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Bac 2025

Bac 2025 – Philosophie – Amérique du Sud : correction détaillée

Philosophie, série générale, 4 h, coefficient 8 : un sujet au choix parmi trois

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 (dissertation) : L'État nous protège-t-il des injustices ?20 points

Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S1-1Analyser le sujet « L'État nous protège-t-il des injustices ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, de leurs sens possibles, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet ou dans la récitation de cours.

Démarche
  1. État : institution politique souveraine qui exerce, sur un territoire et une population, le monopole de la violence légitime (Weber) et fait respecter la loi par l'administration, la police et la justice. À distinguer du gouvernement (qui change) et de la société civile.
  2. Protéger : mettre à l'abri d'un dommage, garantir la sécurité et les droits. Le sujet porte sur l'effectivité de cette protection : l'État remplit-il, et peut-il remplir, cette fonction ?
  3. Injustices : atteintes au droit ou à l'équité, qu'elles viennent d'individus (violence, fraude), de la société (inégalités, discriminations) ou de l'État lui-même (lois ou décisions injustes, abus de pouvoir). Le pluriel invite à distinguer les types d'injustices.
  4. Présupposé : l'État est extérieur aux injustices et leur fait face ; à discuter, car l'État peut en être l'auteur ou le complice.
  5. Enjeu : l'État est-il le garant de la justice ou une source possible d'injustices ? Ce qu'on attend de l'État et ce qu'on doit lui demander comme contrôle.

RéponseL'État est-il le remède aux injustices, ou en est-il aussi l'origine possible, et à quelles conditions peut-il remplir sa fonction protectrice ?

Piège Ne pas confondre « l'État » et « le gouvernement » ou « la justice » : le sujet porte sur l'institution et sa fonction de protection.

S1-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « L'État nous protège-t-il des injustices ? » ?Touche pour voir la correction

À retenir Le plan suit un mouvement dialectique (thèse, objection ou limite, dépassement) ; chaque partie avance des arguments, appuyés sur des auteurs et des exemples précis, et se clôt sur une transition qui amène la suivante.

Démarche
  1. Problématique : L'État, institution qui détient la force, peut-il protéger des injustices sans en commettre lui-même, et à quelles conditions sa puissance est-elle au service de la justice ?
  2. I. Oui : l'État protège des injustices en les prévenant et en les réprimant. a) Sans État, c'est la guerre de chacun contre chacun et l'insécurité (Hobbes, Léviathan) : l'État garantit la sécurité sans laquelle aucune justice n'est possible. b) Locke (Second traité du gouvernement civil) : l'État est un juge impartial qui garantit les droits (vie, liberté, propriété) que chacun, juge de sa propre cause, ne peut protéger. c) Rousseau (Du contrat social) : la loi, expression de la volonté générale, assure l'égalité de tous devant elle ; les États modernes ajoutent la protection sociale (corriger les inégalités). Transition : mais l'État détient aussi la force : peut-on lui faire confiance ?
  3. II. Non : l'État peut être instrument ou source d'injustices. a) Marx (Manifeste du parti communiste) : le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise : l'État peut consacrer la domination d'une classe. b) Les lois peuvent être injustes, et l'État peut commettre des violences et des persécutions ; Arendt (Les Origines du totalitarisme) montre l'État totalitaire organisant l'injustice, le crime d'État et le fait de rendre des hommes « superflus ». c) Même légitime, l'État est limité par la généralité de ses règles : discriminations, inégalités persistantes, minorités oubliées. Transition : la question devient celle des conditions qui font de l'État un protecteur plutôt qu'un oppresseur.
  4. III. Dépassement : l'État protège à condition d'être un État de droit, limité et contrôlé. a) Montesquieu (De l'esprit des lois) : la séparation des pouvoirs, car « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser » ; le pouvoir doit arrêter le pouvoir. b) Constitution, droits fondamentaux, juridictions indépendantes, presse libre, droit de résistance (la désobéissance civile : Thoreau). c) Rawls (Théorie de la justice) : la justice est la vertu première des institutions ; l'État est juste s'il corrige les inégalités selon des principes que chacun pourrait accepter.

