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Bac 2026
SES – Centres étrangers 2026 – Sujet 1 : correction détaillée
Spécialité SES · 4 h · coefficient 16 · au choix : dissertation sur dossier OU épreuve composée (4 + 6 + 10 pts)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dissertation : l'engagement politique des individus s'explique-t-il seulement par les variables sociodémographiques ?20 points
Sujet au choix. Dossier de quatre documents : part de salariés syndiqués selon le sexe, l'âge et la PCS en 2019 (doc. 1), motivations des bénévoles (doc. 2), avantages d'adhérer à la CFDT (doc. 3), comportements de vote selon le diplôme et le groupe socioprofessionnel en 2022 (doc. 4). Le mot « seulement » appelle une discussion : les variables sociodémographiques comptent, mais les incitations, les motivations et les contextes aussi (Olson, Hirschman, Offerlé).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : part des salariés adhérents à une organisation syndicale selon leurs caractéristiques, 2019 ; Document 2 : motivations des bénévoles en association, 2019-2024 ; Document 4 : comportements de vote aux élections de 2022 selon le diplôme et le groupe socioprofessionnel. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Introduction : définir l'engagement politique, les variables sociodémographiques, poser la problématique et annoncer le plan.Touche pour voir la correction
À retenir L'engagement politique recouvre le vote, l'adhésion à un parti ou à un syndicat, la participation à des manifestations, pétitions ou associations. Les variables sociodémographiques sont l'âge, le sexe, le diplôme, la PCS, etc.
- Définitions : participation politique conventionnelle (vote, adhésion à un parti, à un syndicat) et non conventionnelle (manifestation, pétition, boycott, bénévolat militant) ; variables sociodémographiques ; compétence politique (sentiment de légitimité à intervenir en politique : Bourdieu, Gaxie : cens caché).
- Problématique : dans quelle mesure les caractéristiques sociodémographiques déterminent-elles l'engagement politique, et quels autres facteurs (incitations, motivations, contextes) interviennent ?
- Plan : I. Les variables sociodémographiques structurent fortement l'engagement politique (docs 1 et 4) ; II. Mais l'engagement s'explique aussi par des incitations et des motivations individuelles et par le contexte (docs 2 et 3).
- Rédaction possible : « En 2022, 16,3 % des inscrits se sont abstenus à tous les tours des élections présidentielle et législatives. Cette abstention n'est pas répartie au hasard dans la population : l'engagement politique, c'est-à-dire l'ensemble des formes de participation à la vie politique, varie avec l'âge, le diplôme ou la profession. Est-il pour autant seulement le produit de ces variables sociodémographiques ? »
RéponseProblématique : l'engagement politique est-il uniquement déterminé par la position sociale et démographique ou dépend-il aussi des incitations et motivations individuelles et du contexte ? Plan : I. poids des variables sociodémographiques ; II. rôle des incitations et des motivations.
Vérification Le chiffre de 16,3 % est celui de « Ensemble des inscrits », abstention systématique, doc. 4.
2Partie I : montrer que les variables sociodémographiques influencent l'engagement politique (documents 1 et 4).Touche pour voir la correction
À retenir Le diplôme et la PCS donnent des ressources (revenu, temps, compétence, réseau) et un sentiment de compétence politique ; l'âge intervient par le cycle de vie et l'intégration sociale. L'abstention est plus forte chez les moins diplômés et les moins intégrés.
- Document 4, diplôme : l'abstention systématique est de 30,1 % chez les inscrits sans diplôme, 17,6 % sous le baccalauréat, 14,8 % au baccalauréat et 9,6 % au-dessus du baccalauréat, soit environ trois fois moins (30,1 / 9,6 ≈ 3,1) ; le vote systématique passe de 28,8 % à 43,4 %.
- Document 4, PCS : l'abstention systématique est de 7,4 % chez les cadres et professions intellectuelles supérieures, 11,4 % chez les professions intermédiaires, 15,3 % chez les employés qualifiés, 20,3 % chez les employés non qualifiés, 17,8 % chez les ouvriers qualifiés et 23,6 % chez les ouvriers non qualifiés ; les personnes n'ayant jamais travaillé atteignent 27,9 %. Le vote systématique va de 49,9 % (cadres) à 27,0 % (jamais travaillé).
