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Bac 2026
Français (professionnel) – Métropole 2026 : correction détaillée
Baccalauréat professionnel toutes spécialités · 28 mai 2026 · 3 heures · coefficient 2,5 · compétences de lecture 10 pts + écriture 10 pts
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Compétences de lecture : Camus, Delerm et Caillebotte10 points
Corpus du programme « Rythmes et cadences de la vie moderne : quel temps pour soi ? » : texte 1 (Albert Camus, L'Étranger, 1942, un dimanche vu de la fenêtre), texte 2 (Philippe Delerm, Journal d'un homme heureux, un dimanche d'octobre 1988) et un document iconographique (Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, 1876). Les réponses doivent être rédigées et justifiées.
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Gustave Caillebotte, Jeune homme à la fenêtre, 1876 (huile sur toile, J. Paul Getty Museum, Los Angeles). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Texte 1 (2 points) : comment le texte 1 rend-il compte du passage du temps ?Touche pour voir la correction
À retenir Pour répondre « comment », on relève des procédés (indicateurs de temps, temps verbaux, rythme, évolution du décor) et on les explique.
- Les indicateurs temporels : « L'après-midi était beau », « Un peu plus tard », « Après eux », « tout à l'heure », « À cinq heures », « À partir de ce moment », « avec le soir naissant », « Presque aussitôt », « alors » : le récit avance par petites étapes, de l'après-midi à la nuit.
- L'évolution de la rue : d'abord « les gens rares et pressés », puis « la rue peu à peu est devenue déserte », puis le retour des tramways, des « promeneurs », des cinémas qui « ont déversé dans la rue un flot de spectateurs », enfin les lampes qui s'allument : le temps est rendu par la vie de la rue, qui se vide puis se remplit.
- Le ciel : « pur mais sans éclat », puis « rougeâtre », puis « les premières étoiles » : les couleurs marquent la progression de la journée.
- Les temps verbaux : alternance d'imparfaits (descriptions, durée : « Les spectacles étaient partout commencés », « le garçon balayait ») et de passés composés (événements ponctuels : « le marchand de tabac a sorti une chaise », « les lampes de la rue se sont alors allumées ») ; quelques passés simples (« passèrent », « arrivèrent ») ; ces temps donnent l'impression d'un temps découpé en images successives.
- Les repères de la fin du texte : « le ciel est devenu rougeâtre », « avec le soir naissant », « les premières étoiles qui montaient dans la nuit » : la journée s'achève par la nuit et la fatigue du narrateur (« J'ai senti mes yeux se fatiguer »).
RéponseLe temps est rendu par des indicateurs temporels précis, par l'évolution de la rue qui se vide puis se remplit, par le changement de couleur du ciel et par l'alternance des temps verbaux : on suit le dimanche de l'après-midi à la nuit.
Vérification Citations relevées dans le texte du sujet.
2Texte 1 (2 points) : selon vous, le narrateur est-il heureux de son dimanche ? Justifiez votre réponse.Touche pour voir la correction
À retenir Une question « selon vous » demande une opinion argumentée, appuyée sur des indices du texte.
- Les indices d'un détachement : le narrateur est spectateur : « J'ai pensé », « je crois », « j'ai trouvé que c'était plus commode » ; il ne participe pas (à la différence des jeunes gens et des promeneurs).
- Le comportement passif : « J'ai retourné ma chaise et je l'ai placée comme celle du marchand de tabac » ; « Je suis resté longtemps à regarder le ciel » ; il imite le marchand de tabac plus qu'il ne choisit une occupation.
- L'absence de manifestation de joie : aucune exclamation, des phrases simples, des verbes d'observation ; les seuls mots d'émotion sont négatifs ou neutres : « fatigués et songeurs » (pour les autres), « J'ai senti mes yeux se fatiguer » (pour lui).
- Conclusion : on peut répondre qu'il n'est ni vraiment heureux ni malheureux : il vit un dimanche d'indifférence, de désœuvrement tranquille. On peut aussi nuancer : la contemplation, le plaisir d'être au calme sont des formes de contentement.
RéponseLe narrateur n'est pas heureux de son dimanche au sens d'une joie vive : il est détaché, passif, spectateur, et finit fatigué. Une réponse nuancée est possible : il éprouve plutôt une tranquille indifférence, qui peut passer pour une forme de paix.
