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Bac 2026

Français (technologique) – Métropole 2026 : correction détaillée

Baccalauréat technologique · épreuve anticipée de français · 11 juin 2026 · 4 heures · coefficient 5 · commentaire (Augier) ou contraction + essai (sujets A, B, C)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Commentaire : Émile Augier, Gabrielle, acte I, scène 1 (1849)20 points

Commentaire de texte (objet d'étude : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle). Scène d'exposition en alexandrins : Julien, avocat, expose avec enthousiasme ses revenus à sa femme Gabrielle, qui l'écoute distraitement, puis s'abandonne en aparté à un rêve d'amour romantique. Pistes : l'opposition des deux personnages ; l'aspect comique et critique de la scène.

1.1Lisez l'extrait et dégagez son organisation.Touche pour voir la correction

À retenir Au théâtre, on repère les changements de locuteur, d'énonciation (réplique, aparté) et de registre.

Démarche
  1. Première partie, l'exposé de la réussite : la tirade de Julien présente sa fortune comme une course « au grand trot » (« J'ai quinze mille francs chez Lassusse ; dix mille / Chez Blanche, hypothéqués ») et sa réputation (« Un ministre […] m'a donné la défense » d'un gros procès) ; elle s'achève sur une question de contrôle, « Tu comprends ? », à laquelle Gabrielle répond mécaniquement : « Oui, très bien ».
  2. Deuxième partie, les calculs : Julien chiffre ses gains (« vingt mille », « trente », « douze mille », « quinze ») avec une nouvelle question de contrôle (« N'est-ce pas ? »), puis « Je vois que tu comprends mes calculs », et deux réponses de Gabrielle (« Oui », « Oui, très bien »), jusqu'à la citation de Rabelais, hors de propos, et au « Merci ! » qui clôt l'entretien.
  3. Troisième partie, le congé condescendant : Julien se remet au travail (« Il se lève, et se dirige vers son travail ») et conclut sur sa femme : « C'est plaisir de causer avec sa ménagère », puis « On vous aime pourtant, pauvre tête légère ! ».
  4. Quatrième partie, l'aparté de Gabrielle (« Gabrielle, à part ») : désillusion (« Hélas ! il croit m'aimer… Quelle dérision ! »), puis rêve lyrique d'une promenade amoureuse dans la nature, jusqu'à « Nous nous enivrerions d'amour et de silence ! ».
  5. Cinquième partie, la chute prosaïque : Julien interrompt la rêverie (« Gabrielle ! » / « Plaît-il ? ») pour une chemise sans bouton ; Gabrielle propose des solutions d'intendance (« Mettez une épingle », « Je ferai venir une femme demain ») et Julien lui oppose sa mère : « Ma mère m'aurait tout rapiécé de sa main. »

RéponseCinq temps : l'exposé chiffré de la réussite ; les calculs et le dialogue de sourds ; le congé condescendant ; l'aparté lyrique de Gabrielle ; la chute prosaïque (le bouton).

Vérification Citations relevées dans le sujet. Les numéros de lignes du sujet sont des repères par groupes de cinq : on cite ici les vers eux-mêmes.

1.2Quelle problématique et quel plan proposez-vous ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour une scène de théâtre, la problématique relie les personnages, le comique et la critique.

Démarche
  1. Problématique : comment Augier, en opposant deux personnages qui ne se comprennent pas, tire-t-il de cette scène d'exposition un effet comique qui critique le mariage bourgeois ?
  2. Axe I : deux personnages opposés (préoccupations, langage, rapport au temps).
  3. Axe II : un dialogue de sourds comique (répétitions, ruptures de ton, chute).
  4. Axe III : une critique des valeurs bourgeoises et de la condition de la femme ; fonction d'exposition.

RéponseProblématique : comment le contraste entre les deux époux fait-il rire tout en critiquant le mariage bourgeois ? Plan en trois axes : opposition ; comique ; critique.

1.3Axe I : comment le texte oppose-t-il Julien et Gabrielle ?Touche pour voir la correction

À retenir On compare les personnages à partir de leur langage, de leurs préoccupations et de leur place sur scène.