- Document 1, syndicalisation en 2019 : 10,3 % des salariés sont syndiqués ; 11,0 % des hommes contre 9,5 % des femmes ; 2,7 % des moins de 30 ans, 8,1 % des 30-39 ans, 12,6 % des 40-49 ans et 14,7 % des 50 ans et plus ; 11,2 % des cadres, 11,6 % des professions intermédiaires, 9,7 % des employés et 9,0 % des ouvriers : effet fort de l'âge, plus modéré du sexe et de la PCS.
- Explications : intégration sociale et professionnelle (les jeunes en emploi précaire et mobiles sont peu syndiqués et votent moins systématiquement), capital culturel et sentiment de compétence politique, inscription sur les listes, ancienneté dans l'emploi (adhésion plus fréquente avec l'âge).
- Transition : toutefois ces corrélations ne sont pas absolues : des ouvriers non qualifiés votent et des cadres s'abstiennent ; les syndiqués sont minoritaires dans toutes les catégories (au plus 14,7 %).
RéponseLe diplôme (abstention de 30,1 % sans diplôme contre 9,6 % au-dessus du bac), la PCS (7,4 % chez les cadres contre 23,6 % chez les ouvriers non qualifiés) et l'âge (2,7 % de syndiqués chez les moins de 30 ans contre 14,7 % chez les 50 ans et plus) influencent l'engagement.
Vérification Valeurs du doc. 1 lues sur les étiquettes du graphique en barres (10,3 ; 11,0 ; 9,5 ; 2,7 ; 8,1 ; 12,6 ; 14,7 ; 11,2 ; 11,6 ; 9,7 ; 9,0) ; calculs : 30,1 / 9,6 = 3,14 ; 14,7 / 2,7 ≈ 5,4.
Piège Ne pas confondre vote systématique, intermittent et abstention systématique : trois comportements qui totalisent 100 %.
3Partie II et conclusion : l'engagement s'explique aussi par des incitations, des motivations individuelles et le contexte (documents 2 et 3).Touche pour voir la correction
À retenir Selon Olson (Logique de l'action collective, 1965), un individu rationnel ne s'engage pas dans une action collective pour un bien collectif (problème du passager clandestin) si aucune incitation sélective ne l'y pousse (avantages réservés aux membres). L'engagement peut aussi être expressif et identitaire (Hirschman : prise de parole, défection, loyauté).
- Document 3 : la CFDT offre aux adhérents des avantages réservés (incitations sélectives) : accompagnement personnalisé, assistance juridique en cas de conflit avec l'employeur, accès à une plateforme d'aide à la recherche d'emploi, formations, prise en charge de frais de défense : ces bénéfices individuels réduisent le problème du passager clandestin et expliquent des adhésions au-delà de la seule position sociale.
- Document 2 : les raisons de l'engagement bénévole sont d'abord altruistes et expressives : le souhait d'être utile et d'agir pour les autres (85 % en 2024), la cause défendue (53 %), l'épanouissement personnel (42 %), l'appartenance à une équipe (31 %), l'acquisition de compétences (23 %), la reconnaissance sociale (17 %), le désir d'exercer une responsabilité (14 %), le temps libre (10 %, question posée pour la première fois en 2024) : motivations individuelles, valeurs, rétributions symboliques (Gaxie).
- Autres facteurs : le contexte politique (enjeu de l'élection, offre politique, polarisation), la socialisation politique familiale, le réseau et les incitations contextuelles (mobilisation d'une campagne), les événements, les opportunités politiques ; la réponse de l'État ou de l'entreprise.
- Interaction : les variables sociodémographiques jouent sur la probabilité de l'engagement mais ne le déterminent pas : à profil égal, les incitations, les motivations et le contexte différencient les trajectoires.
- Conclusion possible : l'engagement politique s'explique en partie par les variables sociodémographiques (diplôme, PCS, âge, sexe) mais pas seulement ; incitations sélectives, motivations, valeurs et contexte jouent un rôle déterminant.
RéponseL'engagement ne s'explique pas seulement par les variables sociodémographiques : les incitations sélectives (avantages offerts aux adhérents, doc. 3) et les motivations des individus (85 % des bénévoles veulent être utiles, doc. 2) y contribuent.
Piège Doc. 2 : plusieurs réponses possibles (les pourcentages ne totalisent pas 100) ; seules les valeurs de 2024 sont étiquetées, celles de 2019 et 2022 se lisent sur les barres.
Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : un intérêt et une limite des tables de mobilité4 points
« Vous présenterez un intérêt et une limite des tables de mobilité. » Définir la table de mobilité (tableau croisant PCS des parents et PCS des enfants), puis donner un intérêt et une limite, avec un exemple de lecture.
