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Bac 2025

Bac 2025 – Philosophie – Centres étrangers : correction détaillée

Philosophie, série générale, 4 h, coefficient 8 : un sujet au choix parmi trois

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 (dissertation) : Peut-on douter des pouvoirs de la raison ?20 points

Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S1-1Analyser le sujet « Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. Douter : suspendre son jugement, soit par méthode (doute cartésien), soit par scepticisme.
  2. Pouvoirs de la raison : capacités de connaître, de démontrer, de fonder la morale et de gouverner l'action.
  3. Raison : faculté de juger selon des principes universels.
  4. Enjeu : douter de la raison est-il possible sans contradiction, puisqu'on doute avec elle ?

RéponsePeut-on mettre en question la raison avec la raison sans se contredire ?

S1-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? » ?Touche pour voir la correction

À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.

Démarche
  1. Problématique : Douter des pouvoirs de la raison est-il une critique de la raison par elle-même, ou un renoncement à penser ?
  2. I. Oui : la raison a des limites. Hume (Enquête sur l'entendement humain) : le principe de causalité repose sur l'habitude ; Kant (Critique de la raison pure) : la raison s'égare dans des antinomies hors de l'expérience ; Pascal : le dernier pas de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent ; Freud : le moi n'est pas maître dans sa propre maison.
  3. II. Mais le doute lui-même est un acte de raison : Descartes (Méditations) : le doute méthodique conduit au cogito ; un doute total est auto-réfutable ; on ne peut juger des pouvoirs de la raison qu'avec elle.
  4. III. Dépassement : douter des prétentions de la raison n'est pas douter de son pouvoir : Kant, critique comme tribunal de la raison, qui délimite son usage légitime ; Popper : le rationalisme critique accepte la fausseté possible.
  5. Transitions : I → II : si la raison a des limites, peut-on aller jusqu'à la récuser ? ; II → III : on peut douter des prétentions de la raison sans douter de son pouvoir

RéponseProblématique : Douter des pouvoirs de la raison est-il une critique de la raison par elle-même, ou un renoncement à penser ? Plan : I. Oui / II. Mais le doute lui-même est un acte de raison / III. Dépassement

S1-3Rédiger l'introduction de la dissertation « Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Depuis les Grecs, la raison est célébrée comme ce qui nous distingue de l'animal. Pourtant, les philosophes n'ont cessé de douter de ses pouvoirs : peut-elle atteindre la vérité, fonder la morale, maîtriser nos passions ? Mais si l'on doute de la raison, ce ne peut être qu'avec la raison elle-même. Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? Nous verrons d'abord les raisons de douter de ses pouvoirs, puis que ce doute est lui-même un acte de raison, avant de montrer qu'il s'agit d'une critique qui délimite et fortifie la raison.

RéponseProblème posé : Douter des pouvoirs de la raison est-il une critique de la raison par elle-même, ou un renoncement à penser ?

S1-4Rédiger la conclusion de la dissertation « Peut-on douter des pouvoirs de la raison ? ».Touche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : On peut douter de ce que la raison prétend atteindre, de ses fondements et de ses limites (Hume, Kant, Pascal) ; mais ce doute est lui-même un exercice de la raison, qui seule peut juger de ses pouvoirs. Douter de ses pouvoirs, c'est donc la critiquer pour en fixer l'usage légitime, non y renoncer. La raison se fortifie en se mettant à l'épreuve.

RéponseOn peut douter de ce que la raison prétend atteindre, de ses fondements et de ses limites (Hume, Kant, Pascal) ; mais ce doute est lui-même un exercice de la raison, qui seule peut juger de ses pouvoirs. Douter de ses pouvoirs, c'est donc la critiquer pour en fixer l'usage légitime, non y renoncer. La raison se fortifie en se mettant à l'épreuve.

Exercice 2 : Sujet 2 (dissertation) : L'art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ?20 points

Dissertation au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S2-1Analyser le sujet « L'art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ? » : définir les termes et dégager l'enjeu.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes, des présupposés et de l'enjeu ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. Art : production humaine à visée esthétique, qui s'adresse à la sensibilité et à l'imagination.
  2. Apprendre : acquérir un savoir ou une manière de percevoir ; éduquer le regard, non seulement l'informer.
  3. Voir autrement : modifier sa perception, ses habitudes, son regard sur le réel.
  4. Enjeu : l'art est-il source de connaissance ou de simple plaisir ? Peut-il changer notre rapport au monde ?

