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Bac 2025

Français – Asie 2025 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français (voie générale) · 4 h · coefficient 5 · un sujet au choix : le commentaire ou l'une des trois dissertations, 20 points

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Commentaire : Apollinaire, « La Mésange » (Poèmes à Lou)20 points

Poème d'amour daté du 2 février 1915 (le poète est alors en garnison, avant son départ pour le front), adressé à Lou (Louise de Coligny-Châtillon). Huit strophes de cinq vers (octosyllabes), sans ponctuation : le cœur de l'amant devient un cœur d'« Artilleur », puis une mésange apparaît comme une vision de la bien-aimée.

C1Lire le poème : forme, mouvement et problématique.Touche pour voir la correction

À retenir On observe la forme (strophes, vers, rimes, ponctuation), l'énonciation et la progression.

Démarche
  1. Forme : huit quintils d'octosyllabes, tous sur le schéma de rimes a b a b a (première strophe : « lentement / ville / d'amant / mille / éperdument » ; deuxième : « chère / vie / lumière / envie / entière »), sans aucune ponctuation sauf le point d'exclamation final (« Je t'aime ! »).
  2. Énonciation : le « je » (amant, soldat) s'adresse à un « tu » (« Entends », « Écoute », « petite sœur »).
  3. Mouvement : (1) amour et nuit de guerre, le cœur qui bat (strophes 1 à 3) ; (2) union des amants et nuit de la ville (strophes 4 et 5) ; (3) la vision de la mésange et de la bien-aimée (strophes 6-7) ; (4) la déclaration finale (strophe 8).
  4. Problématique possible : comment le poème mêle-t-il la guerre et l'amour pour faire de l'amour une force qui transfigure la réalité ?

RéponseLe poème entrelace guerre et amour : le cœur de l'amant est un « cœur d'Artilleur », et la mésange transfigure l'attente en vision.

Vérification Les rimes ababa se lisent strophe par strophe : numérote les strophes de 1 à 8 dans ta copie. Le poème n'a ni ponctuation ni majuscule de début de vers : l'absence de point final est voulue.

C2Proposer un plan détaillé en trois axes.Touche pour voir la correction

À retenir On croise thème (amour/guerre), forme (chant, reprises) et vision (mésange).

Démarche
  1. Axe I : un chant d'amour ancré dans la guerre : lexique militaire, métaphores du cœur.
  2. Axe II : un poème musical : octosyllabes, reprises, absence de ponctuation, impératifs qui appellent l'écoute.
  3. Axe III : une vision transfigurée : la mésange, ange et double de la bien-aimée, qui résume l'amour comme refuge contre la guerre.

RéponseI. Amour et guerre mêlés ; II. Un chant musical aux reprises obsédantes ; III. La mésange, vision de la bien-aimée.

C3Axe I : comment le poème mêle-t-il l'amour et la guerre ?Touche pour voir la correction

À retenir On étudie le lexique, les métaphores et la polysémie.

Démarche
  1. Cadre de guerre : « Les soldats s'en vont lentement / Dans la nuit trouble de la ville » ; « un régiment d'artillerie », « cœur d'Artilleur », « se met en batterie ». Le vocabulaire militaire est détourné pour dire l'amour.
  2. Métaphore filée : le cœur est un soldat : « Entends battre mon cœur d'amant », « Ce cœur en vaut bien plus de mille » (valeur d'un régiment), « En marche mon cœur d'Artilleur ». Le battement du cœur et le tambour se confondent ; la note du sujet précise que « batterie » désigne aussi la manière de battre le tambour : polysémie voulue.
  3. Strophe 5 : « Un tramway descend vitement / Trouant la nuit la nuit de verre / Où va mon cœur en régiment » : image moderne du tramway, métaphore de la « nuit de verre » (fragile, transparente), répétition « la nuit la nuit » qui ralentit le vers ; le cœur devenu « régiment » suit la ville en marche.
  4. Intensité de l'amour : « Je t'aime éperdument » (adverbe d'intensité) ; « J'ai perdu le sens de la vie / Je ne connais plus la lumière / Puisque l'Amour est mon envie / Mon soleil et ma vie entière » : l'Amour, avec une majuscule, prend la place de la lumière, du soleil et de la vie : tout le reste s'efface devant lui.
  5. Dimension intime : « petite sœur », « Ensemble nous faisons la route » : l'union amoureuse comme marche commune, en contraste avec les soldats qui s'en vont.

