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Bac 2026
SES – Métropole 2026 – Sujet 2 : correction détaillée
Spécialité SES · 4 h · coefficient 16 · au choix : dissertation sur dossier OU épreuve composée (4 + 6 + 10 pts)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dissertation : dans quelle mesure la politique européenne de la concurrence atteint-elle ses objectifs ?20 points
Sujet au choix. Dossier de quatre documents : décisions de l'Autorité de la concurrence sur des projets de concentration, 2009-2023 (doc. 1) ; amendes pour pratiques anticoncurrentielles de 2014 à 2024 (doc. 2) ; enquête de la Commission européenne sur les subventions chinoises aux éoliennes (doc. 3) ; parts de marché mondiales des moteurs de recherche, 2018-2024 (doc. 4). « Dans quelle mesure » appelle une réponse nuancée : des objectifs en partie atteints, avec des limites.
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : décisions de l'Autorité de la concurrence sur des projets de concentration, 2009-2023 ; Document 2 : amendes infligées par l'Autorité de la concurrence pour pratiques anticoncurrentielles, 2014-2024 (millions d'euros) ; Document 4 : part de marché mondiale des moteurs de recherche sur ordinateur, 2018-2024 (en %). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
1Introduction : définir la politique de la concurrence, ses objectifs, poser la problématique et annoncer le plan.Touche pour voir la correction
À retenir La politique européenne de la concurrence vise à préserver une concurrence libre et non faussée sur le marché unique : elle contrôle les ententes, les abus de position dominante, les concentrations et les aides d'État. Objectifs : efficacité économique, prix bas, innovation, choix pour les consommateurs.
- Définitions : concurrence, position dominante, entente, concentration (fusion, acquisition), aide d'État ; le marché pertinent ; surplus du consommateur ; marché unique.
- Objectifs : empêcher la formation de pouvoirs de marché (monopole, oligopole), préserver les consommateurs (prix, qualité, choix) et l'innovation, assurer des conditions de concurrence loyales entre entreprises européennes et vis-à-vis des entreprises extérieures.
- Problématique : dans quelle mesure les instruments de la politique de la concurrence (contrôle des concentrations, sanctions des pratiques anticoncurrentielles, contrôle des subventions) permettent-ils d'atteindre ses objectifs, et quelles en sont les limites ?
- Plan : I. Une politique qui contrôle et sanctionne et qui atteint en partie ses objectifs (docs 1, 2, 3) ; II. Des limites : peu d'interdictions, marchés très concentrés et concurrence mondiale (docs 1, 3 et 4).
- Rédaction possible : « En 2024, l'Autorité de la concurrence a prononcé environ 1,4 milliard d'euros de sanctions. Dans un marché unique où coexistent des entreprises de taille mondiale, la politique de la concurrence, qui vise à garantir une concurrence libre et non faussée, atteint-elle ses objectifs ? »
RéponseProblématique : dans quelle mesure la politique de la concurrence de l'UE garantit-elle une concurrence effective au bénéfice des consommateurs, face aux concentrations, aux ententes et à la concurrence extra-européenne ? Plan : I. une politique active ; II. des limites.
Piège Doc. 1 et 2 sont des données de l'Autorité française de la concurrence ; elles illustrent l'application du droit de la concurrence en France (en cohérence avec le droit européen) et non la seule Commission européenne : il faut le préciser dans la copie.
2Partie I : la politique de la concurrence contrôle les concentrations, sanctionne les pratiques anticoncurrentielles et vise les subventions déloyales (documents 1, 2 et 3).Touche pour voir la correction
À retenir Les autorités de concurrence autorisent, autorisent sous conditions (engagements, cessions) ou interdisent les concentrations ; elles sanctionnent par des amendes les ententes et abus de position dominante ; la Commission contrôle aussi les aides d'État et les subventions étrangères.
- Document 1 : sur 3 229 projets de concentration examinés de 2009 à 2023, 3 119 sont autorisés (96,59 %), 108 sont autorisés sous conditions (3,35 %) et 2 interdits (0,06 %) ; entre 2009-2015 et 2016-2023, les autorisations sous conditions passent de 51 à 57 et le nombre total de projets de 1 271 à 1 958 : le contrôle est systématique.
