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Bac 2025
Philosophie – Métropole 2025 – Sujet 2 (remplacement) : correction détaillée
Philosophie, 4 heures, coefficient 8 · au choix : 2 dissertations ou 1 explication de texte
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Sujet 1 — Y a-t-il des choses dont il ne faudrait pas avoir conscience ?20 points
Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.
AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Y a-t-il des choses dont il ne faudrait pas avoir conscience ? »Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- « Avoir conscience » : connaître de manière immédiate ce qui se passe en soi et hors de soi (conscience psychologique) ; aussi sens moral : conscience du bien et du mal. Avoir conscience de quelque chose, c'est le savoir présent à l'esprit, en être averti.
- « Des choses » : terme volontairement vague ; faits, vérités, sentiments, souvenirs, événements (la mort, la souffrance, la violence, sa propre faute, ses désirs inavouables). Il faut chercher quel type de réalité pourrait poser problème.
- « Il ne faudrait pas » : le conditionnel et la négation expriment un souhait normatif : serait-il préférable, voire nécessaire de ne pas savoir ? La question n'est pas de savoir si c'est possible, mais si c'est souhaitable.
- Présupposé : la conscience serait un bien par principe ; le sujet interroge cette évidence. Il oppose la lucidité à la protection de soi (ignorance, déni, oubli).
RéponseQuestion réelle : la lucidité est-elle toujours un bien, ou la vie psychique, morale, sociale suppose-t-elle de ne pas tout savoir ?
ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Y a-t-il des choses dont il ne faudrait pas avoir conscience ? »Touche pour voir la correction
À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.
- Difficulté : la conscience est ce qui fait la dignité de l'homme et la condition de sa liberté ; vouloir ne pas savoir paraît lâche.
- Mais certaines vérités blessent, paralysent ou détruisent (maladie incurable, souffrance d'autrui, pensée de la mort), et l'on admet un « droit de ne pas savoir ». La psychologie montre aussi que l'esprit se protège en refoulant.
- Il faut donc distinguer ce dont il serait vital de ne pas avoir conscience, et ce dont l'ignorance est une démission.
RéponseProblématique : la conscience est-elle toujours un bien, ou y a-t-il des vérités dont l'ignorance protège, et où passe la frontière entre protection légitime et fuite ?
Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : certaines vérités détruisent ou paralysentTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, le divertissement : Pascal, Pensées : « les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser » ; la conscience de notre condition est insupportable sans détour.
- Argument 2, le refoulement : Freud, Métapsychologie, « Le refoulement » (1915) : l'appareil psychique repousse hors de la conscience ce qui susciterait trop de déplaisir ; ce mécanisme défensif est nécessaire à l'équilibre.
- Argument 3, l'illusion nécessaire : Nietzsche, La Volonté de puissance : « nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité » ; Sophocle, Œdipe roi : la découverte de la vérité détruit Œdipe.
- Argument 4, le droit de ne pas savoir : en médecine, la loi française reconnaît à la personne le droit d'être tenue dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic (loi du 4 mars 2002, sauf risque de transmission à des tiers).
- Transition : Mais cette protection de la conscience risque de se retourner en aveuglement : il faut examiner ce que perd celui qui choisit de ne pas savoir.
RéponseOui : certaines vérités détruisent ou paralysent
Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : la lucidité est la condition de la liberté et de la responsabilitéTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, la sortie de la caverne : Platon, République, VII : le prisonnier libéré souffre, mais retourner à l'ignorance serait pire ; Socrate, Apologie, 38a : « une vie sans examen ne mérite pas d'être vécue ».
- Argument 2, la mauvaise foi : Sartre, L'Être et le néant, I, chap. 2 : la conscience qui se ment fuit sa liberté ; le garçon de café, la femme qui laisse sa main entre les mains de son soupirant. Se cacher la vérité, c'est se dérober.
- Argument 3, la responsabilité : Arendt, Eichmann à Jérusalem : l'absence de pensée, le refus de savoir ce qu'on fait rend possibles les crimes ordinaires. Jonas, Le Principe responsabilité : il faut connaître les conséquences de nos actes techniques.
- Argument 4, la cure : Freud, Nouvelles conférences, 31e : « là où était le ça, le moi doit advenir » ; rendre conscient est la voie de la guérison. Exemple : le déni du réchauffement climatique ou des violences subies ; la conscience est la condition d'agir.
- Transition : Si la lucidité est un devoir, il reste à dire comment on peut la supporter : la conscience doit être mesurée, progressive, accompagnée.
