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Bac 2026

Bac 2026 – Histoire-Géographie (HGGSP) – Amérique du Nord – Sujet 1 : correction détaillée

Spécialité HGGSP · 4 heures · dissertation 10 pts + étude critique 10 pts

Corrigé

Correction rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.

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Exercice 1 : Dissertation 1 : Peut-on construire la paix collectivement depuis les traités de Westphalie ?10 points

Le candidat choisit UNE seule des deux dissertations (10 points), plus l'étude critique de document(s) (10 points). Les deux sont corrigées ici.

1.1 Analyser le sujetSujet : « Peut-on construire la paix collectivement depuis les traités de Westphalie ? ». Définir les termes, délimiter le sujet dans le temps et l'espace, formuler la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes du sujet : définitions, bornes chronologiques et spatiales, tension à résoudre, puis problématique.

Démarche
  1. « Construire la paix » : non pas seulement mettre fin à une guerre, mais bâtir des règles, des garanties, des institutions et des équilibres qui empêchent son retour ; la paix est un processus (négociation, désarmement, justice, réconciliation) et pas la simple absence de combats.
  2. « Collectivement » : par une action concertée de plusieurs États (congrès, alliances, organisations internationales) et d'acteurs non étatiques (juridictions, ONG, médiateurs), par opposition à la paix imposée par un vainqueur ou garantie par un seul hégémon.
  3. « Depuis les traités de Westphalie » : point de départ 1648 (traités de Münster et d'Osnabrück, fin de la guerre de Trente Ans), qui consacrent des États souverains et la diplomatie des congrès ; le sujet court de 1648 à nos jours, de l'échelle européenne à l'échelle mondiale.
  4. Forme interrogative (« Peut-on… ? ») : le sujet appelle une réponse nuancée, qui évalue les possibilités (réussites, outils) et les limites (souveraineté, rapports de puissance, veto, échecs).
  5. Tension à résoudre : la paix suppose des règles communes, mais les États restent souverains et jaloux de leur indépendance.

RéponseDepuis 1648, les États sont-ils parvenus à bâtir la paix par des mécanismes collectifs (congrès, sécurité collective, justice, intégration régionale), ou celle-ci reste-t-elle tributaire des rapports de force et de la souveraineté des puissances ?

1.2 Construire le planProposer un plan détaillé en trois parties avec les arguments et les exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par une idée directrice, étayée par des exemples datés et localisés ; les transitions montrent la progression.

Démarche
  1. I. De Westphalie à 1914 : une paix négociée, fondée sur l'équilibre entre souverains. 1648 : traités de Münster et d'Osnabrück, premier grand congrès européen, qui fixent la souveraineté des États et un équilibre garanti par la France et la Suède ; 1713 : traités d'Utrecht (équilibre européen) ; 1815 : congrès de Vienne, Concert européen et Sainte-Alliance, qui assurent une paix relative mais au prix de la répression (1848) ; 1864 : première convention de Genève ; 1899 et 1907 : conférences de La Haye, Cour permanente d'arbitrage. Limite : la guerre reste un droit des États et la paix repose sur le rapport de forces.
  2. II. De 1919 à 1945 : l'invention de la sécurité collective, entre échec et refondation. 1919-1920 : traités de Paris, Pacte de la Société des Nations (arbitrage, sécurité collective, désarmement) ; espoirs des années 1920 (Locarno 1925, pacte Briand-Kellogg 1928 mettant la guerre « hors la loi ») ; échecs des années 1930 (Mandchourie 1931, Éthiopie 1935, Anschluss, Munich 1938) faute d'États-Unis, d'unanimité et de moyens ; 26 juin 1945 : Charte des Nations unies (Conseil de sécurité, chapitre VII, droit de veto des cinq membres permanents) ; justice : procès de Nuremberg (1945-1946).
  3. III. Depuis 1945 : une paix collective réelle mais inégale. Réussites : opérations de maintien de la paix (Chypre 1964, FINUL 1978, Namibie, Cambodge 1992), justice pénale internationale (TPIY 1993, TPIR 1994, CPI 1998-2002), intégration européenne (CECA 1951, traité de Rome 1957, UE) qui fait de la réconciliation franco-allemande un modèle, OSCE (Helsinki 1975), responsabilité de protéger (2005). Limites : blocages par le veto (guerre froide, Syrie, Ukraine depuis 2022), échecs de l'ONU (Rwanda 1994, Srebrenica 1995), interventions sans mandat (Kosovo 1999, Irak 2003), refus de certaines puissances de ratifier le statut de la CPI.

