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Bac 2025

SES – Métropole 2025 (sujet 2, jour 1) : correction détaillée

Sciences économiques et sociales (spécialité) · 4 h · dissertation ou épreuve composée, au choix · 20 points

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Dissertation : les pouvoirs publics face au changement climatique20 points

Sujet : « Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir pour faire face au changement climatique ? » avec un dossier de quatre documents : le Pacte vert européen (texte), les émissions mondiales de gaz à effet de serre (courbes en indice 100 en 1990), la répartition des recettes des taxes environnementales (graphique en secteurs), le prix du quota de CO2 (courbe).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : émissions de gaz à effet de serre, indice base 100 en 1990 ; Document 3 : recettes des taxes environnementales en 2021 ; Document 4 : prix du quota de CO2 (en euros par tonne). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

D1Analysez le sujet « Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir pour faire face au changement climatique ? » : définissez les termes et formulez une problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Un sujet en « comment » demande d'identifier les moyens d'action (instruments) ET d'en évaluer les conditions de réussite et les limites.

Démarche
  1. Pouvoirs publics : États, collectivités territoriales, Union européenne, organisations internationales (ONU et ses COP) qui font des règles et des politiques collectives.
  2. Changement climatique : réchauffement lié à l'accumulation de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine ; le bien commun « climat stable » est un bien dont personne ne peut être exclu et dont l'usage est rival (on parle de bien commun mondial).
  3. Instruments d'action : réglementation (normes, interdictions), taxation (taxe carbone, taxes sur l'énergie), marché de quotas ou de permis d'émission, subventions (aides à l'innovation, à la rénovation).
  4. Tension du sujet : les instruments existent et sont variés, mais les émissions mondiales continuent d'augmenter (document 2) : l'action est-elle à la bonne échelle, avec le bon dosage d'instruments ?
  5. Problématique possible : « Quels instruments les pouvoirs publics peuvent-ils mobiliser pour réduire les émissions de GES, et à quelles conditions leur action peut-elle être efficace face à un problème de dimension mondiale ? »

RéponseProblématique : instruments disponibles (réglementation, taxes, quotas, subventions, accords internationaux) et conditions de leur efficacité (échelle internationale, acceptabilité sociale, cohérence entre instruments).

Piège Ne pas faire un exposé sur les causes du réchauffement : le sujet porte sur l'action publique.

D2Lisez chacun des quatre documents du dossier et dites quelle idée il apporte à la dissertation.Touche pour voir la correction

À retenir Pour chaque document : identifier la nature, la date et la source, extraire une ou deux données chiffrées précises, et préciser à quelle partie du plan il sert.

Démarche
  1. Document 1 (touteleurope.eu, 2024) : le GIEC alerte depuis des années ; la hausse doit être contenue à 1,5 °C. Cadre international : CCNUCC (en vigueur en 1994), protocole de Kyoto (1997), accord de Paris (2015, COP21). Cadre européen : Pacte vert, loi européenne sur le climat (juin 2021) : neutralité climatique et au moins −55 % de GES en 2030 par rapport à 1990, renforcement des puits de carbone ; une cinquantaine d'actions (énergie, déchets, mobilités, agriculture). Sert la partie I (engagements et réglementation).
  2. Document 2 (indice base 100 en 1990, 1970-2021) : la Chine est à environ 380 en 2021 et l'Inde à environ 270 ; le monde est à environ 160 ; les États-Unis, la France et l'UE à 27 sont revenus autour de 70 à 95. Les émissions mondiales ont donc augmenté d'environ 60 % depuis 1990 malgré les accords. Sert la partie II (limites).
  3. Document 3 (recettes des taxes environnementales, France, 2021) : 82 % des recettes viennent des taxes sur l'énergie, dont 56 % pour les produits pétroliers, 19 % pour la production d'électricité, 4 % pour le gaz naturel et 3 % pour les autres taxes sur l'énergie ; 11 % pour les transports, 6 % pour les pollutions, 1 % pour les ressources. Sert la partie I (taxation) et la partie II (assiette concentrée sur l'énergie, donc acceptabilité sociale).
  4. Document 4 (prix du quota de CO2 sur le marché européen) : environ 5 à 8 € la tonne de 2013 à 2017, puis hausse à partir de 2018 (environ 25 € en 2019), environ 90 à 100 € en 2022-2023, repli vers 60-65 € début 2024. Sert la partie I (marché de quotas : le signal-prix devient incitatif) et la partie II (volatilité du prix).

