BAC Révision CollègeBrevetBacAnnales Télécharger

Annales corrigées › Bac 2025 › Français

Bac 2025

Français (voie générale) – Métropole, juin 2025, sujet 2 : correction détaillée

Épreuve anticipée de français · 4 h · coefficient 5 · commentaire ou dissertation (20 points)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

Ouvrir le sujet dans l'application gratuite

Exercice 1 : Commentaire : Racine, Alexandre le Grand (1665), acte I, scène 220 points

Objet d'étude : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle. Deux rois indiens, Taxile et Porus, délibèrent : faut-il se soumettre à Alexandre ou lui résister ? L'extrait compte 52 vers. Il suffit de traiter ce sujet OU l'une des dissertations.

C1Lire le texte : quels sont ses mouvements et quelles fonctions a la scène ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour un texte de théâtre, on repère la situation, les répliques longues (tirades) et brèves (stichomythie), et la fonction de la scène (exposition).

Démarche
  1. Situation : Alexandre propose la soumission sans combat ; les deux rois, rivaux en amour pour la reine Axiane, doivent décider.
  2. Premier mouvement (v. 1 à 12) : tirade de Taxile qui conseille de céder en apparence (« Par quelque vain hommage on peut le satisfaire »).
  3. Deuxième mouvement (v. 13 à 32) : tirade de Porus : refus d'avoir peur, éloge de la gloire, peinture d'Alexandre comme conquérant qui asservit.
  4. Troisième mouvement (v. 33 à 52) : dialogue vif, stichomythie à partir du v. 37 ; amour et rivalité surgissent (« la reine ») ; aveu final de Porus : sa colère « aime la guerre ».

RéponseScène d'exposition en trois temps : conseil de prudence, réplique d'honneur, affrontement rapide qui révèle les rivalités.

Vérification L'extrait compte 52 vers ; les numéros de vers cités suivent la numérotation imprimée dans le sujet.

C2Quels procédés, avec citations, montrent (I) deux visions opposées d'Alexandre et du pouvoir, (II) deux caractères opposés, (III) un dialogue de plus en plus vif révélant des enjeux amoureux ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour chaque axe : procédé, citation, effet.

Démarche
  1. Axe I, le portrait d'Alexandre. Métaphore du « torrent » : « C'est un torrent qui passe, et dont la violence / Sur tout ce qui l'arrête exerce sa puissance » ; la longue métaphore filée donne à Alexandre une force naturelle irrépressible (« grossi du débris de cent peuples divers »). Taxile en tire une leçon de prudence ; Porus la retourne : « Combien de rois, brisés à ce funeste écueil / Ne règnent plus qu'autant qu'il plaît à son orgueil ! » (reprise de l'image de l'eau : l'écueil brise les rois comme la mer brise les navires).
  2. Axe II, deux caractères. Taxile euphémise : « vain hommage », « respects », « devoirs qui ne nous coûtent rien » (litote et euphémisme : on cède sans rien perdre). Porus reprend la formule en la niant : « Qui ne nous coûtent rien, Seigneur ! L'osez-vous croire ? » (reprise indignée) puis oppose sa « gloire » aux « lâchetés ». Il accuse l'autre de calcul ; Taxile le soupçonne de « haine ».
  3. Axe II (suite). Le lexique de l'honneur domine chez Porus (« gloire », « courage », « valeur », « noble chaleur ») ; celui de l'intérêt chez Taxile (« sauver mon empire », « le peuple aime les rois qui savent l'épargner »).
  4. Axe III, le dialogue. Stichomythie en antithèses symétriques : « L'audace et le mépris sont d'infidèles guides. » / « La honte suit de près les courages timides. » ; chaque réplique tient en un vers et deux répliques successives forment une paire de rimes plates (« guides / timides », « l'épargner / régner ») ; rythme rapide, conflit de maximes.
  5. Axe III (suite). L'enjeu amoureux : « La reine, à vous ouïr, n'a des yeux que pour vous. » (ironie de Taxile) / « Un esclave est pour elle un objet de courroux. » La rivalité amoureuse double la querelle politique ; l'aveu final de Porus (« ma juste colère / Aime la guerre autant que la paix vous est chère ») est une antithèse symétrique qui fait de sa valeur un goût du combat.

RéponseL'extrait oppose prudence et gloire en trois étapes (tirade, réponse, stichomythie) et fait apparaître la rivalité amoureuse sous le débat politique.