RéponsePlan en trois parties : I. De Westphalie à 1914 : la paix négociée entre souverains / II. De 1919 à 1945 : l'invention de la sécurité collective, entre échec et refondation / III. Depuis 1945 : une paix collective réelle mais inégale.

1.3 Rédiger l'introductionRédiger l'introduction complète (accroche, définitions, problématique, annonce du plan).Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, définition des termes, problématique, annonce du plan, en un seul paragraphe continu.

Démarche
  1. Rédaction possible : Le 24 octobre 1648, les traités de Münster et d'Osnabrück mettent fin à la guerre de Trente Ans, l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire de l'Europe. Réunis en congrès, les belligérants y affirment la souveraineté de chaque État et l'idée d'un équilibre entre les puissances : on y voit souvent l'acte de naissance du système international moderne. Construire la paix, c'est non seulement mettre fin à une guerre mais bâtir des règles, des garanties et des institutions pour qu'elle ne reprenne pas ; le faire collectivement, c'est y associer plusieurs États, voire des organisations et des juridictions, plutôt que de la laisser à la décision d'un seul vainqueur. Depuis Westphalie, ces tentatives se sont multipliées, du congrès de Vienne à l'ONU. Peut-on pourtant construire la paix collectivement ? Nous verrons d'abord que, de 1648 à 1914, la paix repose sur la négociation et l'équilibre entre États souverains ; puis qu'à partir de 1919 s'invente la sécurité collective, entre échecs et refondation ; enfin que, depuis 1945, la construction collective de la paix obtient des résultats réels mais inégaux.

RéponseLe 24 octobre 1648, les traités de Münster et d'Osnabrück mettent fin à la guerre de Trente Ans, l'un des conflits les plus meurtriers de l'histoire de l'Europe. Réunis en congrès, les belligérants y affirment la souveraineté de chaque État et l'idée d'un équilibre entre les puissances : on y voit souvent l'acte de naissance du système international moderne. Construire la paix, c'est non seulement mettre fin à une guerre mais bâtir des règles, des garanties et des institutions pour qu'elle ne reprenne pas ; le faire collectivement, c'est y associer plusieurs États, voire des organisations et des juridictions, plutôt que de la laisser à la décision d'un seul vainqueur. Depuis Westphalie, ces tentatives se sont multipliées, du congrès de Vienne à l'ONU. Peut-on pourtant construire la paix collectivement ? Nous verrons d'abord que, de 1648 à 1914, la paix repose sur la négociation et l'équilibre entre États souverains ; puis qu'à partir de 1919 s'invente la sécurité collective, entre échecs et refondation ; enfin que, depuis 1945, la construction collective de la paix obtient des résultats réels mais inégaux.

1.4 ConclureRédiger la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : répondre clairement à la problématique, résumer la démarche, proposer une ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : Depuis 1648, la paix a bien été construite collectivement, mais de manière progressive et partielle. Les États ont inventé des instruments (congrès, arbitrage, sécurité collective, justice internationale, intégration régionale) qui ont limité certaines guerres et permis des règlements durables, comme la réconciliation franco-allemande. Ces mécanismes restent toutefois dépendants de la volonté des puissances et de la souveraineté des États, comme le montrent l'échec de la SDN, le veto au Conseil de sécurité ou les guerres actuelles. La paix collective n'est donc ni une utopie ni une garantie : c'est une construction à renouveler, que les nouveaux défis (cyberespace, climat, espace) obligent à élargir.

RéponseDepuis 1648, la paix a bien été construite collectivement, mais de manière progressive et partielle. Les États ont inventé des instruments (congrès, arbitrage, sécurité collective, justice internationale, intégration régionale) qui ont limité certaines guerres et permis des règlements durables, comme la réconciliation franco-allemande. Ces mécanismes restent toutefois dépendants de la volonté des puissances et de la souveraineté des États, comme le montrent l'échec de la SDN, le veto au Conseil de sécurité ou les guerres actuelles. La paix collective n'est donc ni une utopie ni une garantie : c'est une construction à renouveler, que les nouveaux défis (cyberespace, climat, espace) obligent à élargir.

Exercice 2 : Dissertation 2 : Mers et océans : des enjeux géopolitiques multiples, entre rivalités et coopérations10 points

Le candidat choisit UNE seule des deux dissertations (10 points), plus l'étude critique de document(s) (10 points). Les deux sont corrigées ici.

