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Bac 2025
SES – Asie 2025 (sujet 1) : correction détaillée
Sciences économiques et sociales (spécialité) · 4 h · au choix : dissertation OU épreuve composée
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.
Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dissertation : classes sociales et structuration de la société20 points
Sujet : « Les classes sociales sont-elles le seul élément de structuration de la société française actuelle ? » Dossier de quatre documents : (1) salaire net moyen annuel en EQTP selon le sexe, l'âge, le diplôme et la CSP en 2019 ; (2) sentiment d'appartenance à une classe sociale en 2019 ; (3) niveau de vie médian et taux de pauvreté dans quelques départements en 2021 ; (4) vacances à la neige selon les groupes sociaux (Le Monde, 2024).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : sentiment d'appartenance à une classe sociale en France en 2019 (CEPREMAP). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
AAnalyser le sujet et formuler une problématique.Touche pour voir la correction
À retenir « Seul élément de structuration » : le sujet invite à discuter la place des classes sociales à côté d'autres critères (genre, âge, territoire, diplôme, mode de vie). Les classes sociales sont des groupes sociaux situés dans la hiérarchie selon leur position dans les rapports de production et leurs ressources.
- Définir : classe sociale (Marx : place dans les rapports de production et conscience de classe ; Weber : situation de classe, mais aussi groupes de statut et partis ; Bourdieu : position dans l'espace social selon le volume et la structure des capitaux).
- Définir : structuration de la société = manière dont elle se divise en groupes qui se distinguent par leurs ressources, pratiques et représentations.
- Problématique possible : la société française est-elle toujours structurée principalement par les classes sociales, ou d'autres clivages (sexe, âge, territoire, diplôme) la structurent-ils tout autant ?
RéponseProblématique : les classes sociales structurent-elles toujours seules la société française, ou d'autres critères (genre, âge, territoire) interviennent-ils ?
Piège Ne pas réciter la théorie de Marx sans l'appliquer au cas français actuel.
BLire les quatre documents et extraire les données utiles.Touche pour voir la correction
À retenir Chaque document éclaire une dimension : revenus par catégorie et par sexe, sentiment subjectif d'appartenance, inégalités territoriales, pratiques de loisirs.
- Doc. 1 : en 2019, le salaire net moyen annuel (EQTP) est de 26 430 euros pour les femmes et 31 510 euros pour les hommes, soit un écart relatif de 16,1 %. L'écart est de 19,1 % chez les cadres (42 820 contre 52 950 euros), 11,3 % chez les professions intermédiaires, 8,7 % chez les employés, 14,6 % chez les ouvriers ; il croît avec l'âge (6,7 % avant 25 ans, 23,8 % à 55 ans et plus) et avec le diplôme (27,8 % pour bac + 3 ou plus). Entre CSP : une femme cadre (42 820) gagne plus de deux fois une femme employée (20 860).
- Doc. 2 : en 2019, environ 45 % des personnes se déclarent de la classe moyenne, environ 22 % de la classe moyenne inférieure, environ 16 % de la classe moyenne supérieure, environ 12 % de la classe ouvrière, environ 2,5 % de la classe supérieure et environ 1,5 % de la classe inférieure. Lecture graphique à ± 1 point près.
- Doc. 3 : niveau de vie médian de 19 020 euros en Seine-Saint-Denis contre 29 730 euros à Paris ; taux de pauvreté de 28,4 % en Seine-Saint-Denis contre 9,5 % en Haute-Savoie ; Paris présente un taux de pauvreté de 15,6 % malgré un niveau de vie médian élevé (inégalités internes).
- Doc. 4 : moins de 10 % des Français (9 %) partent en vacances à la neige ; 20 % des cadres contre 7 % de la classe moyenne inférieure (environ trois fois plus), 17 % des hauts revenus, 15 % des diplômés du supérieur, 11 % des hommes contre 7 % des femmes.
RéponseDoc. 1 : écart salarial de genre de 16,1 % ; doc. 2 : majorité se déclare classe moyenne ; doc. 3 : inégalités territoriales (Seine-Saint-Denis contre Paris) ; doc. 4 : pratiques de loisirs marquées par la classe.
Vérification Calcul vérifié : (31 510 − 26 430) / 31 510 = 16,1 % ; (52 950 − 42 820) / 52 950 = 19,1 %.
CConstruire le plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Plan dialectique : (I) les classes structurent encore la société ; (II) mais elles ne sont pas seules : d'autres critères de différenciation coexistent.
