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Bac 2025

Philosophie – Nouvelle-Calédonie 2025 : correction détaillée

Philosophie, 4 heures, coefficient 8 · au choix : 2 dissertations ou 1 explication de texte

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 — L'art n'est-il qu'un loisir ?20 points

Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « L'art n'est-il qu'un loisir ? »Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. « L'art » : ensemble des activités et des œuvres (arts plastiques, musique, littérature, théâtre, cinéma) visant une expérience esthétique ; au sens ancien, techné (savoir-faire). Le sujet porte sur les beaux-arts et leur place dans l'existence.
  2. « Loisir » : temps libéré du travail et des obligations, consacré à des activités choisies pour le plaisir, la détente ou le divertissement. Le mot recouvre deux sens : le loisir moderne (délassement, consommation de divertissements) et le loisir au sens grec (scholè), temps libre consacré à l'étude et à la contemplation, d'où vient « école ».
  3. « n'est-il que » : restriction ; la question est de savoir si l'art se réduit à un passe-temps agréable ou s'il a d'autres fonctions (connaissance, expression, critique, élévation morale, lien social).
  4. Présupposé : il y a une opposition entre le sérieux (travail, devoirs, science) et le loisir (jeu, plaisir). Le sujet invite à examiner si l'art relève de la seconde catégorie seulement.

RéponseQuestion réelle : l'art est-il une simple distraction ou une activité qui engage la vérité, la liberté et le sens de l'existence ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « L'art n'est-il qu'un loisir ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.

Démarche
  1. Difficulté : on va au cinéma, on lit, on écoute de la musique pendant son temps libre et pour se détendre ; l'industrie culturelle est un secteur de loisirs. Cela paraît confirmer que l'art est un divertissement.
  2. Mais l'art a toujours revendiqué des fonctions plus hautes : dire le vrai, éveiller la conscience, exprimer l'indicible, sacraliser, contester. Les œuvres traversent les siècles et ont été censurées, ce qu'on ne fait pas d'un simple passe-temps.
  3. Il faut donc se demander si le fait que l'art se vive dans le temps libre épuise sa nature, et ce que le loisir lui-même signifie.

RéponseProblématique : l'art, parce qu'il est gratuit et plaisant, se réduit-il à un divertissement, ou son rapport au loisir révèle-t-il au contraire sa dimension la plus haute, celle d'une activité libre qui donne sens à l'existence ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : l'art relève du jeu et du divertissementTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, l'art comme jeu libre : Kant, Critique de la faculté de juger, §43 : l'art est distingué du métier ; le premier est libre et se pratique comme un jeu, activité agréable par elle-même, alors que le second est « art mercenaire », désagréable et contraint. L'art est donc tourné vers le plaisir.
  2. Argument 2, le divertissement : Pascal, Pensées (fragment sur le divertissement) : les hommes cherchent à ne pas penser à leur condition ; les spectacles, la chasse, le jeu les en détournent. Platon, République, X : les poètes flattent les passions et distraient de la vérité.
  3. Argument 3, l'industrie culturelle : Adorno et Horkheimer, La Dialectique de la raison (1944) : l'amusement est le prolongement du travail sous le capitalisme tardif ; la culture de masse standardise les œuvres pour distraire et reposer le travailleur afin qu'il retourne au travail. Arendt, La Crise de la culture : la société de loisirs consomme la culture comme un bien parmi d'autres.
  4. Exemple : les plateformes de séries, les jeux vidéo, les playlists consommées en fond sonore.
  5. Transition : Mais réduire l'art à ce qui divertit, c'est ignorer ce que les œuvres font : elles nous apprennent, nous bouleversent, nous engagent.

