BAC Révision CollègeBrevetBacAnnales Télécharger

Annales corrigées › Bac 2025 › Français

Bac 2025

Français (voie générale) – Métropole, juin 2025, sujet 1 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français · 4 h · coefficient 5 · commentaire ou dissertation (20 points)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

Ouvrir le sujet dans l'application gratuite

Exercice 1 : Commentaire : Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée (1854), la lande de Lessay20 points

Objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Un incipit descriptif : la lande de Lessay, « désert normand ». Le texte compte 31 lignes numérotées. Il suffit de traiter ce sujet OU l'une des dissertations.

C1Lire le texte : quels sont ses mouvements et quel effet est recherché ?Touche pour voir la correction

À retenir Un incipit descriptif installe un lieu, un ton et une attente ; on repère ce que le texte fait avant de l'interpréter.

Démarche
  1. Premier mouvement (ll. 1 à 15) : le désert décrit par des négations (« ni arbres, ni maisons, ni haies, ni traces d'homme ») ; dimensions (« sept lieues de tour ») ; réputation de « passage redoutable » ; ceux qui le traversent seuls sont des « téméraires ».
  2. Deuxième mouvement (ll. 16 à 22) : le lieu favorise le crime : « commode pour détrousser un voyageur ou pour dépêcher un ennemi » ; l'étendue empêche tout secours.
  3. Troisième mouvement (ll. 23 à 31) : le danger surnaturel, plus effrayant encore : « les plus singulières apparitions » ; « l'imagination continuera d'être […] la plus puissante réalité ».
  4. Effet : un lieu à la fois géographique précis (noms de villes, Du Guesclin) et chargé de peur, qui prépare le fantastique et un récit de sorcellerie.

RéponseDu désert géographique au lieu de crime, puis à l'espace hanté : une montée de l'inquiétude.

Piège Ne pas se contenter de lister ce que décrit le texte : il faut expliquer comment le narrateur fait naître la peur.

C2Quels procédés, avec citations, montrent (I) un désert hostile, (II) un lieu du crime, (III) un lieu hanté par l'imagination ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour chaque axe : procédé, citation, effet.

Démarche
  1. Axe I, le désert. La série négative « ni arbres, ni maisons, ni haies, ni traces d'homme ou de bêtes » est une accumulation par négations : le paysage est défini par ce qui lui manque. Hyperbole et abstraction : « une grandeur de solitude et de tristesse désolée » (le paysage est une émotion). Précision chiffrée : « sept lieues de tour », « plus d'une couple d'heures » : le réalisme crédibilise l'effroi.
  2. Axe I (suite). La voix de l'opinion : « Dans l'opinion de tout le pays, c'était un passage redoutable », « disait-on » : le narrateur s'efface derrière le « on » collectif ; adjectifs « redoutable », « terrible » : le lieu est craint avant d'être vu.
  3. Axe II, le lieu du crime. Le conditionnel et l'irréel : « Il aurait été difficile de choisir une place plus commode pour détrousser un voyageur » ; paradoxe : l'étendue « si considérable et si claire » est un piège : on voit de loin les secours ; « un si vaste silence aurait dévoré tous les cris » : personnification qui fait du silence un monstre.
  4. Axe III, l'imagination. La limite entre rumeur et réalité : « Si l'on en croyait les récits des charretiers » (condition) ; « Dans le langage du pays, il y revenait » : l'euphémisme du revenant ; maxime du narrateur : « l'imagination continuera d'être, d'ici longtemps, la plus puissante réalité qu'il y ait dans la vie des hommes » (présent de vérité générale).
  5. Transition : « Mais ce n'était pas tout » (l. 22) annonce que le pire est ailleurs. Hyperbole finale : « faisait trembler le pied de frêne dans la main du plus vigoureux gaillard » : même la force physique cède devant la peur ; le groupe nominal « populations musculaires, braves et prudentes » oppose courage physique et peur du surnaturel.

RéponseLe désert est défini par le manque, le crime par le conditionnel, le surnaturel par l'imagination collective ; le narrateur cultive l'ambiguïté entre réel et fantastique.

Vérification Vérifier que le choix des citations correspond bien aux lignes ; « pied de frêne » est expliqué en note (bâton).

C3Formuler une problématique, annoncer un plan, rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, présentation, problématique, plan.