- I. Les classes sociales demeurent un principe fort de structuration. I.A. Des inégalités de ressources : revenus et niveau de vie variant fortement selon la CSP (doc. 1 : cadres 42 820 / 52 950 euros contre ouvriers 19 580 / 22 930 euros). I.B. Des pratiques et modes de vie différenciés (Bourdieu, La Distinction, 1979) : vacances à la neige, 20 % des cadres contre 7 % de la classe moyenne inférieure (doc. 4).
- II. Mais d'autres critères structurent la société. II.A. Le genre : à CSP égale, les femmes gagnent moins (écart de 16,1 %, de 19,1 % chez les cadres : doc. 1). II.B. L'âge et le diplôme (doc. 1 : écart de 6,7 % avant 25 ans, 23,8 % à 55 ans et plus) et le territoire (doc. 3 : Seine-Saint-Denis et Paris). II.C. L'affaiblissement de la conscience de classe et la « moyennisation » (Mendras) : en 2019, 45 % se disent classe moyenne et seulement 12 % classe ouvrière (doc. 2) ; la société apparaît structurée en « constellations » plutôt qu'en classes antagonistes.
- Conclusion : les classes sociales restent un principe majeur mais non exclusif ; il faut croiser plusieurs critères (approche intersectionnelle).
RéponsePlan : I. Les classes restent un facteur de structuration ; II. Genre, âge, diplôme, territoire et moyennisation montrent qu'elles ne sont pas seules.
Piège Ne pas opposer classes et autres critères : ils se combinent.
DRédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche chiffrée, définitions, problématique, plan.
- Modèle d'ouverture : « En 2019, le salaire net moyen d'une femme cadre est de 42 820 euros, soit plus du double de celui d'une employée, mais près de 10 130 euros de moins que celui d'un homme cadre. Cet exemple montre que la société française est traversée par plusieurs lignes de partage. Les classes sociales, groupes définis par leur position dans la hiérarchie sociale, en sont-elles le seul élément de structuration ? Nous verrons d'abord qu'elles restent un principe majeur de différenciation des ressources et des modes de vie, puis que le genre, l'âge, le diplôme et le territoire structurent aussi la société. »
- Rédaction possible (conclusion) : « Les classes sociales restent donc un élément essentiel de la structuration de la société française, mais elles ne sont pas le seul : le genre, l'âge, le territoire et le diplôme s'y ajoutent et se combinent avec elles. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées, à adapter.
Vérification 52 950 − 42 820 = 10 130 euros : écart entre femme et homme cadres.
Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : rétributions symboliques et action collective4 points
Question : « Vous montrerez comment les rétributions symboliques peuvent expliquer l'engagement politique, malgré le paradoxe de l'action collective. » (4 points).
1Montrez comment les rétributions symboliques peuvent expliquer l'engagement politique, malgré le paradoxe de l'action collective.Touche pour voir la correction
À retenir Paradoxe d'Olson (Logique de l'action collective, 1965) : un individu rationnel n'a pas intérêt à participer à une action collective si le bien obtenu profite à tous, y compris à ceux qui n'ont pas participé (passager clandestin). Les rétributions symboliques (reconnaissance, estime, identité) expliquent pourquoi on s'engage quand même.
- Rappeler le paradoxe : le coût individuel de l'engagement (temps, énergie, risques) est supérieur au gain individuel espéré, car le bien collectif est non exclusif : la rationalité conduit à ne pas participer.
- Rappeler la réponse d'Olson : les incitations sélectives (avantages réservés aux participants : assurance, services d'un syndicat) ; Gaxie ajoute les rétributions symboliques du militantisme.
- Définir les rétributions symboliques : bénéfices non matériels que procure l'engagement : reconnaissance par les pairs, estime de soi, sentiment d'utilité, appartenance à un groupe, valorisation d'une identité, réalisation de ses convictions.
- Exemple : un militant associatif qui obtient la reconnaissance du groupe et le sentiment d'être utile (ou un responsable local d'un parti qui bénéficie d'un statut valorisé). Rédaction possible : « Les rétributions symboliques, comme la reconnaissance des pairs ou le sentiment d'utilité, constituent un gain individuel de l'engagement : elles expliquent que des individus participent à une action collective malgré le risque de passager clandestin. »
RéponseLe paradoxe d'Olson (passager clandestin) est dépassé par des rétributions symboliques (reconnaissance, estime, identité, sentiment d'utilité) qui compensent le coût de l'engagement.
