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Bac 2025

Philosophie – Polynésie 2025 (remplacement) : correction détaillée

Philosophie, 4 heures, coefficient 8 · au choix : 2 dissertations ou 1 explication de texte

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Sujet 1 — Faut-il toujours faire son devoir ?20 points

Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Faut-il toujours faire son devoir ? »Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. « Faut-il » : question de nécessité et d'obligation (normative) ; non pas ce qu'on fait, mais ce que l'on doit faire. Elle interroge donc la force de la norme.
  2. « Toujours » : sans exception, quelles que soient les circonstances et les conséquences. Le sujet porte sur le caractère absolu du devoir, c'est-à-dire sa possible mise en conflit avec d'autres exigences (le bonheur, l'amour, la justice, la vie).
  3. « Faire » : agir effectivement ; non pas avoir l'intention, ni savoir ce qui est dû, mais passer à l'acte. L'écart entre savoir et faire est la place de la volonté.
  4. « Son devoir » : ce que l'on est tenu de faire. Le possessif (« son ») indique un devoir propre à la situation de chacun (devoir d'état : parent, soldat, citoyen), à distinguer du devoir moral universel qui vaut pour tout être raisonnable. Le devoir peut être moral, juridique, professionnel, social.

RéponseQuestion réelle : l'obligation morale est-elle absolue, ou peut-on parfois (voire doit-on) y déroger au nom de ce qui est juste, bon ou raisonnable ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Faut-il toujours faire son devoir ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.

Démarche
  1. Difficulté : l'idée même de devoir exclut l'exception. Un devoir qui supporterait des exceptions ne serait plus un devoir mais un conseil.
  2. Mais l'expérience morale connaît les conflits de devoirs (rester auprès d'une mère ou rejoindre la Résistance), les devoirs imposés par des institutions injustes, et le fanatisme de qui fait son devoir sans discernement.
  3. Il faut donc se demander ce que signifie « faire son devoir » : appliquer une règle ou juger ce que la règle exige ici ?

RéponseProblématique : le devoir est-il une exigence inconditionnelle à laquelle on ne peut déroger, ou faut-il, pour bien faire son devoir, exercer un jugement qui peut en suspendre la lettre ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : le devoir est une exigence inconditionnelleTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, le devoir comme impératif catégorique : Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, sections I et II : seule la bonne volonté est bonne sans restriction ; une action n'a de valeur morale que si elle est faite par devoir, c'est-à-dire par respect pour la loi. L'impératif catégorique commande sans condition : « agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle ».
  2. Argument 2, le danger de l'exception : Kant, Sur un prétendu droit de mentir par humanité (1797) : si l'on s'autorise des exceptions, chacun fera la sienne et la règle perdra toute force. Le devoir de véracité vaut même face au meurtrier.
  3. Argument 3, la stabilité sociale : sans devoirs tenus, pas de confiance (promesse, serment, loyauté professionnelle). Cicéron, Des devoirs, I : l'honnête est ce qui oblige quel que soit l'avantage.
  4. Exemple : un juge ne peut accepter qu'on acquitte un ami ; un médecin soigne l'ennemi blessé.
  5. Transition : Mais l'absolutisme du devoir soulève une objection : que faire quand deux devoirs s'opposent, ou quand l'application aveugle de la règle produit un mal ?

