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Bac 2026
Français (général) – Centres étrangers 2026 : correction détaillée
Épreuve anticipée de français · série générale · 4 heures · coefficient 5 · commentaire (Bouvier) ou dissertation (Rimbaud, Ponge, Dorion)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Nicolas Bouvier, L'Usage du monde (1963)20 points
Commentaire littéraire (objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle). L'extrait, de 32 lignes numérotées de 5 en 5, raconte la route de la Serbie vers la Macédoine : Bouvier et son ami voyagent à vingt kilomètres-heure, font halte dans une auberge, puis laissent la route « travailler pour eux ».
1.1Lisez le texte et dégagez son organisation : quels sont les mouvements du texte et que raconte chacun ?Touche pour voir la correction
À retenir Un commentaire commence par un relevé de la structure : on repère les ruptures (temps, lieu, thème, connecteurs, paragraphes).
- Premier paragraphe (l. 1 à 16) : la journée de route, de la nuit de pleine lune à midi ; le voyage est défini par la lenteur (« tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur », l. 2-3).
- Deuxième paragraphe (l. 17 à 25) : la halte à l'auberge (« Ou une auberge », l. 17) ; « la journée trouve son centre » (l. 19) : convivialité, nourriture et parole.
- Troisième paragraphe (l. 26 à 32) : « La fin du jour est silencieuse » (l. 26) ; le voyage agit sur l'esprit (idées qui s'ajustent, souhait d'une route sans fin « jusqu'à la mort », l. 31-32).
- Le texte suit donc le déroulement d'une journée (nuit, matin, midi, soir) : le temps du voyage est un temps ralenti et cyclique.
RéponseTrois mouvements qui suivent une journée type du voyage : la route lente (l. 1-16), l'auberge (l. 17-25), le flux du voyage et la méditation (l. 26-32).
Vérification Le texte compte 32 lignes, avec un repère tous les 5 lignes.
1.2Quelle problématique et quel plan proposez-vous ?Touche pour voir la correction
À retenir La problématique relie la forme (écriture) au sens (ce que raconte le texte).
- Problématique : comment Bouvier fait-il de la lenteur du voyage à la fois un art de vivre et une expérience intérieure, à travers une écriture sensible et pleine d'humour ?
- Axe I : un voyage placé sous le signe de la lenteur (la journée, les choix de vie, le paysage).
- Axe II : une écriture qui fait partager les sensations et les plaisirs simples du voyage (auberge, repas, parole).
- Axe III : un voyage qui transforme le voyageur (flux, pensées qui se rangent, désir d'infini).
RéponseProblématique : comment le récit fait-il de la lenteur un art de vivre et du voyage une expérience qui transforme l'esprit ? Plan en trois axes : la lenteur comme choix ; l'art de la sensation et du pittoresque ; le voyage comme expérience intérieure.
1.3Axe I : montrez que le voyage est placé sous le signe de la lenteur et du choix.Touche pour voir la correction
À retenir Pour commenter, on associe un procédé (ou un mot), une citation précise, et son effet sur le lecteur.
- Un choix revendiqué : « Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur » ; l'antithèse « petite somme » / « beaucoup de temps » renverse la valeur de l'argent : le vrai luxe, c'est le temps.
- La posture détendue : « Le toit ouvert, les gaz à main légèrement tirés, assis sur le dossier des fauteuils et un pied sur le volant » ; l'accumulation de détails donne une image de liberté et de nonchalance.
- La vitesse dérisoire : « on chemine paisiblement à vingt kilomètres-heure » ; le verbe « cheminer » (marche) appliqué à une voiture, l'adverbe « paisiblement » et le chiffre précis soulignent un rythme humain.
- Le paysage qui « a l'avantage de ne pas changer sans avertir » : humour, personnification discrète ; la lenteur permet de voir les transitions et de s'y fondre.
- Le temps qui « ralentit » avec le jour (« Puis le jour se lève et le temps ralentit ») : la chaleur (« la lumière devient meurtrière », « les freins, les crânes, le moteur chauffent ») impose une halte ; l'homme et la machine sont mis sur le même plan.