RéponseL'amour est dit avec le vocabulaire de la guerre : le cœur est un soldat et le poème fait de l'amour un combat et un refuge.

C4Axe II : comment le poème devient-il un chant ?Touche pour voir la correction

À retenir Un chant se repère à la métrique, aux reprises, à la musicalité et aux appels.

Démarche
  1. Octosyllabes et rimes : mètre court et régulier, proche de la chanson.
  2. Reprises : le dernier vers de la première strophe (« Puisque je t'aime éperdument ») est repris au début de la deuxième (« Je t'aime éperdument ma chère ») ; « Écoute-le battre mon cœur » et « Écoute-le petite sœur » reviennent comme un refrain ; « Entends battre mon cœur d'amant » est répété à la fin de la cinquième strophe. Ces reprises donnent un mouvement circulaire et obsédant, comme le battement du cœur.
  3. Impératifs : « Entends », « Écoute-le », « dis-moi » : le « tu » est sans cesse sollicité par la voix, ce qui crée l'illusion de la parole directe.
  4. Absence de ponctuation (caractéristique d'Apollinaire depuis Alcools) : le texte coule sans pause, ce qui rend le flux de la voix et du cœur ; le seul point d'exclamation final est mis en valeur.
  5. Rimes et sonorités : les mêmes rimes reviennent d'une strophe à l'autre ([ɑ̃] dans « lentement / d'amant / éperdument » puis « vitement / régiment / d'amant » ; [ɛʁ] dans « chère / lumière / entière ») et le [r] est très présent : douceur de berceuse et effet de refrain.
  6. Parallélisme et réciprocité : « Tu m'appartiens je t'appartiens » (strophe 4) : la formule symétrique échange le « tu » et le « je », image de l'union des amants.

RéponseLe poème est un chant d'amour : octosyllabes, reprises de vers, impératifs et absence de ponctuation lui donnent la musique d'un refrain.

C5Axe III : quel rôle joue la mésange ?Touche pour voir la correction

À retenir On étudie la transformation d'un événement banal en vision poétique.

Démarche
  1. Événement : « Ce matin vint une mésange / Voleter près de mon cheval ». Le cadre est réel (le soldat est à cheval), mais le ton devient merveilleux.
  2. Supposition poétique : « C'était peut-être un petit ange / Exilé dans le joli val » : l'oiseau devient ange, exilé comme l'amant.
  3. Correspondances : « Ses yeux c'était tes jolis yeux / Son plumage ta chevelure / Son chant les mots mystérieux / Qu'à mes oreilles on susurre ». Parallélisme et anaphore du possessif : l'oiseau est le portrait fragmenté de la bien-aimée (vue, toucher, ouïe).
  4. Tournant : « Dans le vallon j'étais tout blême / D'avoir chevauché jusque-là / Le vent criait un long poème » : le poète est épuisé, le vent est un poète, le monde prend la parole.
  5. Chute : « Au bel oiseau j'ai dit Je t'aime ! » : la déclaration, adressée à l'oiseau, vaut déclaration à Lou ; le point d'exclamation, seule ponctuation du poème, clôt le texte sur un cri joyeux, après la gravité nocturne du début ; la parole n'est pas encadrée de guillemets : le dire et le poème se confondent.
  6. Date et contexte : « 2 fév. 1915 » : le poème est écrit pendant la guerre, ce qui donne à la vision de la mésange la valeur d'un moment de grâce arraché à la guerre.

RéponseLa mésange est l'image mouvante de la bien-aimée : l'amour transfigure un moment de guerre en vision de grâce.