RéponseLes documents permettent d'illustrer : les engagements internationaux et européens (1), la persistance de la hausse mondiale des émissions (2), la taxation environnementale (3) et le marché de quotas (4).

Vérification Documents 2 et 4 : lectures graphiques (indice à ± 10 points près ; prix du quota à ± 5 € la tonne près), à donner avec « environ ».

D3Proposez un plan détaillé pour répondre à la question « Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir pour faire face au changement climatique ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Plan en deux parties équilibrées : (I) les leviers dont disposent les pouvoirs publics ; (II) les conditions et limites de leur efficacité.

Démarche
  1. I. Les pouvoirs publics disposent d'un éventail d'instruments pour réduire les émissions.
  2. I.A. Fixer un cadre : accords internationaux (CCNUCC 1994, Kyoto 1997, Paris 2015) et objectifs européens (loi climat 2021 : −55 % en 2030) ; réglementation et normes (document 1). Exemple de connaissance : normes d'émissions des véhicules, interdictions.
  3. I.B. Modifier les prix et les incitations : la taxation (document 3 : 82 % des recettes des taxes environnementales viennent de l'énergie ; principe pollueur-payeur, internalisation des externalités négatives de Pigou) ; le marché de quotas (document 4 : le prix passe d'environ 5 € à près de 100 € la tonne) ; les subventions à la transition et à l'innovation (Pacte vert).
  4. II. L'efficacité de ces instruments dépend de conditions qui ne sont pas toujours réunies.
  5. II.A. Un problème de bien commun mondial : malgré les accords, les émissions mondiales ont fortement augmenté (document 2 : Chine environ 380, Inde environ 270, monde environ 160 en indice 100 en 1990) ; stratégies de passager clandestin, engagements non contraignants, responsabilités différenciées entre pays développés et émergents.
  6. II.B. Des instruments à calibrer et à combiner : acceptabilité sociale des taxes (effet régressif sur les ménages modestes, assiette concentrée sur l'énergie, document 3), volatilité du prix du carbone (document 4), risque de fuite de carbone ; nécessité d'un dosage (réglementation, taxation, quotas, subventions) et de mesures d'accompagnement (redistribution, aides aux ménages, mécanisme d'ajustement carbone aux frontières).
  7. Conclusion : les pouvoirs publics peuvent agir efficacement en combinant les instruments, mais l'échelle d'action doit être mondiale et l'acceptabilité sociale assurée.

RéponseI. Les leviers (cadre et réglementation ; taxes, quotas, subventions). II. Les conditions et limites (bien commun mondial et passager clandestin ; calibrage, acceptabilité et combinaison des instruments).

D4Rédigez une introduction pour la dissertation « Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir pour faire face au changement climatique ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Introduction en cinq temps : accroche, définitions, problématique, annonce du plan (et pas de réponse détaillée).

Démarche
  1. Rédaction possible : « Depuis le rapport de 2018 du GIEC, la communauté scientifique rappelle qu'il faut contenir le réchauffement à 1,5 °C. Pourtant, les émissions mondiales de gaz à effet de serre, à indice 100 en 1990, avoisinent 160 en 2021. Face à ce changement climatique, produit de l'accumulation de gaz à effet de serre d'origine humaine, les pouvoirs publics (États, Union européenne, organisations internationales) disposent de plusieurs instruments : réglementation, taxation, marchés de quotas, subventions. Mais le climat est un bien commun mondial dont la préservation se heurte à des stratégies de passager clandestin. Quels instruments les pouvoirs publics peuvent-ils donc mobiliser et à quelles conditions leur action est-elle efficace ? Nous verrons d'abord que les pouvoirs publics disposent d'un éventail de leviers, puis que leur efficacité dépend de conditions d'échelle, d'acceptabilité et de cohérence. »
  2. Rédaction possible (conclusion) : « Les pouvoirs publics disposent donc de leviers variés pour agir contre le changement climatique : cadres internationaux et européens, réglementation, taxation, marché de quotas et subventions. Leur efficacité reste cependant conditionnée par l'échelle mondiale du problème, l'acceptabilité sociale des instruments et leur combinaison cohérente ; c'est en associant ces leviers à des mesures d'accompagnement que l'action publique peut réellement infléchir la trajectoire des émissions. »

RéponseIntroduction modèle ci-dessus : accroche chiffrée, définitions, problématique, annonce en deux parties.

Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : mobilisation des connaissances4 points

Sujet : « Vous présenterez deux effets des institutions sur le chômage structurel. »

1Présentez deux effets des institutions sur le chômage structurel.Touche pour voir la correction

À retenir Le chômage structurel est la part du chômage qui persiste quand l'économie est à son niveau d'activité normal : il dépend du fonctionnement du marché du travail et de ses institutions (salaire minimum, indemnisation du chômage, protection de l'emploi, syndicats, politiques d'emploi). Les institutions peuvent l'augmenter ou le réduire.

Démarche
  1. Effet 1 : le salaire minimum. S'il est fixé à un niveau supérieur à la productivité des travailleurs peu qualifiés, les employeurs renoncent à les embaucher : cela peut accroître le chômage des jeunes peu qualifiés (chômage structurel d'origine institutionnelle). Nuance : il peut aussi soutenir la demande et la motivation des salariés.
  2. Effet 2 : l'indemnisation du chômage. Elle permet de refuser des emplois mal rémunérés et élève le salaire de réservation des chômeurs ; une indemnisation généreuse et longue peut allonger la durée de recherche et donc le chômage. Nuance : elle permet aussi un meilleur appariement (on trouve un emploi adapté aux qualifications) et protège contre la pauvreté.
  3. On peut aussi citer, au lieu de l'un des deux : la protection de l'emploi (la difficulté de licencier freine les embauches et crée une segmentation entre insiders protégés et outsiders) ou le rôle des syndicats (négociation de salaires supérieurs à l'équilibre qui profite aux insiders).
  4. Effets favorables : les politiques de formation et le service public de l'emploi réduisent les frictions et les problèmes d'appariement.

RéponseDeux effets : (1) le salaire minimum, s'il dépasse la productivité des moins qualifiés, réduit leur embauche ; (2) l'indemnisation du chômage, en élevant le salaire de réservation, peut allonger la durée de chômage. Les institutions peuvent aussi le réduire (formation, aide à la recherche d'emploi).

Piège Ne pas se contenter de dire « les institutions augmentent le chômage » : le sujet demande deux effets présentés avec leur mécanisme.

Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : étude d'un document (taux de pauvreté)6 points

Tableau INSEE : taux de pauvreté (seuil à 60 % du niveau de vie médian) en 2000 et en 2022 selon la catégorie socioprofessionnelle et le type de ménage, en France métropolitaine.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Taux de pauvreté selon la catégorie socioprofessionnelle et le type de ménage (2000 et 2022). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1À l'aide des données du document, comparez le taux de pauvreté des personnes seules et celui des couples sans enfant lorsque la personne de référence du ménage a moins de 65 ans, en 2000 et en 2022.Touche pour voir la correction

À retenir Comparer, c'est donner les deux valeurs de chaque groupe, calculer l'écart (en points) et un rapport (combien de fois), puis dire si l'écart s'est creusé.

Démarche
  1. Personnes seules (moins de 65 ans) : 16,7 % en 2000 et 19,5 % en 2022, soit +2,8 points.
  2. Couples sans enfant (moins de 65 ans) : 7,6 % en 2000 et 6,6 % en 2022, soit −1,0 point.
  3. Écart en 2000 : 16,7 − 7,6 = 9,1 points ; rapport : 16,7 / 7,6 ≈ 2,2.
  4. Écart en 2022 : 19,5 − 6,6 = 12,9 points ; rapport : 19,5 / 6,6 ≈ 3,0.
  5. Conclusion : les personnes seules sont plus pauvres que les couples sans enfant aux deux dates, et l'écart se creuse : leur taux de pauvreté a augmenté alors que celui des couples sans enfant a baissé.

RéponsePersonnes seules : 16,7 % puis 19,5 % ; couples sans enfant : 7,6 % puis 6,6 %. Le taux des personnes seules est 2,2 fois puis 3 fois plus élevé : l'écart passe de 9,1 à 12,9 points.

Vérification 16,7 / 7,6 = 2,197 ; 19,5 / 6,6 = 2,955.

2À l'aide du document et de vos connaissances, montrez que la composition du ménage et la catégorie socioprofessionnelle sont des facteurs de structuration de l'espace social.Touche pour voir la correction

À retenir L'espace social est l'ensemble des positions sociales différenciées selon le volume et la structure des capitaux (économique, culturel, social, symbolique : Bourdieu). La structuration par la PCS et la composition du ménage se lit dans des inégalités durables de ressources et de risque de pauvreté.