RéponseOui : le devoir est une exigence inconditionnelle

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : les conflits de devoirs et les dangers de l'obéissance aveugleTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, le conflit de devoirs : Sartre, L'existentialisme est un humanisme (1946) : l'élève partagé entre rester auprès de sa mère et rejoindre les Forces françaises libres ; aucune morale générale ne peut trancher. Antigone et Créon (Sophocle) : devoir envers la famille et les dieux contre devoir envers la cité ; Hegel y voit le conflit tragique de deux droits.
  2. Argument 2, la critique de Kant : Benjamin Constant, Des réactions politiques (1796) : dire la vérité n'est un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité ; Kant soutient que cette exception détruirait le devoir lui-même, mais Constant montre qu'un principe sans médiation devient inapplicable.
  3. Argument 3, l'éthique de responsabilité : Weber, Le Savant et le politique (1919) : l'éthique de conviction (je fais mon devoir quoi qu'il arrive) doit être complétée par l'éthique de responsabilité, qui répond des conséquences prévisibles de ses actes.
  4. Argument 4, le devoir dévoyé : Arendt, Eichmann à Jérusalem (1963) : Eichmann prétend avoir fait son devoir, ce que Kant n'aurait jamais admis, car la maxime doit pouvoir être voulue universellement. Le devoir peut être l'alibi de l'absence de pensée. Bergson (Les Deux Sources, chap. I) montre que l'obligation sociale peut être une pression de la société close.
  5. Transition : Si le devoir ne peut s'appliquer mécaniquement, il ne s'ensuit pas qu'il faille le renier : la question est celle du jugement par lequel on discerne ce qu'il exige.

RéponseNon : les conflits de devoirs et les dangers de l'obéissance aveugle

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Faire son devoir, c'est juger : le devoir exige la sagesse pratiqueTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la prudence : Aristote, Éthique à Nicomaque, VI : la phronesis est la capacité de discerner dans chaque situation ce qu'il faut faire ; la règle générale ne suffit pas, il faut « la droite règle » appliquée au cas.
  2. Argument 2, les devoirs imparfaits : Kant lui-même, dans la Doctrine de la vertu, reconnaît pour les devoirs de vertu une « latitude » (devoirs larges) ; ils ne prescrivent pas des actions précises mais des maximes.
  3. Argument 3, la sagesse pratique : Ricœur, Soi-même comme un autre, neuvième étude : devant les conflits, la visée éthique, la norme et la sagesse pratique doivent être articulées ; le jugement moral en situation arbitre.
  4. Argument 4, le devoir de résister : le droit de désobéissance, le refus de l'ordre illégitime (Thoreau, La Désobéissance civile) ; le vrai devoir peut être de ne pas faire son « devoir » d'état.
  5. Résolution : il faut toujours faire son devoir, à condition de comprendre que le devoir moral est ce qu'exige l'humanité en autrui et en soi, ce qui demande discernement, courage et responsabilité.
  6. Transition : La conclusion articulera l'universalité du devoir et la singularité de la situation.

RéponseFaire son devoir, c'est juger : le devoir exige la sagesse pratique

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Faut-il toujours faire son devoir ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Rédaction possible : « J'ai fait mon devoir » : la formule clôt toute discussion et absout celui qui la prononce. Le devoir est ce que l'on est tenu de faire, indépendamment de ce qu'on désire ou de ce qu'on y gagne ; il se présente comme une obligation sans condition. Faut-il alors toujours le faire ? Cela revient à demander si l'exigence morale est absolue ou si elle peut céder devant d'autres exigences, comme dans les cas où deux devoirs se contredisent ou lorsque l'obéissance conduit au pire. Nous nous demanderons si faire son devoir consiste à appliquer une règle ou à juger ce que la règle demande ici et maintenant. Nous verrons d'abord en quoi le devoir est une exigence inconditionnelle, puis les raisons d'y déroger, enfin comment le devoir exige un jugement.

Réponse« J'ai fait mon devoir » : la formule clôt toute discussion et absout celui qui la prononce. Le devoir est ce que l'on est tenu de faire, indépendamment de ce qu'on désire ou de ce qu'on y gagne ; il se présente comme une obligation sans condition. Faut-il alors toujours le faire ? Cela revient à demander si l'exigence morale est absolue ou si elle peut céder devant d'autres exigences, comme dans les cas où deux devoirs se contredisent ou lorsque l'obéissance conduit au pire. Nous nous demanderons si faire son devoir consiste à appliquer une règle ou à juger ce que la règle demande ici et maintenant. Nous verrons d'abord en quoi le devoir est une exigence inconditionnelle, puis les raisons d'y déroger, enfin comment le devoir exige un jugement.

ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : Il faut toujours faire son devoir, car un devoir dont on se dispenserait selon les circonstances ne serait plus qu'une préférence. Mais faire son devoir n'est pas obéir mécaniquement : c'est discerner ce qu'exige l'humanité dans une situation donnée, parfois contre la règle établie ou l'ordre reçu, comme l'ont montré les conflits de devoirs et le cas d'Eichmann. Le devoir est donc à la fois universel dans son principe et singulier dans son application, et il suppose la sagesse pratique. On pourrait alors se demander si la conscience qui juge ainsi ne retrouve pas la voix que Rousseau appelait « instinct divin ».

RéponseIl faut toujours faire son devoir, car un devoir dont on se dispenserait selon les circonstances ne serait plus qu'une préférence. Mais faire son devoir n'est pas obéir mécaniquement : c'est discerner ce qu'exige l'humanité dans une situation donnée, parfois contre la règle établie ou l'ordre reçu, comme l'ont montré les conflits de devoirs et le cas d'Eichmann. Le devoir est donc à la fois universel dans son principe et singulier dans son application, et il suppose la sagesse pratique. On pourrait alors se demander si la conscience qui juge ainsi ne retrouve pas la voix que Rousseau appelait « instinct divin ».

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que ce dont vous êtes sûr.

Exercice 2 : Sujet 2 — Ne travaille-t-on que pour vivre ?20 points

Dissertation au choix : analyse du sujet, problématique, plan détaillé avec références, introduction et conclusion rédigées.

AnalyseAnalyser les termes du sujet : « Ne travaille-t-on que pour vivre ? »Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse de chaque terme, de ses sens possibles et des présupposés de la question ; sans cela, on tombe dans le hors-sujet.

Démarche
  1. « Travailler » : activité de transformation de la nature ou de production de services pour satisfaire des besoins, généralement contraignante, pénible, rémunérée. À distinguer du loisir, du jeu, de l'œuvre (Arendt : labeur, œuvre, action).
  2. « Vivre » : sens biologique (subsister, satisfaire ses besoins vitaux) et sens plein (mener une vie humaine, bonne et digne). Tout le sujet joue sur cet écart.
  3. « Ne... que » : restriction ; la question demande si la survie est la seule fin du travail. Les autres fins possibles : la reconnaissance, l'utilité sociale, l'accomplissement de soi, la maîtrise de la nature, le devoir, l'argent comme puissance.
  4. « On » : la généralité ; tous les travailleurs, quel que soit leur métier ou condition, ou bien l'homme en général. Les motifs peuvent varier selon qu'on est libre ou contraint.

RéponseQuestion réelle : le travail est-il seulement un moyen de la vie biologique ou aussi une dimension de la vie proprement humaine ?

ProblématiqueFormuler la problématique du sujet « Ne travaille-t-on que pour vivre ? »Touche pour voir la correction

À retenir La problématique transforme la question en difficulté : elle montre pourquoi la réponse spontanée ne suffit pas et ce qui est réellement en jeu.

Démarche
  1. Difficulté : le travail est d'abord une nécessité : sans travail, pas de subsistance. On peut même penser que, libres de besoins, nous ne travaillerions pas.
  2. Pourtant, les riches travaillent, les retraités s'ennuient, les chômeurs souffrent d'un manque de reconnaissance : le travail répond à autre chose que la survie.
  3. Il faut déterminer ce que le travail ajoute à la vie biologique : la transformation de soi, le lien social, le sens.

RéponseProblématique : le travail est-il le simple moyen de la vie ou une activité par laquelle l'homme se fait homme et prend place parmi les autres ?

Partie 1Plan détaillé : partie 1 — Oui : le travail est une nécessité vitaleTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la nécessité : Genèse, 3, 19 : l'homme mangera son pain à la sueur de son visage ; le travail est la malédiction qui répond à la condition mortelle. Arendt, Condition de l'homme moderne : le labeur (labor) correspond au processus biologique du corps ; il est cyclique et vise la seule subsistance.
  2. Argument 2, l'aliénation : Marx, Manuscrits de 1844 : le travail aliéné est extérieur au travailleur ; il n'est que le moyen de satisfaire des besoins extérieurs à lui, « on fuit le travail comme la peste » dès que la contrainte cesse. Travail salarié et capital : l'ouvrier ne travaille que pour gagner de quoi vivre ; la vie commence pour lui où cesse le travail.
  3. Argument 3, la hiérarchie : Aristote, Politique, I et Éthique à Nicomaque, X : on travaille pour avoir du loisir ; le travail est subordonné à la vie bonne. Les travaux nécessaires sont confiés aux esclaves.
  4. Exemple : l'ouvrier à la chaîne qui ne tient que par le salaire ; l'homme qui cesserait de travailler s'il gagnait au loto.
  5. Transition : Cette réponse vaut pour le travail contraint ; mais elle ne dit pas pourquoi l'on travaille encore lorsqu'on n'y est pas contraint, ni ce que le travail fait de nous.