2.1 Analyser le sujetSujet : « Mers et océans : des enjeux géopolitiques multiples, entre rivalités et coopérations ». Définir les termes, délimiter le sujet dans le temps et l'espace, formuler la problématique.Touche pour voir la correction

À retenir Une dissertation commence par l'analyse des termes du sujet : définitions, bornes chronologiques et spatiales, tension à résoudre, puis problématique.

Démarche
  1. « Mers et océans » : environ 70 % de la surface du globe ; trois dimensions : surface (circulation), colonne d'eau et fonds (ressources), espaces sous souveraineté ou sans souveraineté (haute mer, Zone).
  2. « Enjeux géopolitiques » : rivalités de pouvoir sur des territoires : contrôle des routes, des ressources, des frontières maritimes, de la sécurité ; dimension économique, stratégique, juridique, environnementale.
  3. « Multiples » et « entre rivalités et coopérations » : deux pôles à articuler, pas à juxtaposer ; les mêmes espaces (détroits, mer de Chine, Arctique) peuvent être à la fois conflictuels et régulés.
  4. Cadre : époque contemporaine, surtout depuis la convention de Montego Bay (1982) ; échelle mondiale, avec des études de cas (mer de Chine méridionale, Arctique, golfe d'Aden, mer Rouge, Méditerranée).

RéponseQuels enjeux géopolitiques concentrent les mers et les océans, et comment les acteurs oscillent-ils entre rivalités et coopérations pour les contrôler, les utiliser et les protéger ?

2.2 Construire le planProposer un plan détaillé en trois parties avec les arguments et les exemples.Touche pour voir la correction

À retenir Chaque partie répond à la problématique par une idée directrice, étayée par des exemples datés et localisés ; les transitions montrent la progression.

Démarche
  1. I. Des espaces aux enjeux économiques, stratégiques et environnementaux. Circulation : près de 90 % du commerce mondial en volume transporté par mer, grands ports (Shanghai, Singapour, Rotterdam) et détroits (Ormuz, Malacca, Bab-el-Mandeb, Suez, Panama) ; câbles sous-marins qui portent l'essentiel des données intercontinentales ; ressources : pêche, hydrocarbures offshore, minerais des fonds marins ; ZEE de 200 milles (Montego Bay, 1982) ; militaire : sous-marins nucléaires, projection de puissance, bases ; environnement : surpêche, pollutions, acidification.
  2. II. Des espaces de rivalités. Mer de Chine méridionale : « ligne en neuf traits », îlots militarisés (Spratleys, Paracels), sentence arbitrale de 2016 rejetée par la Chine ; Arctique : fonte des glaces, route maritime du Nord, revendications sur le plateau continental ; détroit d'Ormuz ; mer Rouge (attaques houthistes depuis novembre 2023) ; mer Noire (guerre en Ukraine) ; piraterie (golfe d'Aden), pêche illégale, contentieux sur les ZEE ; course aux flottes (Chine, États-Unis, Russie, Inde).
  3. III. Des espaces de coopération et de régulation. Droit de la mer : Convention de Montego Bay (1982, en vigueur 1994), Tribunal international du droit de la mer (Hambourg), Autorité internationale des fonds marins (Kingston), OMI, FAO ; coopérations régionales (Conseil de l'Arctique 1996) et opérationnelles (opération Atalante de l'UE contre la piraterie depuis 2008) ; accord sur la haute mer (BBNJ, 2023). Limites : non-ratification américaine de Montego Bay, application inégale, rivalités persistantes.

RéponsePlan en trois parties : I. Des enjeux économiques, stratégiques et environnementaux / II. Des espaces de rivalités / III. Des coopérations et une régulation limitées.

2.3 Rédiger l'introductionRédiger l'introduction complète (accroche, définitions, problématique, annonce du plan).Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : amorce, définition des termes, problématique, annonce du plan, en un seul paragraphe continu.

Démarche
  1. Rédaction possible : Les mers et océans, qui couvrent environ 70 % du globe, sont à la fois des routes, des réserves de ressources, des espaces de puissance et des milieux fragiles. En 1982, la convention de Montego Bay en a fixé le droit : mer territoriale, zone économique exclusive de 200 milles, haute mer. Mais ces règles n'empêchent ni les contentieux (mer de Chine méridionale), ni les attaques contre la navigation (mer Rouge), ni la compétition pour les ressources et les routes (Arctique). Quels enjeux géopolitiques concentrent mers et océans, et comment les acteurs oscillent-ils entre rivalités et coopérations ? Nous étudierons d'abord leurs enjeux économiques, stratégiques et environnementaux ; puis les rivalités qui s'y expriment ; enfin les coopérations et les règles qui tentent de les gérer.