RéponseNon : la lucidité est la condition de la liberté et de la responsabilité
Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépassement : une conscience mesurée, progressive, accompagnéeTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, la mesure de la vérité : Nietzsche, Ecce Homo, préface, §3 : « combien de vérité un esprit supporte-t-il, combien de vérité ose-t-il ? » devient pour lui la véritable mesure de la valeur ; chacun a sa propre capacité.
- Argument 2, la grandeur de la conscience : Pascal : « l'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant » ; sa grandeur est de connaître sa misère.
- Argument 3, tact et pudeur : le secret, la discrétion, l'éducation de l'enfant (qui ne doit pas tout savoir trop tôt) montrent qu'il y a un temps et des formes pour savoir. Le droit à l'intimité protège la vie privée contre une transparence totale.
- Argument 4, la distinction entre savoir et dire : ne pas avoir conscience de certaines choses n'est pas la même chose que se les cacher ; on peut les savoir sans s'y complaire, comme la vigilance sur la mort chez les stoïciens (Marc Aurèle, Pensées).
- Résolution : il n'y a pas de vérité qu'il faille décréter inconnaissable, mais il y a des temps, des conditions, une manière d'y accéder qui la rendent supportable.
- Transition : On conclura sur le rapport entre lucidité et courage.
RéponseDépassement : une conscience mesurée, progressive, accompagnée
IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Y a-t-il des choses dont il ne faudrait pas avoir conscience ? »Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Rédaction possible : La conscience est généralement tenue pour ce qu'il y a de plus précieux en l'homme : être conscient, c'est savoir ce que l'on fait, ce qui se passe, ce que l'on est. Pourtant, nous reculons parfois devant certaines vérités : un diagnostic, un souvenir, la pensée de la mort. Avoir conscience de quelque chose, c'est en avoir une connaissance présente à l'esprit ; peut-on souhaiter, parfois, ne pas l'avoir ? La question n'est pas de savoir si l'on peut ignorer, mais si l'on doit, en certains cas, préférer ne pas savoir. Nous nous demanderons si la conscience est toujours un bien ou s'il y a des vérités dont l'ignorance protège. Nous verrons d'abord ce qui justifie de ne pas tout savoir, puis pourquoi la lucidité est la condition de la liberté, enfin comment peut s'envisager une conscience mesurée.
RéponseLa conscience est généralement tenue pour ce qu'il y a de plus précieux en l'homme : être conscient, c'est savoir ce que l'on fait, ce qui se passe, ce que l'on est. Pourtant, nous reculons parfois devant certaines vérités : un diagnostic, un souvenir, la pensée de la mort. Avoir conscience de quelque chose, c'est en avoir une connaissance présente à l'esprit ; peut-on souhaiter, parfois, ne pas l'avoir ? La question n'est pas de savoir si l'on peut ignorer, mais si l'on doit, en certains cas, préférer ne pas savoir. Nous nous demanderons si la conscience est toujours un bien ou s'il y a des vérités dont l'ignorance protège. Nous verrons d'abord ce qui justifie de ne pas tout savoir, puis pourquoi la lucidité est la condition de la liberté, enfin comment peut s'envisager une conscience mesurée.
ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.
- Rédaction possible : Il y a des choses dont on peut vouloir ne pas avoir conscience, parce que leur connaissance blesse ou paralyse, et le droit comme la psychologie reconnaissent cette protection. Mais refuser d'avoir conscience devient une fuite dès lors que cela nous dérobe à notre liberté et à notre responsabilité. La bonne mesure n'est pas dans l'ignorance, mais dans la manière d'accéder à ce qui est difficile à savoir : avec temps, tact et accompagnement. La conscience est donc moins un état qu'une épreuve, dont la grandeur tient à notre capacité de la supporter. On peut se demander si l'on peut décider de ce qu'autrui doit ou ne doit pas savoir.
RéponseIl y a des choses dont on peut vouloir ne pas avoir conscience, parce que leur connaissance blesse ou paralyse, et le droit comme la psychologie reconnaissent cette protection. Mais refuser d'avoir conscience devient une fuite dès lors que cela nous dérobe à notre liberté et à notre responsabilité. La bonne mesure n'est pas dans l'ignorance, mais dans la manière d'accéder à ce qui est difficile à savoir : avec temps, tact et accompagnement. La conscience est donc moins un état qu'une épreuve, dont la grandeur tient à notre capacité de la supporter. On peut se demander si l'on peut décider de ce qu'autrui doit ou ne doit pas savoir.
Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que des formules exactes ; sinon, paraphrasez.
Exercice 2 : Sujet 2 — Est-il utile d'être juste ?20 points
Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.
AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Est-il utile d'être juste ? »Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- « Utile » : ce qui sert à une fin, ce qui est avantageux ; rapport de moyen à fin. Il faut préciser : utile à qui (à soi, à autrui, à la société) et pour quelle fin (le bonheur, la réussite, la paix, le salut).
- « Être juste » : disposition permanente (vertu) et non seulement acte ponctuel ; conformité à la loi (justice légale), à l'égalité et à l'équité (justice distributive, commutative), à la morale. Être juste, c'est vouloir rendre à chacun ce qui lui est dû.
- « Est-il utile » : le sujet évalue la justice par ses effets ; il sous-entend que la justice peut être un moyen, ce que certains refuseront (la justice vaut par elle-même).
- Opposition : justice / intérêt ; le juste est parfois coûteux, et l'injuste paraît parfois payant (tricherie, corruption).
RéponseQuestion réelle : la justice se justifie-t-elle par ses avantages, ou vaut-elle indépendamment de toute utilité ? Et si elle est utile, l'est-elle toujours ?
ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Est-il utile d'être juste ? »Touche pour voir la correction
À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.
- Difficulté : l'expérience paraît montrer que l'injuste prospère, que le juste est parfois dupé ; on peut donc douter de l'utilité de la justice.
- Mais une société sans justice est invivable, et nul ne voudrait être victime de l'injustice : la justice est la condition de la coopération et de la confiance.
- Il faut aussi se demander si la question de l'utilité est la bonne : si la justice n'est valable que parce qu'elle sert, elle cesse d'être inconditionnelle.
RéponseProblématique : la justice a-t-elle une valeur d'utilité, pour l'individu comme pour la société, ou vaut-elle par elle-même, au point que la question de son utilité soit mal posée ?
Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Non : l'injustice paraît souvent plus avantageuseTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, la justice comme intérêt du plus fort : Thrasymaque (République, I, 338c) : le juste n'est que l'intérêt du plus fort ; le juste est dupe, l'injuste est le plus heureux. Callicles (Gorgias) : la loi est faite par les faibles.
- Argument 2, l'anneau de Gygès : Glaucon (République, II, 359c-360d) : si l'on avait un anneau rendant invisible, nul ne resterait juste ; on n'est juste que par contrainte.
- Argument 3, la politique : Machiavel, Le Prince, chap. 15 et 18 : le prince qui veut toujours être bon périt parmi tant de méchants ; il doit savoir n'être pas bon quand la nécessité l'exige. Hobbes (Léviathan, chap. 15) examine l'« insensé » qui dit en son cœur qu'il n'y a pas de justice.
- Exemple : la fraude fiscale, la corruption impunie, le passager clandestin.
- Transition : Mais ces objections supposent que l'injuste échappe à toute sanction et que le profit soit le seul bien ; il faut interroger l'utilité de la justice elle-même.
RéponseNon : l'injustice paraît souvent plus avantageuse
Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Oui : la justice est utile à l'individu et à la sociétéTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, la justice, santé de l'âme : Platon, République, IV, 444c-e : la justice est pour l'âme ce que la santé est pour le corps ; le tyran est le plus malheureux (livre IX). Le juste vit en accord avec lui-même.
- Argument 2, la paix et la coopération : Hobbes, Léviathan, chap. 14-15 : les lois de nature, dont la justice (tenir ses conventions), sont les moyens de sortir de la guerre de tous contre tous. Épicure, Maximes capitales, XXXI-XXXV : la justice est un pacte d'utilité pour ne pas se nuire ; l'injuste vit dans la crainte d'être découvert.
- Argument 3, la vertu pour vivre ensemble : Aristote, Éthique à Nicomaque, V : la justice est la vertu parfaite, « envers autrui », ciment de la cité ; Rawls, Théorie de la justice, §1 : « la justice est la première vertu des institutions sociales, comme la vérité est celle des systèmes de pensée ».
- Exemple : la confiance dans les contrats et les institutions, sans laquelle l'économie et la vie sociale s'effondrent ; la sécurité d'un État de droit.
- Transition : Mais si la justice n'était utile que par ses effets, elle ne le serait plus quand les effets manquent ; il faut dépasser la question de l'utilité.
RéponseOui : la justice est utile à l'individu et à la société
Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépassement : la justice vaut par elle-mêmeTouche pour voir la correction
À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.