- Lecture : les conditions imposées (3,35 %) montrent une action correctrice qui préserve la concurrence sans empêcher les opérations utiles ; l'autorisation de la plupart des opérations reflète la reconnaissance des gains d'efficacité et de taille.
- Document 2 : les amendes pour ententes et abus de position dominante atteignent 1 013,6 millions d'euros en 2014, 1 252,3 en 2015, 1 785,7 en 2020 et 1 427,6 millions en 2024, avec de fortes variations (167,6 millions en 2023) ; au total environ 8,6 milliards d'euros sur 2014-2024, soit en moyenne près de 780 millions d'euros par an : effet dissuasif.
- Document 3 : la Commission européenne lance une enquête sur les subventions chinoises aux fabricants d'éoliennes, après les véhicules électriques, le ferroviaire et les panneaux solaires : défense de conditions de concurrence loyales face à des prix « jusqu'à 50 % inférieurs » ; la politique de la concurrence s'étend à la concurrence extérieure (règlement sur les subventions étrangères).
- Bilan de la partie : prévention (contrôle des concentrations), répression (amendes), protection contre la concurrence déloyale : instruments cohérents avec l'objectif de concurrence libre et non faussée.
RéponseLa politique de la concurrence est active : 100 % des projets de concentration examinés (dont 108 sous conditions et 2 interdits sur 3 229), environ 8,6 milliards d'euros d'amendes sur 2014-2024 et enquêtes sur les subventions déloyales.
Vérification Calculs : 1 220 + 1 899 = 3 119 ; 3 119 / 3 229 = 96,59 % ; somme des amendes 2014-2024 : 1 013,6 + 1 252,3 + 203,2 + 497,8 + 237,5 + 632 + 1 785,7 + 874,7 + 467,9 + 167,6 + 1 427,6 = 8 559,9 millions d'euros ; moyenne 778 millions d'euros.
Piège Ne pas assimiler « autorisation » à échec : l'objectif n'est pas d'interdire les concentrations mais de préserver la concurrence effective.
3Partie II et conclusion : les limites de la politique de la concurrence (documents 1, 2, 3 et 4).Touche pour voir la correction
À retenir Limites : contrôle surtout a posteriori, très peu d'interdictions, difficulté à régler les marchés numériques dominés par quelques géants mondiaux, concurrence internationale (Chine, États-Unis) qui exige des entreprises européennes de grande taille (arbitrage entre concurrence et politique industrielle).
- Document 1 : seulement 2 interdictions sur 3 229 projets (0,06 %), dont 0 entre 2009 et 2015 : l'autorisation est la règle ; certains y voient un contrôle peu contraignant, d'autres un contrôle proportionné ; le contrôle des fusions dépend de la définition du marché pertinent.
- Document 2 : l'irrégularité des amendes (de 167,6 millions d'euros en 2023 à 1 785,7 en 2020) traduit un traitement à l'unité des affaires, de longs délais d'instruction et l'incertitude de l'effet dissuasif ; les sanctions peuvent être jugées faibles au regard des profits tirés des pratiques.
- Document 4 : le marché des moteurs de recherche est très concentré : Google a 87,5 % des utilisateurs en janvier 2018, 87,4 % en 2020 et encore 81,9 % en janvier 2024 ; Bing progresse de 5,8 % à 10,5 % ; les autres restent sous 3 % ; l'objectif de concurrence effective n'est pas atteint sur ce marché numérique (effets de réseau, données, barrières à l'entrée) ; Google est de nationalité américaine, hors de portée directe de l'UE (procédures et amendes toujours contestables).
- Document 3 : face à des subventions étrangères, le seul contrôle des entreprises européennes est insuffisant ; la mondialisation oblige à articuler concurrence et politique industrielle (champions européens, investissements stratégiques) ; l'enquête est lancée après coup (« panneaux solaires » déjà dominés par la Chine).