RéponseLes mers et océans, qui couvrent environ 70 % du globe, sont à la fois des routes, des réserves de ressources, des espaces de puissance et des milieux fragiles. En 1982, la convention de Montego Bay en a fixé le droit : mer territoriale, zone économique exclusive de 200 milles, haute mer. Mais ces règles n'empêchent ni les contentieux (mer de Chine méridionale), ni les attaques contre la navigation (mer Rouge), ni la compétition pour les ressources et les routes (Arctique). Quels enjeux géopolitiques concentrent mers et océans, et comment les acteurs oscillent-ils entre rivalités et coopérations ? Nous étudierons d'abord leurs enjeux économiques, stratégiques et environnementaux ; puis les rivalités qui s'y expriment ; enfin les coopérations et les règles qui tentent de les gérer.

2.4 ConclureRédiger la conclusion.Touche pour voir la correction

À retenir Conclusion : répondre clairement à la problématique, résumer la démarche, proposer une ouverture.

Démarche
  1. Rédaction possible : Mers et océans cumulent des enjeux économiques, stratégiques et environnementaux qui alimentent à la fois les rivalités et les coopérations : les mêmes espaces sont disputés et régulés. Leur gouvernance repose sur un droit de la mer largement accepté mais inégalement respecté, et que la militarisation, l'exploitation des fonds et le dérèglement climatique mettent à l'épreuve. Les mers et les océans restent ainsi un espace où la coopération est d'autant plus nécessaire que les rivalités s'y intensifient.

RéponseMers et océans cumulent des enjeux économiques, stratégiques et environnementaux qui alimentent à la fois les rivalités et les coopérations : les mêmes espaces sont disputés et régulés. Leur gouvernance repose sur un droit de la mer largement accepté mais inégalement respecté, et que la militarisation, l'exploitation des fonds et le dérèglement climatique mettent à l'épreuve. Les mers et les océans restent ainsi un espace où la coopération est d'autant plus nécessaire que les rivalités s'y intensifient.

Exercice 3 : Étude critique : transmettre la mémoire de la Shoah10 points

Deux documents : un entretien d'une responsable de Yad Vashem sur le film Shoah de Claude Lanzmann (blog de Yad Vashem, 2018) et la page d'accueil du site français du projet Stolpersteine (consulté en novembre 2025).

Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : capture d'écran de la page d'accueil du site Stolpersteine en France (consulté en novembre 2025) : quatre pavés « Ici habitait… » au nom de la famille Weill.. Ils sont affichés avec la correction dans l'application.

E1 Comprendre la consigne et présenter les documentsConsigne : En analysant les documents, en les confrontant, et en vous appuyant sur vos connaissances, vous montrerez comment se transmet la mémoire de la Shoah.Touche pour voir la correction

À retenir Une étude critique commence par identifier chaque document (nature, auteur, date, destinataire, contexte) et par repérer les mots-clés de la consigne.

Démarche
  1. Mots-clés de la consigne : « en analysant les documents, en les confrontant » (étude de chaque document, puis mise en relation) ; « comment se transmet » : les moyens, les acteurs, les supports ; « mémoire de la Shoah » : le souvenir collectif, à distinguer de l'histoire.
  2. Document 1 : entretien avec Liat Benhabib, directrice du Centre de documentation visuelle de Yad Vashem, à propos du film Shoah de Claude Lanzmann (blog de Yad Vashem, 9 juillet 2018, en hommage à Lanzmann, mort le 5 juillet 2018).
  3. Document 2 : capture d'écran de la page d'accueil du site Stolpersteine en France (consulté en novembre 2025), avec un texte explicatif (projet de l'artiste allemand Gunter Demnig).

RéponseDeux documents complémentaires : un film-témoignage (art, enseignement, diffusion mondiale) et un monument diffus dans l'espace public (nom des victimes, échelle de la rue). Le plan peut croiser les vecteurs et les acteurs de la transmission.

E2 Analyser le document 1Analyser le document 1 : comment le film de Lanzmann transmet-il la mémoire de la Shoah ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour chaque document : nature et contexte, idées principales prélevées avec citations, intérêt et limites au regard de la consigne.

