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Bac 2026

Français (technologique) – Antilles-Guyane 2026 : correction détaillée

Baccalauréat technologique · épreuve anticipée de français · 11 juin 2026 · 4 heures · coefficient 5 · commentaire (Maupassant) ou contraction + essai (sujets A, B, C)

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Commentaire : Maupassant, « Les oies sauvages » (Des Vers, 1880)20 points

Commentaire de texte (objet d'étude : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle). Le poème oppose un paysage d'hiver muet et le passage bruyant d'oies sauvages migratrices, qui éveille chez les oies captives l'appel de la liberté. Deux pistes sont proposées : le spectacle du passage des oies ; l'appel de la liberté.

1.1Lisez le poème et dégagez son organisation.Touche pour voir la correction

À retenir Dans un poème, on repère la composition (strophes, ruptures, changements de focale) avant de commenter.

Démarche
  1. Premier mouvement (vers 1 à 4) : un paysage d'hiver, muet et immobile : « Tout est muet », « La morne plaine est blanche », « ciel gris », « les grands corbeaux noirs » qui « tachent » la neige.
  2. Deuxième mouvement (vers 5 à 16, de « Voilà qu'à l'horizon… » à « s'élargissant ») : le passage des oies sauvages : irruption sonore (« clameur »), vitesse, guide qui « jette son cri perçant », formation en vol (« grand triangle ailé »).
  3. Troisième mouvement (vers 17 à 32, de « Mais leurs frères captifs… » à « leurs frères sauvages ») : les oies captives entendent l'appel (v. 17-24), s'agitent « en vain » et sentent monter « la liberté première » (v. 25-29), puis répondent par des « cris désespérés » (v. 30-32).
  4. Le poème progresse du silence vers le cri, de l'immobilité vers le mouvement, de la nature libre à la nature captive ; le « Mais » du vers 17 marque l'opposition entre libres et captifs ; les vers longs et les rimes variées (plates, croisées, embrassées) suivent l'élan du vol.

RéponseTrois mouvements : le paysage d'hiver muet ; le vol des oies sauvages ; l'émotion des oies captives et l'appel de la liberté.

Vérification Numérotation des vers déduite du sujet (repères tous les cinq vers) : le poème compte 32 vers.

1.2Quelle problématique et quel plan proposez-vous ?Touche pour voir la correction

À retenir La problématique associe le sens (le spectacle, la liberté) à la manière dont le poète l'écrit.

Démarche
  1. Problématique : comment le poème, en opposant le silence de l'hiver au passage tumultueux des oies, fait-il de la migration le symbole de l'appel de la liberté ?
  2. Axe I : le spectacle du passage des oies sauvages (le décor, l'irruption, la vitesse et l'ordre du vol).
  3. Axe II : l'appel de la liberté (le contraste libres / captifs, l'éveil des captives, l'impuissance et le désespoir).
  4. Option : un troisième temps sur la portée symbolique (l'être humain, le poète).

RéponseProblématique : comment la description d'un spectacle naturel devient-elle un symbole de l'aspiration à la liberté ? Plan en deux axes : le spectacle du passage ; l'appel de la liberté.

1.3Axe I : comment le poète met-il en scène le spectacle du passage des oies sauvages ?Touche pour voir la correction

À retenir On commente l'image, le rythme et les sonorités, en les rattachant à leur effet.