- Conclusion possible : la politique de la concurrence atteint en partie ses objectifs (contrôle systématique, sanctions, défense contre les distorsions étrangères) mais se heurte à des limites (très peu d'interdictions, marchés numériques concentrés, concurrence mondiale subventionnée) qui invitent à l'adapter et à la compléter.
RéponseLa politique de la concurrence atteint en partie ses objectifs mais ses limites sont nettes : très peu d'interdictions (0,06 %), amendes irrégulières, marchés numériques très concentrés (Google : 81,9 % en 2024) et concurrence mondiale subventionnée (éoliennes chinoises).
Vérification Doc. 4 : valeurs du tableau (Google 87,5 / 87,4 / 81,9 ; Bing 5,8 / 5,5 / 10,5 ; Yandex 0,6 / 0,4 / 2,4).
Piège Doc. 4 : la part de marché est mondiale et en % des utilisateurs d'internet (sur ordinateur) ; elle ne mesure pas la situation dans l'UE.
Exercice 2 : Épreuve composée, partie 1 : intérêts des tables de mobilité sociale4 points
« À l'aide de deux arguments, vous présenterez les intérêts des tables de mobilité comme instrument de mesure de la mobilité sociale. » Deux arguments, chacun développé et illustré.
1Présenter, à l'aide de deux arguments, les intérêts des tables de mobilité comme instrument de mesure de la mobilité sociale.Touche pour voir la correction
À retenir Une table de mobilité croise la PCS des parents (origine) et celle des enfants (destinée). Table de destinée : lecture en ligne (que deviennent les enfants d'une origine donnée) ; table de recrutement : lecture en colonne (d'où viennent les membres d'une PCS).
- Argument 1 : elles permettent de mesurer l'ampleur de la mobilité observée et de la reproduction sociale : la part des enfants qui occupent la même PCS que leurs parents (diagonale du tableau) et celle des enfants qui changent de PCS (mobilité ascendante, descendante). Exemple de lecture : part des enfants de cadres devenus cadres.
- Argument 2 : elles permettent de comparer les destinées de différentes origines sociales (les enfants d'ouvriers et de cadres n'ont pas les mêmes chances d'accéder à une PCS donnée) et d'observer les évolutions dans le temps (tables à différentes dates, enquêtes Formation-Qualification professionnelle de l'INSEE) ou entre pays.
- Complément : avec un traitement statistique supplémentaire (rapports de chances ou odds ratios), elles permettent de distinguer mobilité structurelle et fluidité sociale (mobilité nette).
- Illustration : lecture d'une table de destinée : « 40 % des enfants de cadres sont cadres » indique un fort poids de l'origine sociale ; lecture d'une table de recrutement : « x % des cadres sont enfants de cadres » indique l'homogénéité sociale du groupe.
RéponseLes tables de mobilité mesurent la mobilité et la reproduction sociales entre parents et enfants (destinée et recrutement) et permettent de comparer les trajectoires selon l'origine et d'observer leur évolution dans le temps.
Piège Deux arguments clairement distincts sont demandés ; ne pas présenter une limite à la place d'un intérêt.
Exercice 3 : Épreuve composée, partie 2 : étude d'un document (difficultés de recrutement)6 points
Tableau France travail (enquête Besoins en main-d'œuvre 2025) : types de difficultés de recrutement envisagées par les employeurs, 2015-2025, en %, plusieurs réponses possibles. « Pénurie de candidats » : 73,2 % (2015), 74,0, 80,2, 83,0, 78,9, 84,3, 77,0, 86,1, 84,9, 85,3, 80,3 % (2025). « Profil inadéquat des candidats » : 81,7 % (2015) puis 79,3 % (2025).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Principales difficultés de recrutement envisagées par les employeurs, 2015-2025 (en %). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
2.1À l'aide des données du document et d'un calcul simple, caractériser l'évolution du type de difficulté « pénurie de candidats » entre 2015 et 2025. (2 points)Touche pour voir la correction
À retenir Caractériser une évolution : donner le sens (hausse, baisse), l'ampleur (différence en points, coefficient multiplicateur ou pourcentage de variation) et, si utile, les moments marquants.
