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Bac 2025

SES – Polynésie 2025 (sujet 1, jour 1) : correction détaillée

Sciences économiques et sociales (spécialité) · 4 h · coefficient 16 · dissertation ou épreuve composée, au choix · 20 points

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Dissertation : les difficultés des politiques conjoncturelles dans la zone euro20 points

Sujet : « À quelles difficultés se heurtent les politiques conjoncturelles dans la zone euro ? » Dossier de trois documents : un tableau d'indicateurs conjoncturels de 2023 (Eurostat), le budget de l'Union européenne (Le Monde, 2019), le taux directeur de la BCE entre 2008 et 2024 (graphique).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : indicateurs conjoncturels dans quelques pays de la zone euro en 2023 ; Document 3 : taux d'intérêt directeur de la BCE, 2008-2024. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

D1Analysez le sujet : définissez les termes et formulez une problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Politiques conjoncturelles : politiques économiques de court terme visant à stabiliser l'activité, l'emploi et les prix (carré magique de Kaldor : croissance, plein-emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur).

Démarche
  1. Politique conjoncturelle : politique monétaire (taux directeurs, conduite par la BCE) et politique budgétaire (dépenses publiques, impôts, solde public, conduite par les États).
  2. Zone euro : groupe d'États de l'Union européenne partageant la même monnaie ; la politique monétaire est commune, les politiques budgétaires restent nationales, encadrées par des règles (Pacte de stabilité : 3 % de déficit, 60 % de dette).
  3. Difficultés : hétérogénéité des conjonctures nationales (document 1), faiblesse du budget européen (document 2), arbitrages de la BCE (document 3).
  4. Problématique possible : « Pourquoi la combinaison d'une politique monétaire unique et de politiques budgétaires nationales rend-elle difficile la régulation conjoncturelle de la zone euro ? »

RéponseProblématique : une politique monétaire unique et des politiques budgétaires nationales dans une zone hétérogène : limites et contraintes.

Piège Ne pas confondre politique conjoncturelle (court terme, régulation) et politique structurelle (long terme, offre).

D2Lisez chacun des trois documents et dites quelle idée il apporte.Touche pour voir la correction

À retenir Un chiffre par document et le rattachement à une partie du plan.

Démarche
  1. Document 1 (Eurostat, 2024) : en 2023, la croissance du PIB va de 5,6 % (Malte) à −3,2 % (Irlande) ; l'inflation de 2,4 % (Belgique, Espagne) à 14,2 % (Hongrie) ; la dette publique de 19,6 % du PIB (Estonie) à 162,0 % (Grèce) ; le solde public de +3,1 % (Chypre) à −7,4 % (Italie), France −5,9 % ; le chômage de 2,6 % (Tchéquie) à 12,2 % (Espagne). Idée : forte hétérogénéité des conjonctures. Remarque : l'Espagne apparaît parmi les meilleures situations pour la croissance et parmi les moins favorables pour le chômage.
  2. Document 2 (Le Monde, 2019) : le budget de l'Union européenne est de 160 milliards d'euros en 2018, contre 446 milliards pour le budget général de l'État français ; environ 6 700 € par habitant pour la France contre un peu plus de 300 € par citoyen européen ; l'agriculture et l'environnement (59 milliards) et la cohésion (56 milliards) représentent plus de 70 % du total ; le budget de fonctionnement pèse environ 6 % ; le budget européen représente environ 1 % du PIB des Vingt-Huit (160 / 15 300). Idée : pas de politique budgétaire fédérale puissante.
  3. Document 3 (Lafinancepourtous.com, 2024) : le taux directeur de la BCE passe de 3,75 % en octobre 2008 à 1 % en 2009, remonte à 1,5 % en 2011, tombe à 0 % de mars 2016 à septembre 2019, puis grimpe à partir de 2022 jusqu'à 4,5 % en septembre 2023 et 4,25 % en juin 2024. Idée : la politique monétaire est très active, tantôt expansionniste (baisse après la crise de 2008), tantôt restrictive (lutte contre l'inflation de 2022-2023), pour une zone hétérogène.

RéponseDoc 1 : conjonctures hétérogènes ; doc 2 : budget européen faible ; doc 3 : politique de taux de la BCE, variable et uniforme.

Vérification Document 3 : les valeurs sont les étiquettes du graphique (3,75 % en octobre 2008, 1 % en 2009, 1,5 % en 2011, 0 % de mars 2016 à septembre 2019, 4,5 % en septembre 2023) ; les dates sont celles de l'axe horizontal.

