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Bac 2025
Bac 2025 – Philosophie – Métropole – Sujet 1 (remplacement) : correction détaillée
Philosophie, série générale, 4 h, coefficient 8 : un sujet au choix parmi trois
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Sujet 1 (dissertation) : Faut-il opposer l'art et la nature ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S1-1Analyser le sujet « Faut-il opposer l'art et la nature ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Art : production humaine par une habileté (technè) ; au sens esthétique, les beaux-arts.
- Nature : ce qui existe et se produit de soi, non fabriqué par l'homme ; ou le principe d'un être, ou l'ordre du monde.
- Opposer : les tenir pour des contraires, l'un excluant l'autre ; ou au contraire les concevoir comme liés.
- Enjeu : l'art est-il le contraire de la nature, ou son prolongement, son imitation, sa révélation ?
RéponseL'art s'oppose-t-il à la nature comme l'artificiel au spontané, ou entretiennent-ils des rapports d'imitation et de dépassement ?
S1-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « Faut-il opposer l'art et la nature ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : Si l'art imite, prolonge ou accomplit la nature, en quel sens peut-on encore les opposer ?
- I. Oui : art et nature s'opposent comme le fabriqué au spontané. Aristote (Physique, II) : les êtres naturels ont en eux le principe de leur mouvement, pas les œuvres de l'art ; Hegel (Esthétique) : le beau artistique, né de l'esprit, est supérieur au beau naturel.
- II. Non : l'art imite la nature (Aristote, Physique II : « l'art imite la nature » ; Poétique : mimèsis) ; Kant (Critique de la faculté de juger, § 46) : c'est par le génie que la nature donne ses règles à l'art ; la nature est belle quand elle a l'apparence de l'art (§ 45) ; l'art donne à voir la nature (paysage, land art).
- III. Dépassement : l'art achève ce que la nature ne peut accomplir (Aristote, Physique II, 8) ; il y a un art de la nature (jardin, architecture) et une nature que l'art révèle ; opposer est une commodité, non une division ontologique.
- Transitions : I → II : si l'art est un produit humain, n'imite-t-il pas pourtant la nature ? ; II → III : l'imitation suppose que l'art achève ce que la nature laisse inachevé
RéponseProblématique : Si l'art imite, prolonge ou accomplit la nature, en quel sens peut-on encore les opposer ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S1-3Rédiger l'introduction de la dissertation « Faut-il opposer l'art et la nature ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : Face à un paysage, nous disons qu'il est beau « comme un tableau » ; devant un tableau, nous admirons qu'il soit « comme la nature ». Cette confusion invite à interroger leur rapport. L'art, production humaine par une habileté, et la nature, ce qui existe de soi, doivent-ils être opposés ? Si l'artifice s'oppose naturellement au spontané, l'art peut imiter la nature, la prolonger, l'accomplir. Nous verrons d'abord ce qui pousse à opposer art et nature, puis ce qui les rapproche, avant de montrer que leur rapport est de continuité et d'accomplissement.
RéponseProblème posé : Si l'art imite, prolonge ou accomplit la nature, en quel sens peut-on encore les opposer ?
S1-4Rédiger la conclusion de la dissertation « Faut-il opposer l'art et la nature ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : L'art s'oppose à la nature comme le fabriqué au spontané, mais cette opposition n'est pas une exclusion : l'art imite la nature, la prolonge et l'achève, et la nature paraît belle quand elle a l'apparence de l'art (Kant). Il faut donc distinguer l'art et la nature par leur principe de production plutôt que les opposer. Reste à se demander ce que devient cette distinction à l'âge de la technique.
RéponseL'art s'oppose à la nature comme le fabriqué au spontané, mais cette opposition n'est pas une exclusion : l'art imite la nature, la prolonge et l'achève, et la nature paraît belle quand elle a l'apparence de l'art (Kant). Il faut donc distinguer l'art et la nature par leur principe de production plutôt que les opposer. Reste à se demander ce que devient cette distinction à l'âge de la technique.
Exercice 2 : Sujet 2 (dissertation) : La science doit-elle tout remettre en question ?20 points
Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S2-1Analyser le sujet « La science doit-elle tout remettre en question ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction
À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.
- Science : connaissance rationnelle, méthodique et vérifiable.
- Remettre en question : examiner, critiquer, tester, douter.
- Tout : y compris ses propres principes, ses méthodes et ses résultats acquis.