Démarche
  1. Le décor initial : un paysage vidé : « Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris » ; l'adjectif « morne », la couleur « blanche », le « ciel gris » et les « corbeaux noirs » (contraste blanc / noir) installent une tonalité triste et immobile ; la rime « cris / gris » relie le son et la couleur.
  2. L'irruption : « Voilà qu'à l'horizon s'élève une clameur ; / Elle approche, elle vient » ; le présentatif « Voilà que » et la reprise des verbes au présent donnent l'impression d'une scène vue en direct ; la clameur précède l'image (progression sonore).
  3. La vitesse : « Ainsi qu'un trait lancé », « Allant toujours plus vite », « leur vol éperdu », « fouettant le vent de leur aile sifflante » ; la comparaison avec la flèche, la gradation (« toujours plus vite ») et l'allitération en [f] et [s] (« fouettant », « sifflante ») imitent le bruit du vol.
  4. La métaphore humaine et religieuse : « la tribu des oies », « ces pèlerins des airs », « la caravane » : les oies sont des voyageurs qui accomplissent un voyage presque sacré, « Delà les océans, les bois et les déserts » (énumération qui dit l'étendue et la durée) ; la personnification annonce le symbole humain.
  5. L'ordre du vol : « Le guide… jette son cri perçant » (le chef, qui veut « exciter leur allure trop lente »), « Comme un double ruban la caravane ondoie », « son grand triangle ailé qui va s'élargissant » ; le poète dessine une figure géométrique, la formation en V, et le verbe « ondoie » donne de la fluidité ; la rime « ondoie / déploie » prolonge le mouvement.

RéponseLe spectacle est une irruption : du silence à la clameur, de l'immobilité à la vitesse ; les images (flèche, pèlerins, ruban) et les sonorités font du vol un événement grandiose et ordonné.

Vérification Citations relevées dans le sujet.

1.4Axe II : comment le poème exprime-t-il l'appel de la liberté ?Touche pour voir la correction

À retenir Dans ce mouvement, on analyse le contraste, le vocabulaire de l'élan et de l'entrave, et le registre pathétique.

Démarche
  1. Le contraste : « Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine, / Engourdis par le froid, cheminent gravement » ; le « Mais » et l'adjectif « captifs » s'opposent aux « libres voyageurs » ; la comparaison « Comme de lourds vaisseaux balancés lentement » insiste sur la pesanteur.
  2. L'humiliation : « Un enfant en haillons en sifflant les promène » : le verbe « promène » dit la domestication, l'enfant en « haillons » montre une servitude misérable.
  3. L'éveil : « Ils entendent le cri de la tribu qui passe, / Ils érigent leur tête » ; la répétition de « Ils » en tête de vers, le verbe « érigent » (dressent) signalent un sursaut ; « se lèvent pour partir » marque le désir d'envol.
  4. L'impuissance : « Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes » ; l'adjectif « impuissantes » et la locution « en vain » créent le pathétique.
  5. L'appel intérieur : « sentent confusément, / À cet appel errant, se lever grandissantes / La liberté première au fond du cœur dormant, / La fièvre de l'espace et des tièdes rivages » ; la liberté est une mémoire profonde (« première », « dormant »), la métaphore médicale (« fièvre ») traduit un désir irrépressible.
  6. La chute : « Dans les champs pleins de neige ils courent effarés, / Et jetant par le ciel des cris désespérés / Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages » ; les « cris » répondent aux « cris » du premier vers, le champ lexical de l'affolement (« effarés », « désespérés ») est mis en valeur par la rime ; « frères » et « sauvages » rapprochent captives et libres : le « sauvage » est ici le libre.

RéponseL'appel de la liberté éveille un instinct profond chez les captives ; l'élan se heurte à l'impuissance, ce qui donne au poème sa tonalité pathétique et sa portée symbolique : la liberté est un besoin vital que la captivité ne tue pas.

1.5Rédigez une introduction et une conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction : présentation de l'auteur et du texte, problématique, plan ; la conclusion : bilan et ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible (introduction) : « Connu surtout pour ses nouvelles et ses romans, Guy de Maupassant (1850-1893) a aussi publié en 1880 un recueil de poèmes, Des Vers. Dans « Les oies sauvages », il décrit le passage d'oies migratrices au-dessus d'une plaine d'hiver, puis la réaction des oies captives, que l'appel des libres bouleverse. Comment ce spectacle naturel devient-il un symbole de l'appel de la liberté ? Nous étudierons d'abord le spectacle du passage des oies, puis l'appel de la liberté qu'il éveille chez les captives. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « Ainsi, le poème transforme un tableau naturel en parabole de la liberté : le passage des oies réveille chez les captives un désir que leur condition ne peut satisfaire. Maupassant, dont le recueil emprunte au lyrisme romantique, y fait de la nature un miroir de la condition humaine, partagée entre le besoin d'horizon et les entraves. On peut le rapprocher d'autres poèmes sur l'élan et l'enfermement, comme « L'Albatros » de Baudelaire (1857). »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées dans les étapes ; le rapprochement avec L'Albatros est une proposition à adapter à vos lectures.

