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Bac 2025

SES – Centres étrangers 2025 (sujet 2) : correction détaillée

Sciences économiques et sociales (spécialité) · 4 h · au choix : dissertation OU épreuve composée

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Dissertation : l'engagement politique et les variables sociodémographiques20 points

Sujet : « L'engagement politique ne dépend-il que de variables sociodémographiques ? » Dossier de quatre documents : (1) participation aux élections présidentielles et législatives de 2022 selon le groupe socioprofessionnel, le diplôme et l'âge (INSEE) ; (2) évolution de la consommation alimentaire selon le sexe, l'âge et la CSP (baromètre 2022) ; (3) motivations des bénévoles (IFOP, 2022) ; (4) syndicats suédois et services offerts à leurs adhérents (IRES, 2017).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : participation aux élections présidentielles et législatives de 2022 selon le groupe socioprofessionnel, le diplôme et l'âge (INSEE) ; Document 2 : évolution de la consommation de produits alimentaires selon le sexe, l'âge et la CSP (baromètre 2022). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

AAnalyser le sujet et formuler une problématique.Touche pour voir la correction

À retenir L'engagement politique recouvre toutes les formes de participation à la vie politique : voter, adhérer à un parti ou syndicat, manifester, boycotter, militer, signer des pétitions. Les variables sociodémographiques sont l'âge, le sexe, la CSP, le diplôme, le lieu de résidence.

Démarche
  1. Définir engagement politique (au sens large : participation conventionnelle comme le vote et non conventionnelle comme la manifestation, la consommation engagée).
  2. Repérer la tournure restrictive « ne dépend-il que de » : on doit montrer que ces variables comptent, puis qu'elles ne suffisent pas.
  3. Problématique possible : dans quelle mesure l'engagement politique s'explique-t-il par la position sociale et les caractéristiques des individus, et quels autres facteurs (calcul coûts-avantages, motivations, contexte) interviennent-ils ?

RéponseProblématique : poids des variables sociodémographiques (âge, CSP, diplôme, sexe) et rôle d'autres facteurs (incitations, rétributions symboliques, contexte).

Piège Ne pas se contenter d'un plan « pour/contre » : le sujet appelle une explication nuancée.

BLire les quatre documents et en extraire des chiffres significatifs.Touche pour voir la correction

À retenir Doc. 1 : variables sociodémographiques et vote ; doc. 2 : engagement par la consommation ; doc. 3 : motivations ; doc. 4 : incitations.

Démarche
  1. Doc. 1 : sur l'ensemble des inscrits, 37,0 % votent systématiquement, 47,2 % de façon intermittente, 15,8 % s'abstiennent systématiquement. Vote systématique : 47,6 % des cadres contre 27,2 % des ouvriers (1,75 fois plus) ; 43,7 % des diplômés du supérieur contre 28,8 % des sans-diplôme ; 47,7 % des 65 ans ou plus contre 17,3 % des 18-29 ans. Abstention systématique : 30,4 % des sans-diplôme contre 9,5 % des diplômés du supérieur (3,2 fois plus) ; 19,7 % des ouvriers contre 6,8 % des cadres (2,9 fois plus) ; 23,7 % des 18-29 ans contre 12,7 % des 30-64 ans, mais 17,1 % des 65 ans ou plus (l'abstention systématique n'est donc pas strictement décroissante avec l'âge). Exception notable : 50,5 % des agriculteurs exploitants votent systématiquement, plus que les cadres.
  2. Doc. 2 : l'engagement par la consommation varie selon le sexe (55 % des femmes contre 44 % des hommes déclarent avoir modifié leurs habitudes depuis 2018), l'âge (60 % des 25-34 ans contre 39 % des 65 ans ou plus) et la CSP (58 % des CSP+ contre 54 % des CSP−) ; parmi ceux qui ont changé, 63 % des 65 ans ou plus privilégient les produits locaux et 55 % limitent les produits importés (19 % des 18-24 ans).
  3. Doc. 3 : les bénévoles citent le contact et les échanges (72 %), le fait d'être efficace et utile (64 %), la convivialité (52 %), le sentiment de changer les choses (41 %), la reconnaissance sociale (12 %) ; accéder à des responsabilités n'est cité que par 7 % : des motivations expressives et symboliques plus que matérielles.
  4. Doc. 4 : en Suède, où le taux de syndicalisation est l'un des plus élevés du monde, les syndicats offrent des services sélectifs à leurs adhérents (conseil juridique, formation, assurances, assurance contre la perte de revenu en cas de chômage ; jusqu'à 150 000 couronnes par mois, environ 15 000 euros).