RéponseAxe I : la lenteur est une valeur choisie (« tous les luxes sauf le plus précieux ») et elle règle toute la journée ; le rythme de la phrase, souvent longue et énumérative, imite cette marche paisible.
1.4Axe II : comment l'écriture fait-elle partager les sensations et le pittoresque du voyage ?Touche pour voir la correction
À retenir Dans un récit de voyage, l'énumération, l'apostrophe au lecteur et les comparaisons rendent le décor présent et familier.
- Les prodiges de la nuit : l'énumération « lucioles, cantonniers en babouches, modiques bals de village sous trois peupliers, calmes rivières dont le passeur n'est pas levé » mêle merveilleux et trivial ; l'adjectif « modiques » et le décalage « cantonniers en babouches » créent un pittoresque plein d'humour et de tendresse.
- Le silence : « le silence si parfait que le son de votre klaxon vous fait tressaillir » ; le pronom « vous » implique le lecteur dans l'expérience.
- L'auberge, introduite par une adresse au lecteur : « Imaginez une salle aux murs bombés, aux rideaux déchirés, fraîche comme une cave où les mouches bourdonnent dans une forte odeur d'oignon » ; les sensations visuelles, tactiles (fraîcheur), sonores (bourdonnement) et olfactives sont mobilisées ; la comparaison « fraîche comme une cave » ancre la scène.
- Le plaisir du corps et de l'esprit : « les nourritures du corps et celles de l'esprit ont partie liée » ; le parallélisme et l'énumération finale « Projets et mouton grillé, café turc et souvenirs » (phrase nominale) mélangent le matériel et l'immatériel.
- La métaphore de l'humeur qui « était répartie sur des hectares de campagne » et « se concentre dans les premières gorgées de vin » traduit la convivialité : la parole circule (« on se raconte la matinée comme si chacun l'avait vécue de son côté »).
RéponseAxe II : le texte est une écriture sensorielle, parlée, pleine d'humour, qui rend le voyage partageable ; les énumérations, les détails concrets et l'adresse au lecteur créent une complicité.
Vérification Citations relevées dans le sujet.
1.5Axe III : en quoi le voyage est-il aussi une expérience intérieure ?Touche pour voir la correction
À retenir Le dernier mouvement d'un texte donne souvent sa portée : on y cherche la généralisation et l'ouverture.
- Le changement de rythme : « La fin du jour est silencieuse » ; la phrase courte contraste avec l'abondance précédente.
- L'image du flux : « le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête » ; la route agit sur l'esprit sans effort.
- La comparaison naturelle : les idées « s'ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d'un torrent » ; elle exprime un travail doux et lent de polissage intérieur, qui rappelle la lenteur du début.
- La personnification finale : « Aucun besoin d'intervenir ; la route travaille pour vous » ; le voyageur est passif, la route est active : il se laisse faire par le monde.
- L'ouverture finale : on souhaiterait que la route s'étende « jusqu'à la mort » ; le voyage devient métaphore de l'existence, désir d'infini, tonalité à la fois sereine et grave.
- Remarque d'ensemble : le texte est écrit au « on » et au « vous » (« on chemine », « vous fait tressaillir », « vous éclaircit la tête ») : cette généralisation fait du narrateur un voyageur exemplaire et invite le lecteur à ressentir la même expérience.
RéponseAxe III : le voyage est une expérience de disponibilité qui purifie et organise l'esprit ; le texte se clôt sur une portée universelle (le voyage comme vie, jusqu'à la mort).
1.6Rédigez une introduction et une conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction présente l'auteur, le texte, le thème, la problématique et le plan ; la conclusion fait le bilan et ouvre.
- Rédaction possible (introduction) : « Publié en 1963, L'Usage du monde est le récit du voyage que Nicolas Bouvier et son ami Thierry Vernet entreprennent en 1953, de leur Suisse natale jusqu'aux confins de l'Inde. Dans cet extrait, les deux voyageurs quittent la Serbie pour la Macédoine. En décrivant une journée de route, Bouvier fait de la lenteur une valeur. Comment ce récit transforme-t-il la lenteur en art de vivre et en expérience intérieure ? Nous verrons d'abord que la lenteur est un choix, puis que l'écriture fait partager les sensations du voyage, enfin que la route transforme le voyageur. »
- Rédaction possible (conclusion) : « Ce passage fait ainsi de la lenteur un luxe et du voyage une école d'attention et de disponibilité : la route « travaille » pour le voyageur plus qu'il ne la conquiert. On peut le rapprocher d'autres récits de voyage où le déplacement est surtout un chemin vers soi, ou, par contraste, du voyage rapide et utilitaire de notre époque. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées dans les étapes ; à adapter avec vos propres lectures.