- Valeurs : 73,2 % en 2015 et 80,3 % en 2025 : hausse de 7,1 points ; coefficient multiplicateur 80,3 / 73,2 ≈ 1,10, soit +9,7 % environ.
- Trajectoire : hausse jusqu'à 83,0 % en 2018, 84,3 % en 2020, pic à 86,1 % en 2022, puis 84,9 % en 2023, 85,3 % en 2024 et repli à 80,3 % en 2025 ; une baisse ponctuelle en 2019 (78,9 %) et 2021 (77,0 %).
- Conclusion : la pénurie de candidats est une difficulté majeure, citée par plus de 73 % des établissements sur toute la période et en hausse d'environ 10 % ; elle devient la première difficulté citée à partir de 2018.
- Rédaction possible : « Entre 2015 et 2025, la part des établissements envisageant une pénurie de candidats passe de 73,2 % à 80,3 %, soit une hausse de 7,1 points (+9,7 %), avec un maximum de 86,1 % en 2022. »
RéponseLa pénurie de candidats progresse de 73,2 % à 80,3 % entre 2015 et 2025 : +7,1 points, soit environ +10 % (coefficient 1,10), avec un pic à 86,1 % en 2022.
Vérification Calculs : 80,3 − 73,2 = 7,1 ; 80,3 / 73,2 = 1,097. En 2015 le premier motif était le profil inadéquat des candidats (81,7 %) ; la pénurie le dépasse à partir de 2018 (83,0 contre 77,6) et jusqu'en 2025 (80,3 contre 79,3) ; en 2017 le profil inadéquat reste en tête (81,3 contre 80,2).
2.2À l'aide du document et de vos connaissances, présenter deux sources différentes de chômage structurel. (4 points)Touche pour voir la correction
À retenir Le chômage structurel tient aux caractéristiques durables du marché du travail et non à la conjoncture : inadéquation entre qualifications offertes et demandées, rigidités institutionnelles (salaire minimum, protection de l'emploi, allocations), coût du travail, manque d'attractivité de certains emplois.
- Source 1 : l'inadéquation entre l'offre et la demande de travail (chômage d'appariement) : les qualifications, compétences ou localisations des chômeurs ne correspondent pas aux emplois offerts ; document : 79,3 % des établissements invoquent un profil inadéquat des candidats (manque d'expérience, de diplôme, de motivation, de compétences, de mobilité, absence de permis) et 19,2 % invoquent l'accès au lieu de travail (transports) en 2025 : des emplois vacants coexistent avec des chômeurs.
- Mécanisme : évolution technologique et des qualifications demandées, formation inadaptée, manque de mobilité géographique, discrimination ; le chômage persiste malgré des emplois non pourvus.
- Source 2 : les rigidités du marché du travail et le coût du travail : salaire minimum supérieur à la productivité des moins qualifiés (analyse néoclassique), protection de l'emploi réduisant les embauches, allocations chômage élevées ou longues pouvant réduire l'intensité de recherche (salaire de réservation), pouvoir de négociation des syndicats (insiders-outsiders). Illustration par le document : les difficultés liées à la nature du poste (horaires, conditions, salaire : 34,7 % en 2025) et au déficit d'image (23,6 %) montrent que le manque d'attractivité des emplois limite l'appariement.
- Autres pistes : théorie des salaires d'efficience (salaire supérieur au salaire d'équilibre), hystérèse (le chômage de longue durée se perpétue) ; chômage frictionnel (délais de recherche).
- Précaution : le document porte sur les difficultés déclarées par les employeurs, il ne mesure pas directement le chômage ; il illustre l'appariement.
RéponseDeux sources : (1) l'inadéquation des qualifications et des localisations entre offre et demande de travail (79,3 % des employeurs citent un profil inadéquat) ; (2) les rigidités institutionnelles et le coût du travail (salaire minimum, protection de l'emploi, allocations) qui freinent l'embauche, ainsi que le manque d'attractivité de certains postes.
Piège Les deux sources doivent être différentes et nommées clairement ; ne pas confondre chômage structurel et chômage conjoncturel (insuffisance de demande).
