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Bac 2025

Français – Amérique du Nord (remplacement) 2025 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : commentaire ou une dissertation sur trois, 20 points

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Commentaire : Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune (1907), chapitre I20 points

Incipit du roman policier de Gaston Leroux : le narrateur, ami de Joseph Rouletabille, annonce qu'il va enfin raconter « toute la vérité » sur l'affaire de la « Chambre Jaune ». Texte de présentation avant l'intrigue : tout se joue sur le pacte avec le lecteur.

C1Lire le texte : situation, mouvement et problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Un incipit pose le cadre, le narrateur, le pacte de lecture et suscite l'envie de lire.

Démarche
  1. Situation : début d'un roman policier, chapitre « Où l'on commence à ne pas comprendre ». Le narrateur raconte l'histoire de son ami Rouletabille, jeune reporter.
  2. Mouvement (trois paragraphes) : (1) l'émotion du narrateur et la raison de la publication : un article de journal a ressuscité l'affaire à l'occasion de la nomination de Stangerson à la Légion d'honneur ; (2) l'importance de l'affaire, sa notoriété mondiale et son mystère inégalé, comparé à Poe et à Conan Doyle ; (3) le rôle de Rouletabille, qui n'a pas dit « toute la vérité », et la promesse de tout révéler : « je vais poser devant vos yeux le problème ».
  3. Ton : emphatique, solennel, avec des hyperboles et des précautions oratoires.
  4. Problématique possible : comment cet incipit construit-il le mystère et le pacte de lecture propres au roman policier ?

RéponseLe texte est un incipit-promesse : il installe un narrateur-témoin, magnifie l'énigme et promet une révélation.

Vérification Le roman entier est connu ; ici on ne commente que ce que le texte donne : ne rien dire de la solution de l'énigme.

C2Proposer un plan détaillé en trois axes.Touche pour voir la correction

À retenir Dans un incipit, on peut étudier le narrateur, l'inscription dans le genre et la mise en place du suspense.

Démarche
  1. Axe I : un narrateur-témoin qui scelle un pacte de lecture (« je », « vous », promesse de vérité, caution de documentation).
  2. Axe II : une affaire présentée comme exceptionnelle : hyperboles, référence à la presse et à l'opinion publique, comparaison avec Poe et Conan Doyle (inscription dans le genre policier).
  3. Axe III : le suspense : la figure énigmatique de Rouletabille, les secrets gardés, l'annonce d'une révélation différée.

RéponseI. Un narrateur qui engage un pacte de lecture ; II. Une affaire exceptionnelle qui s'inscrit dans le genre policier ; III. Un suspense construit par le secret et le retard.

C3Axe I : comment le narrateur construit-il le pacte de lecture ?Touche pour voir la correction

À retenir Le pacte de lecture est la promesse implicite ou explicite faite au lecteur sur la nature du récit (ici : une histoire vraie, enfin complète).

Démarche
  1. Énonciation : « je commence à raconter », « mon ami », « je vais poser devant vos yeux », « Vous allez donc tout savoir ». Le « je » est un témoin proche du héros et le « vous » est le lecteur pris à témoin.
  2. Caution de vérité : « toute la vérité », « une documentation exceptionnelle me permet d'apporter une lumière nouvelle », « je ne fais que transcrire des faits ». Le narrateur se présente comme un historien d'une affaire réelle, non comme un romancier (effet de réel).
  3. Modestie affichée : « il ne saurait y avoir en tout ceci aucun amour-propre d'auteur » : formule qui renforce la crédibilité tout en attirant l'attention.
  4. Émotion : « Ce n'est pas sans une certaine émotion » : l'incipit humanise le narrateur et prépare la sympathie du lecteur.

RéponseLe narrateur s'affirme témoin véridique et promet au lecteur un récit complet et inédit.

C4Axe II : comment l'affaire est-elle présentée comme exceptionnelle et comment s'inscrit-elle dans le genre policier ?Touche pour voir la correction

À retenir L'hyperbole et l'intertextualité sont des procédés d'incipit : on exagère l'événement et on se situe dans une tradition.

