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Bac 2025
Bac 2025 – Philosophie – Asie : correction détaillée
Philosophie, série générale, 4 h, coefficient 8 : un sujet au choix parmi trois
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Sujet 1 (dissertation) : La justice a-t-elle besoin de la force ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S1-1Analyser le sujet « La justice a-t-elle besoin de la force ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Justice : vertu et idéal d'équité qui rend à chacun son dû ; aussi institution chargée de dire et d'appliquer le droit.
- Force : puissance physique ou contrainte capable de faire plier ; à distinguer de la violence (usage illégitime) et de l'autorité (légitime).
- Avoir besoin de : condition nécessaire, et non simple auxiliaire utile.
- Enjeu : le droit peut-il tenir sans contrainte, et la force n'est-elle pas source d'injustice ?
RéponseUne justice sans pouvoir de contraindre n'est-elle qu'un vœu pieux, ou la force corrompt-elle ce qu'elle prétend servir ?
S1-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « La justice a-t-elle besoin de la force ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : À quelles conditions la force peut-elle être l'instrument de la justice sans la dénaturer ?
- I. Oui : sans contrainte, la justice est impuissante. Pascal (Pensées) : la justice sans la force est contredite, la force sans la justice est tyrannique, il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; Hobbes (Léviathan, ch. XVII) : les conventions sans l'épée ne sont que des mots ; Kant (Doctrine du droit) lie le droit à la faculté de contraindre.
- II. Non : la force ne fait pas le droit. Rousseau (Du contrat social, I, 3) : la force est une puissance physique, on n'a pas d'obligation morale de céder à la force ; Platon (République, I) : Thrasymaque soutient que le juste est l'intérêt du plus fort, thèse que Socrate réfute ; une justice imposée par la force est injustice ; la non-violence (Gandhi, King) montre une autre voie.
- III. Dépassement : la force n'est pas le fondement de la justice mais son moyen ; à condition d'être légitime, encadrée par le droit (Weber : monopole de la violence légitime de l'État ; État de droit) ; la force est au service de la loi, non l'inverse.
- Transitions : I → II : si la justice a besoin de contrainte, la force suffit-elle à la fonder ? ; II → III : la force ne fait pas le droit, mais elle peut le servir si elle est légitime
RéponseProblématique : À quelles conditions la force peut-elle être l'instrument de la justice sans la dénaturer ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S1-3Rédiger l'introduction de la dissertation « La justice a-t-elle besoin de la force ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : On dit parfois que la justice sans la force serait sans effet. Mais l'histoire montre aussi des forces qui prétendent faire le droit. La justice, vertu qui rend à chacun son dû, a-t-elle besoin de la force, c'est-à-dire du pouvoir de contraindre ? Si le droit n'est pas appliqué, il ne vaut que comme intention ; mais si la justice repose sur la force, ne devient-elle pas simple domination ? Nous verrons d'abord pourquoi la justice paraît nécessiter la force, puis pourquoi la force ne saurait la fonder, avant de montrer à quelles conditions elle peut la servir.
RéponseProblème posé : À quelles conditions la force peut-elle être l'instrument de la justice sans la dénaturer ?
S1-4Rédiger la conclusion de la dissertation « La justice a-t-elle besoin de la force ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : La force ne fait pas le droit : fondée sur la seule contrainte, elle serait domination et non justice. Mais sans pouvoir de contraindre, la justice resterait un vœu pieux. La force n'est donc pas le fondement de la justice, elle en est l'instrument, à condition d'être légitime et encadrée par le droit. Reste à se demander qui contrôle la force qui sert la justice.
RéponseLa force ne fait pas le droit : fondée sur la seule contrainte, elle serait domination et non justice. Mais sans pouvoir de contraindre, la justice resterait un vœu pieux. La force n'est donc pas le fondement de la justice, elle en est l'instrument, à condition d'être légitime et encadrée par le droit. Reste à se demander qui contrôle la force qui sert la justice.
Exercice 2 : Sujet 2 (dissertation) : La science nous éloigne-t-elle de la réalité ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S2-1Analyser le sujet « La science nous éloigne-t-elle de la réalité ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Science : connaissance rationnelle, méthodique et vérifiable, qui construit des modèles et des lois.
- Réalité : ce qui existe indépendamment de nous ; le monde tel qu'il est, distinct de son apparence ou du monde vécu.
- Éloigner : détourner, rendre étranger à l'expérience immédiate, voire déformer.