RéponseOui : le travail est une nécessité vitale

Partie 2Plan détaillé : partie 2 — Non : le travail est aussi accomplissement et lien socialTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, la formation de soi : Hegel, Phénoménologie de l'esprit, maîtrise et servitude : « le travail est désir réfréné, disparition retardée » ; en travaillant, l'esclave transforme la chose et se transforme lui-même, il accède à la conscience de soi.
  2. Argument 2, l'essence humaine : Marx, Manuscrits de 1844 et Le Capital, I : l'araignée et l'abeille font des œuvres, mais le pire architecte se distingue de la meilleure abeille en ce qu'il construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le travail est l'être générique de l'homme.
  3. Argument 3, le lien social : Durkheim, De la division du travail social : la division du travail crée une solidarité organique ; chacun dépend des autres. Le travail donne une place et une reconnaissance sociale (Honneth).
  4. Argument 4, le sens : Voltaire, Candide, chap. 30 : « le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin ». Freud, Le Malaise dans la culture : le travail lie l'individu à la réalité et à la communauté, mais la plupart des hommes ne travaillent que contraints.
  5. Exemple : l'artisan, le chercheur, le bénévole travaillent sans y être contraints ; la souffrance des chômeurs de longue durée tient aussi à la perte de statut.
  6. Transition : Si le travail a un sens humain, il ne l'a pas toujours : ce qui le rend formateur ou aliénant tient à ses conditions.

RéponseNon : le travail est aussi accomplissement et lien social

Partie 3Plan détaillé : partie 3 — Dépassement : le travail est nécessaire mais ne se réduit pas à la nécessitéTouche pour voir la correction

À retenir Chaque partie défend une thèse avec des arguments, des auteurs (œuvre précise) et des exemples, puis se termine par une transition qui amène la partie suivante.

Démarche
  1. Argument 1, nécessité et liberté : Marx, Le Capital, livre III : le règne de la liberté ne commence que là où cesse le travail déterminé par la nécessité ; mais la nécessité elle-même doit être maîtrisée collectivement.
  2. Argument 2, le contact avec le réel : Simone Weil, La Condition ouvrière et L'Enracinement : le travail physique est un contact avec le réel et peut être un lieu de dignité si l'on y pense ; il doit être organisé de façon que l'ouvrier y reconnaisse le sens de sa tâche.
  3. Argument 3, la distinction des fins : on travaille pour vivre, c'est la condition ; mais on peut aussi vivre pour travailler, ou travailler pour bien vivre. La question est moins de savoir pourquoi on travaille que dans quelles conditions le travail est humain.
  4. Résolution : le travail est d'abord une nécessité, mais l'homme ne peut s'y réduire ; il y cherche la reconnaissance, la transformation de soi et le lien aux autres, ce que le travail aliéné refuse.
  5. Transition : On conclura sur les conditions d'un travail humain.

RéponseDépassement : le travail est nécessaire mais ne se réduit pas à la nécessité

IntroductionRédiger l'introduction du sujet « Ne travaille-t-on que pour vivre ? »Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, analyse des termes, problème, problématique, annonce du plan (sans en donner les conclusions).