Démarche
  1. Problématique : comment la description de la lande fait-elle d'un lieu réel un espace de peur et prépare-t-elle l'entrée dans le fantastique ?
  2. Plan : I. Un désert réel et hostile ; II. Un lieu propice au crime ; III. Le basculement vers l'imaginaire et le surnaturel.
  3. Rédaction possible : « Publié en 1854, L'Ensorcelée de Barbey d'Aurevilly est un roman normand où se mêlent chouannerie, passion et sorcellerie. Dans l'incipit, le narrateur décrit la lande de Lessay, « désert normand » redouté par les habitants. Ce paysage n'est pas seulement un cadre : il prépare l'atmosphère du récit. Comment la description fait-elle d'un lieu réel un espace de peur qui annonce le fantastique ? Nous verrons d'abord le désert réel et hostile, puis le lieu propice au crime, enfin le glissement vers l'imagination et le surnaturel. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas affirmer que le roman est « fantastique » sans nuance : il joue de l'ambiguïté (rumeur, superstition).

C4Rédiger la conclusion avec une ouverture.Touche pour voir la correction

À retenir Bilan puis ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Ainsi, cette description fait de la lande un paysage menaçant avant tout événement : le vide, le danger criminel puis l'imaginaire de la rumeur construisent une peur croissante, sans que le narrateur n'affirme rien du surnaturel. Cet incipit rappelle la valeur d'un décor chez Balzac ou Hugo, où le lieu annonce le drame. »

RéponseConclusion rédigée.

Vérification L'ouverture à Balzac ou Hugo reste générale ; on peut citer un incipit descriptif étudié en classe.

Exercice 2 : Dissertation : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle20 points

Trois sujets au choix (Corneille, Musset, Sarraute). Pour chacun : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée.

DA1Sujet A (Corneille, Le Menteur, parcours « mensonge et comédie ») : « Selon vous, dans la comédie Le Menteur, l'art du mensonge est-il toujours maîtrisé ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir « Toujours » appelle une discussion : on examine la maîtrise de Dorante, ses défaillances et le rôle de l'auteur.

Démarche
  1. Termes : « art du mensonge » = savoir-faire, talent d'invention ; « maîtrisé » = contrôlé, volontaire. On se demande qui maîtrise : Dorante ou Corneille.
  2. Problématique : Dorante est-il un menteur artiste qui contrôle ses mensonges, ou ses inventions lui échappent-elles au point de devenir un ressort comique incontrôlé ?
  3. I. Un art maîtrisé : invention brillante du récit de la fête sur l'eau (acte I), improvisation devant Clarice et Lucrèce, art du récit, du détail, de l'éloquence.
  4. II. Une maîtrise qui échoue : confusion des noms de Clarice et Lucrèce, mensonge en cascade pour couvrir un premier mensonge (le mariage inventé devant Géronte), contradictions relevées par Cliton.
  5. III. Un mensonge maîtrisé par l'auteur : Corneille construit des quiproquos et un dénouement qui punit Dorante ; le mensonge sert la comédie plus que le personnage.
  6. Culture personnelle : Molière (Tartuffe, Dom Juan), Marivaux, Alarcón (La Vérité suspecte), la comédie espagnole.

RéponseL'art du mensonge de Dorante est brillant mais non maîtrisé : sa maîtrise est surtout celle de l'auteur.

Vérification Vérifier acte et scène des récits (I, 5 pour le récit de la fête ; II pour le mariage inventé) sur l'édition étudiée.

DA2Sujet A : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Créée en 1644, Le Menteur de Corneille est une comédie qui met en scène Dorante, jeune provincial arrivé à Paris, dont les mensonges brillants finissent par le piéger. Le personnage semble avoir un art du récit et de l'invention remarquable, mais ses inventions se retournent contre lui. On peut donc se demander si l'art du mensonge est toujours maîtrisé dans la pièce. Nous verrons d'abord la virtuosité de Dorante, puis les limites de cette maîtrise, enfin la maîtrise de Corneille sur le jeu des mensonges. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas raconter toute l'intrigue : la dissertation exige des exemples ciblés.

DB1Sujet B (Musset, On ne badine pas avec l'amour, parcours « les jeux du cœur et de la parole ») : « Les personnages s'affrontent-ils sérieusement dans On ne badine pas avec l'amour ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir « Sérieusement » oppose le jeu et le sérieux : on examine le ton, la gravité et les conséquences.