RéponseOui : l'art relève du jeu et du divertissement

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : l'art est connaissance, expression et engagementTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la connaissance : Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, III : l'art donne accès aux Idées ; Hegel, Esthétique : l'art manifeste sensiblement la vérité de l'esprit ; Proust, Le Temps retrouvé : la littérature est la vraie vie, la seule vie pleinement vécue.
  2. Argument 2, le sens de la vie : Nietzsche, La Volonté de puissance : « nous avons l'art afin de ne pas mourir de la vérité » ; l'art est un stimulant de la vie. Malraux, Les Voix du silence : l'art est un anti-destin.
  3. Argument 3, l'engagement : Sartre, Qu'est-ce que la littérature ? (1948) : écrire est un acte qui dévoile le monde et appelle à le changer. Exemple : Guernica de Picasso (1937) dénonce le bombardement d'une ville ; Les Châtiments de Hugo.
  4. Argument 4, la formation de soi : Schiller, Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme (1795) : c'est par la beauté qu'on va à la liberté ; Dewey, L'Art comme expérience (1934) : l'art est expérience intensifiée de la vie.
  5. Transition : Si l'art est plus qu'un loisir, il l'est dans le loisir : il faut se demander ce que le loisir lui-même signifie.

RéponseNon : l'art est connaissance, expression et engagement

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépassement : le loisir au sens fort, temps de la libertéTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la scholè : Aristote, Politique, VIII, 3 : l'éducation par la musique ne vise ni le nécessaire ni l'utile, mais le loisir noble (diagôgè) ; le loisir est la fin du travail (Éthique à Nicomaque, X, 7). L'art est donc un loisir, au sens le plus élevé : un temps où l'on vit pour soi.
  2. Argument 2, le jeu et l'humanité : Schiller, 15e lettre : « l'homme ne joue que là où il est homme au sens plein du mot, et il n'est tout à fait homme que là où il joue ». Le jeu est la liberté de l'homme face à la nécessité et à la loi.
  3. Argument 3, l'indépendance : Kant, §2 et §5 : le plaisir esthétique est désintéressé ; l'œuvre ne sert à rien et ce défaut d'utilité est le signe de sa liberté.
  4. Argument 4, le danger : la consommation de loisirs pourrait vider l'art de sa puissance ; la culture se distingue du divertissement par l'effort de pensée qu'elle sollicite (Arendt).
  5. Résolution : l'art est un loisir, mais le loisir n'est pas qu'un délassement : il est la sphère de la liberté où l'on s'éprouve comme homme.
  6. Transition : On conclura sur la différence entre se divertir et se cultiver.

RéponseDépassement : le loisir au sens fort, temps de la liberté

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « L'art n'est-il qu'un loisir ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Rédaction possible : Le week-end, on va au cinéma, on feuillette un roman, on écoute de la musique ; l'art accompagne nos moments de détente et paraît n'être qu'un agrément parmi d'autres. Le loisir désigne en effet le temps libre, disponible hors du travail et des contraintes, que l'on consacre à ce qui plaît. Mais l'art n'est-il vraiment que cela ? Les œuvres ont été vénérées, interdites, brûlées, ce que l'on ne fait pas d'un divertissement. Et le mot « loisir » a lui-même eu, chez les Grecs, un sens beaucoup plus noble. La question est donc de savoir si l'art se réduit à un passe-temps ou s'il engage la vérité, la liberté et le sens de l'existence. Nous verrons d'abord ce qui rattache l'art au jeu et au divertissement, puis ce qui l'en distingue, enfin ce que révèle le loisir bien compris.

RéponseLe week-end, on va au cinéma, on feuillette un roman, on écoute de la musique ; l'art accompagne nos moments de détente et paraît n'être qu'un agrément parmi d'autres. Le loisir désigne en effet le temps libre, disponible hors du travail et des contraintes, que l'on consacre à ce qui plaît. Mais l'art n'est-il vraiment que cela ? Les œuvres ont été vénérées, interdites, brûlées, ce que l'on ne fait pas d'un divertissement. Et le mot « loisir » a lui-même eu, chez les Grecs, un sens beaucoup plus noble. La question est donc de savoir si l'art se réduit à un passe-temps ou s'il engage la vérité, la liberté et le sens de l'existence. Nous verrons d'abord ce qui rattache l'art au jeu et au divertissement, puis ce qui l'en distingue, enfin ce que révèle le loisir bien compris.

ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : L'art est bien un loisir, mais il n'est pas qu'un loisir : il relève du temps libre, où il peut distraire, mais il ne s'y réduit pas, car il instruit, bouleverse et engage. Le loisir, compris à la manière des Grecs, est précisément le temps où l'homme accomplit ce qui n'est ni nécessaire ni utile mais le rend humain. C'est pourquoi l'art ne vaut pas par l'utilité qu'on lui prête, mais comme l'une des formes les plus hautes de la liberté. On peut se demander si la société des loisirs de masse ne risque pas de transformer l'art en simple consommation.

RéponseL'art est bien un loisir, mais il n'est pas qu'un loisir : il relève du temps libre, où il peut distraire, mais il ne s'y réduit pas, car il instruit, bouleverse et engage. Le loisir, compris à la manière des Grecs, est précisément le temps où l'homme accomplit ce qui n'est ni nécessaire ni utile mais le rend humain. C'est pourquoi l'art ne vaut pas par l'utilité qu'on lui prête, mais comme l'une des formes les plus hautes de la liberté. On peut se demander si la société des loisirs de masse ne risque pas de transformer l'art en simple consommation.

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que des formules exactes ; sinon, paraphrasez.

Exercice 2 : Sujet 2 — A-t-on à se libérer du passé ?20 points

Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « A-t-on à se libérer du passé ? »Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. « A-t-on à » : tournure du devoir, de l'obligation et de la tâche (avoir à faire quelque chose). Le sujet ne demande pas si l'on peut, mais si l'on doit, ou s'il est nécessaire de se libérer du passé.
  2. « Se libérer » : s'affranchir d'une contrainte, d'une dépendance, d'un poids ; le verbe réfléchi suppose une action de soi sur soi. La liberté est conçue ici comme libération, c'est-à-dire comme rupture d'un lien.
  3. « Le passé » : ce qui n'est plus, mais subsiste par ses effets. Deux acceptions : le passé individuel (souvenirs, enfance, fautes, traumatismes) et le passé collectif (histoire, tradition, héritage, mémoire d'un peuple). Il peut être entendu comme fardeau, mais aussi comme fondement, héritage ou identité.
  4. Article défini « le » : le passé en général, tout le passé, et non tel passé douloureux ; il faut examiner si l'on peut, ou veut, se défaire de ce qui nous a faits.

RéponseQuestion réelle : la liberté exige-t-elle de rompre avec le passé, ou ne se conquiert-elle que par un rapport lucide à ce qui nous a constitués ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « A-t-on à se libérer du passé ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.

Démarche
  1. Difficulté : le passé pèse (traumatismes, rancunes, injustices héritées, traditions pesantes), et l'on pense que la liberté suppose de pouvoir recommencer, innover, ne pas être déterminé par ce qui a été.
  2. Mais on ne peut ni abolir le passé, ni s'en passer : il fait notre identité, notre langue, nos repères ; l'oublier c'est aussi risquer de répéter les erreurs et de trahir les victimes.
  3. Il faut donc distinguer ce que signifie se libérer : rompre, oublier, ou transformer son rapport au passé.

RéponseProblématique : la liberté de l'individu et des peuples exige-t-elle de se délivrer du passé, ou n'est-elle possible qu'en assumant, en comprenant et en transformant ce passé ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : le passé est un poids dont il faut se délivrerTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, l'oubli nécessaire : Nietzsche, Seconde considération inactuelle, « De l'utilité et de l'inconvénient des études historiques pour la vie » (1874) : l'excès d'histoire nuit à la vie ; on peut vivre presque sans souvenir, mais il est impossible de vivre sans oubli. Généalogie de la morale, II, 1 : l'oubli est une force active, une « faculté d'inhibition ».
  2. Argument 2, la rupture avec les préjugés : Descartes, Discours de la méthode, 2e partie : se défaire des opinions reçues dans l'enfance ; Kant, Qu'est-ce que les Lumières ? : sortir de la minorité. Jefferson, lettre à Madison (1789) : « la terre appartient aux vivants » ; une génération ne peut lier les suivantes.
  3. Argument 3, le poids des héritages : Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852) : « la tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants » ; les hommes font leur histoire mais dans des circonstances héritées du passé. Il faut s'en libérer pour inventer.
  4. Argument 4, la répétition : Freud, « Remémoration, répétition et élaboration » (1914) : le névrosé répète le passé au lieu de s'en souvenir ; la guérison consiste à s'en libérer par le travail d'élaboration. Exemples : un traumatisme, une rancune familiale, la servitude héritée.
  5. Transition : Mais se libérer du passé n'est pas l'effacer : la question est de savoir si l'on peut vraiment, et si l'on doit, s'en défaire.