Démarche
  1. Catégorie socioprofessionnelle (document, 2022) : taux de pauvreté de 2,9 % pour les cadres, 4,8 % pour les professions intermédiaires, 11,7 % pour les employés, 14,1 % pour les ouvriers et 22,3 % pour les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise ; l'écart entre cadres et ouvriers est de 1 à presque 5 (14,1 / 2,9 ≈ 4,9). Les positions dans la hiérarchie des PCS structurent l'espace social par le revenu, le diplôme, les conditions d'emploi.
  2. Composition du ménage (document, 2022) : 31,4 % de pauvres parmi les familles monoparentales contre 6,6 % pour les couples sans enfant (environ 4,8 fois plus) ; 19,5 % pour les personnes seules de moins de 65 ans ; 18,8 % pour les personnes seules ou familles monoparentales de 65 ans ou plus contre 6,4 % pour les couples. La configuration familiale (une ou deux sources de revenus, présence d'enfants à charge) joue directement sur le niveau de vie.
  3. Connaissances : la PCS regroupe des positions proches par la profession, le statut et les ressources ; la mise en couple permet de mutualiser des ressources et des économies d'échelle, tandis que les familles monoparentales (en majorité des mères seules) cumulent faibles ressources, temps contraint et difficultés d'emploi.
  4. Les deux facteurs se combinent et se cumulent : une famille monoparentale d'employée ou d'ouvrière est plus exposée à la pauvreté que chaque facteur pris isolément. On retrouve la logique d'un espace social à plusieurs dimensions, où les inégalités de classe croisent les inégalités de configuration familiale.
  5. Limite : le document donne des taux, non les mécanismes ; le taux élevé des agriculteurs, artisans et commerçants tient aussi aux revenus déclarés (revenus professionnels irréguliers, déficits).

RéponseLa PCS (de 2,9 % de pauvres chez les cadres à 22,3 % chez les indépendants, 14,1 % chez les ouvriers) et la composition du ménage (31,4 % de pauvres chez les familles monoparentales contre 6,6 % chez les couples sans enfant) différencient fortement les niveaux de vie : ils structurent l'espace social en positions inégales et durables.

Piège Ne pas croire que les agriculteurs, artisans et commerçants sont « le plus bas » dans toutes les dimensions de l'espace social : le revenu déclaré est ici un indicateur partiel.

Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire (zone euro)10 points

Sujet : « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que la politique monétaire et les politiques budgétaires mises en œuvre dans la zone euro se heurtent à des difficultés. » Dossier : un article de presse sur les déficits excessifs (juin 2024), la dette publique en 2022 (graphique en barres), les taux d'inflation en novembre 2023 et juin 2024 (tableau).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : dette publique en 2022 (en % du PIB) ; Document 3 : taux d'inflation annuels par pays de la zone euro. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

3.1Lisez les trois documents : quels chiffres et quelles idées utiliser ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour un raisonnement sur dossier : un chiffre par idée, la source citée, et chaque document rattaché à un argument.

Démarche
  1. Document 1 (Le Télégramme, juin 2024) : une dizaine des 27 pays de l'UE, dont la France et l'Italie, ont dépassé en 2023 la limite de 3 % du PIB de déficit public du Pacte de stabilité. Déficits les plus élevés : Italie 7,4 %, Hongrie 6,7 %, Roumanie 6,6 %, France 5,5 %, Pologne 5,1 %, Malte 4,9 %, Belgique 4,4 %. Règles suspendues après 2020 (pandémie, guerre en Ukraine), puis réformées et réactivées ; corriger sera difficile avec une faible croissance et des besoins (Ukraine, transition verte) ; bras de fer politiques entre Rome et Paris d'un côté, la Commission et les pays les plus stricts (Allemagne) de l'autre. L'Estonie a dépassé 3 % mais sa dette (environ 20 % du PIB) est très en dessous de 60 %.
  2. Document 2 (dette publique en 2022, en % du PIB) : Grèce environ 170 %, Italie environ 145 %, Portugal et Espagne environ 113 %, France environ 111 %, Belgique environ 105 % ; Estonie environ 18 %, Bulgarie et Luxembourg environ 23-25 %. Beaucoup de pays dépassent le seuil de 60 % (y compris l'Allemagne, environ 66 %) : forte hétérogénéité des situations.
  3. Document 3 (inflation, novembre 2023 puis juin 2024) : zone euro 2,8 % puis 2,5 % ; de −0,8 % (Belgique) à 6,9 % (Slovaquie) en novembre 2023, soit 7,7 points d'écart ; de 0,5 % (Finlande) à 5,4 % (Belgique) en juin 2024, soit 4,9 points d'écart. La Belgique passe de −0,8 % à 5,4 %, la Slovaquie de 6,9 % à 2,4 %.
  4. Connaissances à mobiliser : BCE indépendante avec un taux directeur unique et un objectif de stabilité des prix (environ 2 %) ; politiques budgétaires restées nationales, encadrées par le Pacte de stabilité (3 % de déficit, 60 % de dette) ; budget européen très limité.

