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Bac 2026
HLP – Centres étrangers 2026 – Sujet 2 (Rita Mestokosho) : correction détaillée
Humanités, littérature et philosophie · 4 heures · interprétation littéraire 10 pts + essai philosophique 10 pts
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Première partie : interprétation littéraire (« Parfum de la terre »)10 points
Poème en vers libres de la poétesse innue Rita Mestokosho (Née de la pluie et de la terre, 2014). La nature (forêt, rivière, saisons, arbres) y est aimée, personnifiée et vécue comme un proche : « mon ami, mon frère ».
1Comment le poème témoigne-t-il d'un sentiment d'harmonie avec la nature ?Touche pour voir la correction
À retenir On relève les procédés (personnification, comparaisons, sensations, énonciation, rythme) et on explique en quoi ils créent l'harmonie. On organise par idées.
- Une nature personnifiée et aimée : la Terre a des « bras » (v. 25), un « regard » (v. 30), un « cœur » qui bat (v. 33) ; l'anaphore « J'aime son silence / J'aime sa voix / J'aime son reflet » (v. 34-36) exprime un lien affectif. Le poème s'adresse à elle ou à son double humain comme à « mon ami mon frère » (v. 16 ; « mon frère », v. 20) : la fraternité efface la distance entre l'humain et la nature.
- Une fusion des corps et des éléments : « Le cœur enveloppé / Du parfum de la terre » (v. 12-13) ; « Je respire l'air qu'il habite » (v. 29) ; « Mon cœur est fait de branches de sapin / Entremêlées à toutes les saisons du monde » (v. 43-44). Le corps du je est fait de nature (métaphore) ; la nature est dans la respiration. Les sensations convoquées (vent sur les joues, parfum, silence, voix de la rivière) mobilisent tous les sens.
- Un accord avec le temps naturel : le poème suit les saisons (le « printemps » du début, « L'automne Uashtessiu » v. 14, puis « Je deviens l'hiver pour me reposer / Je deviens le printemps pour rêver / Je deviens l'été pour briller », v. 54-56). L'anaphore « Je deviens » dit une identification : le sujet épouse le cycle des saisons. Le dernier mouvement, « Et je suis une femme d'automne » (v. 57), affirme une appartenance.
- Une attitude de confiance et de patience : « Prends le temps de vivre / Car demain ne t'appartient pas » (v. 4-5) ; « la force du destin », « la confiance de demain » (v. 50-51), « La patience d'attendre en admirant l'eau des chutes » (v. 52). La nature enseigne l'attention au présent et l'acceptation.
- Une dimension spirituelle et collective : « J'aime l'invisible que je ne peux toucher / Mais que je sens avec force en moi » (v. 37-38) ; « Les arbres sont témoins de mon amour », « Les rochers entendent » (v. 39-40) ; « En priant pour mon prochain » (v. 53). La nature est sacrée, témoin et confidente. Le « nous » (« Nous partirons », v. 11, 21), l'adresse à « mon frère » et le dernier vers, « un univers qui est aussi le tien » (v. 58), ouvrent l'harmonie à tous les lecteurs, ce que la présentation du sujet souligne (volonté de dialogue avec tous).
- Forme : vers libres, ponctuation réduite aux points qui closent les strophes, anaphores (« J'aime », « Je crois aussi », « Je deviens ») et reprises donnent un rythme proche du chant ou de la prière ; le mot innu « Uashtessiu » inscrit la langue d'origine dans le poème, signe d'enracinement.
- Nuance à signaler : l'harmonie n'exclut pas le mystère et l'absence (« ce grand mystère / Que je découvre dans son absence », v. 26-27) ni la quête (« Chercher la vérité au creux de ses mains », v. 28), mais l'ensemble reste apaisé.
RéponseRédaction possible : Le poème dit l'harmonie avec la nature par la personnification et l'adresse affective (« mon ami mon frère », « J'aime son silence »), par la fusion du corps et des éléments (« Mon cœur est fait de branches de sapin »), par l'identification aux saisons (« Je deviens l'hiver… le printemps… l'été »), par la confiance dans le temps et la patience, et par une dimension spirituelle (l'invisible, la prière). La forme (vers libres, anaphores, mot innu) reproduit le chant d'une appartenance partagée (« un univers qui est aussi le tien »).