Démarche
  1. Julien, un homme d'argent et d'ambition : les chiffres (« quinze mille francs », « dix mille », « vingt mille francs », « trente », « douze mille », « quinze ») ; le vocabulaire financier (« hypothéqués », « gains », « dépensons », « compte rond ») ; l'ambition (« Ma réputation prend un rapide essor ») ; la métaphore du « rude chemin de fortune au grand trot » fait de la réussite sociale une course.
  2. Julien, un homme sûr de lui et autoritaire : il parle longtemps, vérifie l'adhésion par des questions rhétoriques (« Tu comprends ? », « N'est-ce pas ? »), conclut par « Merci ! » ; la litote « Mes gains ne sont pas laids » et la « petite éloquence » sont une fausse modestie ; il réduit sa femme à « sa ménagère » et à une « pauvre tête légère », passant du tutoiement (« tu ») au vouvoiement condescendant (« On vous aime pourtant »).
  3. Gabrielle, une femme effacée en apparence : ses répliques sont brèves, mécaniques et répétées (« Oui, très bien », « Oui », « Ah ! — Mettez une épingle », « Bien. — Je ferai venir une femme demain ») ; le chapeau et l'indication initiale la montrent distraite, un livre à la main : elle ne participe pas à l'échange.
  4. Gabrielle, une voix intérieure lyrique : l'aparté lui donne enfin la parole ; elle dénonce « son ambition », puis s'adresse à la « nature immortelle » (« Pénétrantes senteurs de la feuille nouvelle ») et rêve d'une marche nocturne « moi pendue à son bras » : sensibilité, silence, amour romantique ; elle reprend le mot « aime » (« Il m'aime ! il dit qu'il m'aime ! ») pour en mesurer le vide.
  5. Deux univers : la prose comptable (même mise en alexandrins) et le lyrisme romantique ; l'avenir ambitieux et l'instant (« la nuit immense ») ; le salon bourgeois et la nature (« campagnes », « plaine ») ; ce que Julien possède (argent, réputation, épouse) et ce que Gabrielle désire (un « bras bien aimé »).

RéponseJulien est un homme d'argent, d'ambition et d'autorité ; Gabrielle une femme de sentiment et de rêve, qui se tait mais dit sa vérité en aparté : tout les oppose, à commencer par le langage.

Vérification Citations relevées dans le sujet.

1.4Axe II : où se situe le comique de la scène ?Touche pour voir la correction

À retenir On distingue les types de comique (de mots, de répétition, de situation, de caractère) et on les cite.

Démarche
  1. Le comique de répétition et de malentendu : « Oui, très bien » est prononcé deux fois par Gabrielle, qui ne suit pas, tandis que Julien conclut « Je vois que tu comprends mes calculs » : il prend la distraction pour l'adhésion.
  2. Le comique de mots : la citation de Rabelais, mal à propos (« Pantagruel répondit à Panurge : « Quand le printemps fleurit, il faut que je me purge » »), est, selon la note du sujet, « sans rapport à ce qui a été dit jusque-là » ; elle montre un homme qui veut briller sans cohérence et rompt le fil de ses propres calculs.
  3. Le comique de situation et l'ironie dramatique : pendant que Julien récite ses revenus, sa femme rêve ; l'aparté fait de Gabrielle la complice du spectateur, qui voit ce que Julien ne voit pas.
  4. Le comique de chute (bathos) : au sommet du lyrisme (« Nous nous enivrerions d'amour et de silence ! »), Julien interrompt par « Gabrielle ! » puis par une question domestique : « Hors chez nous, où voit-on / Chemise de mari n'avoir pas un bouton ? » ; le contraste entre le sublime et le trivial fait rire.
  5. Le comique de caractère : Julien, satisfait de lui-même, croit déclarer son amour (« On vous aime pourtant, pauvre tête légère ! ») en l'insultant : aveuglement et condescendance, travers typiques de la comédie de mœurs.
  6. Le comique de forme : les alexandrins, vers noble de la tragédie et de la haute comédie, portent un sujet prosaïque (comptes, chemise, bouton) ; le décalage entre la forme et le fond, accentué par des rimes cocasses (« bouton » / « où voit-on »), amplifie le rire.

RéponseLe rire naît du décalage : malentendu, citation déplacée, rêve lyrique brisé par une chemise sans bouton ; le public voit ce que Julien ne voit pas.

Vérification Citations relevées dans le sujet.