RéponseOui : le passé est un poids dont il faut se délivrer

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : le passé est constitutif et son oubli est dangereuxTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la mémoire est constitutive : Bergson, Matière et mémoire (1896) : le passé se conserve tout entier et survit dans le présent ; l'identité de la personne est durée. Le sujet n'est pas ce qu'il est sans son passé.
  2. Argument 2, la tradition : Gadamer, Vérité et méthode : nous sommes toujours déjà situés dans une tradition ; la compréhension suppose les préjugés hérités. Burke, Réflexions sur la Révolution en France (1790) : la rupture brutale détruit les liens sociaux.
  3. Argument 3, le devoir de mémoire : Santayana, La Vie de la raison : « ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le répéter » ; Adorno, « Que signifie : repenser le passé ? » (1959) : l'élaboration du passé nazi ne peut se dissoudre dans l'oubli. Primo Levi : témoigner pour ne pas oublier.
  4. Argument 4, la justice : oublier le passé, c'est priver les victimes de reconnaissance. Ricœur, La Mémoire, l'histoire, l'oubli : le devoir de mémoire est un devoir de justice envers les victimes.
  5. Exemple : la mémoire de la Shoah, de l'esclavage, de la colonisation.
  6. Transition : Si l'oubli est impossible et injuste, la libération doit prendre une autre forme : transformer le rapport au passé plutôt que le nier.

RéponseNon : le passé est constitutif et son oubli est dangereux

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépassement : se libérer par le passé, non du passéTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, l'élaboration : Freud : le passé n'est pas supprimé, il est élaboré ; on s'en libère en le comprenant, en y reconnaissant ses effets. Se libérer, c'est cesser d'être agi par lui pour pouvoir le choisir.
  2. Argument 2, le pardon : Arendt, Condition de l'homme moderne, §33 : sans le pardon, nous resterions enfermés dans les conséquences de nos actes ; le pardon libère de l'irréversible. Ricœur, épilogue de La Mémoire, l'histoire, l'oubli : le pardon difficile et la mémoire apaisée.
  3. Argument 3, l'existence comme projet : Sartre, L'Être et le néant : l'homme n'est pas ce qu'il a été, il est ce qu'il se fait ; mais il l'est dans la situation où le passé a sa place. La liberté s'exerce toujours à partir d'une facticité.
  4. Argument 4, l'héritage : René Char : « notre héritage n'est précédé d'aucun testament » (cité par Arendt, préface de La Crise de la culture) : l'héritage doit être choisi, interrogé, non reçu passivement.
  5. Résolution : il n'y a pas à se délivrer du passé, mais des chaînes qu'il impose ; on a à se l'approprier, à en répondre et à en tirer les moyens d'agir.
  6. Transition : On conclura sur la liberté comme réappropriation.

RéponseDépassement : se libérer par le passé, non du passé

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « A-t-on à se libérer du passé ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Rédaction possible : On dit parfois qu'il faut « tourner la page », « faire table rase », ne pas rester prisonnier de ses souvenirs ou des fautes de ses aïeux. Le passé est ce qui n'est plus, mais il agit encore par ses effets : traumatismes individuels, injustices héritées, traditions qui s'imposent. Faut-il alors s'en libérer, c'est-à-dire s'en affranchir comme d'une contrainte ? On pense aussi que le passé fait ce que nous sommes et que l'oublier serait se perdre et trahir. La question est donc de savoir si la liberté exige de rompre avec le passé ou si elle n'est possible qu'en l'assumant. Nous verrons d'abord en quoi le passé est un poids dont il faut se délivrer, puis pourquoi il est à la fois constitutif et à ne pas oublier, enfin comment on peut se libérer par le passé plutôt que du passé.

