespéré. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.
Vérification Le nom du narrateur (Fosca) n'apparaît pas dans l'extrait : s'appuyer sur le chapeau du sujet (né en 1279, immortel, offense à Marianne de Sinclair, duel avec Richet) pour situer le passage.
C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction
À retenir Conclusion : réponse et ouverture.
- Rédaction possible : « Dans cet extrait, Beauvoir utilise le paysage nocturne, l'imagination d'un mortel et un lexique de la répétition pour montrer que l'immortalité enlève au monde son sens. Le narrateur, étranger à son siècle et à lui-même, constate qu'il est « plus à plaindre » que tout mortel. Le texte rappelle que la finitude donne aux actes leur valeur ; on peut le rapprocher de « L'Immortel » de Borges ou des Struldbrugs des Voyages de Gulliver, deux visions de l'immortalité comme fardeau, ou de la réflexion existentialiste sur le sens de la vie. »
RéponseConclusion rédigée ci-dessus.
Exercice 2 : Dissertation : Gargantua, à quoi tient la joie de lire Gargantua ?20 points
Œuvre : François Rabelais, Gargantua ; parcours : rire et savoir. Sujet : « Selon vous, à quoi tient la joie de lire Gargantua ? »
DA1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « joie de lire » (plaisir esthétique, intellectuel et affectif du lecteur), « à quoi tient » (sources, causes). Le sujet appelle une réponse qui énumère et hiérarchise les causes de ce plaisir.
- Gargantua mêle fantaisie, comique, satire et réflexion humaniste : ce plaisir tient à la fois au rire et au savoir (parcours « rire et savoir »).
- Problématique : la joie de lire Gargantua vient-elle seulement du rire, ou aussi du savoir, de la liberté et de la richesse de la langue ?
RéponseLe sujet demande les sources du plaisir de lecture. Problématique : comment le rire, le savoir et la langue construisent-ils la joie de lire ?
DA2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Le plaisir du rire : géants, exagérations, scènes bouffonnes (naissance par l'oreille, ch. 6 ; invention du torche-cul, ch. 13 ; appétits et beuveries ; exploits de frère Jean, ch. 27), grivoiserie et satire, jeux de mots et listes ; la joie est celle de la fête, du corps, de la liberté. Le dizain « Aux lecteurs » annonce la bonne humeur : « Mieux est de ris que de larmes écrire, / Pour ce que rire est le propre de l'homme ».
- II. Le plaisir du savoir : sous le comique, des idées (éducation sophistique des ch. 14-15 opposée à celle de Ponocrates, ch. 23-24 ; harangue ridicule de Janotus de Bragmardo, ch. 19 ; guerre picrocholine, ch. 25-51, et discours pacifique de Grandgousier ; abbaye de Thélème, ch. 52-58) ; l'invitation du prologue à « rompre l'os » pour en tirer la « substantifique moelle » : lire demande un effort qui récompense ; le lecteur est actif, complice, invité à interpréter.
- III. Le plaisir de la langue et du jeu avec le lecteur : abondance verbale (énumérations, néologismes, mots savants et populaires), parodies de genres (épopée, discours savants), ironie, interpellations du lecteur ; un texte à plusieurs niveaux, qui se donne comme énigme (prologue : les Silènes). La joie de lire tient à la liberté et à l'invention.
- Culture personnelle possible : Cervantès (Don Quichotte), Swift (Les Voyages de Gulliver), Voltaire (Candide : rire et satire), Jarry (Ubu).
- Conclusion possible : la joie de lire Gargantua naît de la rencontre du rire, du savoir et de la langue : un livre qui divertit en faisant penser.
RéponseI. Le plaisir du rire et de la fête ; II. Le plaisir du savoir : un rire qui fait penser ; III. Le plaisir de la langue et de la complicité avec le lecteur.
Vérification Les numéros de chapitres et les formulations varient selon les éditions : citez toujours le passage avec le numéro de chapitre de l'édition que vous avez étudiée.
DA3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Publié en 1534, Gargantua de Rabelais annonce dès son prologue un livre de joie, qui mêle le rire et le savoir. À quoi tient la joie de lire cette œuvre ? On verra d'abord le plaisir du rire, puis le plaisir du savoir, enfin le plaisir de la langue et du jeu avec le lecteur. »
- Rédaction possible de conclusion : « La joie de lire Gargantua tient à un rire qui libère, à un savoir qui se cache sous la fantaisie et à une langue exubérante. Rabelais invite ainsi le lecteur à rire et à penser. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 3 : Dissertation : La Bruyère, Les Caractères (livres V à X), rit-on toujours ?20 points
Œuvre : Jean de La Bruyère, Les Caractères (livres V à X) ; parcours : la comédie sociale. Sujet : « Rit-on toujours dans Les Caractères de La Bruyère ? »
DB1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « rit-on » (le rire du lecteur, ou le comique de l'œuvre), « toujours » : appel à relever des passages sérieux, graves, voire tristes. Les livres V à X : V De la société et de la conversation, VI Des biens de fortune, VII De la ville, VIII De la cour, IX Des grands, X Du souverain ou de la république.
- Parcours « la comédie sociale » : La Bruyère présente la société comme une comédie, avec rôles, masques et apparences.
- Problématique : le rire est-il le ton constant de La Bruyère, ou fait-il place à une gravité, voire une dimension tragique ?
RéponseLe sujet demande si le comique est constant. Problématique : le rire est-il le seul registre des Caractères, et que cache-t-il ?