1.5Axe III : quelle critique la scène formule-t-elle et quelle est sa fonction dramatique ?Touche pour voir la correction

À retenir Dans une scène d'exposition, on cherche ce que la scène apprend au spectateur et ce qu'elle annonce.

Démarche
  1. Critique des valeurs bourgeoises : l'argent et la réussite (« Mes gains ne sont pas laids », « je gage / Que j'en vais faire trente et même davantage ») passent avant le sentiment ; Gabrielle le dit en aparté : « il ne va songeant qu'à son ambition ».
  2. Critique de la condition de la femme : Gabrielle est réduite à « sa ménagère », chargée du linge ; sa parole n'est ni sollicitée ni écoutée ; Julien lui oppose enfin sa mère qui « m'aurait tout rapiécé de sa main » : modèle de l'épouse servante.
  3. Critique d'un mariage sans communication : le couple vit dans un dialogue de sourds ; Julien croit être aimant (« On vous aime pourtant »), Gabrielle découvre la distance (« Quelle dérision ! ») ; le bonheur conjugal repose sur un malentendu.
  4. Fonction d'exposition : la scène informe le spectateur sur la situation sociale (avocat, revenus), le caractère des personnages et le ressort possible de l'intrigue : le désaccord sentimental et le rêve inassouvi de Gabrielle.
  5. Portée : par le rire, Augier met en scène les travers de son époque (le matérialisme bourgeois du XIXe siècle) et invite le spectateur à y réfléchir : c'est la fonction à la fois comique et critique du théâtre, « castigat ridendo mores ».

RéponseLa scène critique le matérialisme bourgeois et l'incompréhension conjugale ; elle expose le problème que la pièce développera : le manque de communication entre époux.

Vérification L'annonce du conflit à venir est déduite de la scène elle-même : le sujet ne donne pas la suite de la pièce.

1.6Rédigez une introduction et une conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : contexte, texte, problématique, plan ; conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible (introduction) : « Dramaturge à succès du Second Empire, Émile Augier (1820-1889) a fait de la comédie de mœurs un miroir critique de la bourgeoisie de son temps. Dans Gabrielle, comédie en vers représentée en 1849, la scène d'exposition réunit deux époux dans un salon : Julien, avocat, expose avec enthousiasme ses revenus à sa femme distraite, qui rêve en aparté d'un autre amour. Comment cette scène, en opposant deux personnages qui ne se comprennent pas, produit-elle un effet comique qui est aussi une critique du mariage bourgeois ? Nous étudierons d'abord l'opposition des deux époux, puis le comique du dialogue de sourds, enfin la critique sociale et la fonction d'exposition de la scène. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « Ainsi, la scène fait rire par le décalage entre un mari obsédé de calculs et une épouse rêveuse, et elle dénonce un mariage fondé sur l'argent et le silence de la femme, en même temps qu'elle expose le conflit à venir. Ce théâtre critique, qui corrige les mœurs par le rire, rappelle Molière ; on peut aussi la rapprocher d'autres scènes de couple du XIXe siècle, comme Maison de poupée d'Ibsen (1879), où l'épouse finit par quitter un mari qui la traitait en « alouette ». »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées dans les étapes ; les rapprochements (Molière, Ibsen) sont des propositions à adapter à vos lectures.

Vérification Date de la pièce (1849) donnée dans le sujet ; pièce en vers (alexandrins) ; Augier (1820-1889) est un dramaturge du Second Empire.

Exercice 2 : Sujet A : La Boétie, Discours de la servitude volontaire — texte de Thierry Wolton20 points

