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Bac 2025

Philosophie – Métropole 2025 – Sujet 2 : correction détaillée

Philosophie, 4 heures, coefficient 8 · au choix : 2 dissertations ou 1 explication de texte

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 — Devons-nous lutter contre le temps ?20 points

Dissertation au choix. Proposition de traitement (problématique, plan, références, introduction).

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Devons-nous lutter contre le temps ? »Touche pour voir la correction

À retenir Commencer par définir chaque terme et repérer les sens possibles avant de poser la question.

Démarche
  1. « Lutter » : s'opposer, résister, chercher à vaincre ; suppose un adversaire et un enjeu.
  2. « Le temps » : la durée qui passe, qui use, vieillit et détruit ; mais aussi le temps dont on dispose (rare, limité), et le temps qui mûrit et construit.
  3. « Devons-nous » : obligation morale ou rationnelle, pas seulement possibilité ; on se demande si c'est nécessaire ou souhaitable.
  4. On peut lutter contre le temps de plusieurs manières : contre le vieillissement, contre l'oubli, contre la perte de temps, contre l'urgence.
  5. Question : la lutte contre le temps est-elle un devoir, ou est-elle vaine ou nuisible ?

RéponseQuestion : la lutte contre le temps est-elle un devoir, ou est-elle vaine ou nuisible ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Devons-nous lutter contre le temps ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : pourquoi la réponse évidente ne suffit pas.

Démarche
  1. Le temps paraît un ennemi : il détruit tout et mène à la mort, donc lutter paraît légitime.
  2. Mais le temps est aussi la condition de toute vie, de tout apprentissage et de toute œuvre : le supprimer serait supprimer l'existence.
  3. Peut-on lutter contre ce qui nous rend possibles ?

RéponseFaut-il lutter contre le temps, ou apprendre à vivre avec et à l'utiliser ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : le temps détruit et il faut lui résisterTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Le temps use, vieillit, efface et conduit à la mort ; on lutte par la médecine, la mémoire, l'archive, les monuments, l'art.
  2. Sénèque (De la brièveté de la vie) : la vie est assez longue si on sait l'employer ; il faut lutter contre la dissipation de son temps.
  3. Proust (Le Temps retrouvé) : l'œuvre d'art sauve du temps perdu.
  4. Limite : on ne peut pas supprimer le temps ; transition vers la question de sa nécessité.
  5. Transition : lutter contre le temps est-il réellement possible, et sous quelle forme ?

RéponseOui : le temps détruit et il faut lui résister

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : lutter est vain et le temps est la condition de la vieTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Le temps est irréversible : la lutte est perdue d'avance (la mort).
  2. Bergson : la durée est création continue ; sans elle, ni nouveauté ni liberté.
  3. Nietzsche (amor fati, Le gai savoir §276) : aimer ce qui est, y compris le temps qui passe.
  4. Épicure (Lettre à Ménécée) : la mort n'est rien pour nous ; la crainte du temps qui passe est vaine, ce qui invite à jouir du présent plutôt qu'à combattre le temps.
  5. Transition : si l'on ne peut vaincre le temps, on peut du moins lutter contre ce qu'il fait perdre.

RéponseNon : lutter est vain et le temps est la condition de la vie

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépasser : s'allier au temps plutôt que le combattreTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Distinguer le temps subi (usure, urgence) et le temps vécu (maturation, apprentissage, patience).
  2. On lutte contre la perte de temps (Sénèque) et contre l'accélération, pas contre le temps lui-même.
  3. Arendt : la natalité, capacité de commencer, donne un sens au temps humain.
  4. Réponse : le devoir est de bien user du temps, non de le vaincre.

RéponseDépasser : s'allier au temps plutôt que le combattre

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Devons-nous lutter contre le temps ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, définitions, problème, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : Le temps fait vieillir, détruit et conduit à la mort : on est donc tenté de lutter contre lui, par la médecine, par l'art ou par la mémoire. Pourtant le temps est aussi ce qui permet de vivre, d'apprendre et de créer. Peut-on lutter contre ce qui rend possible notre existence ? Devons-nous le combattre ou apprendre à en faire un allié ? Nous verrons d'abord que le temps détruit et appelle une résistance, puis que cette lutte est vaine et peut nuire, enfin que le devoir est de bien employer le temps plutôt que de le combattre.

RéponseLe temps fait vieillir, détruit et conduit à la mort : on est donc tenté de lutter contre lui, par la médecine, par l'art ou par la mémoire. Pourtant le temps est aussi ce qui permet de vivre, d'apprendre et de créer. Peut-on lutter contre ce qui rend possible notre existence ? Devons-nous le combattre ou apprendre à en faire un allié ? Nous verrons d'abord que le temps détruit et appelle une résistance, puis que cette lutte est vaine et peut nuire, enfin que le devoir est de bien employer le temps plutôt que de le combattre.