Exercice 4 : Épreuve composée, partie 3 : revenu et diplôme ne sont pas les seuls facteurs de structuration de l'espace social10 points
« Vous montrerez que le revenu et le diplôme ne sont pas les seuls facteurs qui structurent et hiérarchisent l'espace social. » Documents : écarts de salaires selon le sexe et le niveau de rémunération (doc. 1) ; extrait OCDE sur les déterminants de la rémunération (doc. 2) ; statut d'occupation du logement selon la composition du ménage au 1er janvier 2020 (doc. 3).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 1 : écarts de salaires selon le sexe et le niveau de rémunération (salaires nets mensuels, secteur privé) ; Document 3 : statut d'occupation du logement selon la composition du ménage au 1er janvier 2020 (en %). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
3.1Introduction : définir espace social, hiérarchisation et structuration, poser la problématique et annoncer le plan.Touche pour voir la correction
À retenir L'espace social désigne l'ensemble des positions sociales occupées par les individus, hiérarchisées selon des critères (revenu, diplôme, profession, patrimoine, sexe, âge, origine…). Bourdieu le décrit comme structuré par le volume et la structure des capitaux (économique, culturel, social, symbolique).
- Définitions : revenu (capital économique) ; diplôme (capital culturel institutionnalisé) ; hiérarchisation (position plus ou moins élevée) ; structuration (regroupement en groupes ou catégories) ; discrimination.
- Idée de départ : revenu et diplôme sont des facteurs essentiels de position sociale, mais d'autres facteurs, tels que le sexe, le temps de travail, le statut d'occupation du logement et la composition du ménage, structurent aussi l'espace social.
- Problématique : quels autres facteurs que le revenu et le diplôme hiérarchisent et structurent l'espace social ?
- Plan : I. Le sexe, facteur de hiérarchisation à revenu et diplôme comparables (docs 1 et 2) ; II. D'autres facteurs : temps de travail, institutions du marché du travail, patrimoine et configuration familiale (docs 2 et 3).
- Rédaction possible : « Un homme du secteur privé perçoit en moyenne un salaire supérieur d'environ 10 % à celui d'une femme à niveau de rémunération médian. L'espace social se structure-t-il seulement selon le revenu et le diplôme ? »
RéponseProblématique : quels facteurs autres que le revenu et le diplôme (sexe, temps de travail, institutions, configuration familiale, patrimoine) hiérarchisent et structurent l'espace social ? Plan : I. le sexe ; II. les autres facteurs.
Vérification Écart médian (50 %) : 2 275 euros pour les hommes contre 2 069 pour les femmes, soit 206 euros d'écart (environ 9 % de moins pour les femmes).
3.2Partie I : le sexe hiérarchise l'espace social, indépendamment du diplôme (documents 1 et 2).Touche pour voir la correction
À retenir À diplôme, âge et filière égaux, les rémunérations des femmes sont inférieures à celles des hommes (écart de salaire) : temps partiel, ségrégation professionnelle, plafond de verre, discriminations.
- Document 1 : le salaire net mensuel est plus élevé pour les hommes à tous les niveaux de la distribution, l'écart étant le plus faible pour les 10 % les moins bien payés (1 539 contre 1 487 euros : 52 euros) ; au niveau médian : médiane de 2 275 euros contre 2 069 (−9,1 % pour les femmes) ; 10 % les mieux payés au-dessus de 4 607 euros pour les hommes contre 3 875 euros pour les femmes (−15,9 %) ; 1 % les mieux payés : 11 431 contre 8 392 euros (−26,6 %).
- Lecture : l'écart croît avec le niveau de rémunération : le sommet de la hiérarchie salariale est beaucoup plus masculin (plafond de verre) ; le rapport entre le 1 % le mieux payé et les 10 % les moins bien payés est de 7,4 pour les hommes et 5,6 pour les femmes.
- Document 2 (OCDE) : « la rémunération varie toujours selon le sexe indépendamment de l'âge, du niveau de formation et de la filière dans tous les pays » : le sexe est un facteur de hiérarchisation distinct du diplôme.