- Argument 1, la dignité : Kant, Doctrine du droit, remarque générale, E : si la justice disparaît, la vie des hommes sur la terre n'a plus aucune valeur ; la justice est un impératif catégorique, non une prudence.
- Argument 2, la vertu est sa propre récompense : Spinoza, Éthique, V, prop. 42 : la béatitude n'est pas la récompense de la vertu, mais la vertu elle-même. Platon, Gorgias, 469c et 474b : mieux vaut subir l'injustice que la commettre.
- Argument 3, la distinction : utilité extrinsèque (effets) et valeur intrinsèque. Poser la question « à quoi sert la justice ? » conduit à la rabaisser ; certaines choses (la dignité, l'amitié) ne sont pas utiles, mais valent plus que l'utile.
- Argument 4, la conviction : l'on ne peut décider d'être juste en calculant ; être juste suppose une conviction qui tient hors de l'intérêt (Rawls, Théorie de la justice : le sens de la justice).
- Résolution : la justice est utile à qui la pratique et à la société, mais elle n'a pas besoin d'être utile pour être due ; son utilité est un bénéfice, non la raison d'être juste.
- Transition : On conclura sur la différence entre l'utile et le précieux.
RéponseDépassement : la justice vaut par elle-même
IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Est-il utile d'être juste ? »Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Rédaction possible : On dit que « la fin justifie les moyens », que les honnêtes gens sont dupés et que les tricheurs réussissent. Être juste, c'est avoir la disposition constante de rendre à chacun ce qui lui est dû ; cela coûte souvent du temps, de l'argent, des occasions manquées. Est-il alors utile d'être juste ? L'utile est ce qui sert à une fin, à notre bonheur, à notre réussite ; la justice peut-elle être jugée à cette mesure ? La question oppose l'intérêt et le devoir, mais aussi une société qui a besoin de justice et un individu tenté de s'en dispenser. Nous verrons d'abord ce qui fait douter de l'utilité de la justice, puis ce qui l'établit, enfin si la question de l'utilité n'est pas elle-même inadéquate.
RéponseOn dit que « la fin justifie les moyens », que les honnêtes gens sont dupés et que les tricheurs réussissent. Être juste, c'est avoir la disposition constante de rendre à chacun ce qui lui est dû ; cela coûte souvent du temps, de l'argent, des occasions manquées. Est-il alors utile d'être juste ? L'utile est ce qui sert à une fin, à notre bonheur, à notre réussite ; la justice peut-elle être jugée à cette mesure ? La question oppose l'intérêt et le devoir, mais aussi une société qui a besoin de justice et un individu tenté de s'en dispenser. Nous verrons d'abord ce qui fait douter de l'utilité de la justice, puis ce qui l'établit, enfin si la question de l'utilité n'est pas elle-même inadéquate.
ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.
- Rédaction possible : Il est utile d'être juste, pour soi-même comme pour la société, parce que la justice est la condition de la paix, de la confiance et d'un accord de l'âme avec elle-même. Mais cette utilité ne fonde pas la justice : si être juste n'était bon que par ses effets, on serait injuste dès qu'on pourrait l'être sans risque. La justice vaut parce qu'elle est due, et c'est pourquoi elle reste exigible quand elle ne sert à rien. On peut se demander si une société juste peut subsister sans que ses membres aient aussi le sens de la justice indépendamment de toute sanction.
RéponseIl est utile d'être juste, pour soi-même comme pour la société, parce que la justice est la condition de la paix, de la confiance et d'un accord de l'âme avec elle-même. Mais cette utilité ne fonde pas la justice : si être juste n'était bon que par ses effets, on serait injuste dès qu'on pourrait l'être sans risque. La justice vaut parce qu'elle est due, et c'est pourquoi elle reste exigible quand elle ne sert à rien. On peut se demander si une société juste peut subsister sans que ses membres aient aussi le sens de la justice indépendamment de toute sanction.
Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que des formules exactes ; sinon, paraphrasez.
Exercice 3 : Sujet 3 — Explication de texte (F. Nietzsche, Le gai savoir (1882))20 points
Explication de texte au choix : thèse, structure, lecture pas à pas, enjeux, introduction et conclusion rédigées.
ThèseDégager la thèse et le problème du texteTouche pour voir la correction
À retenir Une explication commence par la thèse (la réponse de l'auteur) et par le problème qu'elle résout.
- Thèse : la science repose sur une croyance, la foi en la valeur absolue de la vérité.