RéponseOn dit parfois qu'il faut « tourner la page », « faire table rase », ne pas rester prisonnier de ses souvenirs ou des fautes de ses aïeux. Le passé est ce qui n'est plus, mais il agit encore par ses effets : traumatismes individuels, injustices héritées, traditions qui s'imposent. Faut-il alors s'en libérer, c'est-à-dire s'en affranchir comme d'une contrainte ? On pense aussi que le passé fait ce que nous sommes et que l'oublier serait se perdre et trahir. La question est donc de savoir si la liberté exige de rompre avec le passé ou si elle n'est possible qu'en l'assumant. Nous verrons d'abord en quoi le passé est un poids dont il faut se délivrer, puis pourquoi il est à la fois constitutif et à ne pas oublier, enfin comment on peut se libérer par le passé plutôt que du passé.

ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : On n'a pas à se libérer du passé, mais à se libérer de la domination qu'il exerce quand il est subi, refoulé ou idéalisé. Le passé est ce qui nous constitue et ce dont nous répondons ; l'oublier serait aussi vain qu'injuste. Mais il peut être élaboré, compris, pardonné, et alors il cesse de nous enchaîner pour devenir un point d'appui. La liberté ne consiste pas à repartir de rien, mais à choisir ce que l'on fait de ce que l'on a reçu. La question demeure de savoir ce que l'on doit au passé collectif, à la mémoire des autres, au-delà de notre histoire personnelle.

RéponseOn n'a pas à se libérer du passé, mais à se libérer de la domination qu'il exerce quand il est subi, refoulé ou idéalisé. Le passé est ce qui nous constitue et ce dont nous répondons ; l'oublier serait aussi vain qu'injuste. Mais il peut être élaboré, compris, pardonné, et alors il cesse de nous enchaîner pour devenir un point d'appui. La liberté ne consiste pas à repartir de rien, mais à choisir ce que l'on fait de ce que l'on a reçu. La question demeure de savoir ce que l'on doit au passé collectif, à la mémoire des autres, au-delà de notre histoire personnelle.

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que des formules exactes ; sinon, paraphrasez.

Exercice 3 : Sujet 3 — Explication de texte (Platon, La République (livre II))20 points

Explication de texte au choix : thèse, structure, lecture pas à pas, enjeux, introduction et conclusion rédigées.

ThèseDégager la thèse et le problème du texteTouche pour voir la correction

À retenir Une explication commence par la thèse (la réponse de l'auteur) et par le problème qu'elle résout.

Démarche
  1. Thèse (objection d'Adimante) : personne n'est juste de son plein gré ; on blâme l'injustice par impuissance, on loue la justice pour ses récompenses.
  2. Problème : la justice est-elle désirable pour elle-même, ou seulement pour ses conséquences (réputation, honneurs, gratifications) ?
  3. Argument : aucun poète ni orateur n'a montré ce que la justice et l'injustice font dans l'âme.
  4. Enjeu : fonder la justice sur sa valeur intrinsèque ; si on l'avait enseignée ainsi, chacun serait son propre gardien.

RéponsePar la voix d'Adimante, Platon fait soutenir que nul n'est juste volontairement et que l'on n'a jamais loué la justice que pour ses avantages extérieurs ; il demande qu'on montre ce que la justice et l'injustice sont en elles-mêmes dans l'âme.

StructureDégager la structure et le mouvement du texteTouche pour voir la correction

À retenir Découper le texte en étapes logiques et dire ce que chacune fait avancer dans l'argumentation.