D3Proposez un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Plan en deux parties : les difficultés de la politique monétaire unique et celles des politiques budgétaires nationales.

Démarche
  1. I. La politique monétaire unique est confrontée à l'hétérogénéité des économies.
  2. I.A. Un taux directeur unique pour des conjonctures divergentes : inflation de 2,4 % à 14,2 % et chômage de 2,6 % à 12,2 % en 2023 (document 1) ; le même taux est trop élevé pour les uns et trop faible pour les autres.
  3. I.B. Des arbitrages difficiles pour la BCE : objectif de stabilité des prix (environ 2 %) et soutien de l'activité ; remontée des taux en 2022-2023 (4,5 % en septembre 2023, document 3) pour freiner l'inflation, avec un risque de freiner la croissance et d'alourdir la charge de la dette des États très endettés (Grèce 162 %, Italie 137 %, France 111 %).
  4. II. Les politiques budgétaires sont contraintes et peu coordonnées.
  5. II.A. Des marges de manœuvre étroites : règles du Pacte de stabilité (3 % de déficit, 60 % de dette), alors que la France et l'Italie ont des déficits de 5,9 % et 7,4 % et des dettes supérieures à 100 % (document 1).
  6. II.B. Un budget européen trop faible pour stabiliser : environ 1 % du PIB, 160 milliards contre 446 pour la France seule (document 2) ; pas de transferts importants en cas de choc asymétrique ; risque de passager clandestin et divergences d'intérêts entre États.
  7. Conclusion : ces difficultés conduisent à discuter plus de coordination et un budget fédéral plus important.

RéponseI. Politique monétaire unique et conjonctures hétérogènes. II. Politiques budgétaires nationales contraintes et budget européen faible.

Vérification Notions : policy-mix = combinaison de la politique monétaire et de la politique budgétaire ; choc asymétrique = choc qui touche un pays ou quelques pays de la zone et pas les autres ; Pacte de stabilité = règles budgétaires de 3 % de déficit et de 60 % de dette.

D4Rédigez l'introduction.Touche pour voir la correction

À retenir Accroche, définitions, problématique, plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : « Entre octobre 2008 et septembre 2023, le taux directeur de la Banque centrale européenne est passé de 3,75 % à 0 % puis à 4,5 % : la zone euro a connu des orientations de politique monétaire très contrastées. Les politiques conjoncturelles, c'est-à-dire les politiques de court terme visant à réguler l'activité, l'emploi et les prix, y reposent sur une architecture singulière : une politique monétaire unique confiée à la BCE et des politiques budgétaires qui restent nationales. Or les économies de la zone sont très différentes : en 2023, le chômage va de 2,6 % à 12,2 % selon les pays. À quelles difficultés se heurtent donc ces politiques ? Nous verrons d'abord les difficultés de la politique monétaire face à l'hétérogénéité des économies, puis les contraintes qui pèsent sur les politiques budgétaires. »

RéponseIntroduction modèle ci-dessus.

Piège Ne pas oublier de définir politique conjoncturelle.

Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : mobilisation des connaissances4 points

Sujet : « Vous distinguerez l'approche des classes sociales de Marx de celle de Weber. »

1Distinguez l'approche des classes sociales de Marx de celle de Weber.Touche pour voir la correction

À retenir Marx : classes définies par la place dans les rapports de production (propriété des moyens de production), conflictuelles. Weber : stratification multidimensionnelle (classes économiques, groupes de statut, partis).

Démarche
  1. Marx : deux classes principales dans le capitalisme, la bourgeoisie (propriétaire des moyens de production) et le prolétariat (vend sa force de travail). Critère unique : la place dans les rapports de production. Rapport conflictuel (exploitation, lutte des classes) ; passage de la « classe en soi » à la « classe pour soi » grâce à la conscience de classe.
  2. Weber : approche multidimensionnelle. La classe renvoie à la situation sur le marché (chances de vie liées aux revenus et aux qualifications) ; le statut renvoie au prestige et à l'honneur social (groupes de statut) ; le parti renvoie au pouvoir politique. Les trois dimensions ne se recouvrent pas nécessairement.
  3. Différences : un critère unique (économique) chez Marx, trois dimensions chez Weber ; une logique de conflit et de polarisation chez Marx, une pluralité de groupes et moins de conflit nécessaire chez Weber ; une prévision de simplification des classes chez Marx, une fragmentation chez Weber.
  4. Conclusion : Weber enrichit l'analyse marxiste en intégrant les dimensions symbolique et politique.