Vérification Dans le roman, le narrateur est Meursault ; dans l'extrait, il n'est pas nommé.
Piège Éviter une réponse tranchée sans justification : il faut citer des indices. Le sujet n'impose pas la réponse ; l'important est l'argumentation.
3Texte 2 (3 points) : en quoi le dimanche est-il, dans ce texte, un temps à part, « à contre-courant » ?Touche pour voir la correction
À retenir On répond en relevant ce qui distingue le dimanche des autres jours (rythme, rites, sensations, état d'esprit) et en citant.
- Un temps qui ralentit : « C'est un dimanche à trois, plein de silence et de temps qui s'allonge » ; « cette sensation des heures qui s'étirent » ; « une plage offerte de temps arrêté ».
- Un temps rythmé par des rites : « petite halte rituelle à la Maison de la Presse », « la tradition de nos dimanches à trois : Téléfoot sur parfum de poulet rôti », la promenade au parc, le « travail scolaire sous la lampe » ; le rite transforme même la télévision : « c'est un rite de plus, rafraîchi, respectable ».
- Un temps qui se détache du reste de la semaine : « pas de vrai dîner le soir, un goûter assez tard » ; le dimanche a ses règles propres.
- Un temps de mélancolie et de retrait : « un peu d'ennui et de mélancolie dans les après-midi », « de nostalgie », « Même en famille, on se sent solitaire », « une heure à contre-jour, à contretemps, une heure à boire en retrait de sa vie » ; le dimanche coupe du rythme social et productif.
- Le caractère partagé : « Beaucoup de gens font comme nous, je crois » : le dimanche est un temps à part collectif.
RéponseLe dimanche est un temps à part car il suit son propre rythme : ralenti, rituel, mélancolique ; il s'oppose au temps pressé de la semaine, « à contre-jour, à contretemps », comme un retrait de la vie courante.
Vérification Citations relevées dans le texte du sujet.
Piège L'expression « à contre-courant » est celle de la consigne ; le texte emploie « à contre-jour, à contretemps » : citer le texte tel qu'il est écrit.
4Corpus (3 points) : quels liens pouvez-vous établir entre le tableau et les textes ? Précisez en étudiant ressemblances et différences.Touche pour voir la correction
À retenir Pour comparer un tableau et des textes : décrire brièvement le tableau, puis rapprocher thèmes, points de vue, atmosphère ; ensuite relever les différences (moyen d'expression, ton, sujet).
- Description : Caillebotte (1876) montre un jeune homme vu de dos, en costume sombre, debout à la fenêtre ouverte d'un appartement, les mains dans le dos ou dans les poches, qui regarde une rue de Paris du haut d'un balcon à balustrade ; au premier plan à droite, un fauteuil rouge dans une pièce sombre ; au fond, des immeubles clairs, une rue presque vide où l'on distingue de petites silhouettes et une voiture.
- Ressemblances avec le texte 1 : même position d'observateur à la fenêtre (« Ma chambre donne sur la rue »), regard posé sur la rue, passivité, temps suspendu ; la ville est le décor des deux œuvres.
- Ressemblances avec le texte 2 : un moment de retrait, une pause contemplative, une mélancolie douce, un temps pour soi, sentiment de solitude (« en retrait de sa vie »).
- Différences : le tableau est figé, silencieux, sans durée ; les textes déroulent le temps (l'après-midi, la soirée) et le mouvement ; le personnage du tableau est anonyme, de dos, sans pensée exprimée, tandis que les narrateurs disent « je » ; le texte 2 évoque la famille et des rites, alors que le jeune homme paraît seul ; la ville du tableau est calme et élégante, la rue du texte 1 est animée.
- Conclusion : le tableau condense en une image l'attitude commune aux textes : un moment de regard et de pause, où l'on prend du temps pour soi, avec une ambiguïté entre liberté et désœuvrement.
RéponseRessemblances : le regard à la fenêtre, la pause contemplative, la solitude douce. Différences : l'image est figée, sans paroles, tandis que les textes disent le temps qui passe et la vie autour ; le dimanche de Delerm est familial et rituel, celui du tableau est solitaire.
