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Bac 2025
Bac 2025 – Philosophie – Antilles-Guyane : correction détaillée
Philosophie, série générale, 4 h, coefficient 8 : un sujet au choix parmi trois
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Sujet 1 (dissertation) : La technique nous fait-elle gagner du temps ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S1-1Analyser le sujet « La technique nous fait-elle gagner du temps ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Technique : ensemble de procédés et d'outils par lesquels l'homme agit sur le réel pour atteindre une fin ; à distinguer de la science, qui vise la connaissance.
- Gagner du temps : réduire la durée d'une tâche, libérer du temps pour autre chose ; distinguer temps mesuré (horloge) et temps vécu.
- Nous : l'humanité, et pas seulement l'individu.
- Enjeu : l'accélération technique libère-t-elle du temps pour vivre, ou crée-t-elle de nouvelles exigences qui en consomment davantage ?
RéponseLa technique raccourcit les tâches, mais le temps libéré est-il réellement gagné ?
S1-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « La technique nous fait-elle gagner du temps ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : Si la technique réduit la durée des tâches, pourquoi avons-nous l'impression de manquer de temps ?
- I. Oui : les machines raccourcissent le travail et les déplacements ; Aristote (Politique, I) imagine des navettes qui tissent seules, rendant inutile le travail servile ; Marx (Le Capital) : la machine réduit le temps de travail nécessaire.
- II. Non : l'accélération crée de nouvelles exigences ; Rosa (Accélération) : plus on gagne de temps, plus on en manque ; Illich (Énergie et équité) : le temps passé à financer la vitesse de la voiture annule le temps gagné ; Ellul : la technique impose son rythme.
- III. Dépassement : le temps gagné dépend de l'usage que nous en faisons ; Sénèque (De la brièveté de la vie) : nous perdons le temps plus que nous n'en manquons ; Aristote : le loisir (scholè) comme fin ; la technique est un moyen, le sens du temps relève de la liberté.
- Transitions : I → II : si la technique raccourcit bien les tâches, pourquoi le temps manque-t-il davantage ? ; II → III : le problème ne vient pas de la technique seule mais de l'usage du temps qu'elle libère
RéponseProblématique : Si la technique réduit la durée des tâches, pourquoi avons-nous l'impression de manquer de temps ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S1-3Rédiger l'introduction de la dissertation « La technique nous fait-elle gagner du temps ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : Machines à laver, trains rapides, messageries instantanées : chaque innovation promet de faire gagner du temps. Pourtant, nous avons le sentiment de manquer de temps plus que jamais. La technique, ensemble de procédés pour agir sur le réel, nous fait-elle gagner du temps ? Elle paraît réduire la durée des tâches, mais gagner du temps suppose qu'il soit disponible pour autre chose. Nous verrons d'abord que la technique réduit la durée des tâches, puis qu'elle crée de nouvelles contraintes qui absorbent le temps, avant de montrer que le gain dépend de l'usage.
RéponseProblème posé : Si la technique réduit la durée des tâches, pourquoi avons-nous l'impression de manquer de temps ?
S1-4Rédiger la conclusion de la dissertation « La technique nous fait-elle gagner du temps ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : La technique réduit bien la durée de nombreuses tâches, mais ce gain est souvent illusoire : l'accélération crée des exigences nouvelles qui reprennent le temps libéré. Le temps n'est réellement gagné que si nous savons à quoi l'employer : la technique fournit le moyen de le libérer, non la fin pour laquelle le vivre. Reste à se demander quel sens nous voulons donner au temps libéré.
RéponseLa technique réduit bien la durée de nombreuses tâches, mais ce gain est souvent illusoire : l'accélération crée des exigences nouvelles qui reprennent le temps libéré. Le temps n'est réellement gagné que si nous savons à quoi l'employer : la technique fournit le moyen de le libérer, non la fin pour laquelle le vivre. Reste à se demander quel sens nous voulons donner au temps libéré.
Exercice 2 : Sujet 2 (dissertation) : Existe-t-il des vérités inutiles ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S2-1Analyser le sujet « Existe-t-il des vérités inutiles ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Vérité : conformité de ce qu'on dit avec ce qui est (vérité factuelle) ou cohérence rationnelle (vérité formelle).
- Utile : ce qui sert à une fin, vitale, pratique ou morale ; « inutile » : sans usage identifiable.
- Existe-t-il : la question porte sur l'existence d'au moins un cas.
- Enjeu : la valeur de la vérité tient-elle à son utilité, ou vaut-elle pour elle-même ?
RéponseToute vérité est-elle bonne à savoir, ou la vérité vaut-elle indépendamment de son utilité ?
S2-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « Existe-t-il des vérités inutiles ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : Faut-il mesurer la valeur d'une vérité à son utilité ?