Vérification Date et recueil donnés dans le sujet (Des Vers, 1880).

Exercice 2 : Sujet A : La Boétie, Discours de la servitude volontaire — texte de Sandra Laugier20 points

Parcours : « Défendre » et « entretenir » la liberté. Texte d'après Sandra Laugier, « Le nouvel âge de la désobéissance civile », Sciences Humaines, 2016 (806 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction ARésumez le texte en 201 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 180 à 221 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : Si la démocratie garantit en principe libertés, dialogue et droits, la désobéissance civile s'y répand. Elle consiste à refuser publiquement, collectivement et sans violence d'appliquer une règle au nom d'un principe supérieur, afin d'être sanctionné et de faire apprécier en justice l'iniquité de cette règle ; elle repose sur la [50] conviction personnelle et ne recouvre pas toutes les formes de résistance. Les mouvements des années 2010, par leurs occupations, mobilisations et activisme informatique, expriment un sentiment d'injustice et la volonté des citoyens de contrôler directement leurs dirigeants : on ne désobéit qu'en démocratie, quand le pouvoir trahit les principes qui [100] ont fondé le consentement. En rendant visibles l'injustice et la dépossession, ces mouvements nourrissent le débat, renouvellent la démocratie et transforment les pratiques politiques comme la société. Cette extension des droits provoque cependant une réaction violente des milieux conservateurs et oblige à redéfinir la désobéissance. Anonymous, jugeant l'espace public contrôlé [150] par les États hostile à la libre expression, agit dans l'ombre et par des méthodes radicales, justifiées par la violence de l'État. Moralement discutable, cette troisième extension rappelle que les délinquants d'un jour sont parfois les héros du lendemain. Total : 189 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 189 mots, dans la fourchette 180-221. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai A.1Analysez le sujet d'essai : Selon vous, faut-il nécessairement désobéir pour défendre et entretenir la liberté ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « faut-il nécessairement » : la désobéissance est-elle indispensable ou y a-t-il d'autres moyens ? ; « désobéir » : refuser d'appliquer une loi ou un ordre ; « défendre » la liberté (la protéger quand elle est menacée) ; « entretenir » (la faire vivre, la maintenir au quotidien).
  2. Appuis imposés : le Discours de la servitude volontaire (La Boétie), le texte de Sandra Laugier (désobéissance civile), les textes du parcours.

RéponseLe sujet interroge l'unique voie : la désobéissance n'est pas niée, mais est-elle « nécessairement » la seule ? Il faut aussi distinguer défendre (face à une menace) et entretenir (au quotidien).

Essai A.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. La question : la désobéissance est-elle la condition de la liberté, ou un recours parmi d'autres ?

RéponseProblématique : la liberté ne peut-elle se défendre qu'en refusant d'obéir, ou la vigilance, l'éducation et l'action démocratique suffisent-elles à l'entretenir ?

Essai A.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. Désobéir : un moyen souvent nécessaire : (a) La Boétie : le tyran n'a de pouvoir que celui qu'on lui donne ; refuser de le servir suffit à le faire tomber (« Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ») : c'est une forme de désobéissance ; (b) Laugier : la désobéissance civile (Martin Luther King à Selma en 1965, Thoreau) révèle l'iniquité d'une loi et la fait changer ; (c) la Déclaration de 1789 range la « résistance à l'oppression » parmi les droits naturels (article 2).
  2. II. Mais ce n'est pas la seule voie : (a) entretenir la liberté au quotidien : éducation, esprit critique, vigilance contre l'habitude (La Boétie : l'habitude est la première cause de la servitude volontaire) ; (b) l'action légale : vote, débat, manifestation, droit, justice (Laugier : en démocratie, les libertés sont « apparemment garanties ») ; (c) la plume : Voltaire défend la tolérance et la liberté de penser par ses écrits (affaire Calas, Traité sur la tolérance, 1763) sans désobéir.
  3. III. Dépasser l'alternative : désobéir est un ultime recours quand les moyens légaux échouent, et toute désobéissance suppose un principe moral et une vigilance préalable ; défendre la liberté demande à la fois refus et construction ; Laugier : « on ne désobéit qu'en démocratie » : la désobéissance est elle-même une manière d'entretenir la démocratie.