RéponseDoc. 1 et 2 : participation variable selon l'âge, le diplôme, la CSP et le sexe ; doc. 3 et 4 : motivations symboliques et incitations sélectives.

Vérification Doc. 2 : les pourcentages de comportements sont calculés parmi les personnes ayant modifié leurs habitudes (voir la lecture). Calculs : 47,6 / 27,2 = 1,75 ; 30,4 / 9,5 = 3,2.

CConstruire le plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Plan en deux parties : le poids des variables sociodémographiques, puis les facteurs explicatifs complémentaires.

Démarche
  1. I. L'engagement politique dépend largement de variables sociodémographiques. I.A. L'âge, le diplôme et la CSP : plus on est âgé, diplômé, cadre, plus on vote régulièrement (doc. 1 : 47,6 % des cadres contre 27,2 % des ouvriers en vote systématique ; 9,5 % des diplômés du supérieur contre 30,4 % des sans-diplôme en abstention systématique) ; explication par les ressources, le « cens caché » (Gaxie) et la socialisation, le moratoire électoral des jeunes. I.B. Le sexe et l'âge jouent aussi sur les formes d'engagement par la consommation (doc. 2).
  2. II. Mais d'autres facteurs interviennent. II.A. Le calcul coûts-avantages et les incitations sélectives (Olson) : les syndicats suédois offrent des services qui rendent l'adhésion rationnelle (doc. 4). II.B. Les rétributions symboliques et les motivations personnelles : utilité, contact, sentiment de changer les choses (doc. 3 : 72 %, 64 %, 41 %) ; Gaxie. II.C. Le contexte et la socialisation politique : événements, structure des opportunités politiques, appartenance à des réseaux, mobilisation d'un collectif.
  3. Conclusion : les variables sociodémographiques sont des prédicteurs importants, mais l'engagement résulte aussi de choix, de motivations et de contextes.

RéponsePlan : I. Le poids des variables sociodémographiques (âge, CSP, diplôme, sexe) ; II. Les incitations, les rétributions symboliques et le contexte comme autres facteurs.

Piège Ne pas assimiler les variables sociodémographiques à des déterminismes absolus : montrer des exceptions (agriculteurs : 50,5 % de vote systématique).

DRédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche chiffrée, définition, problématique, plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « En 2022, 47,6 % des cadres ont voté à tous les tours des élections présidentielles et législatives, contre 27,2 % des ouvriers. Cet écart suggère que l'engagement politique, c'est-à-dire l'ensemble des formes de participation à la vie politique, dépend des caractéristiques sociales des individus. Mais ne dépend-il que de ces variables sociodémographiques ? Nous verrons d'abord que l'âge, le diplôme, la CSP et le sexe influencent fortement l'engagement, puis que les incitations, les motivations et le contexte jouent également un rôle. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « L'engagement politique dépend donc en grande partie de variables sociodémographiques, qui renvoient à des ressources et des socialisations inégales, mais il s'explique aussi par des incitations sélectives, des rétributions symboliques et des contextes de mobilisation. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées, à adapter.

Piège La conclusion répond explicitement : non, il ne dépend pas que de ces variables.

Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : le modèle taylorien4 points

Question : « Vous présenterez les principales caractéristiques du modèle taylorien d'organisation du travail. » (4 points).

1Présentez les principales caractéristiques du modèle taylorien d'organisation du travail.Touche pour voir la correction

À retenir Le taylorisme (F. W. Taylor, 1911, Principes de l'organisation scientifique du travail) vise la productivité par une division du travail poussée et une étude scientifique des tâches.

Démarche
  1. Division verticale du travail : séparation de la conception (bureau des méthodes, ingénieurs) et de l'exécution (ouvriers) ; contrôle hiérarchique.
  2. Division horizontale du travail : parcellisation des tâches en gestes simples et répétitifs, ce qui permet d'employer des ouvriers peu qualifiés.
  3. Étude des temps et des mouvements (chronométrage) pour définir « the one best way », la meilleure méthode, et des cadences standardisées.
  4. Rémunération au rendement (salaire à la pièce, prime) pour inciter à la productivité.
  5. Rédaction possible : « Le modèle taylorien repose sur la division verticale et horizontale du travail, l'étude scientifique des gestes et la rémunération au rendement, afin d'accroître la productivité. Il sera prolongé par le fordisme (travail à la chaîne). »

RéponseDivision verticale (conception/exécution) et horizontale (parcellisation), chronométrage et one best way, rémunération au rendement.

