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Bac 2025
Français (voie générale) – Nouvelle-Calédonie 2025 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français · 4 h · coefficient 5 · commentaire ou dissertation (20 points)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Victor Hugo, Notre-Dame de Paris (1831), IV, 320 points
Objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Quasimodo, sonneur de cloches, et la cathédrale. Le texte compte 38 lignes numérotées. Il suffit de traiter ce sujet OU l'une des dissertations.
C1Lire le texte : quels sont ses mouvements et quelle idée centrale se dégage ?Touche pour voir la correction
À retenir On repère le découpage et l'idée directrice avant les procédés.
- Premier mouvement (ll. 1 à 12) : Quasimodo sonnant le bourdon : une scène de frénésie où l'homme et la cloche fusionnent.
- Deuxième mouvement (ll. 13 à 20) : la cathédrale paraît animée par sa présence : « possédée et remplie de Quasimodo comme d'un génie familier ».
- Troisième mouvement (ll. 21 à 38) : Quasimodo omniprésent dans l'édifice (« Tantôt… Tantôt… Souvent… ») jusqu'à la formule finale : « il en était l'âme ».
- Idée centrale : fusion de Quasimodo et de la cathédrale ; l'être monstrueux devient l'âme du monument.
RéponseTrois mouvements : l'homme et la cloche, la cathédrale vivante, l'ubiquité de Quasimodo avec la formule finale.
Piège Ne pas se contenter de dire que Quasimodo est laid : le texte en fait un être mythique et sublime.
C2Quels procédés, avec citations, montrent (I) un être hybride et mythique, (II) une cathédrale vivante, (III) une fusion qui fait de Quasimodo l'âme du monument ?Touche pour voir la correction
À retenir Pour chaque axe : procédé, citation, effet.
- Axe I, un être hybride. Comparaison animale : « comme l'araignée attend la mouche » (prédateur) ; métaphore et animalisation : « un étrange centaure moitié homme, moitié cloche » ; références mythologiques et littéraires : « Astolphe », « hippogriffe de bronze vivant ». Gradation qui dissout l'individu : « ce n'était plus ni le bourdon de Notre-Dame ni Quasimodo, c'était un rêve, un tourbillon, une tempête ».
- Axe I (suite). Verbes d'action violents (« se jetait », « étreignait », « éperonnait ») ; les sons : « criait et grinçait des dents », « sa poitrine faisait le bruit d'un soufflet de forge » : comparaison à une machine ; hyperbole « à corps perdu ».
- Axe II, la cathédrale vivante. Personnification : « faisait palpiter les profondes entrailles de la vieille église », « on eût dit qu'il faisait respirer l'immense édifice » (irréel du passé, modalisation) ; la cathédrale est « une créature docile et obéissante sous sa main ». Fantastique des pierres : « les mille statues des galeries et des portails » qui paraissent « vivre et remuer » ; « on entendait aboyer les chiens, les guivres, les tarasques de pierre » : métamorphose des gargouilles.
- Axe II (suite). Le discours rapporté « au dire des superstitions grossissantes de la foule », « disaient les voisines » : le narrateur se distancie en rapportant une croyance populaire, ce qui entretient une atmosphère merveilleuse.
- Axe III, la fusion. L'ubiquité par anaphore et énumération : « Tantôt on apercevait avec effroi… Tantôt on se heurtait… Tantôt on avisait… » ; chute répétée « c'était Quasimodo… » : chaque épisode se clôt sur son nom, comme une signature. Chimère « accroupie et renfrognée ; c'était Quasimodo pensant » : de la gargouille à l'homme.
- Axe III (suite). La chute en phrase ternaire : « L'Égypte l'eût pris pour le dieu de ce temple ; le moyen-âge l'en croyait le démon ; il en était l'âme. » Les deux premiers membres sont symétriques (dieu/démon, deux regards historiques) ; le troisième tranche : « l'âme », le plus intérieur. Le grotesque devient sublime, selon la poétique hugolienne du mélange.
RéponseL'extrait fait de Quasimodo une créature mythique et de Notre-Dame un être vivant, jusqu'à la formule finale qui l'en proclame « l'âme ».
Vérification Citations relevées sur le texte imprimé ; l'expression « au dire des superstitions grossissantes de la foule » se trouve aux ll. 14-15.
C3Formuler une problématique, annoncer un plan, rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec amorce, présentation, problématique, plan.