- Enjeu : la science progresse-t-elle par doute permanent ou a-t-elle besoin de certitudes ?
RéponseLe doute généralisé est-il le moteur de la science ou son obstacle ?
S2-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « La science doit-elle tout remettre en question ? » ?Touche pour voir la correction
À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.
- Problématique : La science doit-elle tout examiner, et peut-elle le faire sans s'appuyer sur des acquis ?
- I. Oui : l'esprit scientifique est critique. Popper (La Logique de la découverte scientifique) : une théorie scientifique est réfutable ; Bachelard : la connaissance se fait contre une connaissance antérieure ; Descartes : le doute méthodique.
- II. Non : on ne peut tout questionner à la fois. Kuhn (La Structure des révolutions scientifiques) : la science normale repose sur un paradigme ; Wittgenstein (De la certitude) : le doute suppose des certitudes ; des résultats établis n'ont pas à être sans cesse rejoués ; un scepticisme généralisé est stérile.
- III. Dépassement : remise en question méthodique, partielle et successive (image du bateau de Neurath : on répare le navire en mer sans pouvoir le reconstruire entièrement) ; la science se corrige par les faits ; la question éthique des fins s'ajoute aux questions de méthode.
- Transitions : I → II : une science qui doute de tout peut-elle encore progresser ? ; II → III : la critique doit être méthodique, partielle et successive
RéponseProblématique : La science doit-elle tout examiner, et peut-elle le faire sans s'appuyer sur des acquis ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement
S2-3Rédiger l'introduction de la dissertation « La science doit-elle tout remettre en question ? ».Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).
- Modèle d'ouverture : La science avance en corrigeant ses erreurs : ce que l'on tenait pour vrai hier est parfois réfuté aujourd'hui. Doit-elle pour autant tout remettre en question, c'est-à-dire soumettre toutes ses connaissances, principes et méthodes à la critique ? Si le doute paraît constitutif de l'esprit scientifique, une science qui douterait de tout pourrait-elle encore progresser ? Nous verrons d'abord que la remise en question est le moteur de la science, puis qu'elle ne peut être totale, avant de chercher la forme que doit prendre cette critique.
RéponseProblème posé : La science doit-elle tout examiner, et peut-elle le faire sans s'appuyer sur des acquis ?
S2-4Rédiger la conclusion de la dissertation « La science doit-elle tout remettre en question ? ».Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.
- Rédaction possible : La science vit de la critique : aucune théorie n'échappe en droit à la réfutation (Popper, Bachelard). Mais on ne peut tout questionner à la fois, car tout doute prend appui sur des acquis (Wittgenstein, Neurath). La science doit donc pouvoir tout remettre en question, non tout remettre en question en même temps.
RéponseLa science vit de la critique : aucune théorie n'échappe en droit à la réfutation (Popper, Bachelard). Mais on ne peut tout questionner à la fois, car tout doute prend appui sur des acquis (Wittgenstein, Neurath). La science doit donc pouvoir tout remettre en question, non tout remettre en question en même temps.
Exercice 3 : Sujet 3 (explication de texte) : J. S. Mill, L'utilitarisme (1863)20 points
Explication de texte au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).
S3-1Dégager la thèse du texte de J. S. Mill, L'utilitarisme (1863) et sa structure.Touche pour voir la correction
À retenir Une explication de texte part de la thèse (ce que dit l'auteur), puis du mouvement du texte (comment il l'établit).
- Première étape : constat : on peut se passer du bonheur (la plupart des hommes le font sans le vouloir ; le héros ou le martyr le font volontairement).
- Deuxième étape : question : ce « quelque chose » qui vaut plus que le bonheur individuel, qu'est-ce, sinon le bonheur des autres ou certaines conditions du bonheur ?
- Troisième étape : objection : on dira que cette fin est la vertu ; Mill répond : le héros se sacrifierait-il s'il ne croyait épargner à autrui de pareils sacrifices ?
- Quatrième étape : conclusion : honneur à ceux qui renoncent pour augmenter la somme de bonheur du monde ; autrement, le renoncement n'est qu'une preuve de ce que les hommes peuvent faire, non un exemple de ce qu'ils devraient faire.
RéponseOn peut renoncer à son bonheur, mais le sacrifice de soi doit avoir une fin, et cette fin est le bonheur des autres ; le sacrifice n'est pas à lui-même sa propre fin.