Piège Ne pas confondre taylorisme et fordisme (chaîne, standardisation du produit, salaire élevé).

Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : brevets et innovation6 points

Document : demandes de brevets dans les secteurs technologiques les plus actifs en Europe en 2022 (Office européen des brevets). Communication numérique 16 705 (+ 11,2 %) ; technologies médicales 15 683 (+ 1,0 %) ; informatique 15 193 (+ 1,8 %) ; machines et énergie électriques 13 951 (+ 18,2 %) ; produits pharmaceutiques 9 310 (+ 1,0 %) ; transports 9 272 (− 2,6 %) ; techniques de mesure 9 185 (+ 1,0 %) ; biotechnologies 8 168 (+ 11,0 %) ; autres machines spécialisées 6 382 (− 1,8 %) ; chimie fine organique 5 955 (− 0,4 %).

1À l'aide du document, comparez les demandes de brevets dans le secteur des machines et énergie électriques à celles du secteur de la chimie fine organique, ainsi que leurs évolutions. (2 points)Touche pour voir la correction

À retenir Comparer niveaux (en valeur) et évolutions (en %) ; calculer un rapport ou un écart.

Démarche
  1. Niveau : 13 951 demandes pour les machines et énergie électriques contre 5 955 pour la chimie fine organique, soit 7 996 de plus, soit environ 2,3 fois plus (13 951 / 5 955).
  2. Évolution entre 2021 et 2022 : + 18,2 % pour les machines et énergie électriques (la plus forte hausse du tableau) contre − 0,4 % pour la chimie fine organique (légère baisse).
  3. Bilan : le premier secteur est plus actif et en forte croissance, le second est plus faible et stagne ou recule légèrement.

RéponseMachines et énergie électriques : 13 951 demandes (+ 18,2 %) contre 5 955 (− 0,4 %) pour la chimie fine organique, soit environ 2,3 fois plus.

Vérification 13 951 − 5 955 = 7 996 ; 13 951 / 5 955 ≈ 2,34.

2À l'aide du document et de vos connaissances, montrez que les droits de propriété incitent à investir et à innover. (4 points)Touche pour voir la correction

À retenir Une innovation est un bien non rival et difficilement excluable : sans protection, d'autres peuvent la copier (passager clandestin) et l'innovateur ne récupère pas ses coûts. Le brevet confère un monopole temporaire d'exploitation, ce qui rend l'investissement rentable.

Démarche
  1. Problème : l'innovation exige des dépenses de recherche-développement coûteuses et risquées, mais une fois connue, elle peut être imitée à faible coût : sous-investissement potentiel (externalité positive).
  2. Solution : le brevet (droit de propriété intellectuelle) donne un monopole d'exploitation temporaire (en général vingt ans) : l'innovateur peut fixer un prix supérieur au coût et récupérer ses investissements ; en contrepartie, l'invention est rendue publique.
  3. Document : l'activité de dépôt de brevets est intense dans les secteurs à fort investissement en recherche : 16 705 demandes pour la communication numérique, 15 683 pour les technologies médicales, 13 951 pour les machines et énergie électriques ; au total, environ 109 800 demandes pour les dix secteurs, avec des hausses de + 11,2 % (communication numérique), + 18,2 % (machines et énergie électriques) et + 11,0 % (biotechnologies) : les entreprises protègent leurs innovations parce que la protection incite à investir.
  4. Limite : le monopole peut freiner la diffusion et les innovations cumulatives, d'où la limitation de durée et la licence. Rédaction possible : « Les droits de propriété intellectuelle incitent à innover en garantissant à l'innovateur le bénéfice de son invention, comme le montre l'importance des dépôts de brevets dans les secteurs technologiques les plus actifs. »

RéponseLe brevet garantit un monopole temporaire qui permet de récupérer les coûts de R&D : incitation à investir et innover ; document : dépôts nombreux et en hausse dans les secteurs porteurs.

Vérification Somme des dix secteurs : 109 804 demandes.