- Problématique : comment Hugo, par la métamorphose de Quasimodo et de la cathédrale, fait-il de leur fusion une vision poétique et symbolique ?
- Plan : I. Un être hybride et démesuré ; II. Une cathédrale vivante et fantastique ; III. La fusion : Quasimodo âme de Notre-Dame.
- Rédaction possible : « Dans Notre-Dame de Paris, publié en 1831, Victor Hugo fait de la cathédrale presque un personnage : le roman se déroule en 1482 et met en scène Quasimodo, sonneur difforme recueilli par l'archidiacre Frollo. Dans ce chapitre, le narrateur décrit son lien avec les cloches et l'édifice. Comment Hugo, par la métamorphose de l'homme et de la pierre, fait-il de leur fusion une vision poétique et symbolique ? Nous étudierons d'abord un être hybride et démesuré, puis une cathédrale vivante et fantastique, enfin la fusion qui fait de Quasimodo l'âme de Notre-Dame. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Citer le titre latin du chapitre n'est pas indispensable ; ne le faire que si on peut l'interpréter.
C4Rédiger la conclusion avec une ouverture.Touche pour voir la correction
À retenir Bilan puis ouverture.
- Rédaction possible : « Ce passage fait ainsi de Quasimodo un être mythique et de Notre-Dame un corps vivant : leur fusion exprime l'idée romantique que le difforme peut incarner le sublime. Le roman fait ainsi de la cathédrale un personnage et du monstre son âme. On pourra rapprocher ce passage de la préface de Cromwell (1827), où Hugo théorise le mélange du grotesque et du sublime, ou du Fantôme de l'Opéra de Leroux, autre créature difforme qui hante un édifice. »
RéponseConclusion rédigée.
Vérification La préface de Cromwell (1827) théorise le mélange du grotesque et du sublime : c'est une référence solide pour l'ouverture.
Exercice 2 : Dissertation : la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle20 points
Trois sujets au choix (Rabelais, La Bruyère, Olympe de Gouges). Pour chacun : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée.
D1.1Dissertation n°1 (Rabelais, Gargantua, parcours « rire et savoir ») : Flaubert qualifie l'œuvre de Rabelais de « longue énigme, si triviale, si grossière, si joyeuse, mais, au fond, peut-être si profonde et si vraie ». Cette citation éclaire-t-elle votre lecture de Gargantua ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir On explique la citation (adjectifs opposés : « triviale », « grossière » / « profonde », « vraie »), puis on la discute à partir de l'œuvre.
- Termes : « énigme » = ce qu'il faut déchiffrer ; « triviale, grossière, joyeuse » = surface comique ; « profonde, vraie » = sens caché. « Peut-être » : Flaubert hésite, le lecteur doit trancher.
- Problématique : la grossièreté joyeuse de Gargantua cache-t-elle une vérité profonde, et le texte est-il vraiment une énigme à déchiffrer ?
- I. Triviale, grossière, joyeuse : torche-culs (ch. 13), bombance, naissance par l'oreille (ch. 6), outrances verbales ; le rire comme principe.
- II. Une énigme : le prologue invite à « rompre l'os » et à chercher la « substantifique moelle » ; image des silènes ; l'« Énigme en prophétie » qui clôt le livre (ch. 58) ; ambiguïtés de l'allégorie.
- III. Profonde et vraie : humanisme (éducation, ch. 23-24), critique des abus (guerre, moines), Thélème ; vérité sur l'homme (corps, désir, liberté) ; rire de connaissance.
- Culture personnelle : Montaigne, Voltaire, Swift, Flaubert lui-même.
RéponseLa citation éclaire bien l'œuvre : le comique grossier est un accès à une vérité sur l'homme, mais le sens reste ouvert.
Vérification Numéros de chapitres : torche-culs (ch. 13), naissance de Gargantua (ch. 6), éducation de Ponocrates (ch. 23-24), énigme en prophétie (ch. 58).
D1.2Dissertation n°1 : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « Publié en 1534, Gargantua de Rabelais conte la naissance, l'éducation et les guerres d'un géant. Flaubert y voyait une « longue énigme, si triviale, si grossière, si joyeuse, mais, au fond, peut-être si profonde et si vraie ». Cette formule éclaire-t-elle notre lecture ? Nous verrons d'abord le versant trivial et joyeux de l'œuvre, puis l'énigme qu'elle pose au lecteur, enfin la profondeur et la vérité qu'elle recèle. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas oublier de discuter le « peut-être » de Flaubert.
