Annales corrigées › Bac 2025 › Français
Bac 2025
Français (voie générale) – Polynésie, remplacement 2025 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français · 4 h · coefficient 5 · commentaire ou dissertation (20 points)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857), II, 15 (l'Opéra de Rouen)20 points
Objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle. Emma assiste à Lucie de Lammermoor. Le texte compte 37 lignes numérotées. Il suffit de traiter ce sujet OU l'une des dissertations.
C1Lire le texte : quels sont ses mouvements et quel est le regard adopté ?Touche pour voir la correction
À retenir On repère les étapes narratives et le point de vue (focalisation interne sur Emma, avec une distance ironique du narrateur).
- Premier mouvement (ll. 1 à 5) : l'entrée d'Emma dans l'opéra : émotion physique (« Un battement de cœur la prit »), vanité, plaisir enfantin.
- Deuxième mouvement (ll. 6 à 13) : la salle et ses spectateurs, regard satirique sur les abonnés (affaires, cotons, trois-six, indigo) et les « jeunes beaux ».
- Troisième mouvement (ll. 14 à 19) : orchestre et lever de rideau, avec le « long charivari » d'instruments.
- Quatrième mouvement (ll. 20 à 23, puis 24 à 37) : le premier tableau de l'opéra, puis la rêverie d'Emma, sa fusion avec le roman de Scott et la cavatine de Lucie, qui l'identifie à l'héroïne.
RéponseQuatre étapes : arrivée, salle, orchestre, spectacle et rêverie, avec un regard qui passe du plaisir naïf d'Emma à l'ironie du narrateur.
Piège Ne pas confondre le point de vue d'Emma et celui du narrateur : le texte joue de leur écart.
C2Quels procédés, avec citations, montrent (I) l'excitation d'Emma, (II) un regard ironique sur la société, (III) la confusion de l'illusion et du réel ?Touche pour voir la correction
À retenir Pour chaque axe : procédé, citation, effet.
- Axe I, l'excitation et la vanité. Sensations : « Un battement de cœur la prit dès le vestibule » ; vanité : « Elle sourit involontairement de vanité » ; comparaison enfantine : « comme un enfant » ; image sociale : « avec une désinvolture de duchesse » (comparaison valorisante qui dévoile son aspiration). Verbes d'action : « pousser de son doigt les larges portes tapissées », « aspira de toute sa poitrine l'odeur poussiéreuse » (le plaisir est charnel).
- Axe II, le regard ironique. Les spectateurs : « Ils venaient se délasser dans les beaux-arts des inquiétudes de la vente ; mais, n'oubliant point les affaires, ils causaient encore cotons, trois-six ou indigo » (opposition entre art et commerce, énumération de marchandises). Comparaison dégradante : « des têtes de vieux […] ressemblaient à des médailles d'argent ternies par une vapeur de plomb » ; « Les jeunes beaux se pavanaient » (verbe qui rappelle le paon ; cravate « rose ou vert pomme » : mode voyante et ridicule).
- Axe II (suite). Le tableau est vu d'en haut : « Mme Bovary les admirait d'en haut » ; l'adverbe « d'en haut » est ironique : elle admire ce qu'elle voudrait être. Le « long charivari » est rendu par des participes présents : « de basses ronflant, de violons grinçant, de pistons trompetant, de flûtes et de flageolets qui piaulaient » (harmonie imitative et verbes animaliers).
- Axe III, illusion et réalité. Le roman et le réel se mêlent : « Elle se retrouvait dans les lectures de la jeunesse, en plein Walter Scott » ; l'illusion est sensuelle : « se sentait elle-même vibrer de tout son être comme si les archets des violons se fussent promenés sur ses nerfs » (comparaison avec subjonctif plus-que-parfait). L'ironie du narrateur transparaît dans « les arbres peints qui tremblaient quand on marchait » : le décor est factice.
- Axe III (suite). Chute : « Emma, de même, aurait voulu, fuyant la vie, s'envoler dans une étreinte. » Le conditionnel et le parallèle (« de même ») la mettent à égalité avec Lucie ; « fuyant la vie » est l'esprit du bovarysme : fuir la réalité pour un idéal romanesque.