RéponseMarx : classes définies par la place dans les rapports de production et opposées par un conflit (bourgeoisie/prolétariat). Weber : stratification en trois dimensions (classe économique, statut social, parti), sans polarisation obligatoire.

Piège Ne pas écrire que Weber nie les classes : il les définit par la situation de marché.

Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : étude d'un document (brevets verts)6 points

Graphique (Direction générale des entreprises, 2023) : nombre de brevets verts déposés par les entreprises françaises et part des brevets verts dans le total des brevets déposés (en %), de 2001 à 2020.

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Nombre de brevets verts et part des brevets verts dans le total, 2001-2020. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

1À l'aide de données du document et d'un outil statistique de votre choix, caractérisez l'évolution de la part des brevets verts entre 2001 et 2020.Touche pour voir la correction

À retenir Outil : coefficient multiplicateur ou variation en points de pourcentage ; caractériser, c'est décrire la tendance et ses inflexions.

Démarche
  1. Lecture (échelle de droite pour la part) : 5 % en 2001 et 16 % en 2020, à ± 0,5 point près.
  2. Calcul : coefficient multiplicateur 16 / 5 = 3,2, soit une hausse de 220 % ; en points : +11 points de pourcentage.
  3. Trajectoire : hausse presque continue jusqu'en 2012 (14 %), repli ensuite (13 % en 2013, 12 % en 2014 et 2015, creux de 11 % en 2016, 12 % en 2017 et 2018), puis reprise nette en 2019-2020 (13 % puis 16 %).
  4. Nombre de brevets (échelle de gauche) : de 720 environ en 2001 à 2 250 environ en 2020 (pic à 2 050 environ en 2012), soit un coefficient voisin de 3,1 : le nombre de brevets verts et leur part évoluent de façon parallèle.
  5. Conclusion : la part des brevets verts a plus que triplé en vingt ans, avec une phase de plateau entre 2012 et 2018.

RéponseLa part des brevets verts passe de 5 % en 2001 à 16 % en 2020 : elle est multipliée par 3,2 (+220 %, soit +11 points), avec une hausse jusqu'en 2012 (14 %), un repli à 11-13 % entre 2013 et 2018, puis une reprise en 2019-2020.

Vérification Valeurs lues sur le graphique avec une précision de ± 0,5 point pour la part et de ± 50 pour le nombre de brevets.

2À l'aide du document et de vos connaissances, expliquez comment l'innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance économique.Touche pour voir la correction

À retenir La croissance économique se heurte à des limites écologiques (épuisement des ressources, pollution, changement climatique). L'innovation et le progrès technique peuvent les repousser en économisant les ressources ou en réduisant les pollutions (découplage).

Démarche
  1. Innovations vertes (document : hausse du nombre de brevets verts, de 700 à 2 250 environ, et de leur part, de 5 % à 16 %) : énergies renouvelables, efficacité énergétique, stockage, recyclage, mobilité propre.
  2. Mécanisme 1 : réduire l'intensité en ressources et en émissions de chaque unité produite (découplage entre croissance du PIB et pressions sur l'environnement).
  3. Mécanisme 2 : substituer des ressources renouvelables à des ressources épuisables, recycler, prolonger la durée de vie des produits (économie circulaire).
  4. Mécanisme 3 : les politiques publiques (taxes, normes, subventions à la recherche) orientent le progrès technique vers les innovations vertes.
  5. Limites : le progrès technique n'est pas toujours suffisant (effet rebond : gains d'efficacité compensés par la hausse de la consommation) ; la soutenabilité faible (substituabilité du capital naturel et du capital technique) s'oppose à la soutenabilité forte (le capital naturel critique n'est pas substituable) ; les brevets ne disent rien des effets réels.

RéponsePar les innovations vertes (document : part des brevets verts multipliée par plus de 3), l'économie peut produire autant avec moins de ressources et de pollution ; le progrès technique recule donc les limites écologiques, sous réserve de l'effet rebond et de la distinction soutenabilité faible/forte.

Piège Un brevet est une invention protégée, pas forcément une innovation diffusée : le document ne prouve pas à lui seul une réduction des pressions environnementales.

Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire (mobilité sociale)10 points

Sujet : « À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les configurations et les ressources familiales contribuent à expliquer la mobilité sociale. » Dossier : un entretien avec le sociologue Bernard Lahire (2019), les modalités de recherche de stage de 3e selon la CSP du père (graphique), un article sur la séparation parentale et la réussite (2022).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : modalités de recherche de stage en 3e selon la CSP du père (2018). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

3.1Lisez les trois documents : quelles idées et quels chiffres utiliser ?Touche pour voir la correction

À retenir Mobilité sociale intergénérationnelle : changement de position sociale entre parents et enfants ; elle dépend des ressources économiques, culturelles et sociales de la famille et de sa configuration.

Démarche
  1. Document 1 (Bernard Lahire, 20 minutes, 2019) : les inégalités matérielles (logement, alimentation, santé, loisirs) ont un impact indirect sur la scolarité (fatigue dans un foyer bruyant, pas de chambre pour lire) ; dans les familles les plus dotées culturellement, les pratiques langagières facilitent l'entrée dans la lecture et l'écriture ; le rapport à l'école des parents dépend de leur expérience scolaire. Idée : ressources économiques et culturelles familiales.
  2. Document 2 (enquête « Stage de troisième », 2018) : parmi les élèves dont le père est cadre, 42 % sollicitent leur famille pour trouver un stage (36 % pour les pères ouvriers) ; les élèves de pères ouvriers se « débrouillent » davantage (45 % contre 37 % pour les enfants de cadres, valeurs lues à ± 2 points), les enfants de cadres s'appuient plus sur leur réseau familial et sur d'autres adultes (10 % contre 4 %). Idée : capital social, réseaux familiaux inégaux.
  3. Document 3 (Le Forner, 2022) : environ quatre millions d'enfants mineurs ont des parents séparés en 2020 ; la part des individus dont les parents se sont séparés passe de 3 % pour la génération née en 1946 à 15 % pour celle née en 1988 ; la séparation peut réduire les ressources monétaires et de temps, l'accès au parent non gardien et provoquer un choc psychologique ; elle est associée à une probabilité plus faible d'obtenir un diplôme. Idée : configuration familiale (monoparentalité) et mobilité.

RéponseDoc 1 : ressources économiques et culturelles ; doc 2 : capital social et réseau familial ; doc 3 : configuration familiale et séparation parentale.

Vérification Document 2 : seuls 36 % et 42 % sont donnés par la note de lecture ; les autres valeurs sont lues sur le graphique avec une précision de ± 2 points.

3.2Proposez une introduction et un plan détaillé.Touche pour voir la correction

À retenir Plan en deux parties : (I) les ressources familiales (économiques, culturelles, sociales) ; (II) les configurations familiales (séparation, structure de la famille).

Démarche
  1. Introduction : Rédaction possible : « Les enfants n'occupent pas toujours la même position sociale que leurs parents : on parle alors de mobilité sociale intergénérationnelle. Or les chances de réussite scolaire et professionnelle varient selon la famille d'origine : en France, les enfants de cadres ont plus de chances de devenir cadres que les enfants d'ouvriers. Quelle est la place de la famille dans l'explication de la mobilité sociale ? Nous verrons d'abord que les ressources économiques, culturelles et sociales de la famille influencent les trajectoires, puis que la configuration de la famille, notamment la séparation des parents, joue aussi un rôle. »
  2. I. Les ressources familiales influencent la mobilité. I.A. Capital économique : logement, alimentation, loisirs, moyens de soutien (document 1). I.B. Capital culturel et rapport à l'école : pratiques langagières, codes culturels, expérience scolaire des parents (document 1, Bourdieu). I.C. Capital social : mobilisation du réseau familial pour trouver un stage (document 2 : 42 % des enfants de cadres contre 36 % des enfants d'ouvriers sollicitent leur famille ; ces derniers se débrouillent davantage).
  3. II. La configuration familiale joue aussi. II.A. La séparation parentale réduit les ressources monétaires et le temps disponible (document 3) ; part des individus concernés de 3 % (génération 1946) à 15 % (génération 1988). II.B. Les effets sont psychologiques et scolaires : choc, moindre probabilité d'obtenir un diplôme ; mais d'autres configurations (taille de la fratrie, famille recomposée) interviennent.
  4. Conclusion : les ressources et la configuration familiales contribuent à expliquer la mobilité sans la déterminer entièrement : le rôle de l'école et du contexte compte aussi.

RéponsePlan : I. les ressources familiales (économiques, culturelles, sociales) ; II. la configuration familiale (séparation, ressources et temps réduits).

Piège Ne pas conclure à un déterminisme : les effets sont des probabilités moyennes, pas des destins individuels.

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