- Enjeu : la science nous donne-t-elle accès au réel, ou le remplace-t-elle par des abstractions ?
RéponseLa science nous rapproche-t-elle du réel en corrigeant nos illusions, ou nous en éloigne-t-elle en lui substituant des modèles ?
S2-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « La science nous éloigne-t-elle de la réalité ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : De quelle réalité parle-t-on : celle que la science construit, celle que nous vivons, ou la réalité en soi ?
- I. Oui : la science abstrait, mathématise, construit des modèles qui s'écartent du monde sensible (Galilée : le livre de la nature est écrit en langage mathématique) ; Husserl (La Crise des sciences européennes) : la science oublie le monde vécu ; Bergson : l'intelligence spatialise et fige.
- II. Non : elle corrige les illusions des sens et révèle le réel caché (Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique : le réel n'est jamais ce qu'on pourrait croire, mais ce qu'on aurait dû penser) ; les instruments étendent notre accès au réel (microscope, télescope) ; Claude Bernard : l'expérience interroge la nature.
- III. Dépassement : la science propose une relation au réel qui n'est pas la seule ; Kant distingue phénomène et chose en soi ; réalité scientifique et monde vécu sont complémentaires (Merleau-Ponty) ; la science s'éloigne du sensible pour mieux comprendre.
- Transitions : I → II : si la science s'écarte du sensible, ne nous rapproche-t-elle pas du réel qu'il cachait ? ; II → III : tout dépend de ce qu'on appelle « réalité »
RéponseProblématique : De quelle réalité parle-t-on : celle que la science construit, celle que nous vivons, ou la réalité en soi ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S2-3Rédiger l'introduction de la dissertation « La science nous éloigne-t-elle de la réalité ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : En regardant le ciel, l'œil voit le soleil se lever ; la science enseigne que c'est la Terre qui tourne. Entre ce que nous voyons et ce que nous savons, la science semble creuser un écart. La science, connaissance méthodique, nous éloigne-t-elle de la réalité ? La réponse dépend de ce que l'on entend par réalité : le monde tel que nous le percevons, ou le monde tel qu'il est. Nous verrons d'abord comment la science s'écarte du monde vécu, puis comment elle nous rapproche du réel, avant de montrer que ces deux rapports sont complémentaires.
RéponseProblème posé : De quelle réalité parle-t-on : celle que la science construit, celle que nous vivons, ou la réalité en soi ?
S2-4Rédiger la conclusion de la dissertation « La science nous éloigne-t-elle de la réalité ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : La science nous éloigne du monde tel que nous le percevons, puisqu'elle corrige les apparences et construit des modèles abstraits ; mais cet éloignement du sensible est le moyen de nous rapprocher du réel tel qu'il est indépendamment de nous. Elle ne remplace pas le monde vécu, qu'elle ne peut épuiser : science et expérience se complètent. Reste à savoir si le réel en soi nous est jamais accessible.
RéponseLa science nous éloigne du monde tel que nous le percevons, puisqu'elle corrige les apparences et construit des modèles abstraits ; mais cet éloignement du sensible est le moyen de nous rapprocher du réel tel qu'il est indépendamment de nous. Elle ne remplace pas le monde vécu, qu'elle ne peut épuiser : science et expérience se complètent. Reste à savoir si le réel en soi nous est jamais accessible.
Exercice 3 : Sujet 3 (explication de texte) : Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948)20 points
Explication de texte au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S3-1Dégager la thèse du texte de Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948) et sa structure.Touche pour voir la correction
À retenir Une explication de texte part de la thèse (ce que dit l'auteur), puis du mouvement du texte (comment il l'établit).
- Première étape : distinction du signe et de la chose : le vert et le rouge sont des choses : « elles existent par elles-mêmes » ; on peut leur conférer par convention une valeur de signe.
- Deuxième étape : exemple du langage des fleurs : si les roses blanches signifient « fidélité », « j'ai cessé de les voir comme roses » : le regard traverse la chose vers la signification.
- Troisième étape : l'artiste fait l'inverse : il s'arrête à la qualité du son ou de la forme, il en jouit ; il transforme la couleur en « objet imaginaire ».
- Quatrième étape : extension aux combinaisons : le peintre ne veut pas tracer de signes mais créer une chose ; l'assemblage du rouge, du jaune et du vert n'a pas de signification définissable.