- Axe III (suite). Le souvenir du roman guide l'écoute : « le souvenir du roman facilitant l'intelligence du libretto, elle suivait l'intrigue phrase à phrase » (ll. 26-27) ; les sens se mêlent aux lectures : « Il lui semblait entendre, à travers le brouillard, le son des cornemuses écossaises se répéter sur les bruyères » (ll. 24-25) ; le spectacle est « un autre monde » (ll. 32-33), où Emma s'abandonne au « bercement des mélodies ».
RéponseLe texte oppose l'enthousiasme d'Emma à l'ironie du narrateur ; l'opéra devient le lieu d'une illusion où Emma confond fiction et vie.
Vérification Citation du texte : « comme si les archets des violons se fussent promenés sur ses nerfs » (plus-que-parfait du subjonctif à valeur d'irréel).
C3Formuler une problématique, annoncer un plan, rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec amorce, présentation, problématique, plan.
- Problématique : comment la scène d'opéra exprime-t-elle à la fois l'exaltation d'Emma et la distance ironique du narrateur ?
- Plan : I. L'excitation d'une femme avide de rêve ; II. Un tableau satirique de la société ; III. L'illusion romanesque d'Emma, entre fusion et ironie.
- Rédaction possible : « Publié en 1857, Madame Bovary de Gustave Flaubert raconte la déception d'Emma, nourrie de romans et mariée à un officier de santé de province. Au chapitre 15 de la deuxième partie, elle assiste avec son mari à Lucie de Lammermoor à l'Opéra de Rouen. Comment cette scène d'opéra exprime-t-elle à la fois l'exaltation d'Emma et la distance ironique du narrateur ? Nous verrons d'abord l'excitation d'une femme avide de rêve, puis un tableau satirique de la société, enfin l'illusion romanesque d'Emma, entre fusion et ironie. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas conclure que Flaubert se moque seulement d'Emma : il se moque aussi du public.
C4Rédiger la conclusion avec une ouverture.Touche pour voir la correction
À retenir Bilan puis ouverture.
- Rédaction possible : « Cette scène illustre le bovarysme : Emma cherche dans l'art la vie qu'elle n'a pas, tandis que le narrateur rend sensible, par l'ironie et le détail, le décalage entre l'illusion et la réalité. Le roman réaliste montre ainsi les pouvoirs et les dangers de la fiction. On peut rapprocher cet épisode de Don Quichotte de Cervantès, lui aussi lecteur dont l'imagination est déformée par les romans. »
RéponseConclusion rédigée.
Vérification Ouverture à Don Quichotte : référence classique pour le thème du lecteur trompé par ses lectures.
Exercice 2 : Dissertation : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle20 points
Trois sujets au choix (Corneille, Musset, Sarraute). Pour chacun : analyse du sujet, problématique, plan détaillé, introduction rédigée.
DA1Sujet A (Corneille, Le Menteur, parcours « mensonge et comédie ») : à l'acte III, scène 4, Cliton dit à Dorante : « Mais, Monsieur, ce serait pour me bien divertir, / Si comme vous Lucrèce excellait à mentir. » Les mensonges, dans Le Menteur, ne sont-ils qu'une source de divertissement ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir « Ne… que » : on examine ce que le mensonge fait, outre divertir.
- Termes : « divertissement » = plaisir, amusement ; « source » = origine ; la question : le mensonge fait-il rire seulement ?
- Problématique : les mensonges de Dorante sont-ils seulement un jeu comique ou ont-ils aussi des conséquences et un sens moral ?
- I. Une source de divertissement : brillants récits, joie du public, comique de situation, plaisir de Cliton ; l'invention comme art.
- II. Un ressort dramatique : engrenage, quiproquos, tensions entre Dorante, Alcippe, Géronte, Clarice et Lucrèce ; le mensonge fait avancer l'action.
- III. Un sens moral : le mensonge blesse ; la comédie le punit par un dénouement contraint ; interrogations sur la vérité et le paraître.
- Culture personnelle : Molière, La Fontaine, Marivaux.
RéponseNon : le mensonge divertit mais il structure aussi l'intrigue et pose un enjeu moral.
Vérification La citation de Cliton est donnée dans le sujet (acte III, scène 4).
DA2Sujet A : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « Dans Le Menteur (1644), Corneille met en scène un jeune homme qui invente sans cesse. À l'acte III, Cliton remarque que ce serait « pour me bien divertir » si Lucrèce « excellait à mentir ». Le mensonge est-il donc seulement un divertissement ? Nous verrons d'abord le plaisir qu'il procure, puis son rôle dans l'action, enfin ses enjeux moraux. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas oublier de citer le vers de Cliton pour ancrer le sujet.