RéponseL'art a-t-il une fonction cognitive : nous apprend-il à percevoir, ou ne fait-il que divertir ?

S2-2Quelle problématique et quel plan détaillé pour « L'art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ? » ?Touche pour voir la correction

À retenir Le plan suit un mouvement dialectique : thèse, objection ou limite, dépassement ; chaque partie avance un argument, un auteur, un exemple.

Démarche
  1. Problématique : L'art déplace-t-il durablement notre regard ou nous confirme-t-il dans nos habitudes ?
  2. I. Oui : l'art révèle ce que l'habitude cache. Bergson (Le Rire) : l'art est une vision plus directe de la réalité, que l'utilité nous masque ; Proust (Le Temps retrouvé) : grâce à l'art, nous voyons autant de mondes qu'il y a d'artistes ; les avant-gardes (impressionnisme, cubisme) transforment notre perception.
  3. II. Non : l'art peut tromper ou ne rien apprendre. Platon (République, X) : l'artiste imite des apparences, il est éloigné du vrai ; Kant : le beau plaît sans concept, il ne donne pas de connaissance ; l'art peut renforcer des stéréotypes.
  4. III. Dépassement : l'art n'enseigne pas un savoir mais modifie l'expérience : Merleau-Ponty (Le Doute de Cézanne) ; Goodman (Manières de faire des mondes) : l'art est une manière de faire des mondes ; l'apprentissage du regard suppose un spectateur actif.
  5. Transitions : I → II : l'art déplace-t-il vraiment le regard, ou le confirme-t-il ? ; II → III : l'art ne transmet pas un savoir mais transforme l'expérience

RéponseProblématique : L'art déplace-t-il durablement notre regard ou nous confirme-t-il dans nos habitudes ? Plan : I. Oui / II. Non / III. Dépassement

S2-3Rédiger l'introduction de la dissertation « L'art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ? ».Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, analyse des termes, problème, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Après avoir regardé un tableau de Monet ou de Van Gogh, un paysage nous semble parfois différent. L'art peut-il, en ce sens, nous apprendre à voir le monde autrement ? Apprendre suppose un gain de savoir ou de capacité, et « voir autrement » une modification durable du regard. Nous verrons d'abord comment l'art déplace nos habitudes de perception, puis les limites de ce pouvoir, avant de montrer que l'art transforme l'expérience plutôt qu'il n'enseigne.

RéponseProblème posé : L'art déplace-t-il durablement notre regard ou nous confirme-t-il dans nos habitudes ?

S2-4Rédiger la conclusion de la dissertation « L'art peut-il nous apprendre à voir le monde autrement ? ».Touche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la question posée, récapitule le raisonnement (sans résumer paragraphe par paragraphe) et peut s'ouvrir sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : L'art ne transmet pas un savoir au sens d'un énoncé, mais il peut éduquer le regard en défaisant les habitudes de perception (Bergson, Proust). Cet effet n'est pas automatique : l'art peut aussi confirmer des stéréotypes, et il suppose un spectateur actif. L'art nous apprend donc moins une vérité qu'une manière de voir.

RéponseL'art ne transmet pas un savoir au sens d'un énoncé, mais il peut éduquer le regard en défaisant les habitudes de perception (Bergson, Proust). Cet effet n'est pas automatique : l'art peut aussi confirmer des stéréotypes, et il suppose un spectateur actif. L'art nous apprend donc moins une vérité qu'une manière de voir.

Exercice 3 : Sujet 3 (explication de texte) : Bentham, Traités de législation civile et pénale (1802)20 points

Explication de texte au choix parmi les trois sujets de l'épreuve (4 heures, coefficient 8).

S3-1Dégager la thèse du texte de Bentham, Traités de législation civile et pénale (1802) et sa structure.Touche pour voir la correction

À retenir Une explication de texte part de la thèse (ce que dit l'auteur), puis du mouvement du texte (comment il l'établit).

Démarche
  1. Première étape : l'État dispose de deux moyens contre les délits : peines (pour tous) et récompenses (pour quelques-uns).
  2. Deuxième étape : limite : l'État « n'a pas des yeux pour tout voir et des mains pour tout atteindre ».
  3. Troisième étape : la solution : inculquer la croyance en un Être suprême invisible qui punit et récompense infailliblement ; c'est ce qu'on appelle religion.
  4. Quatrième étape : conclusion : diminuer ou pervertir l'influence de la religion revient à diminuer ou pervertir, dans la même proportion, les services que l'État en retire pour réprimer le crime et encourager la vertu.