- I. Oui : certaines vérités n'ont aucun usage pratique (vérités triviales, théorèmes de mathématiques pures) ; certaines vérités sont nuisibles ou douloureuses ; Nietzsche (Par-delà bien et mal) interroge la valeur de la volonté de vérité.
- II. Non : toute vérité est potentiellement utile à la science, à la liberté, au monde commun ; Arendt (La crise de la culture, « Vérité et politique ») : les vérités de fait sont la base du monde commun ; James (Le Pragmatisme) : le vrai est ce qui fonctionne dans l'expérience.
- III. Dépassement : la vérité a une valeur qui n'est pas réductible à l'utile : Aristote (Métaphysique, A, 1) : tous les hommes désirent naturellement savoir ; l'utilité n'est pas la mesure du vrai, mais de ce qu'on en fait.
- Transitions : I → II : une vérité sans usage connu est-elle pour autant sans valeur ? ; II → III : si toute vérité peut servir, l'utilité ne dit pourtant pas ce que vaut le vrai
RéponseProblématique : Faut-il mesurer la valeur d'une vérité à son utilité ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S2-3Rédiger l'introduction de la dissertation « Existe-t-il des vérités inutiles ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : On dit souvent que « toute vérité n'est pas bonne à dire ». On peut aussi penser que certaines ne sont bonnes à rien. Une vérité est un énoncé conforme à ce qui est ; elle est utile si elle sert à une fin. Existe-t-il des vérités inutiles ? Nous verrons d'abord que certaines vérités paraissent n'avoir aucun usage, puis que leur inutilité apparente est discutable, avant d'interroger si la valeur de la vérité se confond avec son utilité.
RéponseProblème posé : Faut-il mesurer la valeur d'une vérité à son utilité ?
S2-4Rédiger la conclusion de la dissertation « Existe-t-il des vérités inutiles ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : Il existe des vérités sans usage connu, et certaines sont même nuisibles ou indifférentes ; mais leur inutilité apparente est toujours relative à un moment ou à un besoin. La valeur de la vérité ne se réduit pas à son utilité : on la recherche aussi pour elle-même, par désir de comprendre. La question est alors de savoir ce que nous attendons du savoir.
RéponseIl existe des vérités sans usage connu, et certaines sont même nuisibles ou indifférentes ; mais leur inutilité apparente est toujours relative à un moment ou à un besoin. La valeur de la vérité ne se réduit pas à son utilité : on la recherche aussi pour elle-même, par désir de comprendre. La question est alors de savoir ce que nous attendons du savoir.
Exercice 3 : Sujet 3 (explication de texte) : Aristote, Éthique à Nicomaque20 points
Explication de texte au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S3-1Dégager la thèse du texte d'Aristote, Éthique à Nicomaque, et sa structure.Touche pour voir la correction
À retenir Une explication de texte part de la thèse (ce que dit l'auteur), puis du mouvement du texte (comment il l'établit).
- Première étape (« On admet… » à « ce qui est pénible ») : constat partagé : le plaisir touche de près notre nature, on gouverne les jeunes par le plaisir et la peine ; former le caractère, c'est apprendre à se plaire aux choses qu'il faut et à détester celles qui doivent l'être ; plaisir et peine s'étendent à toute la vie, car on choisit l'agréable et on évite le pénible.
- Deuxième étape (« Et les facteurs… » à « le juste milieu ») : le sujet est débattu : pour les uns le plaisir est le bien, pour les autres il est « entièrement mauvais » ; parmi ces derniers, certains le pensent vraiment, d'autres le disent par stratégie éducative : la plupart des hommes étant « esclaves de leurs plaisirs », on les mènerait « dans la direction contraire » pour qu'ils atteignent le juste milieu.
- Troisième étape (« Mais il est à craindre… » à « dans leur ruine ») : critique de cette stratégie : en matière de sentiments et d'actions, les arguments sont moins crédibles que les faits ; un discours en désaccord avec l'expérience est rejeté avec mépris et entraîne la vérité dans sa ruine.
- Quatrième étape (« Car, une fois… ») : application : dès qu'on s'aperçoit que le contempteur du plaisir y tend lui-même, son inclination paraît indiquer à la foule que tout plaisir est digne d'être poursuivi : le dénigrement du plaisir produit l'effet inverse de celui qu'on voulait.
RéponseLe plaisir tient une place centrale dans l'éducation morale et la vertu ; Aristote refuse de le condamner en bloc, y compris par stratégie pédagogique, car un discours démenti par les faits (le contempteur du plaisir qui y cède) est contre-productif et discrédite la vérité qu'on voulait servir.
Piège Le texte est tiré de l'Éthique à Nicomaque, livre X, chapitre 1 (1172a). Attention : la dernière phrase rapporte l'inférence que tire la foule, elle n'est pas la thèse d'Aristote.