Démarche
  1. Rédaction possible : Chaque matin, des millions de personnes partent travailler. Si on leur demandait pourquoi, la plupart répondraient d'abord : « pour gagner ma vie ». Le travail est en effet l'activité par laquelle on transforme la nature ou on rend des services pour satisfaire des besoins, et la vie biologique l'exige. Mais ne travaille-t-on que pour cela ? Les riches travaillent encore, les chômeurs se sentent diminués, l'artisan aime son ouvrage : vivre ne se réduit pas à survivre. La question est donc de savoir si le travail est seulement un moyen de la vie biologique ou aussi une dimension de la vie humaine. Nous verrons d'abord que le travail répond à une nécessité vitale, puis qu'il est aussi accomplissement de soi et lien social, enfin à quelles conditions il devient vraiment humain.

RéponseChaque matin, des millions de personnes partent travailler. Si on leur demandait pourquoi, la plupart répondraient d'abord : « pour gagner ma vie ». Le travail est en effet l'activité par laquelle on transforme la nature ou on rend des services pour satisfaire des besoins, et la vie biologique l'exige. Mais ne travaille-t-on que pour cela ? Les riches travaillent encore, les chômeurs se sentent diminués, l'artisan aime son ouvrage : vivre ne se réduit pas à survivre. La question est donc de savoir si le travail est seulement un moyen de la vie biologique ou aussi une dimension de la vie humaine. Nous verrons d'abord que le travail répond à une nécessité vitale, puis qu'il est aussi accomplissement de soi et lien social, enfin à quelles conditions il devient vraiment humain.

ConclusionRédiger la conclusion de la dissertationTouche pour voir la correction

À retenir La conclusion répond à la problématique par un bilan (sans répéter le devoir) et ouvre brièvement sur un prolongement.

Démarche
  1. Rédaction possible : On ne travaille pas que pour vivre : le travail est la réponse à la nécessité, mais il est aussi l'activité par laquelle l'homme se transforme, se fait reconnaître et participe à un monde commun. Cette dimension n'est pas garantie : un travail aliéné réduit l'homme à ses besoins, quand un travail pensé et reconnu l'élève. La question n'est donc pas seulement celle des raisons de travailler, mais celle des conditions d'un travail humain, d'où la réflexion actuelle sur le sens du travail et sur son partage.

RéponseOn ne travaille pas que pour vivre : le travail est la réponse à la nécessité, mais il est aussi l'activité par laquelle l'homme se transforme, se fait reconnaître et participe à un monde commun. Cette dimension n'est pas garantie : un travail aliéné réduit l'homme à ses besoins, quand un travail pensé et reconnu l'élève. La question n'est donc pas seulement celle des raisons de travailler, mais celle des conditions d'un travail humain, d'où la réflexion actuelle sur le sens du travail et sur son partage.

Piège Piège : les références sont des repères à reformuler avec vos propres mots ; ne les plaquez pas sans les relier à la question posée, et ne citez entre guillemets que ce dont vous êtes sûr.

Exercice 3 : Sujet 3 — Explication de texte (J.-J. Rousseau, Lettre à Christophe de Beaumont (1763))20 points

Explication de texte au choix : thèse, structure, lecture pas à pas, enjeux, introduction et conclusion rédigées.

ThèseDégager la thèse et le problème du texteTouche pour voir la correction

À retenir Une explication commence par la thèse (la réponse de l'auteur) et par le problème qu'elle résout.

Démarche
  1. Thèse : « l'une des acquisitions de l'homme, et même des plus lentes, est la raison ».
  2. Problème : la raison est-elle innée ou acquise ? Peut-on compter sur elle sans éducation ?
  3. Argument : apprendre à raisonner demande des comparaisons innombrables ; l'homme isolé et occupé de ses besoins n'y arrive pas.
  4. Enjeu : la raison est un produit de l'éducation et de la société, non un don de la nature.

RéponseRousseau soutient que la raison n'est pas donnée toute formée à l'homme : elle est une acquisition lente, qui exige un long apprentissage et le secours de la société ; l'homme isolé n'y parvient pas.

StructureDégager la structure et le mouvement du texteTouche pour voir la correction

À retenir Découper le texte en étapes logiques et dire ce que chacune fait avancer dans l'argumentation.