C6Rédiger une introduction du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, auteur et recueil, situation, problématique, plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « La poésie de guerre ne se limite pas à la violence : elle dit aussi l'amour, qui permet de tenir. Guillaume Apollinaire, engagé volontaire en 1914, écrit à Louise de Coligny-Châtillon, qu'il appelle Lou, des poèmes rassemblés plus tard sous le titre Poèmes à Lou. « La Mésange », daté du 2 février 1915, mêle déclaration d'amour et lexique de la guerre. On peut se demander comment ce poème fait de l'amour une force qui transfigure la réalité de la guerre. Nous étudierons d'abord le mélange de l'amour et de la guerre, puis le chant du poème, enfin la vision de la mésange. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

C7Rédiger une conclusion du commentaire.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : « La Mésange » montre comment Apollinaire dit l'amour par les mots de la guerre, le chante par la répétition et l'absence de ponctuation, et le transfigure dans la vision d'un oiseau. L'amour devient un refuge contre la guerre. On peut le rapprocher d'autres poèmes de guerre mêlant intime et événement historique, comme certains Calligrammes d'Apollinaire lui-même ou les poèmes de guerre d'Éluard (Le Devoir et l'Inquiétude). »

RéponseConclusion rédigée ci-dessus.

Exercice 2 : Dissertation : Le Menteur, mentir, est-ce seulement raconter des histoires ?20 points

Œuvre : Corneille, Le Menteur (1644) ; parcours : mensonge et comédie. Sujet : « Dans Le Menteur de Corneille, diriez-vous que mentir, c'est seulement raconter des histoires ? »

D1.1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « mentir » (dire le faux pour tromper), « raconter des histoires » (inventer, narrer, divertir) : l'expression suggère un jeu inoffensif, une activité de conteur. « Seulement » appelle à discuter la restriction.
  2. Dorante, dans la pièce, est à la fois un conteur brillant (récits de guerre, de fête, de mariage) et un trompeur qui poursuit des buts (séduire, échapper à un mariage). Il faut distinguer la fiction (récit qui se donne comme invention) et le mensonge (récit présenté comme vrai, avec intention de tromper).
  3. Problématique : le mensonge de Dorante est-il un simple art du récit, ou une action qui engage des intérêts, des relations et une morale ?

RéponseLe sujet oppose le mensonge à l'art du récit. Problématique : dans quelle mesure mentir est-il une invention gratuite, et en quoi est-ce aussi un acte aux conséquences ?

D1.2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Mentir, c'est raconter des histoires : Dorante est un conteur né, doué d'imagination et d'éloquence (récits de fête sur l'eau, aventures militaires) ; ses récits sont précis, vivants, pleins d'effets (détails, éloges) ; le mensonge est un plaisir de la parole, qui se rapproche de l'art du théâtre ; Cliton, son valet, le sait et en rit. Corneille joue sur la parenté entre mensonge et littérature.
  2. II. Mais mentir n'est pas seulement raconter : Dorante ment pour obtenir quelque chose : séduire, éviter un mariage, sauver son honneur ; son mensonge s'inscrit dans une action et provoque des conséquences (quiproquos, rivalité avec Alcippe, colère du père Géronte). Il trompe des personnes qui lui accordent leur confiance. La différence avec la fiction : celui qui raconte une histoire ne prétend pas qu'elle est vraie, alors que le menteur impose sa version.
  3. III. Le mensonge révèle les limites de l'art du récit : le menteur est pris à ses propres inventions ; il perd celle qu'il aime (Clarice, qu'il croyait nommée Lucrèce) et subit un dénouement qu'il n'a pas voulu ; le mensonge se retourne contre l'inventeur. La pièce suggère que le plaisir de la fiction suppose le pacte avec le public, que le menteur trahit. Parcours : la comédie met en scène le mensonge, et le théâtre lui-même est un mensonge consenti.
  4. Culture personnelle possible : Alarcón (La Vérité suspecte, la pièce espagnole dont Corneille s'inspire), Molière (Dom Juan), Rostand (Cyrano : l'invention au service de l'amour), Pinocchio.
  5. Conclusion possible : mentir, c'est aussi raconter des histoires, mais jamais seulement : le mensonge engage autrui et pose la question de la vérité dans les relations.

RéponseI. Mentir : un art du récit et de la parole ; II. Mais un mensonge qui agit et qui trompe ; III. Les limites du mensonge : théâtre consenti et mensonge subi.