RéponseProblématique : l'État peut-il protéger des injustices sans en commettre, et à quelles conditions ? Plan : I. Oui, l'État garant de la sécurité et des droits (Hobbes, Locke, Rousseau) / II. Non, l'État peut commettre ou consacrer l'injustice (Marx, Arendt) / III. Dépassement : l'État de droit limité et contrôlé (Montesquieu, Rawls).

S1-3Rédiger l'introduction de la dissertation « L'État nous protège-t-il des injustices ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions) ; elle tient en un paragraphe ou deux, sans citer d'auteur à l'excès.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Nous attendons de l'État qu'il nous protège de la violence, des abus et des discriminations, et nous nous tournons vers lui, vers ses lois et ses tribunaux, lorsqu'une injustice est commise. Mais l'histoire montre aussi des États qui ont organisé des injustices, et des lois injustes appliquées par des fonctionnaires. L'État, institution qui détient le monopole de la violence légitime, nous protège-t-il donc des injustices ? Il peut sembler le garant naturel de la justice, puisqu'il fait respecter le droit ; mais détenir la force, c'est aussi pouvoir en abuser. Nous verrons d'abord en quoi l'État est protecteur, puis comment il peut commettre ou laisser subsister des injustices, avant de montrer que sa fonction protectrice dépend de son caractère d'État de droit.

RéponseProblème posé : L'État peut-il protéger des injustices sans en commettre, et à quelles conditions ?

S1-4Rédiger la conclusion de la dissertation « L'État nous protège-t-il des injustices ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : bilan du parcours, réponse nette à la question, ouverture éventuelle.

Démarche
  1. Rédaction possible : L'État nous protège des injustices dans la mesure où il garantit la sécurité, fait respecter le droit et offre un recours impartial ; sans lui, la force seule règnerait. Mais il ne les supprime pas toutes, et il peut lui-même en commettre ou en consacrer, comme le montrent la domination de classe analysée par Marx et le crime d'État totalitaire décrit par Arendt. L'État protège donc des injustices sous condition : pourvu qu'il soit limité par le droit, contrôlé par les citoyens et orienté vers la justice sociale. On peut alors se demander si la protection la plus sûre contre l'injustice n'est pas, en dernier ressort, la vigilance des citoyens eux-mêmes.

RéponseL'État protège des injustices à condition d'être un État de droit, limité et contrôlé ; sans cela il peut en être l'auteur.

Exercice 2 : Sujet 2 (dissertation) : Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ?20 points

Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S2-1Analyser le sujet « Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, de leurs sens possibles, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet ou dans la récitation de cours.

Démarche
  1. Vouloir : volonté réfléchie qui se donne un but et s'engage à l'atteindre, distincte de la simple velléité (désir sans effort) ou du désir passager. « Vouloir le bonheur » : tout homme le veut, dit Pascal ; la question est de savoir si cela suffit.
  2. Bonheur : état de satisfaction durable et d'accomplissement ; chez Aristote, l'eudaimonia, vie bonne et accomplie ; chez Kant, la satisfaction de toutes nos inclinations, « idée indéterminée » parce que nous ne savons pas exactement ce que nous voulons. À distinguer du plaisir (instant) et de la chance (heur).
  3. Atteindre : parvenir effectivement au bonheur ; l'objet visé peut-il être obtenu par la seule volonté ?
  4. « Suffit-il » : la volonté est-elle une condition nécessaire et suffisante ? On accepte qu'elle soit nécessaire : le sujet demande ce qui s'y ajoute (savoir, circonstances, chance, vertu).
  5. Enjeu : le bonheur dépend-il de nous, de notre volonté et de notre sagesse, ou de conditions extérieures (fortune, santé, rencontres) qui nous échappent ?

RéponseLe bonheur est-il l'effet d'une volonté ou d'un concours de conditions ? Que faut-il ajouter à la volonté pour être heureux ?

Piège Ne pas confondre bonheur et plaisir, ni vouloir et désirer : la volonté suppose réflexion et effort.

S2-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ? » ?Touche pour voir la correction

À retenir Le plan suit un mouvement dialectique (thèse, objection ou limite, dépassement) ; chaque partie avance des arguments, appuyés sur des auteurs et des exemples précis, et se clôt sur une transition qui amène la suivante.