Démarche
  1. Nature et point de vue : entretien publié par une institution de mémoire (Yad Vashem), en hommage à un cinéaste qui vient de mourir ; le film est qualifié de « révolutionnaire » : le ton est élogieux.
  2. Un choix artistique et moral : « Son film ne repose que sur le témoignage. Vous n'y trouverez pas un seul plan d'images d'archives. »
  3. Les raisons du refus des archives : images nazies de propagande ou images alliées prises à la libération des camps, donc « prises après les actions », comme un policier arrivant sur une scène de crime ; images « très dures à regarder, à la limite du supportable » : Lanzmann ne veut pas que le spectateur puisse « baisser les yeux ».
  4. La méthode : plus de 200 entretiens sur dix ans, avec des rescapés juifs, des Justes et des nazis ; ouverture avec Simon Srebnik (Sonderkommando à Chelmno) qui dit qu'il est impossible de comprendre ; le film dure neuf heures et multiplie les points de vue pour s'approcher de ce qu'il est possible de comprendre.
  5. Le témoin au centre : questions sur la mémoire, la valeur du témoignage, le traumatisme ; la scène avec Abraham Bomba, coiffeur à Treblinka, montre le « processus psychologique que traverse le témoin », des données « très importantes pour le devoir de mémoire ».
  6. Diffusion : « À tout le monde, partout sur la planète » : traduit en plus de 20 langues, projeté dans les lycées en Israël, inscrit parmi les 1 000 films proposés par Yad Vashem en 2005.
  7. Évolution des vecteurs : « Avant Lanzmann, il y avait les films d'archives. Avec Lanzmann, il y a eu les films de témoignages. Aujourd'hui, on combine les deux. »

RéponseLe film transmet la mémoire par la parole des témoins, sans images d'archives, en faisant éprouver la difficulté même de dire et de comprendre ; il vise un public mondial et sert à l'enseignement.

Vérification Source d'une institution mémorielle (Yad Vashem), donc point de vue valorisant le film ; le document ne donne pas la date du film (« trente ans après sa sortie » : 1985, connaissance à mobiliser).

E3 Analyser le document 2Analyser le document 2 : comment les Stolpersteine transmettent-ils la mémoire de la Shoah ?Touche pour voir la correction

À retenir Pour chaque document : nature et contexte, idées principales prélevées avec citations, intérêt et limites au regard de la consigne.

Démarche
  1. Lecture de l'image : en en-tête de site « Stolpersteine – Un pavé de mémoire » ; quatre pavés en métal posés dans le sol, avec les outils de pose (truelle, marteau) ; sur chaque pavé : « Ici habitait », le nom (Pierre, Raymond, Milly, René Weill), l'année de naissance, « interné(e) Drancy », « déporté(e) 1944 », « Auschwitz », « assassiné(e) 18.4.1944 ».
  2. Le texte : les Stolpersteine (« pierres d'achoppement ») sont insérés dans le sol près des lieux où vivait une victime ; ils indiquent nom, dates de naissance et de mort ; initiative de l'artiste Gunter Demnig, reconnaissance officielle en 1997 ; plus de 100 000 pavés dans 25 villes européennes.
  3. Analyse : une mémoire individualisée (chaque victime a un nom et un parcours : domicile, Drancy, Auschwitz), de proximité (« ici habitait »), inscrite dans le quotidien (on peut « trébucher » sur elle), à la fois locale et européenne (25 villes) ; ici, des enfants d'une même famille, âgés de 18 à 11 ans d'après les années lues.
  4. Limites : source d'une association, qui promeut son projet (menu « Support ») ; le document ne dit rien de la réception par les passants ni de l'initiative des habitants ; la mémoire passe par le nom et non par le récit.

RéponseLes Stolpersteine inscrivent la mémoire des victimes dans l'espace urbain, à l'échelle des individus, et la rendent visible à tous les passants, en complément de la parole des témoins.

Vérification Lecture des pavés confirmée à fort grossissement : nom Weill, « Drancy », « Auschwitz », déportation en 1944, assassinat le 18.4.1944 ; années de naissance 1926 (Pierre), 1929 (Raymond), 1931 (Milly) et 1933 (René), soit 18, 15, 13 et 11 ans en 1944.

E4 Confronter et construire le planConfronter les documents avec les connaissances et proposer le plan de la réponse organisée.Touche pour voir la correction

À retenir La réponse organisée suit un plan qui répond à la consigne : on mêle documents et connaissances, sans paraphraser.