Démarche
  1. Première étape (« Mis à part... qu'il en aille ainsi, c'est clair ») : constat. Hormis ceux qu'un « naturel divin » dégoûte de l'injustice ou qu'un savoir en éloigne, personne n'est juste « de son plein gré » ; si l'on blâme l'injustice, c'est que la faiblesse (« le manque de courage, la vieillesse ») rend impuissant à la commettre.
  2. Deuxième étape (« Car le premier... capable ») : preuve. Celui qui, étant faible, blâme l'injustice sera « le premier à commettre l'injustice » si on lui en donne le moyen, autant qu'il en sera capable. L'injustice se retient par impuissance, non par vertu.
  3. Troisième étape (« Et la cause de tout cela... gratifications qui en découlent ») : accusation des éducateurs. Tous les « propagateurs de la justice », des héros anciens aux poètes, n'ont loué la justice ou blâmé l'injustice que pour « les réputations, les honneurs et les gratifications qui en découlent ».
  4. Quatrième étape (« Ce qu'elles réalisent... l'injustice ») : exigence de démonstration. Personne n'a montré ce que chacune fait « dans l'âme où elles sont présentes, cachées aux yeux des dieux et des hommes » : l'injustice est le plus grand des maux de l'âme, la justice le plus grand bien. Si on l'avait enseigné dès l'enfance, « chacun serait pour lui-même son propre gardien ».

RéponseMouvement : constat pessimiste, preuve par la puissance, mise en cause de l'éducation, défi lancé à Socrate.

LectureExplication pas à pas : idées, notions, arguments et citations à expliquerTouche pour voir la correction

À retenir Expliquer, c'est éclaircir les notions et les liens logiques en citant le texte, non le paraphraser.

Démarche
  1. « Mis à part ceux qu'un naturel divin dégoûte de l'injustice » : exceptions rarissimes, du côté de la nature (un naturel exceptionnel) ou du savoir (le philosophe) ; la vertu commune est donc une apparence.
  2. « de son plein gré » : la justice volontaire, par adhésion et non par contrainte ; Adimante soutient que la justice commune est contrainte (crainte du châtiment).
  3. « le manque de courage, la vieillesse, ou quelque autre faiblesse » : l'impuissance, principe de la loyauté ; la justice n'est que le nom de la faiblesse (thèse que Glaucon a déjà développée avec l'anneau de Gygès, 359c-360d).
  4. « lui en donne-t-on le moyen, sera le premier à commettre l'injustice » : l'expérience de pensée de la possibilité d'impunité ; elle révèle la vraie préférence de chacun.
  5. « mon frère et moi » : Adimante parle avec Glaucon ; les deux frères reprennent le défi de Thrasymaque (livre I) et le lancent à Socrate.
  6. « les réputations, les honneurs et les gratifications » : tous les discours moraux se fondent sur les conséquences, donc sur l'apparence et l'intérêt, non sur la justice elle-même.
  7. « cachées aux yeux des dieux et des hommes » : la condition de l'épreuve ; pour juger la justice en elle-même, il faut la penser sans témoin ni récompense.
  8. « le plus grand des maux que l'âme renferme en elle-même » : renversement ; le mal de l'injustice est interne, c'est une maladie de l'âme (à développer par Socrate, République IV, 444c-e).

RéponsePas à pas : l'exception rarissime (naturel divin ou savoir), puis la justice commune réduite à une impuissance à nuire, l'épreuve de l'impunité, l'accusation des éducateurs qui ne louent que les conséquences, enfin le défi : montrer ce que justice et injustice font dans l'âme ; si on l'avait enseigné dès l'enfance, « chacun serait pour lui-même son propre gardien ».

EnjeuxQuels sont l'enjeu et l'intérêt philosophique du texte ?Touche pour voir la correction

À retenir L'intérêt d'un texte se dégage en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.

Démarche
  1. Enjeu moral : la justice est-elle un bien en soi ou un moyen d'obtenir d'autres biens ? Glaucon distingue les biens désirés pour eux-mêmes, pour leurs effets, et pour les deux (République, II, 357b-358a). Le texte exige que la justice soit montrée comme un bien en soi.
  2. Enjeu éducatif : la morale enseignée par récompenses et punitions forme des calculateurs ; une éducation vraie doit faire aimer la justice. Lien avec la critique platonicienne des poètes (République, II-III).
  3. Réponse de Socrate : la justice est l'harmonie des parties de l'âme, santé de l'âme (livre IV) ; l'homme injuste est malade et malheureux (livre IX).
  4. Discussion : Hobbes et le contractualisme font de la justice un produit de la peur ; Kant distingue la légalité (conforme au devoir) de la moralité (par devoir) ; Épicure fait de l'injustice un mal par la crainte du châtiment (Maximes capitales, XXXIV). Rousseau voit dans la conscience un « instinct divin ».