RéponseL'État ne pouvant tout surveiller, la religion supplée à son insuffisance en inspirant la crainte d'un juge suprême ; affaiblir la religion nuit donc à la répression du crime.

Piège Le sujet ne contient pas de numéros de ligne ; le texte est une analyse fonctionnelle, non une défense de la vérité de la religion.

S3-2Étudier le texte de Bentham, Traités de législation civile et pénale (1802) pas à pas : idées, notions, arguments, exemples.Touche pour voir la correction

À retenir On explique, on ne paraphrase pas : chaque idée est reliée à la thèse, les notions sont définies, les exemples sont justifiés.

Démarche
  1. Peines et récompenses : sanctions que l'utilitariste considère comme des moyens de diriger les comportements.
  2. « Suppléer » (note) : mettre à la place de ; la religion remplace l'État là où il ne peut pas voir.
  3. Un « pouvoir » invisible mais infaillible : la religion est présentée comme instrument, utile, dont la valeur de vérité n'est pas discutée.
  4. « personnage allégorique » (note) : la religion est parlée comme un être, par commodité ; Bentham la traite comme une institution.
  5. L'argument est celui de l'utilité sociale : on juge la religion à ses effets sur l'ordre public.

RéponseLe raisonnement est utilitaire : les peines et les récompenses humaines sont insuffisantes faute d'une surveillance totale, la croyance en un juge suprême y supplée, donc l'État a intérêt à la préserver ; la religion est jugée sur ses effets sociaux, non sur sa vérité.

S3-3Quelles questions de lecture et quel intérêt philosophique pour le texte de Bentham, Traités de législation civile et pénale (1802) ?Touche pour voir la correction

À retenir L'intérêt du texte est dégagé en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.

Démarche
  1. Question : la religion est-elle utile à l'ordre social ? La morale peut-elle se fonder sur la crainte d'une sanction ?
  2. Enjeu : rapport entre religion, morale et politique, et conception utilitariste de la loi.
  3. Discussion : Bayle (Pensées diverses sur la comète) soutient qu'une société d'athées peut être morale ; Kant distingue légalité (conforme à la loi) et moralité (par devoir) ; instrumentaliser la religion pose un problème de sincérité et de liberté de conscience.
  4. Prolongements : Machiavel (la religion comme instrument politique), Rousseau (religion civile).

RéponseIntérêt : le texte propose une analyse fonctionnelle de la religion comme auxiliaire de la loi ; la discussion porte sur la valeur d'une morale fondée sur la crainte d'une sanction et sur l'instrumentalisation politique de la croyance.

S3-4Rédiger l'introduction de l'explication du texte de Bentham, Traités de législation civile et pénale (1802).Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : situer le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Les États ne peuvent pas tout surveiller : comment obtenir le respect des lois quand personne ne regarde ? Bentham, fondateur de l'utilitarisme, propose dans ses Traités de législation une réponse : la religion. La question est de savoir quelle place la croyance en un juge suprême peut occuper dans l'ordre politique. Bentham soutient qu'elle supplée à l'insuffisance des peines et des récompenses humaines. Nous suivrons le texte : les moyens de l'État, leur limite, puis la solution religieuse.

RéponseThèse : L'État ne pouvant tout surveiller, la religion supplée à son insuffisance en inspirant la crainte d'un juge suprême ; affaiblir la religion nuit donc à la répression du crime.

S3-5Rédiger la conclusion de l'explication de texte.Touche pour voir la correction

À retenir La conclusion de l'explication rappelle la thèse et le mouvement du texte, en dégage l'intérêt et peut en indiquer les limites.

Démarche
  1. Rédaction possible : Bentham montre que l'État, qui ne peut tout voir ni tout atteindre, trouve dans la croyance en un juge suprême un auxiliaire de ses peines et de ses récompenses ; affaiblir la religion revient à affaiblir la répression du crime. Le texte raisonne en termes d'utilité sociale et non de vérité. On peut lui objecter qu'une morale reposant sur la crainte d'une sanction n'est qu'une légalité et non une moralité.

RéponseBentham montre que l'État, qui ne peut tout voir ni tout atteindre, trouve dans la croyance en un juge suprême un auxiliaire de ses peines et de ses récompenses ; affaiblir la religion revient à affaiblir la répression du crime. Le texte raisonne en termes d'utilité sociale et non de vérité. On peut lui objecter qu'une morale reposant sur la crainte d'une sanction n'est qu'une légalité et non une moralité.

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