Démarche
  1. Problématique : Si tous les hommes veulent le bonheur, pourquoi si peu l'atteignent-ils : que manque-t-il à la volonté pour qu'elle aboutisse, et le bonheur est-il en notre pouvoir ?
  2. I. Oui, vouloir est premier et peut presque suffire. a) Tous veulent être heureux (Aristote, Éthique à Nicomaque, I ; Pascal, Pensées : « tous les hommes recherchent d'être heureux ») : le bonheur est la fin de toutes nos actions. b) Les stoïciens (Épictète, Manuel) : être heureux, c'est agir sur ce qui dépend de nous et accepter le reste : la volonté suffit à la sérénité. c) Alain (Propos sur le bonheur) : le bonheur se construit par la volonté, on ne le reçoit pas : il faut le vouloir. Transition : mais le vouloir se heurte à ce qu'on ignore et à ce qu'on ne maîtrise pas.
  3. II. Non, vouloir ne suffit pas. a) Le bonheur dépend aussi de la chance et des biens extérieurs (Aristote : santé, amis, fortune ; la vie heureuse demande des circonstances favorables). b) Nous ne savons pas ce que nous voulons : le bonheur est une idée indéterminée (Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs) ; Freud (Malaise dans la civilisation) : le programme du principe de plaisir est inexécutable. c) Pascal : nous fuyons le bonheur par le divertissement : nous voulons le bonheur et nous nous détournons de ce qui nous le donnerait. Transition : le vouloir doit donc être éclairé.
  4. III. Dépassement : au vouloir s'ajoutent la connaissance de soi et des conditions du bonheur. a) Épicure (Lettre à Ménécée) : distinguer les désirs naturels et nécessaires de ceux qui ne le sont pas ; la sagesse est la condition du bonheur. b) Spinoza (Éthique) : la joie naît de la connaissance adéquate et de l'accord avec la nature. c) Le bonheur résulte donc d'un effort éclairé, d'une éducation du désir et, pour une part, de circonstances qu'on ne choisit pas : la volonté est nécessaire, non suffisante.

RéponseProblématique : si tous veulent le bonheur, que manque-t-il à la volonté ? Plan : I. Oui, vouloir est premier (Aristote, Épictète, Alain) / II. Non, vouloir ne suffit pas (Aristote, Kant, Freud, Pascal) / III. Dépassement : une volonté éclairée par la sagesse (Épicure, Spinoza).

S2-3Rédiger l'introduction de la dissertation « Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions) ; elle tient en un paragraphe ou deux, sans citer d'auteur à l'excès.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : « Tout le monde veut être heureux », dit-on ; et pourtant le bonheur semble fuyant, comme s'il se dérobait à ceux qui le poursuivent le plus. Le bonheur désigne un état de satisfaction durable, et vouloir implique une volonté réfléchie qui s'engage vers un but. Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ? Le vouloir paraît nécessaire, puisque nul ne devient heureux sans le désirer ; mais est-il suffisant, alors que nous ignorons parfois ce que nous voulons et que tant de choses ne dépendent pas de nous ? Nous verrons d'abord ce qui fait de la volonté une condition du bonheur, puis ses limites, avant de chercher quelles autres conditions s'y ajoutent.

RéponseProblème posé : Si tous les hommes veulent le bonheur, pourquoi si peu l'atteignent-ils : que manque-t-il à la volonté ?

S2-4Rédiger la conclusion de la dissertation « Suffit-il de vouloir le bonheur pour l'atteindre ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : bilan du parcours, réponse nette à la question, ouverture éventuelle.

Démarche
  1. Rédaction possible : Vouloir le bonheur est la première condition pour l'atteindre : sans volonté, aucune sagesse ni aucune transformation de soi. Mais cela ne suffit pas : nous ne savons pas exactement ce que nous voulons, le divertissement nous détourne de ce qui nous rendrait heureux et nombre de conditions ne dépendent pas de nous. Le bonheur demande donc une volonté éclairée par la connaissance de soi, par l'éducation du désir et par la sagesse, et laisse une part à la chance. Il reste à se demander si cette part de contingence n'est pas ce qui distingue le bonheur de la simple satisfaction qu'on se procure.