RéponseDoc 1 : déficits excessifs et règles budgétaires contestées ; doc 2 : dettes très hétérogènes ; doc 3 : inflations très différentes pour une politique monétaire unique.

Vérification Document 2 : lectures graphiques à ± 3 points de PIB près, à donner avec « environ ».

3.2Proposez un plan détaillé et une introduction pour montrer que la politique monétaire et les politiques budgétaires de la zone euro se heurtent à des difficultés.Touche pour voir la correction

À retenir Politique monétaire unique et politiques budgétaires nationales : c'est l'architecture même de la zone euro qui crée des difficultés (hétérogénéité, règles, absence de budget fédéral).

Démarche
  1. Introduction (rédaction possible) : « La zone euro réunit vingt États qui partagent une monnaie et une politique monétaire unique conduite par la BCE, mais conservent des politiques budgétaires nationales encadrées par le Pacte de stabilité. En 2023, une dizaine de pays de l'Union européenne ont dépassé la limite de 3 % de déficit public et les taux d'inflation vont de −0,8 % à 6,9 % selon les pays. Comment ce policy-mix, c'est-à-dire la combinaison de politique monétaire et de politiques budgétaires, fonctionne-t-il dans une zone aussi hétérogène ? Nous montrerons d'abord que la politique monétaire unique est confrontée à des économies différentes, puis que les politiques budgétaires nationales se heurtent à des contraintes de règles et de coordination. »
  2. I. La politique monétaire unique est confrontée à l'hétérogénéité des économies. I.A. Un taux directeur unique pour des conjonctures différentes : l'inflation de juin 2024 va de 0,5 % (Finlande) à 5,4 % (Belgique) et celle de novembre 2023 de −0,8 % à 6,9 % (document 3) ; le même taux est trop élevé pour les uns, trop faible pour les autres. I.B. Les effets de la politique de taux diffèrent selon l'endettement : un relèvement des taux alourdit la charge de la dette des pays très endettés (Grèce, Italie, document 2).
  3. II. Les politiques budgétaires sont contraintes et mal coordonnées. II.A. Des règles difficiles à respecter : déficits de plus de 3 % pour la France, l'Italie, la Belgique ; dette supérieure à 60 % pour de nombreux pays (document 2) ; suspension des règles après 2020 puis réactivation (document 1). II.B. Des divergences d'intérêts et un budget européen faible : conflits entre Rome et Paris et les pays rigoureux (document 1), besoins d'investissements (transition verte, Ukraine) qui pèsent sur des finances déjà dégradées ; pas de budget fédéral suffisant pour des transferts en cas de choc asymétrique ; risque de stratégies de passager clandestin (un État très endetté bénéficie de la crédibilité de la zone).
  4. Conclusion : ces difficultés ne condamnent pas la zone euro mais appellent plus de coordination (règles réformées, investissements communs).
  5. Rédaction possible (conclusion) : « La zone euro se heurte donc à des difficultés structurelles : une politique monétaire unique ne peut ajuster à la fois des économies aux inflations et aux dettes très différentes, et des politiques budgétaires nationales, encadrées par des règles souvent contournées, manquent de coordination et d'un budget commun. Ces limites appellent des règles budgétaires plus crédibles et davantage d'investissements européens. »

RéponsePlan : I. une politique monétaire unique face à des économies hétérogènes (inflation, dette) ; II. des politiques budgétaires nationales contraintes par les règles et mal coordonnées.

Piège Ne pas oublier les connaissances (indépendance de la BCE, Pacte de stabilité, choc asymétrique) : un dossier seul ne suffit pas pour 10 points.

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