Piège Ne pas confondre rétributions symboliques et incitations sélectives matérielles.
Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : destinées sociales des femmes6 points
Document : destinées sociales des femmes selon le groupe socioprofessionnel de la mère en 2022 (INSEE, femmes de 35 à 59 ans). Colonnes : A.E. (agricultrices), A.C.C.E. (artisanes, commerçantes, cheffes d'entreprise), C.P.I.S. (cadres), P.I. (professions intermédiaires), employées et ouvrières qualifiées, employées et ouvrières peu qualifiées.
1À l'aide des données du document, comparez la destinée sociale des filles de cadres et professions intellectuelles supérieures et des filles d'employées et ouvrières peu qualifiées. (3 points)Touche pour voir la correction
À retenir Lire une table de destinée : on lit la ligne de l'origine et on compare chaque cellule ; calculer le rapport de chances.
- Filles de cadres : 51,3 % sont cadres, 29,0 % professions intermédiaires, 11,8 % employées ou ouvrières qualifiées, 3,9 % employées ou ouvrières peu qualifiées, 3,4 % artisanes, commerçantes ou cheffes d'entreprise, 0,6 % agricultrices.
- Filles d'employées et ouvrières peu qualifiées : 9,4 % sont cadres, 23,8 % professions intermédiaires, 31,5 % employées ou ouvrières qualifiées, 32,1 % employées ou ouvrières peu qualifiées, 3,0 % artisanes, commerçantes ou cheffes d'entreprise, 0,3 % agricultrices.
- Comparaison : les filles de cadres ont 5,5 fois plus de chances de devenir cadres (51,3 / 9,4) ; 80,3 % d'entre elles sont cadres ou en profession intermédiaire contre 33,2 % ; à l'inverse 32,1 % des secondes restent dans le groupe de leur mère, contre 3,9 % des premières (environ 8 fois moins).
- Les deux situations montrent la reproduction sociale aux extrémités de l'échelle.
RéponseFilles de cadres : 51,3 % cadres, 80,3 % cadres ou professions intermédiaires ; filles d'employées/ouvrières peu qualifiées : 9,4 % cadres, 32,1 % restent peu qualifiées.
Vérification 51,3 + 29,0 = 80,3 ; 9,4 + 23,8 = 33,2 ; 51,3 / 9,4 ≈ 5,5.
2À l'aide du document et de vos connaissances, mettez en évidence les caractéristiques de la mobilité sociale des femmes. (3 points)Touche pour voir la correction
À retenir Mobilité des femmes : réelle et en progression, souvent de proximité, avec une forte reproduction aux extrêmes et une concentration dans les emplois d'employées et de professions intermédiaires.
- Document : une mobilité importante : par exemple seules 51,3 % des filles de cadres sont cadres ; 23,8 % des filles d'employées ou ouvrières peu qualifiées deviennent professions intermédiaires et 9,4 % cadres : mobilité ascendante possible.
- Document : une mobilité surtout de proximité : on passe plus fréquemment d'un groupe voisin à l'autre (professions intermédiaires, employées) que de l'extrémité à l'autre ; les femmes se concentrent dans les employées et ouvrières : 45,4 % de l'ensemble (26,2 % + 19,2 %).
- Document : une reproduction aux extrêmes : 51,3 % de filles de cadres cadres (contre 20,9 % pour l'ensemble) et 32,1 % des filles d'employées ou ouvrières peu qualifiées restent à ce niveau (contre 19,2 % pour l'ensemble).
- Connaissances : l'INSEE (Insee Première n° 1739, 2019) montre que la mobilité sociale des femmes a progressé depuis les années 1970 alors que celle des hommes est restée stable, en lien avec l'élévation de leur niveau de diplôme et la féminisation des emplois qualifiés ; la structure des emplois féminins (tertiaire, employées) et les inégalités de carrière (plafond de verre) limitent toutefois leur accès aux plus hautes positions.
RéponseMobilité réelle et en progression, de proximité, avec reproduction aux extrêmes et concentration dans les emplois d'employées/professions intermédiaires.
Piège Ne pas affirmer que les femmes sont plus mobiles que les hommes sans comparaison chiffrée.
Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : lutter contre le chômage10 points
Sujet : « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la lutte contre le chômage nécessite la mise en œuvre de différentes politiques. » Trois documents : (1) difficultés de recrutement et mauvais appariement (La finance pour tous, 2023) ; (2) coût horaire de la main-d'œuvre en 2021 dans plusieurs pays de l'UE ; (3) taux de chômage et taux de croissance du PIB en France, 2006-2019.