Démarche
  1. Hyperboles : « l'histoire policière la plus curieuse de ces quinze dernières années », « le plus obscur à ma connaissance qui ait jamais été proposé », « Le monde entier fut penché des mois sur ce problème », « la vieille Europe et la jeune Amérique ». Les superlatifs et les généralisations installent un événement planétaire.
  2. Réseau lexical de l'énigme : « mystérieux », « obscur », « problème », « rébus », « inexplicable », « mystère ». Le mystère est le thème et le titre du chapitre : « Où l'on commence à ne pas comprendre ».
  3. Rôle de la presse et de la justice : « un journal du soir », « article », « procès », « cour d'assises », « nos juges » : l'affaire est ancrée dans l'espace public contemporain.
  4. Intertextualité : « l'auteur du Double Assassinat, rue Morgue » (Poe), « Conan Doyle », fondateurs du genre. Le narrateur prétend dépasser ces modèles (« on puisse retenir quelque chose de comparable »), ce qui est une façon de se placer dans le genre tout en revendiquant sa nouveauté.
  5. Ironie sur les imitateurs : « sous-Edgar Poe », « truculents Conan Doyle » : jeu avec le lecteur connaisseur.

RéponseL'incipit construit la grandeur de l'affaire par l'hyperbole et la presse, et l'inscrit dans la tradition de Poe et de Conan Doyle tout en revendiquant son originalité.

C5Axe III : comment le suspense est-il installé ?Touche pour voir la correction

À retenir Le suspense naît d'un savoir retenu et d'une promesse de révélation.

Démarche
  1. Rouletabille : « âgé de dix-huit ans, alors petit reporter dans un grand journal » : un personnage jeune et inattendu, qui résout ce que « personne ne put découvrir ». Le contraste entre l'âge et l'exploit attise la curiosité.
  2. Vérité partielle : il « ne dit pas toute la vérité » et n'en laissa apparaître que ce qu'il fallait « pour expliquer l'inexplicable ». Le texte annonce qu'il y a des secrets cachés derrière la solution officielle.
  3. Promesse différée : « Les raisons qu'il avait de se taire ont disparu aujourd'hui. [...] Vous allez donc tout savoir ». Le futur proche est une promesse, mais le texte se termine au moment où l'on va commencer (« sans plus ample préambule »).
  4. Typographie et rythme : les majuscules (« QUANT AU MYSTERE ») insistent sur le thème ; les phrases très longues, entrecoupées d'incises, retardent l'information (effet de suspense).
  5. Lien avec le titre du chapitre : « Où l'on commence à ne pas comprendre » : le lecteur est averti qu'il sera déconcerté, ce qui renforce le plaisir du jeu.

RéponseLe suspense naît du jeune héros, de la vérité partielle déjà donnée et de la promesse d'une révélation complète mais reportée.

C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, auteur et œuvre, situation, problématique et plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Au début du XXe siècle, le roman policier, issu de Poe et de Conan Doyle, connaît un grand succès en France, notamment grâce au roman-feuilleton. Gaston Leroux, journaliste devenu romancier, publie en 1907 Le Mystère de la chambre jaune, premier roman mettant en scène le reporter Joseph Rouletabille. Le texte à commenter est le début du roman : le narrateur y annonce qu'il va livrer au lecteur toute la vérité sur une affaire célèbre. On peut se demander comment cet incipit construit le mystère et le pacte de lecture propres au roman policier. Nous verrons d'abord comment le narrateur noue un pacte de lecture, puis comment l'affaire est présentée comme exceptionnelle, enfin comment le suspense est installé. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

Vérification Le sujet ne nomme pas le narrateur : ne pas le désigner par un nom propre dans la copie.