Parcours : « défendre » et « entretenir » la liberté. Texte d'après Thierry Wolton, Les Nouvelles Routes de notre servitude, 2022 (797 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction ARésumez le texte en 200 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 180 à 220 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : Le mimétisme, composante du vivre-ensemble, est amplifié par les réseaux sociaux : leur usage massif pousse aux regroupements et à la conformité, car ils simplifient les choix en réduisant les débats à des oppositions binaires. L'Internet ne garantit donc pas la liberté d'expression, qui s'y plie au conformisme. Il en [50] résulte une uniformisation des échanges et un appauvrissement des opinions, mais aussi un lien de sociabilité pour l'internaute isolé et un facteur d'intégration. Ce contrat est cependant faussé par l'algorithme qui, en sélectionnant l'information selon les données de chacun puis en regroupant les internautes par affinités, les rapproche et les [100] isole à la fois. Le Web ne peut dès lors servir la démocratie, fondée sur l'égalité des voix, ni respecter le libre arbitre. Ces regroupements suscitent certes des actions collectives, mais ils font de l'individu un homme-foule, ni différent ni meilleur qu'un autre, et comblent ainsi son idéal d'égalité. Rien [150] de neuf, hormis la technique : se rassembler répond à un instinct de sécurité, car la masse protège, rassure, efface les différences et garantit l'anonymat. Nul besoin de réfléchir dans la foule numérique : l'internaute perd en liberté individuelle mais gagne le sentiment d'une libération collective. Total : 196 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 196 mots, dans la fourchette 180-220. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai A.1Analysez le sujet d'essai : Le besoin d'appartenir à un groupe empêche-t-il d'être libre ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « le besoin d'appartenir à un groupe » : un désir profond de rejoindre, de ressembler, d'être accepté ; « empêche-t-il » : constitue-t-il un obstacle ? ; « être libre » : penser et agir par soi-même.
  2. Appuis : La Boétie (le consentement, la coutume, l'amitié et les « favoris ») ; Wolton (réseaux sociaux, mimétisme, algorithme) ; textes du parcours.

RéponseLe sujet suppose un conflit possible entre appartenance et liberté : il faut examiner si le besoin d'appartenir mène à la servitude, ou s'il peut au contraire servir la liberté.

Essai A.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. Appartenir est-il toujours aliénant ? À quelles conditions un groupe peut-il être libérateur ?

RéponseProblématique : le besoin d'appartenir condamne-t-il l'individu au conformisme, ou un groupe peut-il fonder une liberté partagée à condition de rester lucide ?

Essai A.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. Oui : le besoin d'appartenir menace la liberté : (a) La Boétie : la coutume : l'habitude est la première cause de la servitude volontaire, on se plie pour ne pas se distinguer ; (b) la cour du tyran : courtisans et favoris veulent appartenir au cercle du pouvoir et le servent pour en tirer profit ; la servitude descend par chaînes d'intérêts ; (c) Wolton : le mimétisme, le panurgisme, « Nul besoin de réfléchir dans la foule numérique » ; l'individu devient un homme-foule, ni différent ni meilleur qu'un autre.
  2. II. Non : appartenir peut aussi fonder la liberté : (a) La Boétie : l'amitié entre égaux (« c'est un nom sacré, c'est une chose sainte ») et la nature qui nous a faits « compagnons ou plutôt frères » ; la liberté se vit avec d'autres ; (b) Wolton lui-même note les « pétitions en ligne, mouvements solidaires » : le groupe permet d'agir et de défendre des droits ; (c) Rousseau, Du contrat social : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté » : appartenir à la communauté politique est une condition de la liberté civile.
  3. III. Appartenir librement : (a) la liberté est la capacité de choisir son groupe et d'y garder son esprit critique (Kant : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement ») ; (b) La Boétie : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » : refuser de consentir, c'est rester libre au sein du groupe ; (c) la différence entre le groupe qui impose la conformité (la masse, la doxa) et celui qui rassemble des égaux (la communauté de citoyens).

RéponsePlan : l'appartenance peut asservir (coutume, mimétisme, courtisans) ; elle peut aussi libérer (amitié, action collective, loi commune) ; tout dépend de l'esprit critique de l'individu.

Essai A.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « L'être humain est un être social : il cherche à être accepté, à partager des idées, à appartenir. Mais La Boétie, dans le Discours de la servitude volontaire, montre combien l'habitude et le désir de plaire peuvent asservir ceux qui consentent à leur propre servitude, et Thierry Wolton met en garde contre le mimétisme des réseaux sociaux. Le besoin d'appartenir à un groupe empêche-t-il alors d'être libre ? Nous verrons d'abord qu'il peut conduire au conformisme et à la soumission, puis qu'il peut aussi fonder une liberté solidaire, avant de montrer que la liberté exige de rester lucide au sein du groupe. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

Exercice 3 : Sujet B : Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes — entretien avec Hubert Reeves20 points