Démarche
  1. Termes : « s'affrontent » = conflit, lutte ; « sérieusement » = avec gravité, sans jeu. Le titre lui-même (« on ne badine pas ») annonce la question.
  2. Problématique : l'affrontement entre Camille et Perdican est-il un jeu de séduction ou un combat grave, et quel lien entre le jeu et le drame ?
  3. I. Un affrontement qui semble un jeu : joutes verbales, feintes, coquetterie, « marivaudage » ; comique des personnages secondaires (le baron, Blazius, Dame Pluche, le chœur).
  4. II. Un affrontement qui s'aggrave : orgueil, blessures, utilisation de Rosette dans le jeu de vengeance (fin de l'acte II et acte III), lettres et rendez-vous.
  5. III. Un jeu qui devient tragique : mort de Rosette, échec de l'amour ; le proverbe prend un sens grave ; mélange comique et tragique, drame romantique.
  6. Culture personnelle : Marivaux, Shakespeare (comédies), Beaumarchais.

RéponseLes personnages commencent en jouant et finissent dans le sérieux tragique : le jeu est une porte vers le drame.

Vérification Vérifier acte et scène des passages (II, 5 pour la tirade de Perdican sur l'amour ; scène finale pour la mort de Rosette).

DB2Sujet B : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Publié en 1834, On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset met face à face Camille et Perdican, cousins promis l'un à l'autre. Leurs échanges ont d'abord l'allure d'un jeu, mais le titre prévient : l'amour n'est pas un jeu. On peut donc se demander si les personnages s'affrontent sérieusement. Nous verrons d'abord la dimension de jeu de leur affrontement, puis sa gravité croissante, enfin sa conclusion tragique. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas confondre « sérieux » avec « triste » : le sérieux est ici la gravité des enjeux.

DC1Sujet C (Sarraute, Pour un oui ou pour un non, parcours « théâtre et dispute ») : un critique remarque que « le dialogue est toujours, en fin de compte, un jeu dans lequel tous les coups sont permis ». Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir Sujet de type « éclaire-t-elle votre lecture ? » : on teste la citation (accord, nuance, limite) à partir de la pièce.

Démarche
  1. Termes : « dialogue » = échange de paroles ; « jeu » = compétition avec des règles ; « tous les coups sont permis » = absence de limites. Il faut en vérifier la validité sur la pièce.
  2. Problématique : le dialogue de Pour un oui ou pour un non est-il un jeu sans règles, ou révèle-t-il un enjeu plus vital que le jeu ?
  3. I. Oui, un jeu : H1 et H2 s'affrontent en tactiques verbales (reproches, accusations, appel à un tiers), répétitions, scènes de duel verbal ; le comique de la futilité (« pour un oui ou pour un non »).
  4. II. Mais des coups très graves : l'enjeu est la relation, l'estime, l'identité ; les mots les plus anodins (« C'est bien, ça ») blessent ; les silences et sous-conversations font mal.
  5. III. Un jeu qui révèle : le dialogue dévoile les tropismes, la violence intérieure ; l'affrontement théâtralise la dispute (parcours) et laisse le spectateur juge.
  6. Culture personnelle : Ionesco, Beckett, Pinter, Marivaux.

RéponseLa citation est en partie éclairante : le jeu est réel mais il est au service d'un enjeu sérieux.

Vérification Retrouver dans votre édition la formule « C'est bien, ça… » (accent sur « bien ») et le rôle de H3 pour la citer exactement.

DC2Sujet C : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec amorce, problématique, plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Créée en 1982, Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute fait s'affronter deux amis autour d'une petite phrase. Un critique y voit un dialogue qui serait « un jeu dans lequel tous les coups sont permis ». Cette formule éclaire-t-elle vraiment la pièce ? Nous verrons d'abord ce qui, dans la pièce, relève du jeu et du combat verbal, puis ce qui fait de ces coups des blessures sérieuses, enfin ce que ce dialogue révèle de la violence des mots. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Citer la phrase du critique entre guillemets et la discuter, sans la répéter mécaniquement.

Télécharger BAC Révision, gratuit

Autres sujets de Français (Bac 2025)