Vérification Numéros de vers d'après la numérotation du sujet (v. 5, 10, 15… imprimés tous les 5 vers, strophes séparées).
Piège Ne pas se limiter à un relevé de figures sans lien avec la question ; ne pas oublier la dimension collective et spirituelle. Ne citer que ce qui est présent dans le poème (les mots « feu » ou « mer » n'y figurent pas).
Exercice 2 : Deuxième partie : essai philosophique10 points
Sujet : « Le rapport à la nature est-il le moyen privilégié d'accéder à la connaissance de soi ? ». Termes : rapport à la nature (contemplation, séjour, observation, travail), connaissance de soi (savoir ce que l'on est), « moyen privilégié » (le meilleur ? un parmi d'autres ?).
2Le rapport à la nature est-il le moyen privilégié d'accéder à la connaissance de soi ? (essai argumenté).Touche pour voir la correction
À retenir Discuter l'adjectif « privilégié » : le rapport à la nature est-il le moyen principal, un moyen possible, ou un moyen insuffisant ? Examiner d'autres voies (autrui, introspection, culture, action).
- Problématique : en quoi la nature peut-elle nous révéler à nous-mêmes, et pourquoi ne suffirait-elle pas sans autrui, le langage ou la réflexion ?
- Partie 1 : oui. La nature offre le retrait, le silence, la distance par rapport à la société et à ses rôles (Rousseau, Rêveries du promeneur solitaire : la promenade, le sentiment de l'existence ; Thoreau, Walden, retiré dans les bois pour « vivre délibérément »). Elle nous rappelle notre finitude et notre dépendance, et nous renvoie à notre corps. Le poème de Mestokosho fait de la nature un miroir de l'âme.
- Partie 2 : non, le rapport à la nature seul ne suffit pas. Se connaître suppose réflexion et langage (Socrate, « Connais-toi toi-même », et le dialogue, qui se déroule dans la cité) ; autrui est le miroir indispensable (Hegel, la reconnaissance ; Sartre, « autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même », L'être et le néant). La nature est muette : elle ne nous renvoie pas d'image de nous-mêmes, nous projetons en elle. Freud : la connaissance de soi passe par l'inconscient et la cure, non par la contemplation.
- Partie 3 : dépassement. La nature est occasion plutôt que moyen : elle crée les conditions d'une attention à soi (recul, silence), mais le travail de connaissance se fait par la pensée et le langage. Mettre en avant que l'être humain est lui-même nature (corps, instincts) : se rapporter à la nature, c'est aussi se rapporter à ce qu'on est. Ajouter l'idée de l'effort et de l'épreuve (le travail de la terre, le sport en montagne) comme moyens de se révéler à soi.
- Conclusion : la nature est un moyen parmi d'autres, précieux par le recul qu'elle offre, mais non privilégié au sens d'exclusif : la connaissance de soi suppose autrui, le langage et la réflexion.
RéponsePlan proposé : I. La nature, lieu du retrait et du sentiment de soi (Rousseau, romantisme). II. Mais la nature est muette : la connaissance de soi passe par autrui, le langage, la réflexion (Socrate, Hegel, Sartre, Freud). III. La nature comme occasion : le corps, l'épreuve, le recul. Modèle d'ouverture : « Beaucoup cherchent dans la forêt ou la montagne une vérité d'eux-mêmes qu'ils ne trouvent pas en ville. Le rapport à la nature serait-il alors le moyen privilégié d'accéder à la connaissance de soi ? Nous verrons d'abord ce qu'il offre de précieux (retrait, silence, sentiment d'exister), puis pourquoi il ne suffit pas sans autrui et sans réflexion, avant de le comprendre comme une occasion plutôt que comme un moyen exclusif. »
Piège Ne pas confondre rapport à la nature (activité, expérience) et nature humaine ; ne pas se contenter d'illustrer par le poème : le sujet de la deuxième partie est philosophique.
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