Démarche
  1. Première étape (« Vous supposez... mettre en œuvre ») : réfutation de l'adversaire. Rousseau s'adresse à ceux qui supposent que « l'homme apporte avec lui sa raison toute formée, et qu'il ne s'agit que de la mettre en œuvre ». Il oppose un « Or cela n'est pas vrai » catégorique.
  2. Deuxième étape (« car l'une des acquisitions... si intéressant ») : thèse positive et explication. La raison est « une des acquisitions de l'homme, et même des plus lentes ». Par l'analogie de la vue, Rousseau montre que l'esprit apprend à voir comme le corps, mais plus lentement, pour deux raisons : les rapports intellectuels ne se mesurent pas comme l'étendue (ils ne se trouvent que par estimation), et les besoins physiques détournent l'attention de ces objets.
  3. Troisième étape (« Il faut apprendre... d'ordre ») : énumération des opérations. Il faut apprendre à voir deux objets à la fois, à les comparer, à comparer en grand nombre, à remonter aux causes et à les suivre dans leurs effets ; il faut avoir « combiné des infinités de rapports » pour acquérir les idées de convenance, de proportion, d'harmonie et d'ordre.
  4. Quatrième étape (« L'homme qui, privé du secours... raison ») : conclusion. L'homme isolé, privé de ses semblables et occupé à ses besoins, est réduit à la seule marche de ses idées et fait un progrès lent : il vieillit et meurt « avant d'être sorti de l'enfance de la raison ».

RéponseMouvement : réfutation, explication par l'analogie, analyse du processus, conséquence sur l'homme isolé.

LectureExplication pas à pas : idées, notions, arguments et citations à expliquerTouche pour voir la correction

À retenir Expliquer, c'est éclaircir les notions et les liens logiques en citant le texte, non le paraphraser.

Démarche
  1. « sa raison toute formée » : l'innéisme, tenu par ceux qui « traitent de ces matières » ; Descartes pose au début du Discours que le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. Rousseau conteste que la raison soit un donné actualisé.
  2. « acquisitions » : le vocabulaire du gain ; la raison est un acquis, non un don. Elle suppose du temps, de l'effort, des occasions.
  3. « voir des yeux de l'esprit ainsi que des yeux du corps » : analogie entre vue physique et vue intellectuelle ; mais l'apprentissage de la seconde est « bien plus long ».
  4. « les rapports des objets intellectuels ne se mesurant pas comme l'étendue, ne se trouvent que par estimation » : les objets sensibles se mesurent ; les rapports intellectuels (justice, ordre, cause) exigent une comparaison, donc un jugement patient.
  5. « nos premiers besoins, nos besoins physiques » : la priorité du corps explique le retard de l'esprit ; la nécessité détourne de l'examen.
  6. « il faut apprendre à... il faut apprendre à... » : l'anaphore souligne la longueur de l'apprentissage et la diversité des opérations (comparer, remonter aux causes, suivre les effets).
  7. « des idées de convenance, de proportion, d'harmonie et d'ordre » : les idées rationnelles par excellence, qui permettent de juger ; elles ne se donnent pas dans la sensation seule.
  8. « privé du secours de ses semblables » : la raison est sociale ; sans autrui (langage, enseignement, comparaison des points de vue), l'homme reste dans l'enfance de la raison.

Réponse« avant d'être sorti de l'enfance de la raison » : image d'une raison qui reste enfant, par défaut de culture ; lien avec la perfectibilité décrite dans le Discours sur l'origine de l'inégalité.

EnjeuxQuels sont l'enjeu et l'intérêt philosophique du texte ?Touche pour voir la correction

À retenir L'intérêt d'un texte se dégage en le situant dans le débat : ce qu'il réfute, ce qu'il fonde, ses limites.