Parcours : le goût de la science. Texte d'après un entretien d'Hubert Reeves, Sciences et Avenir, hors-série n° 158, 2009 (783 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction BRésumez le texte en 196 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 176 à 216 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : Regarder le ciel est d'abord une émotion, un contact avec ce qui nous dépasse ; c'est aussi comprendre que nous faisons partie intégrante de l'Univers, puisque nous sommes faits d'atomes forgés dans les étoiles, et que l'astronomie raconte notre propre histoire, ce qui constitue le plus grand apport de la [50] science du XXe siècle. La lunette de Galilée a révélé un ciel changeant, apportant la preuve que la Terre n'est pas le centre du monde. Depuis que l'Univers a une histoire, les étoiles ne sont plus étrangères : nous y cherchons nos origines, et des passeurs doivent faire partager cette [100] science, où poésie et rationalité se rejoignent et qui motive les jeunes. L'étude de l'Univers donne aussi une gravité nouvelle à la menace que nos activités font peser sur l'environnement : dans le Système solaire, la Terre est seule à abriter la vie, apparue très tôt et très robuste, alors [150] que l'homme est en péril, ironie pour une espèce capable de reconstituer le passé cosmique. Astronomie et écologie forment ainsi deux volets d'une même histoire : l'une explique d'où nous venons, l'autre comment demeurer sur Terre. Émerveillons-nous, mais prenons garde. Total : 190 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 190 mots, dans la fourchette 176-216. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai B.1Analysez le sujet d'essai : Le goût de la science nous aide-t-il à voir le monde autrement ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « le goût de la science » : le plaisir de comprendre ; « nous aide-t-il » : un apport possible ; « voir le monde autrement » : changer de point de vue, de regard, de valeurs.
  2. Appuis : Fontenelle (le monde à la lumière du système de Copernic, la pluralité des mondes) ; Hubert Reeves (nous sommes faits d'atomes d'étoiles ; astronomie et écologie) ; textes du parcours.

RéponseLe sujet porte sur l'effet de la science sur le regard : elle élargit-elle la vision du monde ? Il faut aussi envisager des limites.

Essai B.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. En quoi la science change-t-elle notre vision du monde et de nous-mêmes ?

RéponseProblématique : le goût de la science transforme-t-il réellement notre regard sur le monde, et à quelles conditions cette transformation est-elle féconde ?

Essai B.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. La science décentre notre regard : (a) Fontenelle : chaque étoile fixe est un soleil autour duquel tournent d'autres mondes ; la Terre n'est qu'un monde parmi d'autres : fin de l'anthropocentrisme, par une conversation galante entre un philosophe et une marquise ; (b) Reeves : Galilée apporte des preuves à Copernic ; Freud parle du « choc astronomique » : la Terre, et l'homme, ne sont pas le centre du monde.
  2. II. Elle enrichit l'émerveillement et la conscience : (a) Reeves : « nous faisons partie intégrante de l'Univers » : les atomes ont été forgés dans les étoiles ; l'astronomie raconte notre propre histoire ; (b) l'étonnement, moteur de la pensée (Aristote : c'est l'étonnement qui pousse les hommes à philosopher) ; (c) elle développe la responsabilité : astronomie et écologie sont « les deux volets d'une même histoire » ; (d) elle forme l'esprit critique.
  3. III. Des limites et un équilibre : (a) la science n'est pas la seule manière de voir : poésie, art, philosophie ; Pascal : « Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie » : le regard scientifique peut aussi inquiéter ; (b) le danger du scientisme ; (c) le goût de la science suppose une médiation : conversation, récit, humour (Fontenelle) pour devenir une manière de voir le monde.

RéponsePlan : la science décentre ; elle nourrit émerveillement et responsabilité ; elle n'est pas la seule voie et suppose une médiation.