C3Formuler une problématique, annoncer un plan, rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec amorce, présentation, problématique, plan.

Démarche
  1. Problématique : comment cette scène d'exposition, sous couvert de délibération politique, oppose-t-elle deux caractères et révèle-t-elle une rivalité amoureuse ?
  2. Plan : I. Deux manières de répondre à Alexandre ; II. Deux caractères en conflit ; III. Un dialogue qui révèle les enjeux cachés.
  3. Rédaction possible : « Représentée en 1665, Alexandre le Grand est la deuxième tragédie de Racine. Elle met en scène la conquête des Indes par Alexandre et la rivalité de deux rois, Taxile et Porus, amoureux de la même reine. Dans cette scène 2 de l'acte I, les deux hommes délibèrent : faut-il se soumettre ou résister ? Comment cette délibération politique oppose-t-elle deux caractères et laisse-t-elle voir une rivalité amoureuse ? Nous verrons d'abord les deux réponses à Alexandre, puis les deux caractères en conflit, enfin le dialogue qui révèle les enjeux cachés. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas oublier de préciser le genre (tragédie en alexandrins, rimes plates).

C4Rédiger la conclusion avec une ouverture.Touche pour voir la correction

À retenir Bilan puis ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Cette scène montre donc que la délibération politique est aussi un affrontement de caractères et de passions : Taxile incarne la prudence calculatrice, Porus l'honneur et l'ardeur guerrière, tous deux travaillés par l'amour. La scène installe le conflit qui structure la pièce. On peut rapprocher cette confrontation des délibérations héroïques de Corneille (Le Cid, Cinna) ou, chez Racine, de la rivalité entre Pyrrhus et Oreste dans Andromaque. »

RéponseConclusion rédigée.

Vérification Les œuvres citées pour l'ouverture sont des repères culturels, à adapter.

Exercice 2 : Dissertation : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle20 points

Trois sujets au choix (Prévost, Balzac, Colette). Pour chacun : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée.

DA1Sujet A (Prévost, Manon Lescaut, parcours « personnages en marge, plaisirs du romanesque ») : un critique dit que Manon Lescaut « incarne la revanche du plaisir et du désir sur le devoir et sur la loi ». Cette affirmation correspond-elle à votre lecture ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir Sujet de type « correspond-elle à votre lecture ? » : on teste l'affirmation et on la nuance.

Démarche
  1. Termes : « revanche » = réparation après une défaite ; « plaisir » et « désir » s'opposent à « devoir » et « loi » (morale, famille, justice). Il faut regarder qui l'emporte.
  2. Problématique : le roman donne-t-il la victoire au plaisir et au désir, ou montre-t-il que le devoir et la loi reprennent leurs droits et que le plaisir de lire est ailleurs ?
  3. I. Une revanche du plaisir : des Grieux renonce à l'état ecclésiastique, à sa famille, à la vertu ; Manon aime le luxe et le plaisir ; vols, filouteries ; le romanesque fait des marginaux des héros attachants.
  4. II. Mais la loi triomphe : Saint-Sulpice, Hôpital, déportation, mort de Manon ; punition des fautes ; Tiberge incarne le devoir ; remords du narrateur.
  5. III. Une revanche ambiguë : narration rétrospective par des Grieux qui plaide sa cause ; l'Avis de l'auteur présente le récit comme un exemple moral, mais le lecteur éprouve de la compassion ; le romanesque réhabilite le désir.
  6. Culture personnelle : Laclos, Stendhal, Flaubert (désir et société).

RéponseLa revanche est réelle dans l'élan des personnages et dans la sympathie du lecteur, mais le dénouement rappelle le devoir et la loi.

Vérification Cite l'Avis de l'auteur et l'épisode de Saint-Sulpice en précisant leur place dans le roman.

DA2Sujet A : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Publié en 1731, Manon Lescaut de l'abbé Prévost raconte la passion du chevalier des Grieux pour une jeune femme dont le goût du plaisir le conduit au crime et à l'exil. Un critique y voit « la revanche du plaisir et du désir sur le devoir et sur la loi ». Cette lecture rend-elle compte de l'œuvre ? Nous verrons d'abord comment le roman fait triompher le désir, puis comment la loi et le devoir reprennent leurs droits, enfin comment le romanesque rend cette victoire ambiguë. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas oublier le cadre narratif : le récit est fait par des Grieux à l'homme de qualité.