Vérification Date et circonstances (été 1953, voyage avec Thierry Vernet, départ de Suisse jusqu'aux confins de l'Inde) indiquées dans le chapeau du sujet ; la date de publication (1963) est donnée dans le sujet.
Piège Ne pas confondre l'auteur-narrateur et le voyageur « on » : le texte généralise. Ne pas oublier le ton humoristique (« cantonniers en babouches », « vieux éblouis ») en commentant la sérénité.
Exercice 2 : Dissertation A : Rimbaud, Cahier de Douai (« écriture contre »)20 points
Sujet de dissertation (20 points). Œuvre : Arthur Rimbaud, Cahier de Douai ; parcours : Émancipations créatrices.
A.1Analysez le sujet : Selon un critique, la poésie de Rimbaud n'est « pas seulement écriture pour, mais écriture contre ». Dans quelle mesure ce propos définit-il la démarche poétique du Cahier de Douai ?Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation tient en trois temps : analyser les termes du sujet, formuler une problématique, bâtir un plan dont chaque partie répond à la question en s'appuyant sur des exemples précis (œuvre, parcours, culture personnelle).
- Termes : « écriture pour » (écrire au service de quelque chose : célébrer, défendre, exprimer ce qu'on aime) ; « écriture contre » (écrire pour s'opposer, parodier, dénoncer, contester) ; « pas seulement… mais » : le critique ajoute le « contre » au « pour », il ne supprime pas le « pour ». « Dans quelle mesure » invite à nuancer.
- Repérer le parcours : « Émancipations créatrices » (s'émanciper : se libérer d'une tutelle ; créer : inventer une forme, une voix).
- Attention : ne pas réduire Rimbaud à la révolte ; montrer ce pour quoi il écrit (nature, liberté, jeunesse, fraternité) et ce contre quoi il écrit (la guerre, l'Église, les bourgeois, les conventions poétiques).
RéponseTermes du sujet : « pour » (célébrer, épouser) / « contre » (contester, parodier) ; « pas seulement » appelle une double lecture ; « dans quelle mesure » appelle une réponse nuancée. Le parcours précise l'enjeu : l'émancipation par la création.
Vérification Les poèmes cités appartiennent au Cahier de Douai (1870) ; appuie-toi sur les titres et les citations des poèmes étudiés en classe.
A.2Formulez la problématique du sujet.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui dépasse le sujet et organise tout le devoir : elle fait apparaître la tension entre les deux termes.
- Opposer écriture contre et écriture pour, puis chercher ce qui les dépasse.
- Questions possibles : contre quoi écrit-il ? pour quoi écrit-il ? l'écriture est-elle plus qu'un combat ?
RéponseProblématique : le Cahier de Douai se réduit-il à un geste de refus (de l'ordre social, religieux, poétique) ou la contestation n'est-elle que le moyen d'une création positive (nature, liberté, nouvelle poésie) ?
A.3Proposez un plan détaillé (parties, arguments, exemples).Touche pour voir la correction
À retenir Un plan progressif : chaque partie fait avancer la réponse, et chaque sous-partie s'appuie sur un exemple analysé (une citation, un poème, une idée du parcours).
- I. Une écriture contre : (a) contre la guerre et le pouvoir (« Le Mal » : la mitraille, les canons ; « Rages de Césars ») ; (b) contre l'ordre social et religieux (« Le Forgeron », « Le Châtiment de Tartufe », « Les Effarés » qui montrent les pauvres) ; (c) contre les conventions poétiques et le beau idéal (« Vénus anadyomène » qui rabaisse le corps de la déesse, parodie des Parnassiens ; « Au Cabaret-Vert » et « La Maline » qui ancrent la poésie dans le quotidien).