Piège Ne pas confondre dépôts de brevets et innovations réelles ; le document montre des demandes, non des innovations commercialisées.

Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : avantages des instruments environnementaux10 points

Sujet : « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l'environnement présentent des avantages. » Trois documents : (1) recettes fiscales environnementales en France, 1995-2021 ; (2) prix du quota d'émission sur le marché européen du carbone ; (3) réglementation RE2020 (Les Échos, 2023).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : évolution des recettes fiscales environnementales en France, 1995-2021 (milliards d'euros) ; Document 2 : prix du quota d'émission sur le marché européen du carbone (euros par tonne de CO2). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Lire les trois documents et en tirer des données.Touche pour voir la correction

À retenir Doc. 1 : taxation ; doc. 2 : marché de quotas ; doc. 3 : réglementation.

Démarche
  1. Doc. 1 (lectures graphiques, à ± 1 milliard d'euros près) : les recettes fiscales liées à l'énergie passent d'environ 24 milliards d'euros en 1995 à environ 47 milliards en 2018-2019, avec un creux d'environ 41 milliards en 2020 puis environ 44,5 milliards en 2021 ; celles du transport restent autour de 5 à 6 milliards ; celles sur la pollution et les ressources passent d'environ 1,5 à environ 3,8 milliards.
  2. Doc. 2 : le prix du quota est resté faible (environ 5 euros la tonne de 2013 à 2017), puis a augmenté à partir de 2018 (environ 25 euros en 2019), fortement à partir de 2021 (environ 55 euros fin 2021, 80 à 100 euros en 2022-2023), avec un repli à environ 60 euros au début de 2024.
  3. Doc. 3 : la RE2020 impose d'abaisser les émissions de gaz à effet de serre des logements neufs de 740 kg par mètre carré en 2022 à 490 en 2031 (− 33,8 %) ; elle donne de la flexibilité et de la visibilité aux entreprises du bâtiment, et les immeubles performants bénéficient d'une surcote, les autres d'une décote ; le nouveau DPE permet l'interdiction progressive de louer les passoires thermiques.

RéponseTaxation : recettes en hausse ; quotas : prix du carbone en nette hausse après 2018 ; réglementation : trajectoire de baisse des émissions de 740 à 490 kg/m² avec flexibilité et visibilité.

Vérification (740 − 490) / 740 = 33,8 %. Lectures graphiques : doc. 1 à ± 1 milliard d'euros près ; doc. 2 à ± 5 euros la tonne près.

2Construire le plan détaillé et rédiger introduction et conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Le sujet demande de montrer les avantages : on ne développe pas les limites, sauf brève nuance en conclusion.

Démarche
  1. I. Des instruments économiques qui incitent et financent. I.A. La taxation : elle donne un prix à la pollution et procure des recettes élevées (doc. 1 : environ 44,5 milliards d'euros pour l'énergie en 2021) qui peuvent financer la transition. I.B. Le marché de quotas : il fixe un plafond d'émissions et fait émerger un prix du carbone qui incite à réduire les émissions là où cela coûte le moins (doc. 2 : de moins de 10 euros à environ 100 euros la tonne).
  2. II. Une réglementation qui donne de la visibilité. II.A. La norme impose un résultat et une trajectoire claire (doc. 3 : 740 à 490 kg/m²), laisse aux entreprises la flexibilité des moyens et leur donne de la visibilité pour investir. II.B. Elle crée des effets de marché : surcote des bâtiments performants, décote des autres, interdiction de location des passoires thermiques (doc. 3), donc incitation des propriétaires à rénover.
  3. Modèle d'ouverture : « Les externalités négatives sur l'environnement, comme les émissions de gaz à effet de serre, ne sont pas corrigées spontanément par le marché. Quels avantages présentent les instruments publics ? Nous verrons d'abord que taxes et quotas incitent par les prix et procurent des ressources, puis que la réglementation donne de la visibilité et crée des effets de marché. »
  4. Rédaction possible (conclusion) : « Taxation, quotas et réglementation présentent donc des avantages complémentaires : incitations, financement, certitude du résultat et visibilité pour les acteurs. Leur combinaison est la plus efficace. »

RéponsePlan : I. Instruments économiques (taxes, quotas) : incitation et recettes ; II. Réglementation : visibilité, flexibilité et effets de marché.

Piège Ne pas faire de la partie 2 une liste de limites : le sujet porte sur les avantages.

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