Démarche
  1. Enjeu épistémologique : contre l'innéisme cartésien et la raison universelle immédiate, Rousseau soutient que la raison est un produit de l'histoire de l'individu et de l'espèce. Locke avait refusé les idées innées (Essai sur l'entendement humain, I) ; Rousseau en tire une conséquence sociale.
  2. Enjeu pédagogique : l'éducation ne consiste pas à mettre en œuvre une raison déjà là, mais à permettre son développement graduel (Émile : ne pas raisonner avec les enfants avant l'âge de raison). D'où la condamnation des méthodes qui exigent trop tôt de la raison.
  3. Enjeu anthropologique : l'homme est perfectible ; la raison naît du besoin, de la comparaison et de la vie commune. Kant (Idée d'une histoire universelle, deuxième proposition) soutient de même que la raison ne se développe pleinement que dans l'espèce, non dans l'individu.
  4. Discussion : si la raison est acquise, est-elle universelle ? Elle est universelle par sa capacité, non par son exercice ; l'inégalité des conditions d'éducation explique l'inégalité des raisons. Limite : Rousseau suppose une capacité originaire de raison, sans laquelle l'apprentissage ne serait pas possible.

RéponseIntérêt : le texte rappelle que la raison n'est pas un don mais une conquête sociale et éducative.

IntroductionRédiger l'introduction de l'explicationTouche pour voir la correction

À retenir Introduction : situer l'auteur et le texte, énoncer le problème, donner la thèse, annoncer le mouvement.

Démarche
  1. Modèle d'ouverture : On dit couramment que la raison est ce qui distingue l'homme de l'animal, comme si chacun naissait avec elle. Dans la Lettre à Christophe de Beaumont (1763), Rousseau répond à l'archevêque de Paris qui avait condamné l'Émile ; il y défend sa conception de l'éducation. Dans ce passage, il s'oppose à ceux qui supposent que l'homme apporte sa raison toute formée. La question est de savoir si la raison est un donné ou une acquisition, et quelles en sont les conditions. Rousseau soutient qu'elle est l'une des acquisitions les plus lentes de l'homme et qu'elle suppose l'aide d'autrui. Nous verrons d'abord sa réfutation de l'innéisme, puis l'analyse du long apprentissage, enfin la conséquence sur l'homme isolé.

RéponseOn dit couramment que la raison est ce qui distingue l'homme de l'animal, comme si chacun naissait avec elle. Dans la Lettre à Christophe de Beaumont (1763), Rousseau répond à l'archevêque de Paris qui avait condamné l'Émile ; il y défend sa conception de l'éducation. Dans ce passage, il s'oppose à ceux qui supposent que l'homme apporte sa raison toute formée. La question est de savoir si la raison est un donné ou une acquisition, et quelles en sont les conditions. Rousseau soutient qu'elle est l'une des acquisitions les plus lentes de l'homme et qu'elle suppose l'aide d'autrui. Nous verrons d'abord sa réfutation de l'innéisme, puis l'analyse du long apprentissage, enfin la conséquence sur l'homme isolé.

ConclusionRédiger la conclusion de l'explicationTouche pour voir la correction

À retenir Bilan de la thèse établie, puis portée ou discussion brève.

Démarche
  1. Rédaction possible : Rousseau établit que la raison n'est pas une faculté prête à servir, mais un apprentissage long et fragile, qui demande les comparaisons, le temps et le secours d'autrui. L'homme isolé, accaparé par ses besoins, reste dans l'enfance de la raison. Ce texte fonde une pédagogie de la patience et une anthropologie de la perfectibilité. Il invite aussi à se demander ce que la société doit à chacun pour que cette conquête ne soit pas réservée à quelques-uns.

RéponseRousseau établit que la raison n'est pas une faculté prête à servir, mais un apprentissage long et fragile, qui demande les comparaisons, le temps et le secours d'autrui. L'homme isolé, accaparé par ses besoins, reste dans l'enfance de la raison. Ce texte fonde une pédagogie de la patience et une anthropologie de la perfectibilité. Il invite aussi à se demander ce que la société doit à chacun pour que cette conquête ne soit pas réservée à quelques-uns.

Vérification Contexte (Lettre à Christophe de Beaumont, réponse à son mandement condamnant l'Émile) connu par ailleurs, non indiqué dans le sujet.

Piège Piège : ne pas lire dans le texte un refus de la raison ; Rousseau n'y est pas irrationaliste, il en décrit la genèse. Le texte ne comporte pas de numéros de ligne : ne pas en citer. L'interlocuteur (« Vous supposez ») est l'archevêque de Paris, mais le sujet ne le dit pas.

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