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Bac 2026
HGGSP – Centres étrangers 2026 – Sujet 1 : correction détaillée
Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (spécialité) · 4 h · coefficient 16 · une dissertation au choix (10 pts) + une étude critique de documents (10 pts)
CorrigéCorrection rédigée par l'équipe BAC Révision, non officielle. Les énoncés sont reformulés avec leurs données : refais toujours les calculs et compare avec ton professeur.
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Ouvrir le sujet dans l'application gratuiteExercice 1 : Dissertation 1 : Construire la paix depuis le XVIIe siècle : acteurs, moyens, limites10 points
Une seule dissertation à traiter. Le sous-titre « acteurs, moyens, limites » donne la grille d'analyse : on y répond tout au long du devoir.
1-AAnalyser le sujet : définitions, bornes, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir Construire la paix suppose des acteurs, des instruments et se heurte à des obstacles.
- « Construire la paix » : mettre fin à un conflit, organiser la sécurité, prévenir de nouvelles guerres ; processus durable et non simple arrêt des combats.
- Acteurs : souverains et États, diplomates, organisations internationales (SDN, ONU), ONG (Comité international de la Croix-Rouge, 1863), juges internationaux.
- Moyens : traités et congrès, équilibre des puissances, arbitrage, sécurité collective, justice, opérations de maintien de la paix.
- Bornes : XVIIe siècle (traités de Westphalie, 1648) à aujourd'hui.
- Problématique : qui construit la paix depuis le XVIIe siècle, par quels moyens et pourquoi les résultats sont-ils si limités ?
RéponseProblématique : comment les acteurs de la paix ont-ils élargi et diversifié leurs moyens depuis 1648, et pourquoi la paix reste-t-elle fragile ?
1-BProposer un plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Le sujet donne directement trois parties : acteurs, moyens, limites.
- I. Des acteurs de plus en plus nombreux : États et souverains (Westphalie 1648, Utrecht 1713, Vienne 1815) ; organisations internationales (SDN 1920, ONU 1945, Union européenne) ; ONG, médiateurs, juges (CICR, Cour pénale internationale) ; opinions publiques et mouvements pacifistes.
- II. Des moyens diversifiés : traités et équilibre des puissances, concert européen, arbitrage (Cour permanente d'arbitrage, La Haye 1899), sécurité collective (Charte de l'ONU, chapitre VII), casques bleus, justice pénale (Nuremberg 1945, TPIY 1993, CPI 2002), intégration économique (CECA 1951, réconciliation franco-allemande).
- III. Des limites persistantes : paix imposée et humiliante (Versailles 1919) ; faiblesse de la SDN (Mandchourie 1931, Éthiopie 1935) ; paralysie du Conseil de sécurité par le droit de veto ; échecs de l'ONU au Rwanda (1994), à Srebrenica (1995) ; non-respect du droit (invasion de l'Ukraine en 2022).
RéponsePlan : I. Des acteurs multiples ; II. Des moyens variés (diplomatie, sécurité collective, justice) ; III. Des limites durables.
Piège Pas de plan chronologique pur : le sujet impose la grille acteurs-moyens-limites.
1-CRédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Accroche, définitions, problématique, plan.
- Rédaction possible : « En 1648, les traités de Westphalie mettent fin à la guerre de Trente Ans : ils inaugurent, pour les historiens, une façon moderne de construire la paix par la négociation entre États souverains. Depuis lors, la volonté de bâtir une paix durable n'a cessé de mobiliser des acteurs plus nombreux et des moyens plus variés, de la diplomatie des souverains aux organisations internationales. Pourtant, deux guerres mondiales et de nombreux conflits régionaux rappellent que la paix reste fragile. Quels sont les acteurs et les moyens de la construction de la paix depuis le XVIIe siècle et quelles en sont les limites ? Nous étudierons d'abord les acteurs, puis les moyens mis en œuvre, avant de souligner les limites de cette construction. »
RéponseIntroduction rédigée de 10 à 15 lignes.
Exercice 2 : Dissertation 2 : La construction des mémoires des conflits : quels acteurs pour quelles finalités ?10 points
Seconde dissertation possible (thème « Histoire et mémoires »). Le sujet exige de croiser acteurs et finalités.
2-AAnalyser le sujet : définitions, bornes, problématique.Touche pour voir la correction
À retenir La mémoire est une construction sociale et politique, différente de l'histoire.
- « Mémoire » : représentation du passé portée par un groupe, souvent sélective et émotionnelle ; différente de l'histoire, démarche scientifique critique.
- « Construction » : la mémoire résulte de choix (commémorations, lois, monuments, enseignement).