RéponseVouloir est nécessaire mais non suffisant : le bonheur demande une volonté éclairée par la sagesse, et une part de circonstances.

Exercice 3 : Sujet 3 (explication de texte) : Pascal, Préface au traité du vide (1651)20 points

Explication de texte au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S3-1Dégager la thèse du texte de Pascal, Préface au traité du vide (1651) et sa structure.Touche pour voir la correction

À retenir Une explication de texte part de la thèse (ce que dit l'auteur), puis du mouvement du texte (comment il l'établit) ; chaque étape est repérée par ses premiers mots.

Démarche
  1. Thèse : ce qui distingue la raison de l'homme de l'instinct des animaux, c'est que les effets du raisonnement « augmentent sans cesse », alors que les savoirs de l'instinct « demeurent toujours dans un état égal » : l'homme progresse, l'animal non.
  2. Première partie (de « N'est-ce pas indignement » à « dans un état égal ») : question rhétorique : mettre la raison en parallèle avec l'instinct, c'est l'« indignement » traiter, car on supprime la différence principale : la croissance sans fin du savoir.
  3. Deuxième partie (de « Les ruches des abeilles » à « ordre de perfection bornée ») : exemple et explication : les ruches sont aussi bien mesurées « il y a mille ans qu'aujourd'hui » ; la nature instruit les animaux selon la nécessité, leur science se perd avec leurs besoins, et les maintient dans une « perfection bornée ».
  4. Troisième partie (de « Il n'en est pas de même de l'homme » à la fin) : contraste : l'homme, « n'est produit que pour l'infinité », est ignorant au premier âge mais s'instruit sans cesse : il bénéficie de sa propre expérience, de celle de ses prédécesseurs, conservée dans la mémoire et dans les livres, et peut donc augmenter ses connaissances.

RéponseÀ la différence de l'animal, dont les savoirs restent toujours égaux, l'homme progresse sans cesse grâce à la mémoire et à la transmission des connaissances : sa raison est perfectible.

Piège Le sujet donne un extrait sans numérotation de lignes ; la note (1) précise « occulte » : caché (le « mouvement occulte » est l'instinct, dont l'animal ignore le principe).

S3-2Étudier le texte de Pascal, Préface au traité du vide (1651) pas à pas : idées, notions, arguments, exemples.Touche pour voir la correction

À retenir On explique, on ne paraphrase pas : chaque idée est reliée à la thèse, les notions sont définies, les exemples sont justifiés, on dit ce que fait chaque passage dans l'argumentation.

Démarche
  1. La question initiale : « N'est-ce pas indignement traiter la raison de l'homme… ? » : question rhétorique qui contient déjà la réponse ; le mot « indignement » indique que l'enjeu est la dignité de la raison. Pascal s'adresse à ceux qui assimilent la raison à l'instinct, ou qui voient dans le savoir des anciens une limite pour les modernes.
  2. Notions : l'instinct est un savoir inné, nécessaire, toujours égal à lui-même, donné par la nature « à mesure que la nécessité les presse » ; la raison est la capacité d'apprendre, de conserver et d'accumuler. La différence est de nature : accumulation et transmission, par opposition à répétition.
  3. L'exemple des abeilles : la ruche, hexagone « aussi exactement la première fois que la dernière » : l'animal réalise des ouvrages parfaits, mais sans progrès. La perfection est « bornée » : adaptation parfaite à un milieu, sans dépassement.
  4. L'explication par la nature : elle ne donne la science que « de peur qu'ils ne tombent dans le dépérissement » et ne permet pas qu'ils y ajoutent « de peur qu'ils ne passent les limites qu'elle leur a prescrites » : la nature fixe les limites des animaux ; ils reçoivent sans étude, donc « n'ont pas le bonheur de la conserver » : le savoir animal n'est pas acquis, il est donné.
  5. Le contraste avec l'homme : « n'est produit que pour l'infinité » ; son ignorance initiale (« au premier âge de sa vie ») est la contrepartie d'une perfectibilité sans limites. Les moyens du progrès : l'expérience propre, celle des prédécesseurs, la mémoire, l'écriture (« les livres »).
  6. La portée : la dernière phrase indique que la conservation permet d'« augmenter facilement » le savoir : le progrès est cumulatif et collectif. Dans l'ensemble de la Préface, Pascal en tire que l'humanité entière peut être regardée comme un seul homme qui apprend toujours : on peut faire mieux que les anciens sans les mépriser, défendre la science moderne contre l'argument d'autorité.