RéponsePlan dialectique : oui, la désobéissance est parfois nécessaire ; non, d'autres moyens existent ; dépassement : elle est un recours ultime dans une vigilance permanente.

Essai A.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « La liberté est un bien précieux mais fragile, que La Boétie, au XVIe siècle, voyait déjà menacée par l'habitude et la soumission volontaire. Aujourd'hui, la désobéissance civile apparaît comme une manière de la défendre, comme le montre Sandra Laugier. Faut-il pour autant désobéir pour défendre et entretenir la liberté ? Nous verrons d'abord que la désobéissance peut être nécessaire, puis que d'autres voies existent pour entretenir la liberté, avant de montrer que la désobéissance reste un recours ultime au sein d'une vigilance permanente. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

Exercice 3 : Sujet B : Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes — texte d'Étienne Klein20 points

Parcours : le goût de la science. Texte d'après Étienne Klein, « Un peu de malice pour redonner du goût aux sciences », L'Express, 2022 (744 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction BRésumez le texte en 186 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 167 à 205 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : Façonnée par le savoir scientifique, notre société voit pourtant la science se marginaliser intellectuellement : l'immense majorité des citoyens, y compris de nombreux intellectuels, n'y a qu'un accès médiocre, inégalité dont nul ne parle. Le jugement est certes bien sévère, mais cette indifférence ne favorise pas la pensée, car ignorer [50] la science ou la dénigrer ne protège pas la culture. Pour autant, personne ne maîtrise tous les domaines : les scientifiques eux-mêmes ne sont compétents que dans leur discipline, et un citoyen indifférent aux sciences n'est pas un moins bon citoyen. La vulgarisation ne réussit qu'en apparence, car elle n'intéresse [100] que ceux qui l'apprécient déjà ; la plupart des gens n'ont aucun contact direct avec les résultats, démonstrations ou expériences et s'informent ailleurs. Il s'ensuit que le pays décroche, surtout chez les jeunes, et que la société débat mal des technologies nouvelles. Pour donner le goût des sciences, il faut [150] donc d'abord leur donner du goût, en racontant, avec malice, la véritable histoire des découvertes, c'est-à-dire arguments, observations, expériences et errances, plutôt que des vulgates simplistes. Total : 176 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 176 mots, dans la fourchette 167-205. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai B.1Analysez le sujet d'essai : Pensez-vous que seuls les scientifiques peuvent transmettre le goût de la science ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « seuls » : exclusivité ; « les scientifiques » : chercheurs, savants, spécialistes ; « transmettre » : faire partager, enseigner, médiatiser ; « le goût de la science » : l'envie, le plaisir de comprendre.
  2. Appuis : Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes ; le texte de Klein (contraction) ; les textes du parcours « le goût de la science ».

RéponseLe sujet interroge qui peut transmettre : les scientifiques seuls ? Il invite à envisager d'autres médiateurs (écrivains, enseignants, journalistes, artistes) et à définir le « goût ».

Essai B.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. La transmission est-elle une question de savoir (donc de scientifiques) ou une question de médiation et d'émotion ?

RéponseProblématique : le goût de la science dépend-il de la compétence du savant, ou d'autres médiateurs peuvent-ils le faire naître en alliant plaisir et récit ?