- II. Une écriture pour : (a) pour la nature et la sensation (« Sensation », « Ma Bohème », « Au Cabaret-Vert ») ; (b) pour la liberté et le mouvement (marche, fugue, vagabondage) ; (c) pour la jeunesse, le plaisir et l'amour (« Roman », « Rêvé pour l'hiver »), et pour les humbles (« Les Effarés »).
- III. L'émancipation créatrice : le « contre » et le « pour » s'unissent dans l'invention d'une voix : ironie, humour, mélange des tons, rythmes libérés, sonnets détournés (« Ma Bohème », « Le Dormeur du val » où le calme du paysage contraste avec le soldat mort) ; le poète devient son propre maître, ce que prolongeront les lettres dites du voyant (1871). Ouvrir : l'écriture n'est pas seulement un geste d'opposition, c'est un geste de naissance.
RéponsePlan en trois temps : l'écriture contre (guerre, ordre établi, conventions) ; l'écriture pour (nature, liberté, jeunesse, humbles) ; le dépassement : l'émancipation créatrice, où le refus est moteur de la création.
Vérification Les poèmes cités appartiennent au Cahier de Douai (1870) ; appuie-toi sur les titres et les citations des poèmes étudiés en classe.
A.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction suit cinq temps : amorce, présentation du sujet (citation reformulée), analyse, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « En 1870, à quinze et seize ans, Arthur Rimbaud recopie à Douai des poèmes qui forment ce qu'on appelle le Cahier de Douai. Un critique estime que sa poésie n'est « pas seulement écriture pour, mais écriture contre ». Cette formule suggère que l'écriture rimbaldienne ne se contente pas de célébrer ce qu'elle aime : elle s'oppose aussi à ce qu'elle rejette. Mais le recueil se laisse-t-il enfermer dans le refus, ou la contestation n'est-elle que le premier geste d'une libération créatrice ? Nous verrons d'abord que le Cahier de Douai est une écriture contre l'ordre établi, puis qu'il est aussi une écriture pour la nature, la liberté et la jeunesse, avant d'envisager comment le refus et l'adhésion se fondent dans une émancipation créatrice. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus : amorce, sujet, problématique, annonce du plan.
Piège Éviter le plan « poèmes de révolte / poèmes de nature » sans analyse : chaque exemple doit être commenté. Ne pas projeter les poèmes ultérieurs (Illuminations) sans nuance.
Exercice 3 : Dissertation B : Ponge, La rage de l'expression (« le texte ne parle que de lui-même »)20 points
Sujet de dissertation (20 points). Œuvre : Francis Ponge, La rage de l'expression ; parcours : Dans l'atelier du poète.
B.1Analysez le sujet : Un critique a pu dire que, dans La rage de l'expression, « le texte ne parle finalement que de lui-même ». Dans quelle mesure cette affirmation s'applique-t-elle à l'œuvre de Francis Ponge au programme ?Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation tient en trois temps : analyser les termes du sujet, formuler une problématique, bâtir un plan dont chaque partie répond à la question en s'appuyant sur des exemples précis (œuvre, parcours, culture personnelle).
- Termes : « le texte » (l'écrit lui-même, avec ses reprises, ses brouillons) ; « ne parle que de lui-même » : réflexivité, poésie qui a pour objet sa propre fabrication (métatextualité, mise en abîme) ; « finalement » : au terme d'une lecture, malgré les objets annoncés ; « dans quelle mesure » : nuancer.
- Ponge écrit des textes sur des objets (coquillage, mimosa, etc.) : l'objet est-il un prétexte ? Le parcours « Dans l'atelier du poète » invite à voir le texte en train de se faire.
- Repères : Ponge, poète du « parti pris des choses » (1942) ; La rage de l'expression (1952) montre le travail de l'expression, les brouillons et les reprises.
RéponseLe sujet oppose le texte qui parle de lui-même (poésie réflexive, atelier d'écriture) et le texte qui parle des choses (le poète donne la parole aux objets) ; « finalement » suggère un bilan de lecture.
Vérification Les textes « Le Soleil placé en abîme » et « Notes pour un coquillage » appartiennent à La rage de l'expression ; « objeu » et « qualité différentielle » sont des notions propres à Ponge. Appuie chaque idée sur des citations exactes de l'édition étudiée en classe.