- Explications : ségrégation sectorielle et professionnelle (métiers féminisés moins rémunérés), temps partiel plus fréquent, carrières interrompues par la maternité et la charge familiale, discriminations ; le genre structure donc l'espace social (division sexuelle du travail).
- Transition : d'autres facteurs interviennent au-delà de revenu, diplôme et sexe.
RéponseLe sexe hiérarchise l'espace social : les femmes gagnent moins que les hommes à tous les niveaux de rémunération (écart médian de 206 euros par mois, soit −9 %, et de 3 039 euros pour le 1 % le mieux payé, soit −27 %, doc. 1) ; l'OCDE confirme que l'écart de rémunération selon le sexe subsiste indépendamment de l'âge, du diplôme et de la filière (doc. 2).
Vérification Calculs : 2 069 / 2 275 − 1 = −9,1 % ; 3 875 / 4 607 − 1 = −15,9 % ; 8 392 / 11 431 − 1 = −26,6 % ; 11 431 − 8 392 = 3 039 euros ; 1 539 − 1 487 = 52 euros. Le doc. 1 ne contrôle pas le diplôme : c'est le doc. 2 qui l'établit.
3.3Partie II et conclusion : le temps de travail, les institutions, le patrimoine et la configuration familiale structurent aussi l'espace social (documents 2 et 3).Touche pour voir la correction
À retenir Le statut d'occupation du logement (propriétaire ou locataire) est un indicateur de patrimoine et de position sociale ; la composition du ménage (couple, famille monoparentale, personne seule) influence les ressources et les conditions de vie.
- Document 2 : le temps de travail est « un autre facteur déterminant de la rémunération » (les travailleurs à temps partiel gagnent moins en valeur absolue et relative) ; la demande de compétences, l'offre de main-d'œuvre, le salaire minimum, le droit du travail, la puissance des syndicats, le champ des conventions collectives et la qualité des conditions de travail interviennent aussi : des facteurs institutionnels et organisationnels, au-delà du diplôme.
- Document 3 : la configuration familiale est associée au patrimoine : au 1er janvier 2020, 74,6 % des couples sans enfant et 67,8 % des couples avec enfants sont propriétaires, contre 45,4 % des personnes seules, 37,9 % des familles monoparentales et 31,8 % des autres ménages ; 57,6 % de l'ensemble des ménages sont propriétaires.
- Calcul : les couples sans enfant sont 1,97 fois plus souvent propriétaires que les familles monoparentales (74,6 / 37,9), soit environ deux fois ; 60,2 % des familles monoparentales sont locataires, contre 24,0 % des couples sans enfant.
- Interprétation : le patrimoine immobilier est un facteur de hiérarchisation (capital économique accumulé, revenus du patrimoine, protection) qui dépend du nombre de revenus dans le ménage, de l'âge et de l'héritage, et qui ne se confond pas avec le revenu courant ou le diplôme ; la configuration familiale structure l'espace social.
- Autres facteurs pour compléter : l'âge et la génération, l'origine sociale et migratoire, le territoire de résidence, le capital social et le réseau (Bourdieu), le statut d'emploi (précarité).
- Conclusion possible : le revenu et le diplôme comptent mais ne sont pas les seuls facteurs : le sexe, le temps de travail, les institutions du marché du travail, la configuration familiale et le patrimoine structurent et hiérarchisent aussi l'espace social, qui est donc multidimensionnel (Weber, Bourdieu).
RéponseLe temps de travail et les institutions (doc. 2) et la configuration familiale et le patrimoine (doc. 3 : 74,6 % de propriétaires parmi les couples sans enfant contre 37,9 % parmi les familles monoparentales) structurent aussi l'espace social, au-delà du revenu et du diplôme.
Vérification Calculs : 74,6 / 37,9 = 1,97 ; 100 − 74,6 − 1,4 = 24,0 (locataires). Lecture donnée : 45,4 % des personnes seules sont propriétaires.
Piège Doc. 3 est un tableau de répartition en % par ligne (somme 100 % par type de ménage) : ne pas comparer les lignes comme des effectifs.
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