D2.1Dissertation n°2 (La Bruyère, Les Caractères, livres V à X, parcours « la comédie sociale ») : « Diriez-vous, comme un contemporain de La Bruyère, que dans Les Caractères le moraliste est « entré plus avant […] dans le cœur de l'homme » ? » Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir « Entré plus avant » = plus profondément (comparatif) : on examine la profondeur de l'analyse psychologique du moraliste.
- Termes : « entré plus avant » = pénétré plus profondément ; « cœur de l'homme » = ses passions, ses vices, ses motivations. Le sujet ne nomme pas le point de comparaison : on peut penser aux moralistes qui ont précédé (La Rochefoucauld).
- Problématique : la peinture des mœurs chez La Bruyère va-t-elle au-delà de la surface pour atteindre le fond du cœur humain ?
- I. Oui : analyse des motivations cachées (vanité, intérêt) ; portraits psychologiques (Arrias, Giton et Phédon) ; observation précise des « signes ».
- II. Mais une peinture de la société avant l'homme : types sociaux, la cour, la ville, les Grands ; description des apparences ; la comédie sociale est une surface.
- III. Une profondeur par la forme : maximes, portraits, fragments ; ironie ; regard du moraliste qui se met en scène ; vérité universelle.
- Culture personnelle : La Rochefoucauld, Pascal, Montaigne, La Fontaine.
RéponseLa Bruyère va plus loin que la simple satire : il lie le social et le psychologique pour atteindre le cœur de l'homme.
Vérification Le sujet ne nomme pas le contemporain de La Bruyère : on ne lui attribue pas de nom dans la copie.
D2.2Dissertation n°2 : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « Paru en 1688 et sans cesse enrichi, Les Caractères de La Bruyère ont séduit les lecteurs de leur temps par leur justesse. Un contemporain disait que le moraliste y est « entré plus avant […] dans le cœur de l'homme ». Cette affirmation est-elle juste ? Nous verrons d'abord ce qui fait la pénétration de l'analyse, puis les limites d'une peinture sociale, enfin la façon dont la forme même donne une vérité universelle. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas simplement dire que La Bruyère décrit la société : le sujet porte sur la profondeur.
D3.1Dissertation n°3 (Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, parcours « écrire et combattre pour l'égalité ») : « J'ai proposé le bien, j'ai poursuivi le vice, et j'ai donné de quoi réfléchir sur la plus importante des questions et sur le salut à venir des hommes. » Cette affirmation éclaire-t-elle votre lecture ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir On décompose l'affirmation en trois actions (proposer, poursuivre, faire réfléchir) et on les vérifie dans le texte.
- Termes : « le bien » = les propositions positives ; « poursuivi le vice » = la dénonciation ; « donné de quoi réfléchir » = l'invitation à penser. « Salut à venir des hommes » : portée universelle.
- Problématique : le texte propose-t-il, dénonce-t-il et fait-il réfléchir, comme l'auteure l'affirme, et jusqu'où va sa portée ?
- I. Proposer le bien : les dix-sept articles (art. 1 : « La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits »), le contrat social de l'homme et de la femme, un projet d'égalité.
- II. Poursuivre le vice : dénonciation de la tyrannie masculine, des préjugés, de la hiérarchie ; adresse polémique à l'homme.
- III. Donner de quoi réfléchir : argumentation, interpellation du lecteur, ironie ; portée universelle du texte (« salut à venir des hommes »).
- Culture personnelle : Condorcet, Wollstonecraft, Beauvoir (Le Deuxième Sexe).
RéponseL'affirmation éclaire bien l'œuvre : elle en résume la triple visée (proposer, dénoncer, faire penser).
Vérification Le sujet date l'affirmation de 1792 sans nommer l'ouvrage dont elle est tirée : on la cite comme affirmation de l'auteure.
D3.2Dissertation n°3 : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « En 1791, Olympe de Gouges publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Un an plus tard, elle affirme avoir « proposé le bien », « poursuivi le vice » et donné de quoi réfléchir sur « le salut à venir des hommes ». Cette déclaration éclaire-t-elle notre lecture du texte ? Nous verrons d'abord comment la Déclaration propose le bien, puis comment elle poursuit le vice, enfin comment elle invite à réfléchir. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Citer l'affirmation entre guillemets et la distinguer du texte lui-même.
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