Annales corrigées › Bac 2026 › Français
Bac 2026
Français (technologique) – Centres étrangers 2026 : correction détaillée
Baccalauréat technologique · épreuve anticipée de français · 4 heures · coefficient 5 · commentaire (Proust) ou contraction + essai (sujets A, B, C)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Commentaire : Marcel Proust, Albertine disparue (1925)20 points
Commentaire de texte (objet d'étude : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle). Le narrateur apprend de Françoise le départ d'Albertine ; il croyait ne plus l'aimer et découvre l'étendue de sa souffrance. Pistes : les souffrances d'une rupture amoureuse ; un narrateur qui analyse la complexité des sentiments.
1.1Lisez le texte et dégagez son organisation.Touche pour voir la correction
À retenir On repère les ruptures du raisonnement et du temps (avant / après l'annonce).
- Début : la phrase de Françoise, citée entre guillemets, suivie d'une exclamation : « Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! ».
- Premier mouvement : le narrateur raconte ce qu'il croyait avant : « en train de m'analyser, j'avais cru… que je ne l'aimais plus ».
- Deuxième mouvement : le choc de la souffrance : « une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps » ; découverte : « ce que j'avais cru n'être rien pour moi, c'était tout simplement toute ma vie ».
- Troisième mouvement : les remèdes imaginés : « premiers calmants », le déni (« Tout cela n'a aucune importance… elle sera ici ce soir »), le masque devant Françoise.
- Retour final sur l'erreur d'analyse : « j'avais cru bien connaître le fond de mon cœur ».
RéponseLe texte avance en cinq temps : l'annonce et la maxime ; l'illusion d'indifférence ; le choc de la souffrance ; les calmants du déni et du masque ; le constat final d'aveuglement.
Vérification Les citations sont relevées dans le sujet.
1.2Quelle problématique et quel plan proposez-vous ?Touche pour voir la correction
À retenir La problématique lie la souffrance (le fond) à l'analyse (la forme et le regard du narrateur).
- Problématique : comment le narrateur, en retraçant sa réaction au départ d'Albertine, montre-t-il à la fois la violence de la souffrance amoureuse et l'insuffisance de l'analyse psychologique ?
- Axe I : les souffrances d'une rupture (choc, douleur, déni, masque).
- Axe II : un narrateur analyste (autoanalyse, ironie, retournement, généralisation).
RéponseProblématique : comment le texte fait-il sentir la brutalité de la rupture tout en montrant les limites de l'analyse de soi ? Plan en deux axes : la souffrance ; l'analyse.
1.3Axe I : comment le texte exprime-t-il les souffrances d'une rupture amoureuse ?Touche pour voir la correction
À retenir On analyse les marques de l'émotion (ponctuation, lexique, images, rythme) et leur effet.
- Le choc : la phrase « Mademoiselle Albertine est partie » est citée deux fois, entre guillemets (d'abord telle qu'énoncée par Françoise, puis comme « ces mots » qui « venaient de produire dans mon cœur une souffrance ») : la répétition fait de la phrase un coup qui revient dans l'esprit.
- L'exclamation initiale : « Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! » : une maxime qui oppose la sensation à la théorie.
- L'intensité : « une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps » (consécutive hyperbolique) ; « toute ma vie » ; « blessure ouverte » (métaphore médicale).
- L'urgence : « Il fallait faire cesser immédiatement ma souffrance » ; l'adverbe et le verbe de nécessité traduisent l'impératif de survie ; « instinct de conservation » réduit l'amour à une question de vie ou de mort.
- Le dédoublement tendre : « tendre pour moi-même comme ma mère pour ma grand-mère mourante », « Aie une seconde de patience, on va te trouver un remède » : le narrateur se parle comme à un malade ou à un enfant, en discours direct ; le souvenir de la grand-mère mourante ajoute une dimension de deuil.
- Le déni : « Tout cela n'a aucune importance », « je vais la faire revenir tout de suite », « elle sera ici ce soir » : la souffrance se masque par des certitudes illusoires, des « calmants ».
RéponseLa rupture est vécue comme une blessure vitale ; l'écriture mêle exclamation, hyperboles, métaphores médicales et discours intérieur pour faire sentir l'urgence de la douleur et l'illusion consolatrice.
Vérification Citations relevées dans le sujet.
Piège Ne pas relever des procédés sans les rattacher à un effet ou à un sens.
1.4Axe II : comment le narrateur analyse-t-il la complexité des sentiments ?Touche pour voir la correction
À retenir Le récit de Proust est aussi une analyse : on étudie le vocabulaire de la pensée, les temps verbaux et le retournement.