1Présenter un intérêt et une limite des tables de mobilité.Touche pour voir la correction
À retenir Une table de mobilité croise la PCS d'origine (père, parent) et la PCS atteinte par l'enfant. Table de destinée : on lit où vont les enfants d'une origine donnée (en ligne : % de la PCS d'origine) ; table de recrutement : on lit d'où viennent les individus d'une PCS donnée (en colonne).
- Intérêt 1 : mesurer la mobilité observée, repérer la reproduction sociale (par exemple, part des enfants de cadres qui deviennent cadres) et comparer les destinées des différentes origines sociales ; table de destinée et table de recrutement.
- Intérêt 2 : comparer dans le temps (enquêtes FQP de l'INSEE) et distinguer, avec des méthodes complémentaires (rapports de chances relatifs, odds ratios), la mobilité structurelle de la fluidité sociale.
- Limite 1 : la mobilité observée mélange mobilité structurelle (transformation de la structure des emplois) et fluidité sociale : une table brute ne permet pas de savoir si les inégalités de chances ont reculé.
- Limite 2 : la nomenclature des PCS agrège des positions hétérogènes et masque des mobilités de courte distance ou des déclassements au sein d'une même PCS ; seul un parent (le père) est souvent retenu, l'écart de genre n'est pas visible ; les tables mesurent des positions à un instant donné (âge des enfants au moment de l'enquête).
- Exemple de lecture : si 40 % des enfants de cadres sont cadres, on parle d'une forte reproduction ; on la compare à la part des cadres dans l'ensemble des emplois.
RéponseIntérêt : les tables de mobilité permettent de mesurer la reproduction sociale et la mobilité entre origine et destinée. Limite : elles ne distinguent pas à elles seules la mobilité structurelle (changement de la structure des emplois) de la fluidité sociale (mobilité nette), donc ne mesurent pas directement l'égalité des chances.
Piège Une seule limite suffit mais elle doit être expliquée avec précision ; ne pas confondre table de destinée (lecture en ligne) et table de recrutement (lecture en colonne).
Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : étude d'un document (indépendants, CDD et intérim)6 points
Tableau INSEE : part des indépendants, des CDD et des intérimaires dans l'emploi en 1982, 1990, 2000, 2010 et 2023. Intérimaires : 0,4 / 0,7 / 1,5 / 1,6 / 2,0 ; CDD : 3,2 / 4,7 / 7,9 / 7,8 / 7,9 ; indépendants : 18,6 / 17,1 / 12,5 / 11,7 / 12,9.
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Part des indépendants, des CDD et des intérimaires dans l'emploi, 1982-2023. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
2.1À l'aide des données du document et de calculs simples, comparer l'évolution de la part des CDD et des intérimaires entre 1982 et 2023. (2 points)Touche pour voir la correction
À retenir Comparer deux évolutions : variations en points de pourcentage, coefficient multiplicateur ou taux de variation.
- CDD : de 3,2 % à 7,9 % : hausse de 4,7 points, coefficient multiplicateur 7,9 / 3,2 ≈ 2,5, soit +147 %.
- Intérimaires : de 0,4 % à 2,0 % : hausse de 1,6 point, coefficient multiplicateur 2,0 / 0,4 = 5, soit +400 %.
- Comparaison : en points, la hausse est plus forte pour les CDD (+4,7 contre +1,6) ; en proportion, la hausse est plus rapide pour l'intérim (×5 contre ×2,5). Le CDD reste nettement plus répandu (7,9 % contre 2,0 % en 2023).
- Rédaction possible : « Entre 1982 et 2023, la part des CDD est multipliée par environ 2,5 (de 3,2 % à 7,9 %) et celle des intérimaires par 5 (de 0,4 % à 2,0 %). »
RéponseCDD : +4,7 points, ×2,5 (+147 %) ; intérimaires : +1,6 point, ×5 (+400 %). L'intérim progresse proportionnellement plus vite, mais les CDD restent bien plus nombreux.
Vérification Calculs : 7,9 / 3,2 = 2,47 ; 2,0 / 0,4 = 5,0 ; 7,9 − 3,2 = 4,7 ; 2,0 − 0,4 = 1,6. Les CDD sont stables depuis 2000 (7,9 %).
2.2À l'aide du document et de vos connaissances, montrer que certaines évolutions de l'emploi fragilisent le pouvoir intégrateur du travail. (4 points)Touche pour voir la correction
À retenir Le travail intègre par le revenu, la protection sociale (cotisations, droits) et les liens sociaux (collectifs, reconnaissance). La précarisation (CDD, intérim), la montée de l'emploi atypique et le chômage fragilisent ces dimensions.