Essai B.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. Les scientifiques, transmetteurs légitimes : (a) ils maîtrisent le contenu et la démarche : rigueur, expérience, exactitude ; (b) Klein : donner à connaître la véritable histoire des découvertes, celle des « arguments, observations, raisonnements, expériences, errances » ; (c) la passion partagée (cours, conférences, vulgarisation), qui peut éveiller des vocations.
  2. II. Mais d'autres peuvent transmettre le goût : (a) Fontenelle, homme de lettres et non astronome : il choisit le dialogue galant avec une marquise, la conversation mondaine, pour rendre l'astronomie aimable ; (b) enseignants, écrivains, journalistes, artistes, philosophes (Michel Serres, cité dans le texte) ; Voltaire et Mme du Châtelet font connaître Newton au public ; (c) Klein lui-même souligne que les scientifiques ne sont compétents que « localement » : ils ne sont donc pas les seuls détenteurs du savoir.
  3. III. Une coopération : le goût naît de la rencontre entre savoir rigoureux et art de raconter ; la science a besoin de passeurs ; le plaisir de la science vient autant de la curiosité du récepteur que du talent de l'émetteur ; la transmission réussie associe expertise, malice et imagination.

RéponsePlan : les scientifiques sont des transmetteurs légitimes ; d'autres médiateurs (Fontenelle, Serres, enseignants) le sont aussi ; dépassement : la coopération entre savoir et art de raconter.

Essai B.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « La science nous entoure, mais elle séduit peu. Comment lui rendre du goût ? Dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes, Fontenelle invente en 1686 une conversation galante pour rendre l'astronomie aimable, et Étienne Klein appelle aujourd'hui à donner du goût aux sciences. Pensez-vous que seuls les scientifiques peuvent transmettre le goût de la science ? Nous verrons d'abord que les scientifiques sont des transmetteurs légitimes, puis que d'autres médiateurs y parviennent aussi, avant de montrer que la transmission réussie associe savoir et art de raconter. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

Exercice 4 : Sujet C : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne — texte de David Le Breton20 points

Parcours : « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux ». Texte d'après David Le Breton, « Éloge des chemins », 2025 (788 mots). Contraction : 10 points ; essai : 10 points.

Contraction CRésumez le texte en 197 mots (tolérance de plus ou moins 10 % : de 177 à 217 mots), avec un repère tous les 50 mots et l'indication du nombre total de mots.Touche pour voir la correction

À retenir Contracter, c'est reformuler (sans citer ni commenter) l'argumentation dans l'ordre du texte, au présent, à la même personne que l'auteur, en gardant les articulations logiques et en supprimant exemples, images et anecdotes.

Démarche
  1. Repérer le fil logique : thèse, grandes étapes de l'argumentation, conclusion ; souligner les connecteurs.
  2. Découper le texte en parties et fixer un quota de mots par partie (environ le quart du texte original, ici un peu plus du quart).
  3. Écrire chaque idée avec vos mots, sans reprendre de phrases entières ; remplacer une énumération par un terme générique, un exemple par l'idée qu'il illustre.
  4. Conserver le système d'énonciation du texte (pas de « l'auteur dit que » à chaque phrase) et le sens des articulations.
  5. Compter les mots (un mot = ce qui est séparé par un espace ; l'article ou la préposition élidée compte avec le mot suivant, un mot composé à trait d'union compte pour un), poser un repère tous les 50 mots, noter le total à la fin.

RéponseProposition de contraction (repères entre crochets) : La marche rompt avec les exigences de rentabilité, d'efficacité et de vitesse : lente, humble et patiente, elle respecte les limites du corps et s'ajuste au terrain sans combattre la nature, dans la jouissance de l'instant. Prendre le large est salutaire quand on étouffe : le marcheur s'imprègne des lieux [50] et peut y trouver rencontres et solidarités, ou bien silence et solitude. En quittant le confort du foyer, il renouvelle un regard usé par les routines, retrouve le contact des éléments et glane souvenirs, images, odeurs et sons. Il se sent en vacances de lui-même : sans renoncer à ses [100] liens sociaux, il les met à distance et se détache provisoirement de ses responsabilités et de l'hypnose de l'écran. Seule la marche permet de s'approprier un paysage par la lenteur et l'attention : le marcheur n'a pas de montre, mais du temps. Il abandonne compétition et communication tyrannique pour l'amitié, [150] la conversation et la disponibilité à l'autre, au compagnon comme aux enfants, loin du smartphone. Marcher, c'est enfin reprendre corps, se retrouver soi-même et remonter sa propre histoire, en quête de l'or du temps. Total : 184 mots.