Démarche
  1. Confrontation : les deux documents veulent lutter contre l'oubli et donner une place à l'individu (voix du témoin / nom de la victime) ; ils diffèrent par le support (film de neuf heures / pavé de quelques lignes), l'acteur (cinéaste, institution mémorielle / artiste, association, habitants), le lieu (écran, salle, lycée / rue), le public (spectateur qui choisit de voir / passant ordinaire) et l'échelle (mondiale / locale et européenne).
  2. Partie 1, par les témoins et la création : Shoah de Lanzmann (1985), témoignages enregistrés (Fondation Spielberg, 1994), littérature (Primo Levi, Élie Wiesel), cinéma (La Liste de Schindler, 1993), bande dessinée (Maus).
  3. Partie 2, par les lieux et l'espace public : camps (Auschwitz-Birkenau, inscrit à l'UNESCO en 1979), mémoriaux (Yad Vashem, Mémorial de la Shoah à Paris inauguré en 2005, Berlin en 2005), Stolpersteine, commémorations (27 janvier, journée internationale instituée par l'ONU en 2005 ; 16 juillet en France).
  4. Partie 3, par l'école, les institutions et les défis : programmes scolaires et voyages, Fondation pour la Mémoire de la Shoah (2000), hommage aux Justes (Panthéon, 2007) ; défis : disparition des derniers témoins, négationnisme, banalisation, rôle du numérique.

RéponsePlan : I. La parole des témoins et la création artistique ; II. Les lieux et les traces dans l'espace public ; III. L'école, les institutions et les défis de la transmission.

E5 Rédiger l'introduction et la conclusionRédiger l'introduction et la conclusion de l'étude critique.Touche pour voir la correction

À retenir Introduction : contexte, présentation des documents, problématique tirée de la consigne, annonce du plan. Conclusion : réponse synthétique.

Démarche
  1. Rédaction possible (introduction) : La Shoah, génocide des Juifs d'Europe perpétré par les nazis entre 1941 et 1945, fait l'objet d'un devoir de mémoire dont la transmission devient un enjeu majeur à mesure que disparaissent les derniers témoins. Le document 1 est un entretien publié en 2018 par Yad Vashem sur Shoah, film de Claude Lanzmann qui ne repose que sur des témoignages ; le document 2 est la page d'accueil du site français du projet Stolpersteine, ces pavés qui rappellent le nom des victimes là où elles vivaient. Comment se transmet la mémoire de la Shoah ? Nous verrons d'abord le rôle de la parole des témoins et de l'art, puis celui des lieux et des traces dans l'espace public, enfin celui de l'école, des institutions et les défis actuels de la transmission.
  2. Rédaction possible (conclusion) : La mémoire de la Shoah se transmet par des vecteurs complémentaires, du témoignage filmé aux pavés de mémoire, de l'échelle mondiale à celle de la rue, par des artistes, des institutions, des associations et l'école. Alors que les derniers témoins disparaissent, ces traces, soutenues par l'enseignement, deviennent essentielles ; elles ne dispensent pas du travail de l'histoire, qui établit et explique les faits.

RéponseIntroduction : La Shoah, génocide des Juifs d'Europe perpétré par les nazis entre 1941 et 1945, fait l'objet d'un devoir de mémoire dont la transmission devient un enjeu majeur à mesure que disparaissent les derniers témoins. Le document 1 est un entretien publié en 2018 par Yad Vashem sur Shoah, film de Claude Lanzmann qui ne repose que sur des témoignages ; le document 2 est la page d'accueil du site français du projet Stolpersteine, ces pavés qui rappellent le nom des victimes là où elles vivaient. Comment se transmet la mémoire de la Shoah ? Nous verrons d'abord le rôle de la parole des témoins et de l'art, puis celui des lieux et des traces dans l'espace public, enfin celui de l'école, des institutions et les défis actuels de la transmission. Conclusion : La mémoire de la Shoah se transmet par des vecteurs complémentaires, du témoignage filmé aux pavés de mémoire, de l'échelle mondiale à celle de la rue, par des artistes, des institutions, des associations et l'école. Alors que les derniers témoins disparaissent, ces traces, soutenues par l'enseignement, deviennent essentielles ; elles ne dispensent pas du travail de l'histoire, qui établit et explique les faits.

Vérification Repères hors documents : film Shoah (1985), Fondation Spielberg (1994), journée internationale de commémoration du 27 janvier (instituée par l'ONU en 2005).

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