B.2Formulez la problématique du sujet.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui dépasse le sujet et organise tout le devoir : elle fait apparaître la tension entre les deux termes.
- Question possible : la poésie de Ponge est-elle un discours sur le monde ou sur le langage ? Le texte parle-t-il des choses par le langage ou du langage à travers les choses ?
RéponseProblématique : l'attention portée à la fabrication du texte fait-elle de la poésie de Ponge un texte refermé sur lui-même, ou est-ce par ce travail sur les mots que les choses accèdent à l'expression ?
B.3Proposez un plan détaillé (parties, arguments, exemples).Touche pour voir la correction
À retenir Un plan progressif : chaque partie fait avancer la réponse, et chaque sous-partie s'appuie sur un exemple analysé (une citation, un poème, une idée du parcours).
- I. Un texte qui parle de lui-même : (a) le poète montre l'atelier : brouillons, reprises, ratures, variantes ; le texte se commente (par exemple « Le Soleil placé en abîme », où le texte se prend lui-même pour objet, ou « Notes pour un coquillage ») ; (b) la réflexion sur les mots : étymologie, sonorités, définitions de dictionnaire ; (c) l'écrivain devient son propre sujet : la « rage », l'impatience, l'impossibilité d'épuiser l'objet.
- II. Mais le texte ne parle pas que de lui : (a) les objets restent le point de départ (le coquillage, le mimosa, le soleil, etc.) : l'attention à la matière, à la forme, à la couleur ; (b) le texte est un moyen de connaître la chose, d'en rendre la « qualité différentielle » ; (c) l'objet est une leçon : un modèle de la manière d'écrire : le texte cherche à imiter la chose.
- III. Un va-et-vient fécond : le texte et le monde se répondent : parler de la chose, c'est inventer un langage ; parler du langage, c'est ramener aux choses ; la poésie de Ponge est un « objeu » (objet + jeu de mots) ; le lecteur est invité à refaire le chemin : l'atelier est ouvert au public. Réponse : le texte parle de lui-même mais pour parler du monde autrement.
RéponsePlan dialectique : le texte parle de lui-même (atelier, brouillons, mots) ; mais il parle aussi des choses (point de départ et modèle) ; dépassement : le langage et le monde se travaillent l'un l'autre.
Vérification Les textes « Le Soleil placé en abîme » et « Notes pour un coquillage » appartiennent à La rage de l'expression ; « objeu » et « qualité différentielle » sont des notions propres à Ponge. Appuie chaque idée sur des citations exactes de l'édition étudiée en classe.
B.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction suit cinq temps : amorce, présentation du sujet (citation reformulée), analyse, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « Publié en 1952, La rage de l'expression rassemble des textes où Francis Ponge cherche à dire les choses les plus humbles. Mais un critique remarque que, dans ce recueil, « le texte ne parle finalement que de lui-même ». Le poète s'intéresserait ainsi moins à l'objet qu'à l'écriture qui le cherche. Faut-il pour autant lire La rage de l'expression comme une poésie close sur elle-même, ou le travail sur le langage est-il la seule voie qui mène aux choses ? Nous verrons d'abord que le texte exhibe son propre atelier, puis qu'il demeure tourné vers les choses, avant de montrer que le langage et le monde se travaillent mutuellement. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus : amorce, sujet, problématique, annonce du plan.
Piège Éviter de ne parler que du « parti pris des choses » (autre recueil) : rester sur La rage de l'expression et le parcours « Dans l'atelier du poète ».
Exercice 4 : Dissertation C : Dorion, Mes forêts (« interroger le mystère de l'être et du monde, recueillir des liens »)20 points
Sujet de dissertation (20 points). Œuvre : Hélène Dorion, Mes forêts ; parcours : La poésie, la nature, l'intime.
C.1Analysez le sujet : Dans un entretien, Hélène Dorion affirme que l'écriture poétique « consiste à interroger le mystère de l'être et celui du monde, et à recueillir des liens ». En quoi cette affirmation correspond-elle à votre lecture de Mes forêts ?Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation tient en trois temps : analyser les termes du sujet, formuler une problématique, bâtir un plan dont chaque partie répond à la question en s'appuyant sur des exemples précis (œuvre, parcours, culture personnelle).