- Le lexique de l'analyse : « en train de m'analyser », « psychologie », « subtil », « exact analyste », « bien connaître le fond de mon cœur » : le narrateur se présente comme un observateur de lui-même.
- Le bilan comptable des sentiments : « comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu'elle me privait de réaliser » : le narrateur pèse son amour comme un analyste, avec une rigueur apparente (antithèse « médiocrité » / « richesse »), qui prépare l'effondrement.
- Le plus-que-parfait et la répétition de « j'avais cru » : le texte entier raconte une erreur : « j'avais cru que cette séparation… », « j'avais cru que je n'aimais plus Albertine », « j'avais cru ne rien laisser de côté », « j'avais cru bien connaître le fond de mon cœur » ; le martèlement souligne l'illusion.
- L'ironie envers soi : « je m'étais trouvé subtil » : le jugement porté sur soi-même est ironique ; la subtilité n'a pas empêché l'erreur.
- Le retournement : « ce que j'avais cru n'être rien pour moi, c'était tout simplement toute ma vie » ; la structure en antithèse (« rien » / « toute ma vie ») et l'adverbe « tout simplement » créent un effet de découverte.
- La généralisation : « Comme on s'ignore » : la phrase passe du « je » au « on » et transforme l'expérience en vérité universelle, typique de l'analyse proustienne.
- Le regard sur la vanité : même au plus fort de la douleur, l'amour « n'oubliait pas qu'il lui importait de sembler un amour heureux, un amour partagé, surtout aux yeux de Françoise » ; l'amour-propre et le souci des apparences compliquent le sentiment (personnification de l'amour).
- Le temps du récit : « Il y a un instant », « tout à l'heure », « avant l'arrivée de Françoise » : l'analyse est présentée comme un état antérieur, immédiatement démenti ; la phrase longue, à subordonnées emboîtées, épouse le mouvement de la pensée qui se corrige.
RéponseLe narrateur est à la fois acteur et analyste : il raconte son erreur, la corrige, la généralise ; l'analyse n'est pas un savoir sûr mais un récit de ses propres illusions, nuancé d'ironie.
Vérification Citations relevées dans le sujet.
1.5Rédigez une introduction et une conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : contexte, texte, problématique, plan ; conclusion : bilan et ouverture.
- Rédaction possible (introduction) : « Marcel Proust (1871-1922) a consacré À la recherche du temps perdu à l'analyse de la mémoire, du temps et de l'amour. Dans Albertine disparue, volume publié après sa mort, en 1925, le narrateur apprend par Françoise le départ d'Albertine, qui vivait chez lui. Il croyait ne plus l'aimer et découvre l'étendue de sa souffrance. Comment ce passage fait-il sentir la violence de la rupture tout en montrant les limites de l'analyse que le narrateur fait de lui-même ? Nous verrons d'abord les souffrances d'une rupture amoureuse, puis l'analyse que le narrateur fait de ses propres sentiments. »
- Rédaction possible (conclusion) : « Ainsi, le texte fait de la rupture une épreuve qui bouscule les certitudes du narrateur : la souffrance en dit plus que toute analyse, comme l'affirme la maxime initiale. Cette alliance de l'émotion et de la lucidité, qui transforme le roman en enquête sur le cœur, est caractéristique de l'écriture proustienne et de la tradition du roman d'analyse. On peut la rapprocher d'autres récits d'amours déçues étudiés dans l'année. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées dans les étapes ; à adapter avec vos lectures.
Vérification Le chapeau du sujet donne le contexte (début du roman, départ d'Albertine, Françoise) ; la date 1925 est donnée dans le sujet ; Marcel Proust (1871-1922) est l'auteur de À la recherche du temps perdu.
Exercice 2 : Sujet A : La Boétie, Discours de la servitude volontaire — texte de Tahar Ben Jelloun20 points
Parcours : « Défendre » et « entretenir » la liberté. Texte de Tahar Ben Jelloun, Pensées pour la liberté, Préface, 1999 (724 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.
Contraction ARésumez le texte en 181 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 163 à 199 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction
À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.
- Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
- Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
- Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
- Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
- Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.
RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : La liberté est une valeur universelle, non négociable, que certains États refusent au nom de leurs particularismes. Elle n'est ni désordre ni ordre figé : elle est la vie, avec ses contradictions ; elle engage des devoirs autant qu'elle donne des droits, et concilie l'épanouissement de chacun avec la volonté [50] des autres d'exister. Selon Sartre, elle demeure une conviction intérieure, force de la pensée, que l'enfermement même n'altère pas ; elle fonde tout contrat social. Si tant de régimes la combattent, c'est par attrait de la force sans justice et du pouvoir sans contrôle : jamais définitivement acquise, elle peut [100] être balayée à tout moment par la barbarie. La Révolution de 1789 a imposé l'individu, dont la voix vaut celle d'un autre, principe de la démocratie, qui produit la liberté et fait de chaque citoyen un acteur responsable et créateur. L'abolition de l'esclavage fut une grande victoire, mais l'esclavage persiste [150] sous d'autres formes, comme le travail des enfants, la prostitution ou le racisme banalisé. Chacun doit donc rester vigilant, car, selon Schoelcher, la liberté d'un seul est une parcelle de la liberté universelle. Total : 183 mots.
Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 183 mots, dans la fourchette 163-199. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.
Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.
Essai A.1Analysez le sujet d'essai : Suffit-il d'être né libre pour le rester ?Touche pour voir la correction
À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.
- Termes : « être né libre » : posséder la liberté par nature ou par droit de naissance (liberté naturelle, égalité des droits) ; « suffit-il » : cette condition est-elle suffisante ? ; « le rester » : préserver la liberté tout au long de la vie.
- Appuis : La Boétie (les hommes naissent libres, la servitude s'installe par l'habitude) ; Ben Jelloun (la liberté n'est jamais un acquis définitif) ; textes du parcours.
RéponseLe sujet suppose que la liberté est un état de départ ; il demande si cet état se conserve de lui-même. Il faut montrer que la liberté demande une vigilance continue.
Essai A.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.
- La liberté est-elle un don naturel ou une conquête permanente ?
RéponseProblématique : la liberté naturelle suffit-elle à garantir la liberté dans la durée, ou ne se conserve-t-elle que par une vigilance et un engagement constants ?
Essai A.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).
- I. Naître libre : un point de départ essentiel : (a) La Boétie : la nature nous a faits « de même forme » et « à même moule », « compagnons ou plutôt frères » ; (b) Rousseau : « L'homme est né libre, et partout il est dans les fers » ; Déclaration de 1789, article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » ; (c) Ben Jelloun : la liberté est une valeur universelle, un sentiment profond que même l'enfermement n'abolit pas (Sartre).
- II. Mais la liberté se perd : (a) La Boétie : l'habitude est la première cause de la servitude volontaire : on grandit sous le joug et on ne regrette pas ce qu'on n'a pas connu ; (b) les mécanismes du pouvoir : les divertissements, ces « drogues » (théâtres, jeux, spectacles), la flatterie, la chaîne des courtisans ; (c) Ben Jelloun : la liberté « n'est pas un acquis définitif » ; la barbarie peut triompher ; l'esclavage persiste sous d'autres formes (travail des enfants, prostitution, racisme).
- III. Rester libre : un travail permanent : (a) la vigilance et la mémoire (Schoelcher : « La liberté d'un homme est une parcelle de la liberté universelle ») ; (b) l'éducation et l'esprit critique (Kant : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement ») ; (c) l'engagement : la solidarité, la défense du droit ; La Boétie : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ».
RéponsePlan : naître libre est un point de départ ; mais l'habitude, le pouvoir et la barbarie menacent la liberté ; la conserver exige vigilance, éducation et engagement.
Essai A.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « Dans son Discours de la servitude volontaire, La Boétie s'étonne que des hommes nés libres acceptent de servir. Aujourd'hui encore, Tahar Ben Jelloun rappelle que la liberté n'est pas un acquis définitif. Suffit-il alors d'être né libre pour le rester ? Nous verrons d'abord que la naissance donne une liberté essentielle, puis que cette liberté se perd par l'habitude et par la force, avant de montrer qu'elle ne se conserve que par une vigilance constante. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.
Exercice 3 : Sujet B : Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes — texte de Pierre Léna et Huanming Yang20 points
Parcours : le goût de la science. Texte de Pierre Léna et Huanming Yang, « Une promenade de science », La Science, 2003 (770 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.
Contraction BRésumez le texte en 193 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 173 à 213 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction
À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.
- Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
- Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
- Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
- Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
- Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.
RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : La science naît du merveilleux spectacle du monde, proche ou lointain, dont la beauté et l'étrangeté, devant un ciel étoilé par exemple, suscitent chez chacun une profonde émotion et des interrogations. Ce monde présente deux caractères surprenants. Le premier est son extraordinaire diversité, qu'Aristote décrivait et Léonard de Vinci dessinait, [50] et qui provoque l'étonnement. Le second est une étrange combinaison de changement et de permanence : tout se transforme sous l'effet du temps, mais des régularités inflexibles demeurent, que rien ne garantissait d'avance et qui ne dépendent pas de l'arbitraire, le hasard lui-même ayant les siennes, d'où est né le [100] calcul des probabilités. L'observateur discerne en outre le jeu des causes et des effets, tantôt limpide, tantôt obscur, et cherche à reproduire un phénomène pour savoir ce dont il dépend. La science naît de cet acharnement à démêler les causes ; elle peut alors prédire l'avenir, non par magie mais [150] grâce à l'accord établi entre la pensée et le réel. De là vient son immense pouvoir, à la fois séduisant et effrayant : agir sur le monde et anticiper. Total : 179 mots.
Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 179 mots, dans la fourchette 173-213. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.
Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.
Essai B.1Analysez le sujet d'essai : L'émerveillement face au monde suffit-il à développer le goût de la science ?Touche pour voir la correction
À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.
- Termes : « émerveillement » : admiration devant la beauté et l'étrangeté du monde ; « suffit-il » : suffisant ou seulement nécessaire ? ; « le goût de la science » : désir durable de comprendre et plaisir de connaître.
- Appuis : Fontenelle (la conversation sous le ciel étoilé, premier soir) ; Léna et Yang (la science naît du spectacle du monde) ; textes du parcours.
RéponseLe sujet interroge le lien entre émotion et connaissance. L'émerveillement est-il le point de départ ou la condition suffisante du goût de la science ?
Essai B.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.
- L'émotion suffit-elle pour aimer la science, ou faut-il une démarche et des outils ?
RéponseProblématique : l'émerveillement est-il le premier moteur du goût de la science, ou ce goût ne naît-il qu'avec la méthode, l'effort et la médiation ?
Essai B.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).
- I. L'émerveillement, point de départ : (a) Léna et Yang : « La science naît du merveilleux spectacle » du monde (ciel étoilé, diversité des phénomènes) ; (b) Fontenelle : la promenade nocturne dans le parc, la Marquise devant le ciel : la curiosité s'éveille ; (c) l'étonnement est le moteur de la question (Léna et Yang : « Où que je me tourne ou me promène, je m'étonne » ; Aristote : c'est l'étonnement qui pousse les hommes à philosopher).
- II. Mais l'émerveillement ne suffit pas : (a) il peut rester contemplation passive, sans compréhension, voire effroi (Pascal : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie ») ; (b) la science exige méthode : observation, causes et effets, expérience (Léna et Yang : « cet acharnement à démêler l'intrication des causes ») ; (c) Fontenelle : la Marquise apprend peu à peu, avec des explications et des comparaisons ; sa curiosité doit s'accompagner de raison pour devenir savoir.
- III. Une alliance : l'émotion et la raison : (a) le plaisir est entretenu par la compréhension et la découverte ; (b) la médiation (conversation, récit, pédagogie) transforme l'émotion en savoir ; (c) la science donne en retour une nouvelle manière de s'émerveiller : le monde devient intelligible sans perdre son mystère.
RéponsePlan : l'émerveillement amorce le goût ; il est insuffisant seul (méthode, effort, médiation) ; l'émotion et la raison se nourrissent mutuellement.
Vérification Pour Léna et Yang, les citations sont relevées dans le sujet.
Essai B.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « Pour Pierre Léna et Huanming Yang, la science naît du merveilleux spectacle du monde. Fontenelle, dès 1686, avait choisi de faire naître la conversation scientifique d'une promenade sous les étoiles. Mais l'émerveillement suffit-il à développer le goût de la science ? Nous verrons d'abord qu'il est le point de départ de la curiosité, puis qu'il ne suffit pas sans méthode ni médiation, avant de montrer que l'émotion et la raison se nourrissent mutuellement. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.
Exercice 4 : Sujet C : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne — texte d'Antoine Lilti20 points
Parcours : « un nouvel univers s'est offert à mes yeux ». Texte d'Antoine Lilti, « Des Tahitiens en Europe », L'Histoire, décembre 2023 (747 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.
Contraction CRésumez le texte en 186 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 167 à 205 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction
À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.
- Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
- Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
- Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
- Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
- Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.
RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : Les Lumières sont associées aux voyages, mais à ceux des Européens, qu'il s'agisse d'expéditions savantes désintéressées ou d'entreprises coloniales : toujours, à eux seuls reviendraient l'initiative de la rencontre et le regard légitime. Les déplacements des non-Européens sont d'ordinaire perçus comme contraints, de la traite atlantique aux Tahitiens venus en [50] Europe, tenus pour otages, captifs ou précurseurs des zoos humains, objets d'une curiosité malsaine. Cette lecture nie leur expérience vécue et leurs motivations : malgré le manque de sources, ces destins énigmatiques méritent d'être interrogés. Certes, les navigateurs ont longtemps ramené des autochtones comme curiosités ou captifs, mais, au XVIIIe [100] siècle, les mentalités changent : gouvernements et marins veulent se montrer responsables, nouer des relations amicales et éviter la contrainte, sans toujours empêcher conflits et violences. Bougainville dut ainsi se justifier d'avoir emmené Ahutoru, affirmant qu'il s'était embarqué de son plein gré, ce que confirment les journaux de bord : [150] curieux et sans crainte, le Tahitien monta lui-même à bord, sautant de sa pirogue, goûta tous les plats, imita ses hôtes et exigea d'être servi comme les officiers. Total : 178 mots.
Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 178 mots, dans la fourchette 167-205. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.
Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.
Essai C.1Analysez le sujet d'essai : Comment les voyageurs renouvellent-ils notre regard sur le monde ?Touche pour voir la correction
À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.
- Termes : « les voyageurs » : ceux qui se déplacent, explorateurs, étrangers venus chez nous ou voyageurs fictifs ; « renouvellent » : rendent neuf, transforment ; « notre regard » : notre manière de voir, de juger.
- Appuis : Graffigny (Zilia, voyageuse forcée, porte un regard neuf sur la France) ; Lilti (voyageurs tahitiens en Europe) ; textes du parcours.
RéponseLe sujet est une question en « comment » : elle attend un développement analytique (les manières dont le regard est renouvelé), non un oui / non.
Essai C.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction
À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.
- Par quels mécanismes le voyageur transforme-t-il notre regard : comparaison, dépaysement, critique, découverte ?
RéponseProblématique : de quelles manières le voyageur, en confrontant sa vision à la nôtre, nous oblige-t-il à voir autrement notre propre monde et à le remettre en question ?
Essai C.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).
- I. Le voyageur révèle l'autre et le différent : (a) il rapporte des informations, des récits (voyages d'exploration, récits de voyage) ; (b) Lilti : les voyageurs ne sont pas seulement européens : Ahutoru et Mai, des Tahitiens, voyagent aussi, avec leurs motivations et leur curiosité ; (c) Zilia, découvrant la France, décrit ce qu'elle voit avec ses propres mots (quipos, écriture).
- II. Il nous fait voir nos propres habitudes : (a) le regard étranger rend étrange le familier : Zilia s'étonne des usages, des inégalités, de la condition des femmes ; (b) le voyageur renverse les hiérarchies : le « sauvage » observe l'Européen (Montaigne, « Des cannibales » : « chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ») ; (c) la critique de la société : le détour par l'étranger permet de critiquer sans attaquer frontalement (procédé des Lumières, rapprochement avec les Lettres persanes de Montesquieu).
- III. Il élargit notre conception du monde : (a) relativisme : nos coutumes ne sont pas universelles ; (b) ouverture : curiosité, tolérance, échange ; (c) limites : le regard du voyageur peut aussi être biaisé (domination, exotisme) ; Lilti insiste sur la nécessité de rendre sa place à l'expérience vécue de l'autre : le regard doit être véritablement réciproque.
RéponsePlan : le voyageur fait connaître l'autre ; il nous fait voir nos habitudes autrement (regard étranger critique) ; il élargit notre vision, sous réserve de réciprocité.
Essai C.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.
- Rédaction possible : « Le voyageur ne rapporte pas seulement des objets ou des récits : il rapporte un regard. Dans les Lettres d'une Péruvienne, Zilia, arrachée à son pays, observe la France avec un étonnement qui met à nu les habitudes des Français. Antoine Lilti rappelle de son côté que les voyageurs ne sont pas tous européens. Comment les voyageurs renouvellent-ils notre regard sur le monde ? Nous verrons d'abord qu'ils nous font connaître l'autre, puis qu'ils nous font voir autrement nos propres habitudes, avant de montrer qu'ils élargissent notre conception du monde. »
RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.
Autres sujets de Français (Bac 2026)
- Français (voie générale) – Amérique du Nord 2026 (Bac)
- Français (voie générale) – Antilles-Guyane, juin 2026 (Bac)
- Français (général) – Centres étrangers 2026 (Bac)
- Français (général) – Métropole 2026 (Bac)
- Français (professionnel) – Métropole 2026 (Bac)
- Français (technologique) – Antilles-Guyane 2026 (Bac)
- Français (technologique) – Métropole 2026 (Bac)