Essai B.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Regarder le ciel est d'abord une émotion, rappelle Hubert Reeves ; c'est aussi, depuis Copernic et Galilée, apprendre que l'homme n'est pas le centre du monde. Fontenelle l'avait deviné en 1686 en faisant converser un philosophe et une marquise sur la pluralité des mondes. Le goût de la science nous aide-t-il pour autant à voir le monde autrement ? Nous verrons d'abord que la science décentre notre regard, puis qu'elle enrichit l'émerveillement et la responsabilité, avant d'examiner ses limites. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

Exercice 4 : Sujet C : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne — entretien avec Mathias Énard20 points

Parcours : « un nouvel univers s'est offert à mes yeux ». Texte d'après un entretien de Mathias Énard, Le UN des libraires, printemps 2024 (740 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction CRésumez le texte en 185 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 167 à 203 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : À l'origine, le voyage sert la découverte, et ses récits, guides ou poèmes de navigation, sont surtout utilitaires, à côté des récits merveilleux. À partir de la fin du XVIIIe siècle, il devient un art, un but en soi, moment de contemplation et de mélancolie. Au XIXe siècle, âge de [50] l'exploration et de l'Orient, le récit n'est plus un guide : il dit la sensibilité du voyageur romantique, dont le vécu importe plus que la destination. Le voyage est inconfortable : on manque de temps pour comprendre, on se sent déplacé, décentré, sensation à la fois fascinante et frustrante. Le [100] tourisme en est une forme dévoyée : enfermé dans un trajet tout tracé, au milieu d'une foule répétant les mêmes gestes, le voyageur n'a plus rien à raconter ; le tourisme de masse est une malédiction. Aujourd'hui, les images et les connexions rapprochent les mondes, le regard n'est plus seulement [150] occidental et tous subissent le commerce et le marketing. Le voyage reste pourtant possible : tout dépend de la manière de le vivre et de le raconter, car il suffit de faire l'expérience de la différence et de l'altérité, même à cinquante mètres de chez soi. Total : 196 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 196 mots, dans la fourchette 167-203. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai C.1Analysez le sujet d'essai : Le voyage permet-il toujours de découvrir un autre univers ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « le voyage » : déplacement dans un autre lieu, mais aussi expérience ; « toujours » : sans exception ? ; « découvrir un autre univers » : entrer réellement dans un monde différent (culture, regard, valeurs).
  2. Appuis : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne (voyage forcé de Zilia) ; Mathias Énard (tourisme et voyage) ; textes du parcours.

RéponseLe sujet invite à distinguer déplacement et découverte : on peut voyager sans rien découvrir, et découvrir sans voyager loin.

Essai C.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. Dans quelles conditions le voyage est-il une véritable découverte ?

RéponseProblématique : le voyage suffit-il à faire entrer dans un autre univers, ou la découverte dépend-elle de la manière de voyager et de regarder ?

Essai C.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. Le voyage donne accès à un autre univers : (a) Zilia, enlevée et transportée en France, découvre une langue, des coutumes, des valeurs inconnues ; elle apprend à les nommer à partir de ce qu'elle connaît (quipos, écriture) ; (b) Énard : à partir de la fin du XVIIIe siècle, le voyage devient une expérience de contemplation et de sensibilité ; (c) rencontre, étonnement, changement de point de vue.
  2. II. Mais le voyage peut rester superficiel : (a) Énard : le tourisme de masse enferme dans un « trajet tout tracé », les mêmes gestes, les mêmes guides ; (b) on peut voyager sans changer de regard : l'obstacle de la langue, les préjugés, la nostalgie de son monde (Zilia, qui reste attachée à son pays et à Aza) ; (c) les images et les connexions rapprochent les mondes : la découverte devient moins évidente.
  3. III. Voyager autrement : (a) la durée, l'attention, la disponibilité à l'altérité : « faire l'expérience de la différence » (Énard) ; (b) on peut découvrir un autre univers à « cinquante mètres de chez soi » : par la lecture, la rencontre ; (c) Montaigne : « chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage » : voyager, c'est d'abord accepter de renoncer à ses évidences ; la découverte tient autant au regard qu'à la distance parcourue.

RéponsePlan : le voyage permet la découverte ; il peut rester superficiel (tourisme, préjugés) ; la découverte tient à la manière de voyager et de regarder.

Essai C.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Voyager, c'est se déplacer ; mais est-ce toujours découvrir ? Dans les Lettres d'une Péruvienne, Zilia, transportée en France contre son gré, découvre un monde nouveau et l'observe avec un regard neuf. Mathias Énard, de son côté, distingue le voyage, expérience de la différence, du tourisme de masse. Le voyage permet-il toujours de découvrir un autre univers ? Nous verrons d'abord qu'il ouvre à d'autres mondes, puis qu'il peut rester superficiel, avant de montrer que la découverte dépend de la manière de voyager et de regarder. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

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