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 3 : taux de chômage (échelle de gauche) et taux de croissance du PIB (échelle de droite) en France, 2006-2019. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Lire les trois documents et en extraire des données.Touche pour voir la correction
À retenir Les documents correspondent à trois types de chômage et donc à trois types de politiques : appariement (formation), coût du travail (compétitivité), conjoncture (relance).
- Doc. 1 : plus d'une entreprise sur deux rencontre des difficultés de recrutement (57 % à l'été 2022, contre 37 % en mai 2021) alors que le taux de chômage est de 7,2 % fin 2022 (environ 2,2 millions de personnes) et que 350 000 emplois ne sont pas pourvus : mauvais appariement, lié d'abord aux qualifications et aux compétences.
- Doc. 2 : en 2021, le coût horaire total de la main-d'œuvre est de 38,4 euros en France, contre 28,7 euros dans l'UE à 27, 37,3 euros en Allemagne et 31,7 euros en Irlande. Les cotisations sociales à la charge de l'employeur représentent 11,7 euros en France contre 6,9 euros dans l'UE, 7,9 euros en Allemagne et 2,5 euros en Irlande ; en Suède 13,6 euros. Le coût du travail est donc élevé en France, en particulier du fait des cotisations.
- Doc. 3 : le chômage passe de 8,8 % (2006) à 7,4 % (2008), puis à 9,1 % en 2009 quand le PIB se contracte d'environ − 2,8 %, reste autour de 9 à 10 % puis atteint environ 10,3 % de 2013 à 2015, enfin baisse à 8,4 % en 2019 avec une croissance d'environ 2 %. Le chômage réagit à la conjoncture mais ne retrouve pas son niveau d'avant la crise.
RéponseDoc. 1 : mauvais appariement (350 000 emplois non pourvus pour 2,2 millions de chômeurs) ; doc. 2 : coût horaire élevé en France (38,4 contre 28,7 euros) ; doc. 3 : chômage sensible à la conjoncture.
Vérification Les valeurs du doc. 3 sont des lectures graphiques à ± 0,3 point près.
2Construire le plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir On organise par type de chômage et de politique, puis on souligne la nécessité de les combiner.
- I. Agir sur la demande de travail face au chômage conjoncturel : politiques de relance budgétaire (dépenses publiques, baisse d'impôts) et monétaire (baisse des taux) pour soutenir la demande globale (doc. 3 : le chômage monte quand le PIB recule en 2009) ; limites : endettement, effets inflationnistes, contraintes européennes.
- II. Agir sur l'offre et le fonctionnement du marché du travail face au chômage structurel. II.A. Améliorer l'appariement : formation, accompagnement des chômeurs, aides à la mobilité (doc. 1). II.B. Réduire le coût du travail : allègement de cotisations sociales, notamment sur les bas salaires (doc. 2 : cotisations employeur 11,7 euros contre 6,9 euros pour l'UE), flexibilité ; limites : effets d'aubaine, coût budgétaire, précarité.
- III (ou conclusion). Nécessité d'une combinaison de politiques adaptée à chaque cause du chômage.
RéponsePlan : I. Politiques de demande (relance) ; II. Politiques de l'offre et de l'emploi (formation, coût du travail) ; combinaison nécessaire.
Piège Ne pas dire que la baisse du coût du travail suffit : le doc. 1 montre que le problème est aussi celui des compétences.
3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, définition des types de chômage, problématique, plan.
- Modèle d'ouverture : « Fin 2022, la France comptait environ 2,2 millions de chômeurs (7,2 % de la population active) alors que 350 000 emplois restaient non pourvus. Ce paradoxe apparent révèle que le chômage a des causes multiples : insuffisance de la demande, coût du travail, inadéquation des qualifications. Une seule politique peut-elle suffire ? Nous verrons que la lutte contre le chômage suppose de combiner des politiques de soutien de la demande et des politiques structurelles sur l'offre de travail. »
- Rédaction possible (conclusion) : « La lutte contre le chômage appelle donc des politiques différentes selon les causes : relance pour le chômage conjoncturel, formation et accompagnement pour l'appariement, allègement du coût du travail pour le chômage structurel. Aucune ne suffit seule, d'où la nécessité d'un policy mix. »
RéponseIntroduction et conclusion rédigées, à adapter.
Piège Annoncer clairement que la thèse est la nécessité de plusieurs politiques.
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