- Problème : la science peut-elle être sans convictions, comme elle le prétend ? Que présuppose la discipline de l'esprit scientifique ?
- Argument : pour que la méfiance scientifique commence, il faut une conviction impérative qui sacrifie toutes les autres.
- Enjeu : la valeur de la vérité n'est pas elle-même prouvée par la science ; elle doit être mise en question.
RéponseNietzsche soutient que la science, qui prétend se passer de convictions, repose elle-même sur une croyance : la conviction que la vérité est nécessaire et supérieure à tout le reste ; il n'y a donc pas de science « sans présupposés ».
StructureDégager la structure et le mouvement du texteTouche pour voir la correction
À retenir Découper le texte en étapes logiques et dire ce que chacune fait avancer dans l'argumentation.
- Première étape (« Dans la science... royaume de la connaissance ») : l'exigence admise. Dans la science, « les convictions n'ont pas droit de cité » ; elles ne sont admises qu'abaissées au rang d'hypothèse, de « point de vue expérimental provisoire » ou de « fiction régulatrice », et toujours sous surveillance, « à la police de la méfiance ».
- Deuxième étape (« Mais si l'on y regarde de plus près... » jusqu'à l'aveu que c'est bien le cas) : retournement par questions. Cela ne signifie-t-il pas que la conviction doit cesser d'être conviction pour accéder à la science ? La discipline scientifique commencerait par le fait de ne plus s'autoriser de convictions. Nietzsche concède que c'est bien le cas.
- Troisième étape (« Il reste seulement à se demander... second ordre ») : objection décisive. Pour que cette discipline commence, ne faut-il pas qu'existe une conviction si impérative et inconditionnée qu'elle sacrifie toutes les autres ? On voit que la science repose aussi sur une croyance, qu'il n'y a pas de science « sans présupposés ».
- Quatrième étape (la dernière phrase) : la formulation de la croyance. Il faut avoir répondu oui à la question de savoir si la vérité est nécessaire, à un degré tel que s'exprime la conviction qu'« il n'y a rien de plus nécessaire que la vérité, et que par rapport à elle, tout le reste n'a qu'une valeur de second ordre ».
RéponseMouvement : règle admise, concession, retournement, mise au jour de la croyance fondatrice.
LectureExplication pas à pas : idées, notions, arguments et citations à expliquerTouche pour voir la correction
À retenir Expliquer, c'est éclaircir les notions et les liens logiques en citant le texte, non le paraphraser.
- « les convictions n'ont pas droit de cité » : métaphore politique ; la science est une cité où les convictions n'ont pas de droit de séjour. « Voilà ce que l'on dit à juste titre » : Nietzsche reconnaît la validité méthodologique de la règle.
- « hypothèse », « point de vue expérimental provisoire », « fiction régulatrice » : trois statuts acceptables d'une idée dans la science ; elle y est instrument, révisable, non crue. La note précise la « fiction régulatrice » : une idée qui guide la recherche (expression d'inspiration kantienne).
- « surveillance policière », « police de la méfiance » : le texte précise que ce sens est figuré (note 2), une « vigilance intérieure » ; la science installe en l'esprit un contrôle permanent du soupçon.
- « cesse d'être conviction » : paradoxe : seule une conviction qui n'en est plus une peut entrer dans la science ; le mot « conviction » désigne une croyance ferme, non soumise à l'épreuve.
- « la discipline de l'esprit scientifique » : l'esprit scientifique est une ascèse, une discipline, non un don naturel.
- « une conviction si impérative et inconditionnée qu'elle sacrifie à son profit toutes les autres convictions » : la volonté de vérité est une conviction supérieure, qui exige le sacrifice des autres ; l'ascèse scientifique est donc l'expression d'une foi.
- « la science aussi repose sur une croyance, qu'il n'y a absolument pas de science sans présupposés » : le « aussi » rapproche science et religion ; le présupposé n'est pas un détail, mais une condition de possibilité.
- « il n'y a rien de plus nécessaire que la vérité... valeur de second ordre » : formulation de la croyance : la vérité est posée comme valeur suprême ; c'est un jugement de valeur, non un fait vérifiable.
RéponseLe texte se lit en trois temps : la règle admise (pas de convictions dans la science), son retournement (la discipline scientifique suppose une conviction impérative), puis la formulation de cette croyance : la vérité est la valeur suprême. Nietzsche reprend ce thème dans Le gai savoir, V (aphorisme « En quoi nous aussi sommes encore pieux »), où la science moderne prolonge la foi en une vérité divine.