D1.3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Dans Le Menteur (1644), Corneille fait de Dorante un héros capable d'inventer sur-le-champ des histoires pour séduire et tromper. Mentir, est-ce seulement raconter des histoires ? On verra d'abord que le mensonge de Dorante relève d'un art du récit, puis qu'il est aussi un acte qui trompe et qui engage, enfin que le théâtre distingue la fiction acceptée et le mensonge subi. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « Dans la pièce de Corneille, le mensonge est un art du récit mais aussi un acte : il fait rire, il trompe et il a des conséquences. La comédie permet ainsi de séparer la fiction partagée du mensonge qui blesse. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 3 : Dissertation : On ne badine pas avec l'amour, « J'ai eu tort de parler »20 points

Œuvre : Musset, On ne badine pas avec l'amour ; parcours : les jeux du cœur et de la parole. Sujet : « J'ai eu tort de parler », dit Camille à Perdican (acte II, scène 5). Cette réplique éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ?

D2.1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « J'ai eu tort de parler » : regret d'avoir parlé, aveu de faute, mais aussi réflexion sur la parole (dire, avouer, se dévoiler). La réplique est dite par Camille, qui s'est exprimée à Perdican dans la scène 5 de l'acte II (où elle lui parle de ce qu'elle a vécu au couvent et de l'amour).
  2. La pièce est un « jeu du cœur et de la parole » : les personnages parlent beaucoup, mentent, se taisent, se piquent. Il faut examiner ce que parler fait : révéler, protéger, blesser, perdre.
  3. Problématique : la parole est-elle dans la pièce un risque (parler, c'est se perdre ou perdre l'autre) ou un moyen de vérité ?

RéponseLa réplique de Camille pose la question du danger de la parole. Problématique : dans quelle mesure la parole est-elle, dans la pièce, un acte qui sauve ou qui perd ?

D2.2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. La réplique éclaire la pièce : parler est un danger. Camille, élevée dans la retenue, se confie à Perdican et regrette aussitôt : la parole expose ; les personnages se piquent par des mots (défi, ironie) ; les mots dits ne peuvent plus être repris (aveux, insultes). Perdican parle beaucoup (tirade sur l'amour) et sa parole le piège. Le titre renforce l'idée : on ne joue pas avec les mots d'amour.
  2. II. Mais la parole est aussi le lieu du vrai : la tirade de Perdican sur l'amour et la souffrance (« J'ai souffert souvent, j'ai menti quelquefois, mais j'ai aimé ») est une affirmation sincère ; l'aveu dans l'oratoire fait entendre le cœur ; Camille, en parlant, avoue sa peur et son amour malgré elle. Le silence et le non-dit sont autant dangereux : les personnages se perdent parce qu'ils ne se disent pas la vérité (orgueil, jeu).
  3. III. L'ambivalence de la parole : à la fois jeu (rhétorique, défi, ruse) et vérité (aveu) : la pièce place les personnages entre parole qui ment et parole qui engage. Le Chœur, maître Blazius, maître Bridaine et dame Pluche parlent beaucoup pour peu dire : paroles creuses ; la mort de Rosette est la conséquence d'un jeu de paroles. La phrase de Camille éclaire la tragédie : parler, c'est risquer.
  4. Culture personnelle possible : Marivaux (le jeu des aveux), Racine (l'aveu tragique), Beckett ou Sarraute (la parole piège).
  5. Conclusion possible : la réplique résume l'ambivalence de la parole : elle est à la fois lieu de la vérité et danger, ce qui fait la dimension tragique de la pièce.

RéponseI. Parler est un danger ; II. Mais la parole est aussi le lieu du vrai ; III. L'ambivalence de la parole, entre jeu et aveu.

