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Bac 2025

SES – Asie 2025 (sujet 2) : correction détaillée

Sciences économiques et sociales (spécialité) · 4 h · au choix : dissertation OU épreuve composée

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

Où trouver le sujet ? Cette page présente la correction. Le sujet officiel complet (PDF) et ses figures sont dans l'application BAC Révision.

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Exercice 1 : Dissertation : effets et limites des instruments environnementaux20 points

Sujet : « Quels sont les effets et limites des principaux instruments dont disposent les pouvoirs publics face aux externalités négatives sur l'environnement ? » Dossier de quatre documents : (1) subventions à l'achat d'un véhicule électrique dans les pays européens (septembre 2022) ; (2) fiscalité énergétique par rapport au revenu des ménages en France en 2021 ; (3) prix du quota de CO2 dans le système d'échange de quotas de l'UE ; (4) fin de la vente des voitures thermiques neuves en 2035 (touteleurope.eu, 2022).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : subventions à l'achat d'un véhicule électrique léger par pays (septembre 2022) ; Document 3 : prix du quota de CO2 dans le système d'échange de quotas de l'UE (euros par tonne). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

AAnalyser le sujet et formuler une problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Une externalité négative est un coût imposé à des tiers sans compensation (pollution, dérèglement climatique) ; les instruments publics visent à l'internaliser : réglementation, taxation, marché de droits à polluer, subventions.

Démarche
  1. Définir externalité négative et internalisation (Pigou : taxe égale au dommage ; Coase : marché de droits et droits de propriété).
  2. Repérer la double attente du sujet : les EFFETS (ce que font les instruments) et les LIMITES.
  3. Problématique possible : dans quelle mesure les instruments publics parviennent-ils à corriger les externalités négatives sur l'environnement, et à quelles conditions leurs limites peuvent-elles être surmontées ?

RéponseProblématique : efficacité des instruments (réglementation, taxe, quotas, subventions) pour internaliser les externalités environnementales et limites rencontrées.

Piège Ne pas faire un exposé uniquement théorique : il faut mobiliser les quatre documents.

BLire les quatre documents et extraire les informations chiffrées.Touche pour voir la correction

À retenir Doc. 1 = subventions ; doc. 2 = fiscalité (effet distributif) ; doc. 3 = marché de quotas ; doc. 4 = réglementation.

Démarche
  1. Doc. 1 : les subventions à l'achat d'un véhicule électrique vont d'environ 2 000 euros (Finlande) à environ 11 000 euros (Malte), soit un rapport de 5,5 ; Roumanie 10 200 euros, Croatie 9 283, Grèce et Luxembourg 8 000, Suède 6 790, Allemagne et France 6 000, Italie et Autriche 3 000. Forte hétérogénéité des politiques nationales.
  2. Doc. 2 : la fiscalité énergétique représente 3,9 % du revenu du premier quintile (20 % des ménages les plus modestes) contre 1,1 % du cinquième : un effet régressif (rapport de 3,5). Pour les combustibles et carburants : 2,9 % contre 0,9 %.
  3. Doc. 3 : le prix du quota de CO2 varie fortement : environ 53 euros la tonne à l'été 2021, plus de 90 euros début 2022, un creux vers 58 euros en mars 2022, des pics proches de 98 euros en 2022-2023, un minimum autour de 52 euros début 2024, environ 68 euros à l'été 2024. Valeurs lues sur le graphique.
  4. Doc. 4 : l'Union européenne a validé la fin de la vente de voitures neuves à essence et diesel à partir de 2035 ; le transport routier représente plus de 70 % des émissions de CO2 des transports et ceux-ci contribuent à un quart des émissions européennes ; objectif d'une réduction d'au moins 55 % des gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990) et de neutralité carbone en 2050 ; le marché de l'occasion n'est pas concerné.

RéponseDoc. 1 : subventions inégales (2 000 à 11 000 euros) ; doc. 2 : fiscalité régressive (3,9 % contre 1,1 % du revenu) ; doc. 3 : prix du carbone volatil ; doc. 4 : interdiction de vente des thermiques en 2035.

Vérification 3,9 / 1,1 = 3,5 ; 11 000 / 2 000 = 5,5.

CConstruire un plan détaillé avec les effets puis les limites.Touche pour voir la correction

À retenir Le plan « effets / limites » est imposé par la formulation du sujet ; chaque partie contient les quatre instruments par argument.