- Rappeler le pouvoir intégrateur : le travail donne un revenu, des droits sociaux, un statut, des relations sociales et une identité (Durkheim : solidarité organique ; Paugam : intégration professionnelle).
- Évolution 1 (document) : la montée des CDD et de l'intérim, de 3,6 % de l'emploi en 1982 (3,2 + 0,4) à 9,9 % en 2023 (7,9 + 2,0), soit environ ×2,75 : emplois instables, droits sociaux et accès au crédit ou au logement plus limités, moindre intégration dans les collectifs de travail, faible formation.
- Évolution 2 (document) : le recul des indépendants (de 18,6 % à 12,9 %) rappelle la salarisation : l'intégration passe par le salariat, donc dépend de la qualité du contrat ; l'indépendance précaire (auto-entrepreneurs, plateformes) peut aussi être peu protectrice.
- Autres évolutions à mobiliser : chômage de longue durée, temps partiel subi, sous-emploi, travailleurs pauvres, intensification et individualisation du travail, affaiblissement des collectifs et du syndicalisme.
- Nuance : le CDI reste la forme majoritaire d'emploi ; la part des CDD est stable depuis 2000 (7,9 % en 2000 et 2023) ; le travail reste un puissant facteur d'intégration.
RéponseLa progression des CDD et de l'intérim (de 3,6 % à 9,9 % de l'emploi entre 1982 et 2023) et le développement d'emplois précaires fragilisent les revenus, les droits sociaux et les liens sociaux associés au travail, donc son pouvoir intégrateur.
Vérification Calcul : 3,2 + 0,4 = 3,6 ; 7,9 + 2,0 = 9,9 ; 9,9 / 3,6 = 2,75.
Piège Ne pas oublier de lier les chiffres du document à l'idée d'intégration (revenu, protection, liens sociaux) ; une description seule ne suffit pas.
Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : politique monétaire et politiques budgétaires dans la zone euro10 points
« Vous montrerez que la mise en œuvre dans la zone euro de la politique monétaire et des politiques budgétaires soulève des difficultés. » Documents : solde public, dette et inflation de l'Allemagne et de la France en 2004 et 2024 (doc. 1) ; extrait d'Aglietta sur les chocs asymétriques (doc. 2) ; taux d'intérêt de la BCE 2005-2025 (doc. 3).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : solde public, dette publique et inflation, Allemagne et France, 2004 et 2024 ; Document 3 : taux d'intérêt de la BCE entre 2005 et 2025. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
3.1Introduction : définir la politique monétaire unique et les politiques budgétaires, poser la problématique et annoncer le plan.Touche pour voir la correction
À retenir Dans la zone euro, la politique monétaire est unique (BCE) alors que les politiques budgétaires restent nationales (avec des règles communes : 3 % de déficit, 60 % de dette). Cette combinaison est source de tensions.
- Définitions : politique monétaire = action sur les taux d'intérêt et la liquidité pour atteindre la stabilité des prix ; politique budgétaire = choix de dépenses et de prélèvements ; choc asymétrique = choc affectant différemment les pays de l'union ; zone monétaire optimale (Mundell).
- Problématique : pourquoi l'articulation d'une politique monétaire unique et de politiques budgétaires nationales soulève-t-elle des difficultés dans la zone euro ?
- Plan : I. Une politique monétaire unique mal adaptée à des économies hétérogènes (docs 2 et 3) ; II. Des politiques budgétaires nationales contraintes et divergentes (doc. 1).
- Rédaction possible : « Depuis 1999, la Banque centrale européenne conduit une politique monétaire unique pour les pays de la zone euro, alors que chaque État conserve sa politique budgétaire. Cette organisation soulève-t-elle des difficultés ? »
RéponseProblématique : en quoi l'organisation de la politique économique de la zone euro (monnaie unique, budgets nationaux) pose-t-elle des difficultés ? Plan : I. limites de la politique monétaire unique ; II. contraintes et divergences des politiques budgétaires.
3.2Partie I : la politique monétaire unique est mal adaptée à des économies hétérogènes (documents 2 et 3).Touche pour voir la correction
À retenir Une politique monétaire unique fixe un taux d'intérêt unique pour toute la zone ; face à un choc asymétrique ou à des écarts d'inflation, elle est trop restrictive pour certains pays et trop souple pour d'autres. Le taux réel = taux nominal − inflation.