RéponseLe texte oppose, par une question, un exemple et un contraste, l'instinct qui reste égal à lui-même et la raison qui progresse par la mémoire et la transmission.

S3-3Quelles questions de lecture et quel intérêt philosophique pour le texte de Pascal, Préface au traité du vide (1651) ?Touche pour voir la correction

À retenir L'intérêt du texte est dégagé en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.

Démarche
  1. Questions : qu'est-ce qui distingue l'homme de l'animal ? Le savoir progresse-t-il indéfiniment ? Faut-il respecter l'autorité des anciens ou le progrès permet-il de les dépasser ?
  2. Contexte : Pascal défend l'expérience (le vide, les expériences de Torricelli) contre les partisans de l'autorité d'Aristote (« la nature a horreur du vide ») : en matière de physique, l'autorité ne prouve rien, l'expérience et le raisonnement conduisent plus loin.
  3. Enjeu : la perfectibilité, le progrès des sciences, le rôle de la transmission et de l'écriture ; l'homme se définit par son histoire.
  4. Discussion : les animaux apprennent aussi (cultures animales, transmission chez les primates) ; le progrès n'est pas linéaire (régressions, pertes de savoirs) ; le progrès scientifique n'implique pas un progrès moral (Rousseau, Discours sur les sciences et les arts). Pascal lui-même distingue ordres de grandeur : le savoir ne donne pas la charité.
  5. Prolongements : Rousseau (la perfectibilité comme faculté propre à l'homme), Condorcet (Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain), Kant (Idée d'une histoire universelle), Descartes.

RéponseIntérêt : le texte fait de la perfectibilité et de la transmission la marque de la raison humaine, ce qui fonde l'idée de progrès scientifique mais soulève la question de ses limites.

S3-4Rédiger l'introduction de l'explication du texte de Pascal, Préface au traité du vide (1651).Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : situer le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Au XVIIe siècle, nombre de savants défendent la pensée des anciens avec l'autorité de la tradition. Dans sa Préface au traité du vide (1651), Pascal soutient au contraire que le savoir peut et doit progresser. Pour le montrer, il compare l'homme et l'animal. La question est de savoir ce qui distingue la raison humaine de l'instinct animal. Pascal répond que l'homme, grâce à la mémoire et à la transmission, progresse sans cesse, tandis que l'animal reste toujours le même. Nous suivrons le texte : la question rhétorique, l'exemple des abeilles, puis le contraste avec l'homme.

RéponseThèse : À la différence de l'animal, dont les savoirs restent toujours égaux, l'homme progresse sans cesse grâce à la mémoire et à la transmission des connaissances : sa raison est perfectible.

S3-5Rédiger la conclusion de l'explication du texte de Pascal, Préface au traité du vide (1651).Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : rappeler la thèse et la méthode, dire l'intérêt et, si possible, la limite.

Démarche
  1. Rédaction possible : Ainsi Pascal montre que la raison humaine se distingue de l'instinct animal par sa capacité de progresser : l'abeille répète sans fin le même ouvrage parfait, tandis que l'homme, grâce à la mémoire, à l'expérience et aux livres, accumule et augmente son savoir. Par la question rhétorique, l'exemple des ruches et le contraste final, il fait de la perfectibilité la dignité de la raison et justifie l'indépendance des modernes à l'égard des anciens. Reste à se demander si ce progrès cumulatif des connaissances s'accompagne d'un progrès de l'humanité elle-même, question que Rousseau et Pascal lui-même poseront en d'autres termes.

RéponseLa raison est perfectible : elle accumule et transmet le savoir, ce que l'instinct ne fait pas.

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