Démarche
  1. I. Des instruments qui produisent des effets. I.A. Des incitations par les prix : la taxe (signal-prix et recettes) et le marché de quotas (plafond d'émissions, prix du carbone qui récompense les entreprises les moins polluantes ; doc. 3). I.B. Des incitations financières ou des contraintes : subventions qui abaissent le prix des véhicules électriques (doc. 1), réglementation qui impose un résultat (doc. 4 : fin des thermiques neufs en 2035) et donne de la visibilité aux industriels.
  2. II. Mais ces instruments rencontrent des limites. II.A. Des effets inégaux selon les ménages : fiscalité régressive (doc. 2) et acceptabilité sociale ; subventions inégales entre pays, coûteuses et profitant surtout aux ménages en mesure d'acheter un véhicule neuf (doc. 1). II.B. Des limites d'efficacité : prix du quota volatil et parfois trop faible pour orienter l'investissement (doc. 3), risque de fuites de carbone, réglementation qui exclut le marché de l'occasion (doc. 4) et dépend de la technologie (effet rebond). II.C. Nécessité de combiner les instruments et de compenser les perdants.
  3. Conclusion : chaque instrument a des effets réels mais limités ; le policy mix est indispensable.

RéponsePlan : I. Des effets (incitation par les prix, subventions, contrainte réglementaire) ; II. Des limites (régressivité, volatilité, inégalités entre pays, trous de la réglementation).

Piège Ne pas assimiler subvention et taxe : les subventions sont un coût budgétaire, les taxes procurent des recettes.

DRédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, définition de l'externalité négative, problématique, plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Le 8 juin 2022, le Parlement européen a validé l'interdiction de la vente de voitures neuves à essence et diesel à partir de 2035. Cette décision illustre la manière dont les pouvoirs publics tentent de corriger une externalité négative, c'est-à-dire un coût environnemental subi par la collectivité et non pris en compte par les pollueurs. Quels sont les effets des principaux instruments dont ils disposent et quelles sont leurs limites ? Nous verrons d'abord que réglementation, taxes, quotas et subventions modifient les comportements, puis que leur efficacité est limitée par des problèmes d'équité, de coût et de volatilité. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « Les instruments dont disposent les pouvoirs publics ont donc des effets réels : ils orientent les prix, les investissements et les choix de consommation. Mais ils ont aussi des limites : effet régressif de la fiscalité, prix du carbone instable, coût des subventions. Leur efficacité tient à leur combinaison et à des mesures d'accompagnement. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées, à adapter.

Piège La conclusion doit répondre aux deux volets du sujet (effets et limites).

Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : marché unique et croissance4 points

Question : « Présentez un effet du marché unique sur la croissance économique au sein de l'Union européenne. » (4 points).

1Présentez un effet du marché unique sur la croissance économique au sein de l'Union européenne.Touche pour voir la correction

À retenir Le marché unique (1993) garantit la libre circulation des biens, services, capitaux et personnes. Il élargit les débouchés et accroît la concurrence : cela stimule la croissance par les économies d'échelle, l'innovation et les gains de productivité.

Démarche
  1. Choisir un effet précis : l'intensification de la concurrence et l'élargissement du marché incitent les entreprises à innover, à réduire leurs coûts et à gagner en productivité.
  2. Mécanisme : suppression des barrières tarifaires et réglementaires, donc accès à un marché de plus de 400 millions de consommateurs, donc production à plus grande échelle (économies d'échelle), baisse des coûts unitaires et des prix, hausse de la demande et des investissements.
  3. Autre mécanisme possible : la spécialisation et les échanges intra-européens (intra-branche) augmentent l'efficacité et la variété des biens.
  4. Rédaction possible : « Le marché unique élargit le marché de chaque entreprise et accroît la concurrence : elles réalisent des économies d'échelle, innovent et gagnent en productivité, ce qui soutient la croissance économique de l'Union. »

RéponseMarché unique : concurrence accrue et débouchés élargis, donc économies d'échelle, innovation et gains de productivité, donc croissance.

Piège Présenter un seul effet, clairement, avec son mécanisme.

Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : croissance et chômage en France6 points

Document : évolution du taux de croissance du PIB (échelle de gauche) et du taux de chômage (échelle de droite) en France, 2008-2019 (INSEE).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Taux de croissance du PIB (échelle de gauche) et taux de chômage (échelle de droite) en France, 2008-2019. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1À l'aide du document, comparez les données de l'année 2008 avec celles de l'année 2019. (2 points)Touche pour voir la correction

À retenir Comparer : citer les deux valeurs pour chaque indicateur et l'écart ; bien lire l'échelle (gauche pour le PIB, droite pour le chômage).

Démarche
  1. PIB : environ + 0,4 % en 2008 contre environ + 2,0 % en 2019, soit environ 1,6 point de plus.
  2. Chômage : environ 7,4 % en 2008 contre environ 8,4 % en 2019, soit environ 1 point de plus.
  3. Constat : la croissance est plus forte en 2019 mais le chômage est plus élevé qu'en 2008 : le chômage n'est pas revenu à son niveau d'avant-crise malgré la reprise.

Réponse2008 : PIB environ + 0,4 %, chômage environ 7,4 % ; 2019 : PIB environ + 2,0 %, chômage environ 8,4 %.

Vérification Valeurs lues sur le graphique à double échelle.

Piège Ne pas inverser les échelles : le PIB se lit à gauche, le chômage à droite.

2À l'aide des données du document et de vos connaissances, expliquez les effets des fluctuations de l'activité économique sur le chômage conjoncturel. (4 points)Touche pour voir la correction

À retenir Le chômage conjoncturel varie en sens inverse de l'activité (loi d'Okun) : la récession détruit des emplois, la reprise en crée, avec un décalage.

Démarche
  1. Mécanisme à la baisse : ralentissement de l'activité, donc baisse de la demande adressée aux entreprises, donc baisse de la production et des anticipations, donc réduction des effectifs (non-renouvellement des CDD et de l'intérim, licenciements), gel des embauches.
  2. Document : en 2009, le PIB recule d'environ 2,8 % et le chômage passe d'environ 7,4 % à environ 9,1 %.
  3. Mécanisme à la hausse : en reprise, la production augmente et les entreprises embauchent, mais avec retard, car elles utilisent d'abord leurs capacités de production disponibles et ont des coûts d'embauche. Document : en 2010-2011, malgré une croissance d'environ 2,0 % à 2,4 %, le chômage reste proche de 9,2-9,3 % ; il baisse nettement seulement à partir de 2017 (croissance d'environ 2,1 %, chômage d'environ 9,4 %), jusqu'à environ 8,4 % en 2019.
  4. Document : en 2012-2015, la croissance faible (de 0,2 % à 1,1 %) coïncide avec un chômage élevé (environ 9,8 % en 2012, puis 10,3 % de 2013 à 2015) : une croissance inférieure à un certain seuil ne crée pas assez d'emplois pour absorber les gains de productivité et la croissance de la population active.
  5. Rédaction possible : « Les fluctuations de l'activité se répercutent sur le chômage conjoncturel : la récession de 2009 le fait augmenter, la reprise de 2017-2019 le fait baisser (de 9,4 % à 8,4 %), avec un décalage dû à l'ajustement progressif de l'emploi. »

RéponseRécession = baisse de la demande et de la production, donc hausse du chômage (2009) ; reprise = embauches avec retard ; seuil de croissance nécessaire pour réduire le chômage.

Piège Ne pas confondre chômage conjoncturel et chômage structurel.

Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : facteurs de la mobilité sociale10 points

Sujet : « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la mobilité sociale peut s'expliquer par différents facteurs. » Trois documents : (1) décomposition de la mobilité sociale des hommes par rapport à leur père, 1977-2015 ; (2) diplôme le plus élevé selon le diplôme des parents et l'origine sociale en 2014-2015 ; (3) portrait de Clémence, professeure des écoles issue des classes populaires rurales.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : diplôme le plus élevé selon le diplôme des parents et l'origine sociale en 2014-2015 (INSEE). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1Lire les trois documents et en extraire des informations.Touche pour voir la correction

À retenir Doc. 1 : mobilité observée = structurelle + mobilité nette ; doc. 2 : héritage culturel et diplôme ; doc. 3 : trajectoire individuelle illustrant l'école et la famille.