RéponseEnjeu : la justice est-elle un bien en soi ou seulement un moyen d'obtenir réputation et récompenses, et sur quoi fonder l'éducation morale ? Limite : le texte est une objection volontairement radicale, à attribuer à Adimante et non à Platon, que Socrate réfute.

IntroductionRédiger l'introduction de l'explicationTouche pour voir la correction

À retenir Introduction : situer l'auteur et le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : Pourquoi être juste, lorsque personne ne voit et que l'on ne risque aucune sanction ? Cette question, au cœur de la morale, est posée avec une force singulière au livre II de La République de Platon. Adimante, frère de Glaucon, y reprend à son compte la thèse que la justice n'est que la loi du plus faible et que les discours qui la louent ne le font que pour ses avantages. Le problème est donc de savoir si la justice peut être désirable pour elle-même, indépendamment de ses récompenses. Adimante soutient que nul n'est juste volontairement et que personne n'a montré ce que justice et injustice font dans l'âme ; il demande à Socrate de le démontrer. Nous verrons d'abord ce constat et sa preuve, puis l'accusation portée contre les éducateurs, enfin le défi lancé à la philosophie.

RéponsePourquoi être juste, lorsque personne ne voit et que l'on ne risque aucune sanction ? Cette question, au cœur de la morale, est posée avec une force singulière au livre II de La République de Platon. Adimante, frère de Glaucon, y reprend à son compte la thèse que la justice n'est que la loi du plus faible et que les discours qui la louent ne le font que pour ses avantages. Le problème est donc de savoir si la justice peut être désirable pour elle-même, indépendamment de ses récompenses. Adimante soutient que nul n'est juste volontairement et que personne n'a montré ce que justice et injustice font dans l'âme ; il demande à Socrate de le démontrer. Nous verrons d'abord ce constat et sa preuve, puis l'accusation portée contre les éducateurs, enfin le défi lancé à la philosophie.

ConclusionRédiger la conclusion de l'explicationTouche pour voir la correction

À retenir Bilan de la thèse établie, puis portée ou discussion brève.

Démarche
  1. Rédaction possible : En prêtant à Adimante ce réquisitoire, Platon oblige la philosophie à relever le défi : on ne peut louer la justice par ses seuls effets, il faut prouver qu'elle est un bien de l'âme et que l'injustice en est le pire mal. La force de la thèse adverse est la condition du progrès de la démonstration socratique. Le texte pose ainsi la question qui structure toute la morale : peut-on fonder la justice sans recourir à la récompense ou à la sanction, dans l'autonomie d'une conscience convaincue de sa valeur ?

RéponseEn prêtant à Adimante ce réquisitoire, Platon oblige la philosophie à relever le défi : on ne peut louer la justice par ses seuls effets, il faut prouver qu'elle est un bien de l'âme et que l'injustice en est le pire mal. La force de la thèse adverse est la condition du progrès de la démonstration socratique. Le texte pose ainsi la question qui structure toute la morale : peut-on fonder la justice sans recourir à la récompense ou à la sanction, dans l'autonomie d'une conscience convaincue de sa valeur ?

Vérification Le sujet imprimé ne nomme pas le locuteur : c'est Adimante, qui parle de « mon frère » (Glaucon) et prend la parole après lui au livre II de La République (discours d'Adimante, 362d-367e).

Piège Piège : ne pas attribuer à Platon la thèse d'Adimante ; c'est l'objection à laquelle Socrate répond. Le texte ne comporte pas de numéros de ligne : ne pas en citer. Ne pas confondre Adimante et Glaucon (le « mon frère » désigne Glaucon).

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