C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Cet incipit remplit les fonctions attendues d'un début de roman policier : il installe un narrateur-témoin qui garantit la vérité, présente une énigme exceptionnelle en se plaçant dans la lignée de Poe et de Conan Doyle, et promet une révélation qui sera pourtant différée. Leroux joue avec les codes du genre et avec la complicité du lecteur. Cette ouverture invite à comparer d'autres incipits de romans policiers, par exemple ceux où le narrateur est lui-même l'enquêteur. »

RéponseConclusion rédigée ci-dessus.

Exercice 2 : Dissertation : Rimbaud, Cahier de Douai, « Quelque chose se détruit pour que quelque chose d'autre se construise »20 points

Œuvre : Arthur Rimbaud, Cahier de Douai ; parcours : émancipations créatrices. Sujet : « Quelque chose se détruit pour que quelque chose d'autre se construise », écrit un critique à propos de la poésie de Rimbaud. En quoi cette formule éclaire-t-elle votre lecture du Cahier de Douai ?

A1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « se détruit » (destruction : des codes, des valeurs, des illusions), « se construise » (création : une poésie nouvelle, un moi nouveau), « quelque chose / quelque chose d'autre » (formule générale, à préciser par des exemples). La phrase décrit une dynamique de substitution : la poésie détruit pour reconstruire.
  2. Le Cahier de Douai rassemble des poèmes de 1870 : le jeune Rimbaud (16 ans) s'émancipe de l'école, de la famille, des conventions poétiques, de la société et de la guerre. Parcours : « Émancipations créatrices ».
  3. Problématique : en quoi la poésie de Rimbaud détruit-elle un monde (conventions, mythes, ordre social) pour construire un autre langage et un autre rapport au monde ?

RéponseLa formule décrit une dynamique d'émancipation. Problématique : que détruit la poésie du Cahier de Douai, et que construit-elle ?

A2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Ce qui se détruit : les modèles et les autorités. Contre les mythes et les conventions : « Vénus anadyomène » déforme le mythe de la beauté (corps dit « hideusement » beau) ; contre l'ordre social et l'autorité : « Rages de Césars », « Le Châtiment de Tartufe » (satires) ; contre la guerre et la bêtise patriotique : « Le Dormeur du val » (idylle brisée à la chute), « Le Mal » ; contre l'école et la famille : le jeune poète qui s'enfuit (« Ma Bohème », « Au Cabaret-Vert »). La forme elle-même est malmenée (rejets, registre familier, ironie).
  2. II. Ce qui se construit : une liberté de ton et de forme (sonnets renouvelés, mélange des registres, mots crus), une nouvelle posture de poète : le vagabond, rêveur, libre (« Ma Bohème » : « Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ») ; un rapport sensible à la nature (« Sensation », « Au Cabaret-Vert » : plaisir des sens) ; un regard lucide sur le monde (« Le Dormeur du val » : la mort dite par le contraste).
  3. III. La destruction est une création : le poème est l'espace où se fait l'émancipation. La parodie (reprise des formes pour les retourner) est un acte de création ; l'humour et l'insolence sont des armes ; la poésie se donne une fonction : voir et dire autrement. Le Cahier de Douai annonce la poétique de la voyance, mais reste lié à la tradition (sonnet, alexandrin) : la construction passe par la transformation des formes héritées.
  4. Culture personnelle possible : Baudelaire (« Les Fleurs du mal », la beauté et la laideur), Hugo (satire politique), Lautréamont (Les Chants de Maldoror : la révolte), Apollinaire (innovation formelle).
  5. Conclusion possible : la formule éclaire l'ensemble du recueil : la poésie de Rimbaud détruit les conventions et les autorités pour construire une liberté, un regard et un langage nouveaux.

RéponseI. Ce qui se détruit : modèles, autorités, illusions ; II. Ce qui se construit : liberté, regard, langage ; III. Détruire pour créer : parodie, humour et poétique nouvelle.

Vérification Repères de lecture : en copie, appuyez chaque idée sur un poème précis du recueil (titre exact et citation courte de votre édition).