Piège Le sujet contient un extrait sans numéros de ligne ; la note 1 précise l'allusion à Siméon le Stylite. Ne pas conclure que Mill condamne le sacrifice : il le juge admirable quand il augmente la somme de bonheur.
S3-2Étudier le texte de J. S. Mill, L'utilitarisme (1863) pas à pas : idées, notions, arguments, exemples.Touche pour voir la correction
À retenir On explique, on ne paraphrase pas : chaque idée est reliée à la thèse, les notions sont définies, les exemples sont justifiés.
- « Nous pouvons nous passer du bonheur » : concession préalable à l'objection anti-utilitariste (la vertu vaut mieux que le bonheur).
- « Le sacrifice de soi doit avoir quelque fin » : un acte n'a de sens que par ce qu'il vise ; le sacrifice sans but serait absurde.
- « la somme de bonheur dans le monde » : critère utilitariste (maximiser le bonheur général).
- Exemple de l'ascète en haut de sa colonne (note : Siméon le Stylite) : un renoncement sans fruit pour autrui n'est pas un modèle moral.
- Distinction finale : « une preuve stimulante de ce que les hommes peuvent faire, non un exemple de ce qu'ils devraient faire » : admirer n'est pas prescrire.
RéponseMill concède qu'on peut se passer du bonheur, puis réduit le sacrifice du héros ou du martyr à un moyen : il ne se justifie que par le bonheur d'autrui, sans quoi il n'est qu'une preuve de ce que les hommes peuvent faire, non un modèle de ce qu'ils doivent faire.
S3-3Quelles questions de lecture et quel intérêt philosophique pour le texte de J. S. Mill, L'utilitarisme (1863) ?Touche pour voir la correction
À retenir L'intérêt du texte est dégagé en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.
- Question : le sacrifice de soi peut-il être sa propre fin ? La vertu est-elle supérieure au bonheur ?
- Enjeu : défense de l'utilitarisme contre l'objection qu'il ne rend pas compte du devoir et du sacrifice.
- Discussion : Kant : la valeur morale tient à la bonne volonté, indépendamment des conséquences ; Aristote : la vertu est constitutive du bonheur ; l'utilitarisme est-il capable de rendre compte du devoir inconditionnel ?
- Prolongements : Bentham, Kant, Nietzsche (critique de la morale de la pitié).
RéponseIntérêt : le texte défend l'utilitarisme contre l'objection du sacrifice et de la vertu ; la discussion porte sur la valeur morale du sacrifice (l'intention comme chez Kant, la vertu comme chez Aristote) et sur la capacité de l'utilitarisme à rendre compte du devoir inconditionnel.
S3-4Rédiger l'introduction de l'explication du texte de J. S. Mill, L'utilitarisme (1863).Touche pour voir la correction
À retenir Introduction : situer le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.
- Modèle d'ouverture : L'idée de sacrifice paraît contredire l'utilitarisme, selon lequel le bonheur est la fin de l'action : le héros qui se sacrifie renonce à son bonheur. Dans L'utilitarisme (1863), Mill répond à cette objection. La question est de savoir si l'on peut renoncer au bonheur sans le contredire comme fin. Mill soutient que le sacrifice n'a de sens que pour le bonheur des autres. Nous suivrons le texte : la concession, la question, l'objection, puis la conclusion.
RéponseThèse : On peut renoncer à son bonheur, mais le sacrifice de soi doit avoir une fin, et cette fin est le bonheur des autres ; le sacrifice n'est pas à lui-même sa propre fin.
S3-5Rédiger la conclusion de l'explication de texte.Touche pour voir la correction
À retenir La conclusion de l'explication rappelle la thèse et le mouvement du texte, en dégage l'intérêt et peut en indiquer les limites.
- Rédaction possible : Mill établit que le renoncement à son propre bonheur ne contredit pas l'utilitarisme : le sacrifice n'a de sens que par le bonheur d'autrui et n'est pas à lui-même sa propre fin. Il distingue ce que les hommes peuvent faire de ce qu'ils doivent faire. On peut objecter, avec Kant, que la valeur morale d'un acte tient à son intention et non à ses fruits.
RéponseMill établit que le renoncement à son propre bonheur ne contredit pas l'utilitarisme : le sacrifice n'a de sens que par le bonheur d'autrui et n'est pas à lui-même sa propre fin. Il distingue ce que les hommes peuvent faire de ce qu'ils doivent faire. On peut objecter, avec Kant, que la valeur morale d'un acte tient à son intention et non à ses fruits.
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