ConclusionRédiger la conclusionTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique sans répéter le devoir, et ouvre brièvement.

Démarche
  1. Rédaction possible : Nous ne devons pas lutter contre le temps comme contre un ennemi, car il est la condition de notre existence ; nous devons en revanche lutter contre sa perte et son usage subi. S'accorder au temps, c'est le transformer en durée féconde.

RéponseNous ne devons pas lutter contre le temps comme contre un ennemi, car il est la condition de notre existence ; nous devons en revanche lutter contre sa perte et son usage subi. S'accorder au temps, c'est le transformer en durée féconde.

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question.

Exercice 2 : Sujet 2 — Faut-il suivre sa raison pour agir moralement ?20 points

Dissertation au choix. Proposition de traitement (problématique, plan, références, introduction).

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Faut-il suivre sa raison pour agir moralement ? »Touche pour voir la correction

À retenir Commencer par définir chaque terme et repérer les sens possibles avant de poser la question.

Démarche
  1. « Suivre sa raison » : se laisser guider par la faculté de raisonner, de juger et d'universaliser, plutôt que par les passions ou les émotions.
  2. « Agir moralement » : agir par devoir ou selon le bien, non par intérêt ou par habitude.
  3. « Faut-il » : nécessité ? la raison est-elle la condition de la morale, ou suffit-il du sentiment ?
  4. Opposition de départ : raison / sentiment (ou désir) comme fondement de la morale.
  5. Question : la raison seule peut-elle fonder et motiver l'action morale ?

RéponseQuestion : la raison seule peut-elle fonder et motiver l'action morale ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Faut-il suivre sa raison pour agir moralement ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : pourquoi la réponse évidente ne suffit pas.

Démarche
  1. La morale paraît demander de la raison : universalité, impartialité, devoir.
  2. Mais la raison peut justifier n'importe quoi, et seul le sentiment paraît nous mouvoir à agir.
  3. La raison est-elle le fondement ou seulement l'outil de la morale ?

RéponseFaut-il suivre sa raison pour agir moralement, ou la morale naît-elle ailleurs ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : la raison fonde la morale par l'universalitéTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Kant (Fondements de la métaphysique des mœurs) : agir par devoir, selon une maxime universalisable ; l'autonomie est obéir à la loi que la raison se donne.
  2. Seule la raison peut garantir l'impartialité ; les inclinations varient et sont égoïstes.
  3. Socrate : nul n'est méchant volontairement, le mal est ignorance.
  4. Transition : la raison seule suffit-elle à nous faire agir ?

RéponseOui : la raison fonde la morale par l'universalité

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : la raison ne suffit pas, voire égareTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Hume (Traité de la nature humaine) : la raison est l'esclave des passions ; seule la sensibilité motive.
  2. Rousseau (Émile, Profession de foi) : la conscience, sentiment inné du bien et du mal, précède la raison.
  3. Schopenhauer : la pitié est le fondement de la morale.
  4. La raison peut rationaliser le mal (se donner de bonnes raisons).
  5. Transition : si la raison ne suffit pas et le sentiment seul non plus, comment les articuler ?

RéponseNon : la raison ne suffit pas, voire égare

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Articuler raison et sentimentTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse, avec des arguments, des auteurs et des exemples, et se termine par une transition.

Démarche
  1. Aristote : la vertu suppose la prudence (phronesis), qui éclaire un désir bien formé.
  2. Spinoza (Éthique IV) : un affect ne se vainc que par un affect plus fort, mais la raison éclaire les affects.
  3. Réponse : la raison est nécessaire pour juger, mais le sentiment pour agir.

RéponseArticuler raison et sentiment

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Faut-il suivre sa raison pour agir moralement ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : accroche, définitions, problème, problématique, annonce du plan.

Démarche
  1. Rédaction possible : L'action morale est souvent associée à la raison : être moral, c'est agir de façon réfléchie, impartiale et universelle. Pourtant on voit des personnes agir moralement par compassion ou par intuition, et des raisonnements justifier des fautes. Faut-il alors suivre sa raison pour agir moralement ? La raison est-elle le fondement ou seulement un instrument ? Nous examinerons d'abord le rôle fondateur de la raison, puis ses limites face au sentiment, avant de proposer leur articulation.

RéponseL'action morale est souvent associée à la raison : être moral, c'est agir de façon réfléchie, impartiale et universelle. Pourtant on voit des personnes agir moralement par compassion ou par intuition, et des raisonnements justifier des fautes. Faut-il alors suivre sa raison pour agir moralement ? La raison est-elle le fondement ou seulement un instrument ? Nous examinerons d'abord le rôle fondateur de la raison, puis ses limites face au sentiment, avant de proposer leur articulation.

ConclusionRédiger la conclusionTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique sans répéter le devoir, et ouvre brièvement.