A3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « En 1870, à seize ans, Arthur Rimbaud recopie à Douai des poèmes qui forment le Cahier de Douai : le jeune poète s'y révolte contre l'école, la guerre, les conventions et les autorités. Un critique écrit : « Quelque chose se détruit pour que quelque chose d'autre se construise ». En quoi cette formule éclaire-t-elle le recueil ? On verra d'abord ce qui se détruit, puis ce qui se construit, enfin comment la destruction devient création. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La formule éclaire une dynamique centrale du Cahier de Douai : la poésie de Rimbaud détruit des modèles et des autorités pour inventer une liberté de ton, de regard et d'écriture. Elle annonce les recherches ultérieures du poète. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 3 : Dissertation : Ponge, La Rage de l'expression, « Oh ! Qu'il est difficile d'approcher de la caractéristique des choses ! »20 points

Œuvre : Francis Ponge, La Rage de l'expression ; parcours : dans l'atelier du poète. Sujet : dans « Le Mimosa », Ponge s'exclame : « Oh ! Qu'il est difficile d'approcher de la caractéristique des choses ! ». En quoi cette réflexion vous paraît-elle pouvoir éclairer la démarche poétique à l'œuvre dans La Rage de l'expression ?

B1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « difficile » (effort, obstacle), « approcher » (démarche progressive, jamais achevée), « caractéristique des choses » (ce qui fait l'essence propre d'un objet : sa nature, sa qualité distinctive). L'exclamation « Oh ! » exprime l'émotion, l'impatience, la passion.
  2. La Rage de l'expression est un recueil de textes où le poète travaille sur des objets (des objets simples du quotidien), en laissant voir les brouillons et les reprises : le titre dit lui-même la passion de l'expression.
  3. Problématique : en quoi la difficulté de dire les choses est-elle le moteur et la méthode de la poésie de Ponge ?

RéponseLa phrase exprime la difficulté de dire le réel. Problématique : comment cette difficulté devient-elle la démarche même du poète ?

B2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. La difficulté comme point de départ : les choses résistent au langage (le mot ne coïncide pas avec l'objet) ; Ponge refuse les clichés et les images toutes faites ; la phrase est une exclamation d'auteur : l'écrivain se montre au travail, hésitant ; le titre « La rage de l'expression » dit la tension entre désir de dire et impossibilité de tout dire.
  2. II. La démarche d'approche : Ponge procède par essais, reprises, variantes : observation attentive de l'objet, recours au dictionnaire et à l'étymologie, comparaisons, listes de qualités, brouillons montrés au lecteur ; le texte est une « approche » : il ne prétend pas conclure ; le poète revient sans cesse sur l'objet. L'écriture est un travail de fabrication (atelier) : l'accent est mis sur le processus.
  3. III. Une poétique de l'objet : la difficulté de dire les choses est aussi une manière de les respecter ; Ponge veut rendre à l'objet sa valeur et déplacer l'homme au second plan (« parti pris des choses ») ; le poème est une création verbale qui fait exister l'objet par les mots ; la démarche est à la fois scientifique (observation) et ludique (jeux de mots, sons). L'écriture devient un objet autonome (texte comme « objeu »).
  4. Culture personnelle possible : Flaubert (le mot juste), Mallarmé (la difficulté de nommer), Valéry (le travail du poème), Rilke (Nouveaux Poèmes).
  5. Conclusion possible : la phrase résume la démarche de Ponge : la difficulté de dire n'est pas un obstacle à surmonter, mais ce qui fait la poésie.

RéponseI. La difficulté, point de départ de la poésie ; II. Une démarche d'approche : essais, reprises, brouillons ; III. Une poétique de l'objet et du texte.

Vérification Le sujet ne donne aucun extrait : les trois parties indiquent des directions d'analyse, à illustrer en copie par des vers précis du recueil étudié, cités exactement.