S3-2Étudier le texte de Aristote, Éthique à Nicomaque pas à pas : idées, notions, arguments, exemples.Touche pour voir la correction
À retenir On explique, on ne paraphrase pas : chaque idée est reliée à la thèse, les notions sont définies, les exemples sont justifiés.
- « Ce qui touche le plus près à notre humaine nature » : le plaisir est lié à notre nature sensible ; d'où sa place dans l'éducation : on gouverne les jeunes par le plaisir et la peine (récompense, punition).
- « Se plaire aux choses qu'il faut et de détester celles qui doivent l'être » : la vertu de caractère est une disposition à éprouver plaisir et peine comme il convient ; éduquer, c'est donc régler les plaisirs, non les supprimer.
- Le débat : plaisir = bien (thèse hédoniste) ou plaisir = mal ; la seconde position est tenue par certains avec sincérité, par d'autres par stratégie (« même s'il n'en est rien »).
- « Mener dans la direction contraire » pour atteindre « le juste milieu » : on corrige l'excès par l'excès contraire, comme on redresse un bois tordu (image qu'Aristote emploie ailleurs, EN II, 9 : précision hors sujet) ; ici ce procédé est rapporté, puis critiqué.
- « Les arguments sont d'une crédibilité moindre que les faits » : en morale pratique la vérité s'éprouve dans la conduite ; un discours contredit par la perception est rejeté et ruine avec lui la vérité qu'il portait.
- « Contempteur du plaisir » : celui qui méprise le plaisir y est lui-même enclin ; sa conduite dément son discours et fait conclure que tout plaisir est digne d'être poursuivi.
RéponseAristote part d'un constat (le plaisir gouverne l'éducation), expose le débat entre partisans et adversaires du plaisir, puis retourne l'argument stratégique : condamner le plaisir en pratique le rend, aux yeux de la foule, entièrement légitime ; la parole doit s'accorder aux faits.
S3-3Quelles questions de lecture et quel intérêt philosophique pour le texte d'Aristote, Éthique à Nicomaque ?Touche pour voir la correction
À retenir L'intérêt du texte est dégagé en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.
- Question : le plaisir est-il le bien, un mal, ou un signe de ce qui convient ? Peut-on éduquer sans plaisir ni peine ?
- Enjeu : place du plaisir dans la vie morale, face aux hédonistes (Épicure) et aux rigoristes (Kant, pour qui l'inclination n'a pas de valeur morale) ; la voie d'Aristote : régler le plaisir par la vertu.
- Discussion : tout plaisir est-il bon ? Aristote lui-même distingue ailleurs plaisirs honnêtes et plaisirs vicieux ; peut-on légitimement mentir pour éduquer (« noble mensonge » de Platon) ?
- Prolongements : Épicure (Lettre à Ménécée), Kant (Fondements de la métaphysique des mœurs), Platon (Philèbe).
RéponseIntérêt : le texte oppose deux manières d'éduquer au plaisir, le dénigrer ou le régler, et montre qu'un discours moral doit rester accordé à l'expérience ; la discussion porte sur les limites de cette thèse (tout plaisir est-il bon ? un mensonge pédagogique est-il légitime ?).
S3-4Rédiger l'introduction de l'explication du texte de Aristote, Éthique à Nicomaque.Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : situer le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.
- Modèle d'ouverture : Faut-il se méfier du plaisir ou en faire le guide de la vie ? Dans l'Éthique à Nicomaque, Aristote examine le rôle du plaisir dans la vie morale. La question est de savoir si l'on peut le condamner sans contradiction. Aristote répond que le plaisir est au cœur de l'éducation et que ceux qui le condamnent le recherchent eux-mêmes. Nous verrons d'abord le rôle qu'il lui attribue, puis les deux thèses en débat, enfin l'argument tiré des faits.
RéponseThèse : Le plaisir joue un rôle majeur dans l'éducation et la vertu ; la thèse qui le condamne entièrement est démentie par les faits, puisque ceux qui le méprisent y tendent eux-mêmes.
S3-5Rédiger la conclusion de l'explication de texte.Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion de l'explication rappelle la thèse et le mouvement du texte, en dégage l'intérêt et peut en indiquer les limites.
- Rédaction possible : Aristote montre que le plaisir est au cœur de l'éducation morale et qu'on ne peut le condamner sans se heurter aux faits : le contempteur du plaisir y cède lui-même et, par sa conduite, le réhabilite. Le texte invite à régler le plaisir par la vertu plutôt qu'à le nier. On peut toutefois se demander, avec Aristote lui-même, quels plaisirs sont dignes d'être poursuivis.
RéponseAristote montre que le plaisir est au cœur de l'éducation morale et qu'on ne peut le condamner sans se heurter aux faits : le contempteur du plaisir y cède lui-même et, par sa conduite, le réhabilite. Le texte invite à régler le plaisir par la vertu plutôt qu'à le nier. On peut toutefois se demander, avec Aristote lui-même, quels plaisirs sont dignes d'être poursuivis.
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