D2.3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Dans On ne badine pas avec l'amour, Camille dit à Perdican, à l'acte II, scène 5 : « J'ai eu tort de parler ». Cette réplique éclaire-t-elle la pièce ? On verra d'abord que parler est un danger, puis que la parole est aussi le lieu du vrai, enfin que la pièce montre l'ambivalence de la parole, entre jeu et aveu. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La réplique de Camille résume une question centrale : parler expose. Musset montre une parole à la fois nécessaire et dangereuse, d'où la tonalité tragique du dénouement. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

Exercice 4 : Dissertation : Pour un oui ou pour un non, la dispute est-elle spectaculaire ?20 points

Œuvre : Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non ; parcours : théâtre et dispute. Sujet : « Selon vous, la dispute est-elle spectaculaire dans Pour un oui ou pour un non ? »

D3.1Analyser le sujet : termes clés, définitions, problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Avant de rédiger, on souligne les mots du sujet, on les définit et on formule un problème qui oblige à discuter.

Démarche
  1. Termes du sujet : « spectaculaire » (qui frappe les yeux, impressionne, relève du spectacle : action visible, éclats, mise en scène) ; ou, au sens théâtral, « qui se donne en spectacle ». « Selon vous » : réponse argumentée.
  2. La dispute de Sarraute est fondée sur presque rien (une intonation), se déroule en huis clos, avec peu d'action visible. Mais elle est théâtrale par la parole.
  3. Problématique : une dispute sans action visible et sans objet évident peut-elle être spectaculaire, et par quels moyens le théâtre en fait-il un spectacle ?

RéponseLe sujet demande si la dispute est spectaculaire. Problématique : comment une dispute faite de mots et d'intonations devient-elle un spectacle de théâtre ?

D3.2Construire un plan détaillé avec arguments et exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Un plan de dissertation avance par parties qui répondent à la problématique, chacune étayée par des exemples précis de l'œuvre, du parcours et de la culture personnelle.

Démarche
  1. I. Non, la dispute n'est pas spectaculaire au sens habituel : pas d'action physique, pas d'éclat de violence ; un décor réduit, un cadre quotidien ; le motif est dérisoire ; le vocabulaire est simple. Les deux hommes, que la pièce désigne par H.1 et H.2, sont de vieux amis qui parlent calmement au début. La pièce décevrait celui qui attend un grand affrontement.
  2. II. Mais la parole fait spectacle : le dialogue est un duel verbal (rythmes, ruptures, répliques brèves, silences) ; les nuances de ton (le « C'est bien, ça... ») sont à jouer par les comédiens ; les phrases inachevées, les répétitions, les points de suspension créent une théâtralité de la voix ; l'arrivée du troisième homme, pris à témoin, transforme la scène en tribunal, donc en spectacle dans le spectacle. Le spectateur est engagé comme juge.
  3. III. Un spectacle de l'invisible : Sarraute montre les tropismes, ces mouvements intérieurs, que les mots révèlent ; le spectaculaire est dans ce qui est à peine perceptible ; le plaisir tient à la précision de l'observation et à l'humour. La dispute devient spectacle de la parole, qui a ses règles (accusation, défense, preuve). La pièce joue de l'écart entre la minceur du motif et la violence de la réaction.
  4. Culture personnelle possible : Beckett, Ionesco (théâtre de la parole), Yasmina Reza, Molière (les querelles de ses comédies).
  5. Conclusion possible : la dispute n'est pas spectaculaire par l'action, mais elle l'est par la parole et la tension : Sarraute invente un spectaculaire de l'infime.

RéponseI. Une dispute sans spectacle apparent ; II. Un duel verbal à voir et à entendre ; III. Le spectaculaire de l'invisible.

D3.3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse du sujet, problématique, annonce du plan. Conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Dans Pour un oui ou pour un non (1982), Nathalie Sarraute met en scène une dispute entre deux amis à propos d'une intonation. Cette dispute est-elle spectaculaire ? On verra d'abord qu'elle ne l'est pas au sens d'une action visible, puis que la parole la rend théâtrale, enfin que Sarraute invente un spectaculaire de l'invisible. »
  2. Rédaction possible de conclusion : « La dispute n'est pas spectaculaire par ses actions, mais par la tension de la parole et par ce qu'elle laisse entendre des mouvements intérieurs. Sarraute fait du théâtre un lieu où le plus infime devient visible. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées ci-dessus (à reformuler avec vos mots).

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