Vérification Le tableau a été examiné sur la reproduction du sujet : homme de dos devant la fenêtre ouverte, balcon à balustrade, fauteuil rouge au premier plan à droite, rue de Paris et immeubles au fond.
Piège Ne pas se limiter à la description du tableau : le sujet demande explicitement des liens, avec ressemblances et différences.
Exercice 2 : Compétences d'écriture : « Le temps libre est-il toujours du temps perdu ? »10 points
Développement argumenté d'une quarantaine de lignes au moins, appuyé sur le corpus, les connaissances et les lectures de l'année, en particulier l'œuvre du programme (non précisée dans le sujet).
ÉcritureLe temps libre est-il toujours du temps perdu ? Vous répondrez en vous appuyant sur les documents du corpus, vos connaissances et vos lectures de l'année, en particulier l'œuvre du programme, dans un développement argumenté d'une quarantaine de lignes au moins.Touche pour voir la correction
À retenir Un développement argumenté s'organise en introduction (amorce, sujet, annonce), deux ou trois paragraphes (argument + exemple tiré du corpus ou de l'œuvre), conclusion (bilan et ouverture).
- Analyse : « temps libre » = temps sans obligation (travail, école) ; « perdu » = inutile, gaspillé ; « toujours » : on cherche des exceptions ; le sujet invite à nuancer.
- Argument 1 (oui, parfois perdu) : le temps libre peut être vide : le narrateur de Camus reste à la fenêtre, passif, voit défiler les heures ; l'ennui et la mélancolie dans le texte de Delerm (« un peu d'ennui et de mélancolie dans les après-midi ») ; temps passé devant les écrans (« ronron cathodique ») ; sentiment d'inutilité.
- Argument 2 (non, temps gagné) : le temps libre permet de se retrouver, de se reposer, de contempler (« une plage offerte de temps arrêté ») ; les rites en famille créent du lien ; le temps libre nourrit la créativité, la lecture, la culture (œuvre du programme à citer).
- Argument 3 (dépassement) : tout dépend de l'usage et du regard : le temps libre n'est pas perdu s'il est choisi et habité ; le tableau de Caillebotte peut être lu comme pause féconde ou désœuvrement ; une société de la vitesse a besoin de temps « inutile ».
- Rédaction possible (introduction) : « Dans une société où chaque minute doit être rentable, le temps libre paraît souvent suspect, voire gaspillé. Pourtant, des écrivains et des peintres en ont fait un moment précieux. Le temps libre est-il toujours du temps perdu ? Nous verrons d'abord qu'il peut sembler vide et inutile, puis qu'il est un temps pour soi, avant de montrer que tout dépend de la manière de l'habiter. »
- Rédaction possible (extrait du développement) : « Certes, le temps libre peut paraître vide. Le narrateur de L'Étranger passe l'après-midi à sa fenêtre, à regarder la rue : il n'agit pas, il observe, et finit simplement « fatigué ». Chez Delerm, le dimanche s'accompagne d'« ennui et de mélancolie ». Mais ce temps sans but n'est pas nécessairement perdu : il offre ce que la semaine refuse, une « plage offerte de temps arrêté » où l'on se retrouve. »
- Rédaction possible (conclusion) : « Le temps libre n'est donc pas toujours du temps perdu : s'il peut se vider dans l'ennui, il devient précieux quand on le choisit et qu'on le remplit de présence, de rites ou d'attention. Il faut apprendre à ne pas mesurer chaque instant à son utilité. »
RéponseRéponse nuancée : le temps libre peut être perdu (ennui, passivité, écrans) mais il n'est pas toujours perdu : il permet de se retrouver, de contempler, de partager ; tout dépend de la manière de l'habiter. Penser à citer l'œuvre du programme.
Vérification L'œuvre du programme n'est pas nommée dans le sujet : l'élève doit y puiser un exemple ; les citations du corpus sont reprises du texte du sujet. Le texte 2 est daté du « dimanche 2 octobre 1988 ».
Piège Ne pas se contenter d'un avis général : chaque argument doit s'appuyer sur un exemple précis (texte 1, texte 2, tableau, œuvre). Respecter la longueur (quarantaine de lignes) et soigner la langue.
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