- « Acteurs » : États, associations d'anciens combattants et de victimes, témoins, historiens, médias, artistes, institutions internationales ; « finalités » : honorer, rendre justice, cimenter l'unité nationale, réconcilier, légitimer un pouvoir.
- Problématique : quels acteurs construisent les mémoires des conflits, avec quels objectifs, et pourquoi ces mémoires s'opposent-elles parfois ?
RéponseProblématique : quels acteurs construisent les mémoires des conflits, à quelles fins, et avec quelles tensions ?
2-BProposer un plan détaillé.Touche pour voir la correction
À retenir Un plan en trois temps : acteurs institutionnels, acteurs sociaux, finalités et tensions.
- I. Les États et les institutions : cérémonies (11 novembre, 8 mai), monuments aux morts, journées nationales, lois mémorielles, enseignement ; exemple du discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 reconnaissant la responsabilité de l'État français dans la rafle du Vél' d'Hiv ; musées et lieux de mémoire.
- II. Les acteurs de la société civile et de la justice : associations d'anciens combattants et de victimes, témoins, historiens (travail critique), artistes (cinéma, littérature), médias ; justice : procès de Nuremberg (1945-1946), procès Barbie (1987), Papon (1997-1998) qui jouent un rôle de transmission.
- III. Des finalités multiples et parfois conflictuelles : unité nationale et pédagogie civique ; réconciliation (poignée de main Mitterrand-Kohl à Verdun, 22 septembre 1984 ; traité de l'Élysée, 1963) ; instrumentalisation politique (commémoration du 9 mai en Russie) ; concurrence des mémoires (guerre d'Algérie) et « guerres de mémoires ».
RéponsePlan : I. Les acteurs institutionnels ; II. La société civile, les historiens et la justice ; III. Des finalités multiples et des conflits de mémoires.
2-CRédiger l'introduction.Touche pour voir la correction
À retenir Accroche, définitions, problématique, plan.
- Rédaction possible : « Le 22 septembre 1984, le président François Mitterrand et le chancelier Helmut Kohl se donnent la main devant l'ossuaire de Douaumont : ce geste montre que la mémoire d'un conflit se construit et peut servir à réconcilier d'anciens ennemis. La mémoire d'un conflit est la représentation du passé qui s'impose dans un groupe ; elle est portée par des acteurs variés (États, associations, témoins, historiens, artistes) qui poursuivent des finalités différentes. Quels sont les acteurs de la construction des mémoires des conflits et quelles finalités poursuivent-ils ? Nous verrons d'abord le rôle des États et des institutions, puis celui des acteurs de la société civile et de la justice, avant d'analyser la diversité de leurs finalités et les conflits de mémoires qu'elle suscite. »
RéponseIntroduction rédigée de 10 à 15 lignes.
Exercice 3 : Étude critique de documents : la Chine à la conquête des mers et des océans10 points
Consigne : présenter les enjeux, les manifestations et les limites de la puissance chinoise à partir des mers et des océans. Document 1 : article du Monde (9 février 2025). Document 2 : carte « La Chine dans son espace maritime régional » (Géoconfluences, 2025).
Documents du sujet Cet exercice s'appuie sur des figures ou documents du sujet : Document 2 : « La Chine dans son espace maritime régional » (d'après É. Godeau (dir.), Les grandes mutations du monde, Nathan, 2025 ; réalisation J.-B. Bouron, Géoconfluences). Ils sont affichés avec la correction dans l'application.
3-ADocument 1 : quelles sont les manifestations de la puissance maritime chinoise ?Touche pour voir la correction
À retenir Distinguer moyens militaires, emprises géographiques et ambitions.
- Nature : article de presse (Le Monde, 9 février 2025, H. Thibault et S. Leplâtre) : source journalistique, qui s'appuie sur des données du SIPRI (Institut de recherche sur la paix de Stockholm) et sur le point de vue du Pentagone.
- Flotte : l'Armée populaire de libération (APL) compte « 370 navires de combat contre 297 » pour l'armée américaine, alors que l'US Navy « demeure la première flotte de la planète en tonnage » avec onze porte-avions : la Chine l'emporte en nombre, les États-Unis en puissance unitaire.
- Budget : 296 milliards de dollars de dépenses militaires chinoises en 2023, soit 32 % des 916 milliards américains (296 / 916 ≈ 0,32) ; mais « aucun autre pays ne s'est lancé dans un tel effort » : la progression de l'armée chinoise est le principal « défi » du Pentagone.
- Ambitions : devenir une « puissance de premier plan » avant 2049 (centenaire de la République populaire) ; objectif de six porte-avions en 2035 rapporté par la presse hongkongaise, « ce que Pékin n'a pas démenti ».