Démarche
  1. Rédaction possible : La raison est nécessaire pour agir moralement, car elle universalise et éclaire, mais elle n'est pas suffisante : elle doit s'associer à une sensibilité éduquée. Agir moralement suppose donc un accord de la raison et du sentiment.

RéponseLa raison est nécessaire pour agir moralement, car elle universalise et éclaire, mais elle n'est pas suffisante : elle doit s'associer à une sensibilité éduquée. Agir moralement suppose donc un accord de la raison et du sentiment.

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question.

Exercice 3 : Sujet 3 — Explication de texte (J. S. Mill, De la liberté (1859))20 points

Explication de texte au choix.

ThèseDégager la thèse et le problème du texteTouche pour voir la correction

À retenir Une explication commence par la thèse (réponse de l'auteur) et le problème qu'elle résout.

Démarche
  1. Thèse : il est illégitime d'imposer silence à une opinion, même minoritaire ou fausse, car cela prive l'humanité entière.
  2. Problème : une majorité, ou un pouvoir, peut-elle réduire au silence une opinion qu'elle croit fausse ?
  3. Argument : la vérité gagne à la discussion, que l'opinion soit vraie ou fausse.

RéponseMill soutient qu'il est illégitime d'imposer silence à une opinion, même minoritaire ou fausse, car la censure prive l'humanité entière : de la vérité si l'opinion est juste, de sa vivacité si elle est fausse.

StructureDégager la structure et le mouvement du texteTouche pour voir la correction

À retenir Découper le texte en étapes logiques et dire ce que chacune fait avancer.

Démarche
  1. Début : même un seul contre tous n'a pas moins le droit de parler (« Si tous les hommes moins un partageaient la même opinion… »).
  2. Hypothèse écartée : si l'opinion était un bien privé, le nombre de personnes lésées compterait.
  3. Argument central : réduire au silence revient à « voler l'humanité », y compris les adversaires.
  4. Deux hypothèses : si l'opinion est juste, on perd la vérité ; si elle est fausse, on perd la clarté née de la confrontation.
  5. Fin : on ne peut jamais être sûr qu'elle est fausse, et même si on l'était, ce serait un mal.

RéponseMouvement : un principe (même un seul contre tous a le droit de parler), l'opinion n'est pas un bien privé, la censure vole l'humanité, deux hypothèses (opinion juste, opinion fausse), puis la conclusion : on ne peut jamais être sûr qu'elle est fausse.

LectureQuestions de lecture : notions et enjeux à expliquerTouche pour voir la correction

À retenir Expliquer, c'est éclaircir les mots-clés et les liens, pas paraphraser.

Démarche
  1. « moins un » : même une seule personne a ce droit ; le nombre ne fonde pas le droit.
  2. « possession personnelle » : hypothèse que l'opinion ne concernerait que son propriétaire.
  3. « voler l'humanité » : la parole est un bien commun ; la censure prive les autres.
  4. « confrontation avec l'erreur » : la vérité vit par la discussion, sinon elle devient dogme.
  5. Infaillibilité : nul ne peut être sûr de ne pas se tromper.

RéponseLes mots-clés du texte (« moins un », « possession personnelle », « voler l'humanité », « confrontation avec l'erreur ») fondent l'argument : nul n'étant infaillible, personne n'a le droit de faire taire une opinion.

IntroductionRédiger l'introduction de l'explicationTouche pour voir la correction

À retenir Introduction : situer le texte, thèse, problème, annonce du mouvement.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Dans De la liberté, Mill défend la liberté de pensée et de discussion. Dans ce passage, il se demande si une majorité peut légitimement réduire au silence une opinion minoritaire. Il soutient que non, car la censure prive l'humanité entière, que l'opinion soit vraie ou fausse. Nous verrons d'abord le principe, puis l'argument des deux hypothèses.

RéponseDans De la liberté, Mill défend la liberté de pensée et de discussion. Dans ce passage, il se demande si une majorité peut légitimement réduire au silence une opinion minoritaire. Il soutient que non, car la censure prive l'humanité entière, que l'opinion soit vraie ou fausse. Nous verrons d'abord le principe, puis l'argument des deux hypothèses.

ConclusionRédiger la conclusionTouche pour voir la correction

À retenir Bilan de la thèse puis portée ou discussion brève.

Démarche
  1. Rédaction possible : Mill établit que la censure est un tort envers tous : elle prive de la vérité ou de sa vivacité. Ce texte fonde le libéralisme de l'opinion ; on peut discuter les limites (propos haineux) que Mill lui-même envisage par le principe de nuisance.

RéponseMill établit que la censure est un tort envers tous : elle prive de la vérité ou de sa vivacité. Ce texte fonde le libéralisme de l'opinion ; on peut discuter les limites (propos haineux) que Mill lui-même envisage par le principe de nuisance.

Piège Piège : ne pas lui faire dire que toutes les opinions se valent ; il dit seulement qu'on n'a pas le droit de les faire taire. Pas de numéro de ligne imprimé.

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