DB2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. On rit souvent : portraits comiques de ridicules sociaux (le causeur et le fat de « De la société et de la conversation », le parvenu, le courtisan empressé) ; procédés : caricature, hyperbole, antithèse (Giton et Phédon), ironie, énumération, retournements ; la comédie sociale : chacun joue un rôle (courtisan, riche, ville et cour).
- II. Mais le rire s'efface : critique de l'inégalité et de la misère (opposition riches/pauvres), de la servitude à la cour, du pouvoir (livres IX et X) ; gravité morale : vanité, dureté, injustice ; ironie amère et indignation ; éloge grave du bon prince (« Nommer un roi Père du peuple est moins faire son éloge que l'appeler par son nom », livre X, Du souverain ou de la république) ; « un pays où les joies sont visibles, mais fausses, et les chagrins cachés, mais réels » (De la cour) : le rire laisse place à la lucidité.
- III. Un rire moraliste : le rire est un moyen de corriger et de faire réfléchir ; l'écrivain observe, juge, mais ne moralise pas toujours ; le lecteur est invité à se reconnaître dans les portraits ; la variété des tons (portrait, maxime, réflexion, remarque) rend le rire changeant. La comédie sociale devient miroir du lecteur et critique du siècle.
- Culture personnelle possible : Molière (Le Misanthrope, Tartuffe), La Rochefoucauld (Maximes), Voltaire (Candide), Saint-Simon (Mémoires).
- Conclusion possible : on rit souvent dans Les Caractères, mais le rire est un moyen, qui cède parfois à la gravité.
RéponseI. Un rire souvent présent : la comédie sociale ; II. Un rire qui cède à la gravité ; III. Un rire moraliste qui fait réfléchir.
Vérification Giton et Phédon (livre VI) et Arrias (livre V) sont des portraits connus des livres au programme. En copie, citez la remarque avec son numéro dans l'édition étudiée.
DB3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « Publiés à partir de 1688, Les Caractères de La Bruyère peignent les mœurs du siècle de Louis XIV. À travers portraits et maximes, l'auteur fait rire de nos ridicules. Rit-on toujours dans l'œuvre, notamment dans les livres V à X ? On verra d'abord que le rire est souvent présent, puis qu'il cède parfois à la gravité, enfin que le rire est un moyen moral. »
- Rédaction possible de conclusion : « Le rire est présent dans les portraits de La Bruyère, mais il n'est pas constant : il laisse place à l'amertume et à la critique sociale. Il est un instrument de la réflexion morale. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
Exercice 4 : Dissertation : Olympe de Gouges, ne fait-elle entendre que sa propre voix ?20 points
Œuvre : Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») ; parcours : écrire et combattre pour l'égalité. Sujet : « Dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges ne fait-elle entendre que sa propre voix ? »
DC1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.
- Termes du sujet : « sa propre voix » (voix personnelle, individuelle, engagement singulier de l'autrice), « ne fait-elle entendre que » : on doit repérer les autres voix (celle des femmes, des hommes, de la reine, des textes de 1789, de la nature et de la raison).
- Le texte est un manifeste politique de 1791, qui reprend la forme de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et l'adapte aux femmes.
- Problématique : l'écriture de Gouges est-elle l'expression d'une conviction personnelle, ou le porte-voix collectif des femmes et un dialogue avec d'autres textes et d'autres interlocuteurs ?
RéponseLe sujet demande si le texte est une voix unique. Problématique : quelles voix le texte fait-il entendre, et comment Gouges les orchestre-t-elle ?
DC2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.
- I. Une voix personnelle : le « je » de l'autrice qui s'engage (Dédicace, Postambule, Forme du contrat social) ; ton vif, indignation, audace (« Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ») ; expérience personnelle (critique du mariage, exposé du statut de la femme) ; style de polémiste.
- II. Une voix qui parle pour les autres : les femmes (« Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation ») ; l'appel collectif du Postambule (« Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits ») ; la voix de la raison et de la nature (arguments universels) : article 1 (« La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits ») et article 10 (« La femme a le droit de monter sur l'échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune »).
- III. Une voix en dialogue : reprise parodique de la Déclaration de 1789 (articles calqués sur le texte officiel, mots « citoyenne », « femme » ajoutés) ; adresses à la Reine (dédicace), aux hommes (« Homme... »), aux législateurs ; contrat social entre homme et femme : le texte propose un dialogue. Gouges parle seule mais pour tous, avec l'autorité des idées universelles.
- Culture personnelle possible : Condorcet (Sur l'admission des femmes au droit de cité), Mary Wollstonecraft (Défense des droits de la femme), Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe), Rousseau (dont elle conteste la place faite à la femme).
- Conclusion possible : Gouges fait entendre sa voix, mais le texte est un chœur : elle donne voix aux femmes, dialogue avec les textes de la Révolution et interpelle les pouvoirs.
RéponseI. Une voix personnelle et engagée ; II. Une voix qui parle pour les femmes ; III. Une voix en dialogue avec les textes et les pouvoirs.
Vérification Citations de la Déclaration utilisées ici : « Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question » (début de la Déclaration) et « Femme, réveille-toi » (postambule).
DC3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.
- Modèle d'ouverture : « En 1791, Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en réponse à la Déclaration de 1789 qui oubliait les femmes. Le texte est porté par une voix puissante et personnelle. Mais Gouges ne fait-elle entendre que sa propre voix ? On verra d'abord une voix personnelle et engagée, puis une voix qui parle pour les femmes, enfin une voix en dialogue avec les textes et les pouvoirs. »
- Rédaction possible de conclusion : « La voix de Gouges est forte et personnelle, mais elle est aussi celle des femmes et d'un dialogue avec la Révolution. Le texte est un manifeste qui transforme la parole d'une femme en parole collective. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).
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