- Termes : « interroger » (questionner sans clore) ; « le mystère de l'être et celui du monde » : énigme de l'existence intime et de l'univers ; « recueillir des liens » : accueillir et rassembler ce qui relie (humain/nature, vivants/morts, passé/présent, poète/lecteur) ; l'écriture poétique est donc à la fois quête et accueil.
- Le sujet propose une double fonction : interroger (inquiétude, ouverture) et recueillir (accueil, apaisement).
- Parcours : « La poésie, la nature, l'intime » : la forêt est à la fois paysage extérieur et espace intérieur.
RéponseLe sujet fait de la poésie une démarche double : questionner (le mystère) et accueillir (les liens). « En quoi » invite à examiner cette adéquation avec Mes forêts, plutôt qu'à la discuter.
Vérification Les parties s'appuient sur le sujet, l'intitulé du parcours et les thèmes de l'œuvre ; illustre chacune par des citations et des poèmes précis de Mes forêts, tels que tu les as étudiés.
C.2Formulez la problématique du sujet.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui dépasse le sujet et organise tout le devoir : elle fait apparaître la tension entre les deux termes.
- Question possible : comment la forêt devient-elle l'espace où l'on interroge l'être et où l'on tisse des liens ?
RéponseProblématique : dans Mes forêts, la poésie est-elle d'abord un questionnement du mystère, ou une manière de tisser du lien avec la nature, les autres et soi, et comment ces deux gestes s'articulent-ils ?
C.3Proposez un plan détaillé (parties, arguments, exemples).Touche pour voir la correction
À retenir Un plan progressif : chaque partie fait avancer la réponse, et chaque sous-partie s'appuie sur un exemple analysé (une citation, un poème, une idée du parcours).
- I. Interroger le mystère de l'être et du monde : (a) la forêt comme lieu d'énigme (profondeur, silence, ombre, temps long) ; (b) la question de soi : mémoire, deuil, perte, identité ; (c) une écriture de l'interrogation : questions, suspens, formules ouvertes.
- II. Recueillir des liens : (a) lien entre l'humain et la nature : les arbres comme compagnons, miroirs, mémoire ; (b) lien entre les vivants et les absents : la forêt qui garde les traces, l'intime partagé ; (c) lien avec le lecteur : le poème comme geste de partage ; le recueil rassemble des fragments.
- III. Une poésie de l'accueil plus que de la réponse : le mystère n'est pas résolu, il est habité ; la forme (vers libre, blancs, rythmes lents) laisse place au silence ; le poème « recueille » comme on recueille un souffle ; la forêt ouvre à une forme de consolation et de sagesse sans dogme.
RéponsePlan : la forêt, lieu où l'on interroge l'être et le monde ; la forêt, lieu où se tissent des liens (nature, mémoire, lecteur) ; une écriture qui habite le mystère au lieu de l'expliquer.
Vérification Les parties s'appuient sur le sujet, l'intitulé du parcours et les thèmes de l'œuvre ; illustre chacune par des citations et des poèmes précis de Mes forêts, tels que tu les as étudiés.
C.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction suit cinq temps : amorce, présentation du sujet (citation reformulée), analyse, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « Dans Mes forêts, Hélène Dorion écrit à partir de la forêt, lieu à la fois réel et intérieur. Dans un entretien, elle dit que l'écriture poétique « consiste à interroger le mystère de l'être et celui du monde, et à recueillir des liens ». Cette formule associe l'inquiétude à l'accueil, le questionnement à la relation. Dans quelle mesure Mes forêts fait-il de la poésie cette double démarche ? Nous verrons d'abord que la forêt est le lieu d'une interrogation sur l'être et sur le monde, puis qu'elle permet de recueillir des liens entre l'humain, la nature et les absents, enfin que la poésie habite le mystère plutôt qu'elle ne le résout. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus : amorce, sujet, problématique, annonce du plan.
Piège Ne pas plaquer des idées générales sur la nature : chaque argument doit s'appuyer sur un poème précis du recueil.
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