EnjeuxQuels sont l'enjeu et l'intérêt philosophique du texte ?Touche pour voir la correction
À retenir L'intérêt d'un texte se dégage en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.
- Enjeu épistémologique : la science ne peut fonder elle-même la valeur de la vérité ; elle suppose une décision de valeur. Ce n'est pas une critique de sa méthode, mais du mythe d'une science sans présupposés (que Weber reprend : la science suppose que le savoir vaut d'être connu, Le Savant et le politique).
- Enjeu philosophique : la volonté de vérité est un problème à interroger. Nietzsche, Par-delà bien et mal, §1 : qui nous pose ces questions ? Qu'est-ce qui en nous veut « la vérité » ? Il la rattache à l'idéal ascétique (Généalogie de la morale, III, §24-25).
- Discussion : la méthode scientifique (doute, falsification chez Popper, rupture chez Bachelard) n'exige pas de conviction dogmatique, mais l'engagement en faveur de la vérité est un choix pratique ; Popper (La Société ouverte) parle d'une « foi dans la raison ». Le texte n'invalide donc pas la science : il en montre le fondement non scientifique.
- Limite : on peut objecter que le présupposé (la vérité vaut) est minimal et que sa justification est pragmatique (efficacité, vie en commun), non une foi ; Nietzsche le sait et veut que l'on interroge la valeur de la vérité pour la vie.
RéponsePortée : le texte oblige à penser que la rigueur de la science repose sur un engagement moral (probité intellectuelle).
IntroductionRédiger l'introduction de l'explicationTouche pour voir la correction
À retenir Introduction : situer l'auteur et le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.
- Modèle d'ouverture : On présente souvent la science comme le règne de la preuve, où les croyances n'ont pas leur place et où le doute commande. Dans Le gai savoir (1882), Nietzsche, qui y fait la critique des idoles de la connaissance, retourne cette image : il montre que l'esprit scientifique lui-même repose sur une conviction. Le problème est de savoir si la science peut se passer de présupposés et ce qu'elle suppose d'elle-même. Nietzsche soutient qu'elle repose sur la croyance que la vérité est nécessaire et supérieure à tout. Nous verrons d'abord la règle d'une science sans convictions, puis l'interrogation qui la retourne, enfin la mise au jour de la croyance qui fonde la discipline scientifique.
RéponseOn présente souvent la science comme le règne de la preuve, où les croyances n'ont pas leur place et où le doute commande. Dans Le gai savoir (1882), Nietzsche, qui y fait la critique des idoles de la connaissance, retourne cette image : il montre que l'esprit scientifique lui-même repose sur une conviction. Le problème est de savoir si la science peut se passer de présupposés et ce qu'elle suppose d'elle-même. Nietzsche soutient qu'elle repose sur la croyance que la vérité est nécessaire et supérieure à tout. Nous verrons d'abord la règle d'une science sans convictions, puis l'interrogation qui la retourne, enfin la mise au jour de la croyance qui fonde la discipline scientifique.
ConclusionRédiger la conclusion de l'explicationTouche pour voir la correction
À retenir Bilan de la thèse établie, puis portée ou discussion brève.
- Rédaction possible : Nietzsche montre que la discipline qui bannit les convictions procède elle-même d'une conviction, celle de la valeur suprême de la vérité. Il ne s'agit pas de ruiner la science, mais d'en dévoiler le fondement non scientifique, et d'inviter à interroger la valeur de la vérité plutôt qu'à la tenir pour acquise. Le texte conduit à une exigence de probité : une science qui ne se sait pas fondée sur une foi s'ignore elle-même.
RéponseNietzsche montre que la discipline qui bannit les convictions procède elle-même d'une conviction, celle de la valeur suprême de la vérité. Il ne s'agit pas de ruiner la science, mais d'en dévoiler le fondement non scientifique, et d'inviter à interroger la valeur de la vérité plutôt qu'à la tenir pour acquise. Le texte conduit à une exigence de probité : une science qui ne se sait pas fondée sur une foi s'ignore elle-même.
Vérification Le texte est l'aphorisme 344 du livre V du Gai savoir (livre V ajouté en 1887) ; le sujet indique 1882, date de la première édition de l'ouvrage.
Piège Piège : ne pas lire une condamnation de la science ; Nietzsche approuve la règle (« à juste titre »). Ne pas confondre « croyance » et « erreur » : la croyance dont il parle est la valeur donnée à la vérité. Les notes 1 et 2 du sujet doivent être utilisées. Pas de numéros de ligne imprimés.
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