Démarche
  1. Doc. 1 : de 1977 à 2015, la mobilité sociale observée des hommes passe de 63,8 % à 65,2 % (immobilité environ un tiers : 36,2 % puis 34,8 %). La mobilité verticale progresse de 30,6 % à 42,6 % ; la mobilité ascendante de 23,5 % à 27,6 % (maximum de 30,8 % en 2003) ; la mobilité descendante de 7,2 % à 15,0 %. La part de la mobilité structurelle diminue de 39,6 % à 24,2 % de la mobilité observée (soit environ 25 points puis environ 16 points de mobilité) : la mobilité nette augmente.
  2. Doc. 2 : 78,1 % des personnes dont au moins un parent est diplômé du supérieur sont elles-mêmes diplômées du supérieur contre 27,4 % de celles dont les parents sont peu ou pas diplômés (rapport d'environ 2,9). Un père cadre ou profession intermédiaire : 65,4 % de diplômés du supérieur contre 30,5 % pour un père employé ou ouvrier ; 34,1 % ont un bac + 5 ou plus quand un parent est diplômé du supérieur contre 4,8 % quand les parents sont peu diplômés ; 23,9 % n'ont aucun diplôme (ou le brevet) contre 3,8 %.
  3. Doc. 3 : Clémence est fille d'un ouvrier qualifié et d'une employée de ménage ; elle est devenue professeure des écoles (mobilité ascendante) ; ses frères et sœurs suivent aussi des études longues (un frère cadre à Madrid, une sœur à Sciences Po, une autre en bac scientifique) : l'ascension est collective, liée à la démocratisation scolaire et à des aspirations scolaires fortes dans la famille.

RéponseMobilité due à la structure des emplois, à l'école et au capital culturel familial, et à des trajectoires familiales.

Vérification Vérifier les sommes : 36,2 + 63,8 = 100 ; 33,2 + 30,6 = 63,8 ; 23,5 + 7,2 = 30,7 (arrondi 30,6). 2015 : 22,6 + 42,6 = 65,2 ; 27,6 + 15,0 = 42,6. Part structurelle 2015 : 0,242 × 65,2 = 15,8 points ; 1977 : 0,396 × 63,8 = 25,3 points.

2Construire le plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Plan par facteurs : structure des emplois, école/famille, trajectoires individuelles ; en nuançant leurs limites.

Démarche
  1. I. La structure socioprofessionnelle : le déclin de l'agriculture et des ouvriers, la hausse des cadres et professions intermédiaires créent de la mobilité structurelle (doc. 1 : 39,6 % de la mobilité observée en 1977, 24,2 % en 2015). Sa part diminue, mais la mobilité nette (fluidité) augmente.
  2. II. L'école et la famille : le diplôme est le principal vecteur de mobilité (doc. 3 : Clémence, ses frères et sœurs), mais le capital culturel familial reste déterminant (doc. 2 : 78,1 % de diplômés du supérieur quand un parent l'est, 27,4 % sinon). Auteurs : Bourdieu et Passeron (reproduction), Boudon (choix rationnels : les stratégies scolaires selon l'origine sociale).
  3. III. Les trajectoires et les contextes : aspirations familiales et ascension collective de la fratrie (doc. 3), mobilité descendante liée à la concurrence pour les diplômes (doc. 1 : de 7,2 % à 15,0 %), rôle de la socialisation et du réseau.
  4. Conclusion : la mobilité s'explique par plusieurs facteurs combinés, structurels, scolaires et familiaux.

RéponsePlan : I. Structure des emplois ; II. École, diplôme et famille ; III. Trajectoires individuelles et contextes.

Piège Ne pas confondre mobilité observée et mobilité structurelle ; ne pas oublier la mobilité descendante.

3Rédiger l'introduction et la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche chiffrée, définition de la mobilité sociale, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « En 2015, 65,2 % des hommes de 35 à 59 ans relèvent d'un groupe socioprofessionnel différent de celui de leur père, contre 63,8 % en 1977. Cette mobilité sociale, c'est-à-dire le changement de position sociale entre générations, résulte-t-elle d'un seul facteur ? Nous verrons qu'elle s'explique par les transformations de la structure des emplois, mais aussi par l'école et par les ressources familiales, qui influencent les trajectoires individuelles. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « La mobilité sociale s'explique donc par des facteurs structurels (évolution des emplois), scolaires (diplômes) et familiaux (capital culturel, aspirations). Leur combinaison explique à la fois la mobilité observée et la persistance de fortes inégalités d'origine. »

RéponseIntroduction et conclusion rédigées, à adapter.

Piège Le plan doit articuler les facteurs, pas les juxtaposer.

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