RéponsePour l'artiste, couleurs et sons sont des choses, non des signes ; l'œuvre ne renvoie pas à une signification, contrairement au langage.
Piège Le sujet est un extrait ; les numéros de ligne ne sont pas imprimés. « croupi » est glosé par la note du sujet.
S3-2Étudier le texte de Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948) pas à pas : idées, notions, arguments, exemples.Touche pour voir la correction
À retenir On explique, on ne paraphrase pas : chaque idée est reliée à la thèse, les notions sont définies, les exemples sont justifiés.
- Chose et signe : la chose vaut pour elle-même ; le signe renvoie à autre chose et s'efface devant ce qu'il désigne.
- « Mon regard les traverse » : le signe est transparent ; je ne perçois pas la rose, je pense la fidélité.
- « Objet imaginaire » : l'œuvre n'est pas une copie du réel mais une chose d'un autre ordre, que l'artiste crée à partir des qualités sensibles.
- « Aucune raison pour que leur assemblage possède une signification définissable » : la peinture n'est pas un langage chiffré.
- Le texte s'inscrit dans l'opposition qu'établit Sartre entre la peinture ou la musique et la prose, qui se sert de mots comme de signes (précision tirée de l'ouvrage, non du sujet).
RéponseLe texte oppose deux rapports aux qualités sensibles : le signe, transparent, qui s'efface devant ce qu'il désigne, et la chose, qui vaut pour elle-même ; les roses blanches puis le peintre montrent que l'artiste s'arrête à la qualité sensible et ne cherche pas à signifier.
S3-3Quelles questions de lecture et quel intérêt philosophique pour le texte de Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948) ?Touche pour voir la correction
À retenir L'intérêt du texte est dégagé en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.
- Question : une œuvre d'art signifie-t-elle quelque chose ? L'art est-il un langage ?
- Enjeu : la nature de l'expérience esthétique et la différence entre perception ordinaire et regard de l'artiste.
- Discussion : certaines œuvres ont un sens (peinture religieuse, symbole, allégorie) ; l'art figuratif renvoie à des objets ; Sartre vise l'essentiel de la création plastique ; autres positions : Hegel (l'art exprime une idée), Kant (jugement de goût sans concept).
- Prolongements : Merleau-Ponty (L'Œil et l'esprit), Bergson.
RéponseIntérêt : le texte distingue la création plastique du langage et définit le regard de l'artiste comme un regard sur les choses elles-mêmes ; la discussion porte sur la portée de la thèse (l'art figuratif, symbolique ou religieux signifie-t-il ?) et sur sa place dans l'opposition sartrienne entre peinture et prose.
S3-4Rédiger l'introduction de l'explication du texte de Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948).Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : situer le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.
- Modèle d'ouverture : Une rose peut être regardée comme une fleur à admirer ou comme le signe d'un sentiment. Selon que l'on voit la chose ou le signe, le rapport au monde diffère. Dans Qu'est-ce que la littérature ? (1948), Sartre distingue le regard de l'artiste de celui qui déchiffre des signes. La question est de savoir si les éléments d'une œuvre d'art fonctionnent comme un langage. Sartre soutient que non : pour l'artiste, couleurs et sons sont des choses. Nous suivrons le texte : la distinction du signe et de la chose, l'exemple des fleurs, puis ce qui est propre à l'artiste.
RéponseThèse : Pour l'artiste, couleurs et sons sont des choses, non des signes ; l'œuvre ne renvoie pas à une signification, contrairement au langage.
S3-5Rédiger la conclusion de l'explication de texte.Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion de l'explication rappelle la thèse et le mouvement du texte, en dégage l'intérêt et peut en indiquer les limites.
- Rédaction possible : Sartre établit que l'artiste, à la différence de celui qui déchiffre un signe, manie des choses : couleurs et sons valent pour eux-mêmes et leur assemblage n'a pas de signification définissable. L'œuvre n'est donc pas un langage mais un objet imaginaire. La thèse sépare nettement l'art du langage ; on peut lui objecter que bien des œuvres figuratives ou allégoriques signifient.
RéponseSartre établit que l'artiste, à la différence de celui qui déchiffre un signe, manie des choses : couleurs et sons valent pour eux-mêmes et leur assemblage n'a pas de signification définissable. L'œuvre n'est donc pas un langage mais un objet imaginaire. La thèse sépare nettement l'art du langage ; on peut lui objecter que bien des œuvres figuratives ou allégoriques signifient.
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