B3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Dans La Rage de l'expression, Francis Ponge ne livre pas seulement des poèmes achevés, il montre le travail de l'écrivain face aux choses. Dans « Le Mimosa », il s'exclame : « Oh ! Qu'il est difficile d'approcher de la caractéristique des choses ! ». En quoi cette réflexion éclaire-t-elle sa démarche poétique ? On verra d'abord que la difficulté est le point de départ, puis que la démarche est un travail d'approche, enfin qu'elle fonde une poétique de l'objet et du texte. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La phrase de Ponge résume sa poétique : écrire, c'est s'approcher sans cesse de ce qui résiste. La difficulté devient la méthode, et le texte garde la trace de cet effort. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 4 : Dissertation : Hélène Dorion, Mes forêts, vers une réconciliation de l'être humain et de la nature20 points

Œuvre : Hélène Dorion, Mes forêts ; parcours : la poésie, la nature, l'intime. Sujet : « Dans quelle mesure la poésie d'Hélène Dorion ouvre-t-elle une voie vers la réconciliation entre l'être humain et la nature ? »

C1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « réconciliation » (retour à l'accord après une séparation ou un conflit), « voie » (chemin, démarche), « dans quelle mesure » : réponse nuancée avec limites. Le sujet suppose une séparation initiale entre l'humain et la nature.
  2. Mes forêts associe la forêt (lieu naturel, mais aussi intérieur, mémoire, intime) et l'écriture poétique. Le parcours « la poésie, la nature, l'intime » invite à étudier la relation entre le monde extérieur et la vie intérieure.
  3. Problématique : la poésie de Dorion rétablit-elle un lien entre l'humain et la nature, et jusqu'où ce lien est-il possible face à la perte, à l'exil et à la crise du monde ?

RéponseLe sujet suppose une séparation et demande si la poésie peut la réparer. Problématique : dans quelle mesure l'écriture de Dorion reconstruit-elle le lien entre l'être humain et la nature ?

C2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Le constat d'une séparation : l'être humain est étranger au monde naturel (rythme de la ville, dommages écologiques, perte de l'enfance, deuil, solitude) ; la nature peut être menacée, silencieuse, ou indifférente ; le poète avoue l'éloignement, la perte de repères.
  2. II. La poésie comme chemin de retour : la forêt devient lieu d'attention et d'écoute (marche, silence, observation des arbres, des saisons) ; l'écriture est lente, faite d'images simples, de verbes d'action et de perception ; le poème établit des correspondances entre la nature et le corps, la mémoire, les émotions ; la nature est source d'apaisement et de renaissance.
  3. III. Une réconciliation partielle et dynamique : la nature n'est pas idéalisée ; la réconciliation passe par la conscience de la finitude (mort, disparition) et par une éthique d'attention ; la poésie est une « voie » plutôt qu'un aboutissement ; elle ouvre à une relation de partage (l'humain est une part de la nature) et à une responsabilité.
  4. Culture personnelle possible : Hugo (Les Contemplations), Lamartine (« Le Lac »), Rimbaud (« Sensation »), Jaccottet (La Semaison), Giono, la poésie écologique contemporaine.
  5. Conclusion possible : la poésie de Dorion ouvre une voie de réconciliation par l'attention et l'écoute, sans effacer la perte ni la fragilité.

RéponseI. Le constat d'une séparation ; II. La poésie comme chemin de retour à la nature ; III. Une réconciliation partielle : attention, finitude, responsabilité.

Vérification Le texte du recueil n'est pas fourni dans le sujet : les trois parties donnent des directions à illustrer en copie par des poèmes précis du recueil étudié.

C3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Face à la crise écologique et au sentiment d'exil, la poésie contemporaine interroge la relation de l'humain à la nature. Dans Mes forêts, Hélène Dorion fait de la forêt un lieu à la fois extérieur et intérieur. Dans quelle mesure sa poésie ouvre-t-elle une voie vers la réconciliation entre l'être humain et la nature ? On verra d'abord le constat d'une séparation, puis la poésie comme chemin de retour, enfin une réconciliation partielle et dynamique. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La poésie de Dorion ne promet pas un retour à un paradis perdu, mais ouvre un chemin : par l'attention, l'écoute et l'écriture, elle rétablit un lien entre l'humain et la nature, tout en gardant conscience de la perte. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

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