- Emprises : trois bases militaires avec piste sur des îlots de la mer de Chine méridionale (malgré la promesse de Xi Jinping à Obama en 2015 de ne pas les militariser), première base à l'étranger à Djibouti (2017), base navale rénovée au Cambodge (accès au golfe de Thaïlande), port commercial au sud du Sri Lanka (concession de 99 ans), « d'utilité incertaine en cas de conflit ».
- Limite signalée à la fin du texte : en Pacifique, la projection chinoise est « restreinte » par une première chaîne d'îles (Japon, Corée du Sud, Taïwan, Philippines) et une seconde (de Tokyo à l'Australie, par les Mariannes du Nord et Guam), alliées ou proches des États-Unis.
RéponseLe document décrit une montée en puissance navale et militaire (370 navires, porte-avions en projet, budget en forte hausse), un réseau de bases et de ports à l'étranger et l'ambition d'être une puissance de premier plan avant 2049, tout en signalant la supériorité américaine persistante et l'encerclement par deux chaînes d'îles alliées des États-Unis.
3-BDocument 2 : que montre la carte des enjeux et des limites de la Chine à partir des mers ?Touche pour voir la correction
À retenir Lire la légende, identifier les éléments, puis interpréter.
- Nature : carte thématique (1000 km d'échelle), réalisée par Géoconfluences (site de géographie de l'ENS de Lyon) d'après un manuel grand public (Nathan, 2025) : point de vue d'un géographe français, centré sur la Chine et les rivalités avec les États-Unis.
- Lire la légende : la Chine (« deuxième budget militaire au monde ») ; une ligne pointillée « limite de l'espace maritime revendiqué par la Chine » ; des croix pour les « archipels contestés » ; un trait gris pour la « première route maritime mondiale » ; des triangles pour les « grands ports mondiaux » ; des aplats gris et des disques pour les « États partenaires des États-Unis » ; des étoiles pour les « bases militaires états-uniennes ».
- Enjeux : la limite pointillée englobe presque toute la mer de Chine méridionale (Paracels, Scarborough, Spratleys) et les archipels contestés, dont les Senkaku/Diaoyu, au nord de Taïwan ; elle enserre la première route maritime mondiale, qui longe la côte chinoise et passe par Singapour (détroit de Malacca), jalonnée de grands ports : Tianjin, Shanghai, Hong Kong, Singapour.
- Limites : la Chine est entourée d'États partenaires des États-Unis (Corée du Sud, Japon, Taïwan, Philippines, Palaos, Micronésie) et de bases américaines (Corée du Sud, Japon dont Okinawa, Guam, îles Mariannes du Nord) qui limitent sa sortie vers le Pacifique ; la route maritime vitale passe par des espaces contrôlés par d'autres.
- Prudence : la carte donne le point de vue d'un chercheur ; elle montre les revendications chinoises, mais pas les positions juridiques des autres États (Vietnam, Philippines, Malaisie).
RéponseLa carte montre une Chine dont l'espace maritime revendiqué (mer de Chine méridionale) se superpose à la première route maritime mondiale et à de grands ports, mais qui est entourée d'États partenaires et de bases militaires des États-Unis.
3-CConfronter les documents et rédiger la réponse à la consigne (enjeux, manifestations, limites).Touche pour voir la correction
À retenir Plan simple : enjeux, manifestations, limites, avec une phrase de synthèse.
- Enjeux : sécurité des approvisionnements et du commerce par voie maritime, contrôle de la mer de Chine méridionale, affirmation de puissance face aux États-Unis, reconquête de Taïwan (connaissance).
- Manifestations : flotte, porte-avions, bases, îlots militarisés, ports (« collier de perles », Nouvelles routes de la soie maritimes), pêche ; revendications rejetées par la sentence arbitrale de La Haye de 2016 (connaissance).
- Limites : l'écart persistant avec la puissance américaine (onze porte-avions américains, budget militaire trois fois supérieur), les deux chaînes d'îles alliées des États-Unis (doc. 1 et 2), les contestations des voisins (Philippines, Vietnam, Japon : connaissance), l'utilité incertaine de certains ports de commerce (doc. 1), la dépendance au passage par le détroit de Malacca (connaissance).
- Complémentarité : le document 1 explique les moyens et les ambitions, le document 2 localise les enjeux et révèle les obstacles géographiques.
- Plan de rédaction conseillé : I. Des enjeux majeurs (sécurité, commerce, prestige) ; II. Des manifestations multiples (flotte, bases, ports, revendications) ; III. Des limites réelles (puissance américaine, alliances, contestations régionales).
RéponseLa Chine cherche à devenir une puissance maritime de premier rang (flotte, bases, revendications) mais se heurte à l'encerclement américain, aux contestations régionales et à l'écart avec la marine américaine.
Piège Ne pas oublier les limites : la consigne les demande explicitement.
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