DB1Sujet B (Musset, On ne badine pas avec l'amour) : selon un critique, la parole, chez Musset, « tire toujours à conséquence : il n'y a pas de parole gratuite ». En quoi cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir « Tire à conséquence » = a des effets ; « gratuite » = sans effet ni enjeu.
- Termes : « parole gratuite » = sans conséquence, jeu vain ; le critique affirme que toute parole a des effets.
- Problématique : dans la pièce, la parole est-elle toujours un acte dont les effets dépassent l'intention de celui qui parle ?
- I. Les paroles légères qui deviennent graves : le badinage de Perdican avec Rosette, les mots de Camille.
- II. La parole comme action : décisions, serments, refus, aveux ; effets sur les autres (Rosette, le chœur).
- III. Le tragique de la parole : le malentendu, le dénouement et la mort de Rosette ; la parole ne peut pas se reprendre.
- Culture personnelle : Racine, Marivaux, Beaumarchais.
RéponseLa citation éclaire la pièce : les mots, même joués, ont des effets réels et tragiques.
DB2Sujet B : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « Publié en 1834, On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset passe du badinage au drame. Un critique remarque que chez Musset « il n'y a pas de parole gratuite ». Cette formule éclaire-t-elle la pièce ? Nous verrons d'abord comment les paroles légères deviennent graves, puis comment la parole agit, enfin comment elle conduit au tragique. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas dire « la parole est dangereuse » sans exemples précis.
DC1Sujet C (Sarraute, Pour un oui ou pour un non) : à propos d'une autre pièce de Sarraute, un critique explique que les personnages « développent une agressivité » dont « la raison est insaisissable ». En quoi cette citation éclaire-t-elle votre lecture de la pièce ? Analyser et construire un plan.Touche pour voir la correction
À retenir « Agressivité » dont « la raison est insaisissable » : on cherche la cause d'un conflit apparemment sans cause.
- Termes : « agressivité » = violence verbale ; « insaisissable » = qu'on ne peut pas saisir ; le conflit paraît sans motif apparent (« pour un oui ou pour un non »).
- Problématique : l'agressivité des personnages est-elle sans raison ou bien a-t-elle une raison profonde difficile à dire ?
- I. Une agressivité visible : accusations, reproches, rupture, provocations ; le titre annonce un motif dérisoire.
- II. Une raison insaisissable : une intonation, une phrase ; le motif se dérobe aux explications ; tropismes.
- III. Une raison qui se dévoile : condescendance ressentie (« C'est bien, ça… » entendu comme un jugement de haut), orgueil, besoin de reconnaissance ; le théâtre l'explore par le dialogue ; la pièce propose un éclairage sans trancher.
- Culture personnelle : Ionesco, Beckett, Pinter, Sartre.
RéponseLa citation éclaire la pièce : un conflit apparemment futile révèle des motifs profonds, mais jamais complètement explicités.
Vérification Préciser la pièce dont parle le critique n'est pas nécessaire : le sujet dit « une autre pièce ».
DC2Sujet C : rédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction avec problématique.
- Rédaction possible : « Dans Pour un oui ou pour un non (1982), Nathalie Sarraute fait naître d'un détail une querelle qui menace une amitié. Un critique, à propos d'une autre pièce de l'auteur, évoque des personnages qui « développent une agressivité » dont « la raison est insaisissable ». Cette formule éclaire-t-elle la pièce ? Nous verrons d'abord l'agressivité visible, puis ce qu'elle a d'insaisissable, enfin les raisons que le théâtre parvient à dévoiler. »
RéponseIntroduction rédigée.
Piège Ne pas affirmer que la raison est absente : elle est difficile à dire, non inexistante.
Autres sujets de Français (Bac 2025)
- Français – Amérique du Nord (remplacement) 2025 (Bac)
- Français – Amérique du Nord 2025 (Bac)
- Français – Amérique du Sud 2025 (Bac)
- Français – Antilles-Guyane (remplacement) 2025 (Bac)
- Français – Antilles-Guyane 2025 (Bac)
- Français – Asie (remplacement) 2025 (Bac)
- Français – Asie 2025 (Bac)
- Français – Centres étrangers 2025 (Bac)