- Document 2 (Aglietta) : « la politique monétaire est impuissante puisqu'elle se détermine sur les conditions macroéconomiques moyennes de l'union » ; elle est trop restrictive pour les pays à basse inflation et sous-activité et trop accommodante pour les pays à haute inflation et surchauffe ; les taux d'intérêt réels sont trop hauts dans les premiers et trop bas dans les seconds.
- Exemple de calcul : avec un taux nominal de 4 %, un pays à 1 % d'inflation a un taux réel de 3 % tandis qu'un pays à 4 % d'inflation a un taux réel de 0 % : pour un même taux directeur, les conditions de crédit diffèrent.
- Document 3 : le taux de la BCE (lecture graphique, mesurée à ±0,05 point près) vaut environ 2,25 % en 2005, 4 % en 2007, 1 % de 2009 à 2011, 0,75 % en 2012, proche de 0 % de 2014 à 2021, puis remonte à 4 % en 2023 (3,75 % en 2024) avant de redescendre vers 2 % en 2025 ; ces variations répondent à la conjoncture moyenne de la zone (crise financière, inflation) mais ne correspondent pas forcément aux besoins de chaque pays.
- Document 1 : en 2004, l'inflation est de 1,8 % en Allemagne et de 2,3 % en France : pour un même taux directeur, le taux réel est donc plus élevé en Allemagne (de 0,5 point) ; en 2024, l'inflation est de 2,5 % en Allemagne et de 2,3 % en France : l'écart est faible et s'est inversé.
- Autres difficultés : l'absence d'instrument de change pour absorber un choc asymétrique, la faible mobilité du travail, le manque de transferts budgétaires (zone non optimale) ; risque de divergences de compétitivité.
RéponseUne politique monétaire unique (taux de la BCE de 0 % à 4 %, doc. 3) s'applique à des pays aux situations différentes : elle est trop restrictive pour certains et trop accommodante pour d'autres en cas de chocs asymétriques (doc. 2).
Vérification Doc. 3 : valeurs lues sur la courbe (mesurées à ±0,05 point près).
3.3Partie II et conclusion : les politiques budgétaires nationales sont contraintes et divergentes (document 1).Touche pour voir la correction
À retenir Le Pacte de stabilité et de croissance limite le déficit public à 3 % du PIB et la dette à 60 % ; les États manquent ainsi d'une marge de manœuvre en cas de crise, et les écarts entre pays rendent la coordination difficile.
- Document 1 : en 2004, le solde des finances publiques est de −3,7 % du PIB en Allemagne et −3,6 % en France (au-dessus de la limite de 3 %) ; la dette est de 66 % et 65 % du PIB.
- En 2024, l'Allemagne a un solde de −2,8 % et une dette de 62 % (variation de −4 points de dette), alors que la France a un déficit de −5,8 % et une dette de 113 % (+48 points) : écart de 3 points de déficit et de 51 points de dette entre les deux pays.
- Difficultés : divergence des trajectoires budgétaires (France au-dessus des critères de Maastricht, Allemagne proche) ; risque de passager clandestin (un État peu rigoureux profite de la stabilité de la zone) ; défaut de souveraineté partagé (crise de la dette souveraine de 2010-2012).
- Conflit entre discipline budgétaire et soutien à l'activité : les règles limitent la capacité des États à utiliser la politique budgétaire pour absorber les chocs, alors que la politique monétaire ne peut pas traiter les chocs spécifiques ; d'où la clause dérogatoire de 2020, le plan NextGenerationEU et le débat sur un budget de la zone euro.
- Conclusion possible : la zone euro combine une politique monétaire unique et des politiques budgétaires nationales ; leur articulation soulève des difficultés (chocs asymétriques, divergence des finances publiques) qui rendent nécessaires la coordination et la solidarité.
RéponseEntre 2004 et 2024, la France passe d'un déficit de 3,6 % à 5,8 % du PIB et d'une dette de 65 % à 113 % tandis que l'Allemagne reste proche des critères (2,8 % de déficit, 62 % de dette) : les politiques budgétaires nationales divergent et sont contraintes par des règles communes.
Vérification Calculs : 113 − 65 = +48 points ; 62 − 66 = −4 points ; 113 − 62 = 51 points d'écart ; 5,8 − 2,8 = 3 points.
Piège Ne pas confondre solde public (déficit = valeur négative) et dette publique ; le document donne les deux en % du PIB.
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