Vérification Total compté par script (un mot = ce qui est séparé par un espace ; « l'homme » = 1 mot, un mot à trait d'union = 1 mot) : 184 mots, dans la fourchette 177-217. La fourchette laisse une marge si le décompte du correcteur diffère de quelques mots.

Piège Ne pas dépasser la tolérance (ni en plus ni en moins), ne pas citer le texte, ne pas ajouter d'opinion personnelle ; respecter l'ordre des idées.

Essai C.1Analysez le sujet d'essai : Découvrir un nouvel univers, est-ce nécessairement découvrir l'inconnu ?Touche pour voir la correction

À retenir L'essai répond à une question en développement organisé : analyse du sujet, problématique, plan en parties (thèse, nuance, dépassement), exemples tirés de l'œuvre, du texte de la contraction et des lectures de l'année.

Démarche
  1. Termes : « découvrir un nouvel univers » : entrer dans un monde différent (culture, pays, savoir) ; « nécessairement » : toujours ? ; « l'inconnu » : ce qui est complètement étranger, sans repère.
  2. Appuis : Graffigny, Lettres d'une Péruvienne (Zilia découvre la France) ; le texte de Le Breton sur la marche ; les textes du parcours « Un nouvel univers s'est offert à mes yeux ».

RéponseLe sujet pose la question du lien entre nouveauté et inconnu : un univers nouveau est-il toujours totalement inconnu ? Il invite à nuancer : on peut découvrir du nouveau dans le connu, ou reconnaître du familier dans l'étranger.

Essai C.2Formulez la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir La problématique est une question qui organise le devoir et fait apparaître une tension.

Démarche
  1. Peut-on découvrir un nouvel univers sans être radicalement dans l'inconnu : le nouveau passe-t-il par le familier ?

RéponseProblématique : la découverte d'un nouvel univers est-elle toujours une plongée dans l'inconnu, ou naît-elle d'un nouveau regard sur ce qui nous entoure ?

Essai C.3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par des arguments et des exemples précis (œuvre au programme, texte de la contraction, lectures de l'année).

Démarche
  1. I. Découvrir un nouvel univers, c'est souvent affronter l'inconnu : (a) Zilia, arrachée à son monde, ne comprend ni la langue, ni les usages, ni les objets ; elle cherche à les décrire par comparaison (quipos, écriture) ; (b) la rencontre de l'étranger déstabilise les repères et peut être source d'angoisse.
  2. II. Mais le nouvel univers n'est pas toujours totalement inconnu : (a) Zilia reconnaît du familier (affection, vertu, raison), compare, et son regard étranger éclaire ce que les Français ne voient plus (effet « Lettres persanes » de Montesquieu) ; (b) Le Breton : en marchant, on redécouvre un environnement proche, on « lève les yeux » sur ce qu'on ne voyait plus ; le nouveau est dans le regard.
  3. III. Découvrir un nouvel univers, c'est transformer son regard : l'inconnu n'est pas seulement hors de nous, il est la part de nous-mêmes qui change ; la découverte est un dialogue entre soi et l'autre ; l'étonnement est la condition du savoir (lien avec Fontenelle et le goût de la découverte).

RéponsePlan : l'univers nouveau comme inconnu ; le nouveau dans le familier ; la découverte comme transformation du regard.

Essai C.4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir L'introduction comporte : amorce, présentation du sujet, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Dans les Lettres d'une Péruvienne, Zilia, enlevée à son monde, découvre un « nouvel univers » : la France du XVIIIe siècle. On pourrait croire qu'elle plonge dans un inconnu complet. Mais découvrir un nouvel univers est-il nécessairement découvrir l'inconnu ? Nous verrons d'abord que la découverte d'un nouvel univers confronte à l'inconnu, puis qu'elle s'appuie aussi sur le familier, avant de montrer qu'elle transforme le regard de celui qui découvre. »

RéponseIntroduction rédigée ci-dessus.

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