DB1Sujet B (Balzac, La Peau de chagrin, parcours « les romans de l'énergie : création et destruction ») : « D'après votre lecture, l'excès est-il toujours destructeur dans La Peau de chagrin ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir « Toujours » appelle une nuance : l'excès détruit-il, mais aussi crée-t-il ?

Démarche
  1. Termes : « excès » = dépassement de la mesure (désir, plaisir, travail) ; « destructeur » = qui mène à la ruine. Le parcours « création et destruction » invite à discuter les deux faces de l'énergie.
  2. Problématique : dans La Peau de chagrin, l'excès est-il seulement une force de destruction ou est-il aussi la condition de la vie et de la création ?
  3. I. L'excès détruit : la peau de chagrin (« Si tu me possèdes, tu posséderas tout. Mais ta vie m'appartient ») rétrécit à chaque désir ; orgie du banquet de Taillefer ; excès du jeu ; vie de Raphaël ruinée ; mort.
  4. II. L'excès crée : énergie vitale (désir, travail, passion) ; l'œuvre elle-même est excessive ; la vie sans désir est un lent dépérissement (la vie végétative de Raphaël) ; Pauline et son amour.
  5. III. L'enjeu : la mesure est-elle possible ? L'antiquaire résume : « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ; mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme » ; le roman montre un dilemme sans issue et fait du lecteur le juge ; énergie de l'écriture balzacienne.
  6. Culture personnelle : Stendhal (Julien Sorel), Balzac (Illusions perdues), Faust de Goethe.

RéponseL'excès détruit mais il est aussi la source de l'énergie vitale : le roman le montre ambivalent.

Vérification Formule de l'antiquaire : « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ; mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme. »

DB2Sujet B : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Paru en 1831, La Peau de chagrin de Balzac raconte l'histoire de Raphaël de Valentin, qui reçoit une peau magique : chaque désir exaucé la rétrécit et abrège sa vie. Le roman paraît condamner l'excès, mais il célèbre aussi l'énergie du désir. L'excès est-il toujours destructeur dans le roman ? Nous verrons d'abord comment l'excès détruit, puis comment il crée, enfin comment le roman interroge la possibilité de la mesure. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Ne pas réduire le roman à une leçon morale : l'énergie y est aussi admirée.

DC1Sujet C (Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne, parcours « la célébration du monde ») : « La célébration du monde s'apparente-t-elle à un spectacle dans Sido et Les Vrilles de la vigne ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction

À retenir On interroge le mot « spectacle » : regard, mise en scène, distance, mais aussi participation.

Démarche
  1. Termes : « célébration » = louange, fête ; « spectacle » = ce qu'on regarde à distance. La question : le monde est-il offert au regard ou vécu ?
  2. Problématique : la célébration du monde est-elle chez Colette un spectacle contemplé ou une expérience vécue dans tout le corps ?
  3. I. Un spectacle : mise en scène de la nature (jardin, saisons, aube), regard de la mère (Sido), théâtralité des descriptions, plaisirs de l'œil et du récit.
  4. II. Mais une participation sensuelle : goût, odeurs, toucher ; l'enfant et Sido sont dans le monde ; dans Les Vrilles de la vigne, la nature est le lieu d'un amour, d'une souffrance, d'un deuil.
  5. III. Célébrer par l'écriture : la langue de Colette transforme le monde, le fait exister par les mots ; le monde est autant dit que montré ; hommage à la mère et à la mémoire.
  6. Culture personnelle : Proust, Giono, Ponge.

RéponseLa célébration emprunte au spectacle mais le dépasse : elle est expérience sensible et acte d'écriture.

Vérification Sélectionner des textes précis de Sido (par exemple l'éveil du jardin) et de Les Vrilles de la vigne dans votre édition.

DC2Sujet C : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction avec problématique.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Dans Sido (1930) puis dans Les Vrilles de la vigne (1908), Colette célèbre la nature, l'enfance et les sensations avec une langue sensuelle. Cette célébration passe souvent par le regard : le monde y est décrit comme un tableau, presque une scène. Pourtant, peut-on dire qu'elle s'apparente à un spectacle ? Nous verrons d'abord le monde offert au regard comme un spectacle, puis la participation sensuelle qui le dépasse, enfin la transformation du monde par l'écriture. »

RéponseIntroduction rédigée.

Piège Les deux œuvres sont de date et de nature différentes : ne pas les traiter comme un seul bloc.

Télécharger BAC Révision, gratuit

Autres sujets de Français (Bac 2025)